Vite, des ciclovias partout en France !

27 septembre 2017

Vous connaissez probablement ce terme de "ciclovia" que l'on peux traduire littéralement par "voie cyclable", mais qui est en réalité le fait de fermer une rue à la circulation motorisée pour la laisser aux piétons et aux cyclistes.

Un événement qui prend ses origines en Colombie. C'est en effet dès 1976 que le maire de Bogotá prend la décision de fermer des boulevards entiers de la ville, afin que les piétons et cyclistes puissent se les réapproprier.

L’événement, qui prend effet chaque dimanche de 7h à 14h, a un tel succès, qu'un décret est publié pour rendre celui-ci désormais hebdomadaire.

Le plus grand parc temporaire du monde

Mais au fur et à mesure des années, le mouvement s’essouffle. Des voies s'insurgent contre ce qu'ils pensent être à l'origine d'énormes embouteillages chaque dimanche dans Bogota. Certaines voies sont réouvertes à la circulation. Au final, le circuit se réduit à une vingtaine de kilomètres.

C'est en 1995 que les ciclovias sont relancées, grâce notamment à un homme, Guillermo Peñalosa¹, à l'époque commissaire aux parcs, sports et loisirs, avec l'aide du maire Antanas Mockus. Du département des transports, qu'ils jugent trop bureaucratique, la gestion des ciclovias est remise au district Sports et Loisirs (IDRD) pour instituer un véritable service à la population. 

Avec un trafic automobile intense, la ville de Bogotá est sans cesse congestionnée, entraînant d'important taux de pollution. L'idée de l'IDRD est de créer "le plus grand parc temporaire du monde". Et cela fonctionne depuis plus de 20 ans maintenant. De 20 km, la ciclovia de Bogotá est passée à 110 km de rues totalement fermées à la circulation. Un second décret est même paru, pour étendre celle-ci plus seulement aux dimanches, mais également aux jours fériés !

Tous les modes de transport actif sont autorisés : vélo évidemment, mais également marche à pied, course à pied, roller, skate, trottinette... La ciclovia de Bogotá accueille chaque fois entre entre un million et demi et deux millions de personnes, selon les conditions météo. Découvrez cet excellent reportage vidéo du documentariste Nicolas Brikke :

Impact sociétal

Au-delà de l'aspect récréatif, la ciclovia est un marqueur fort en terme sociologique. Elle est gratuite et ouverte à tous, elle mélange toutes les couches sociales, elle contribue à l'amélioration de l'air, elle encourage la pratique physique, elle démontre que l'espace public peut avoir un autre usage que le seul transport motorisé.

Et cette ciclovia bogotanaise à fait des émules dans le monde entier. On compte aujourd'hui des centaines de villes à travers le monde qui chaque semaine, chaque mois ou chaque année, ferment leurs rues aux voitures pour les redonner aux piétons et aux cyclistes : Paris, Auckland, Lima, New York, Buenos Aires, Delhi, Bruxelles, Melbourne... Nous participions récemment à celle de Montréal.

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Si pour certains militants de la cause vélo, ce type d’événement n'encourage que la pratique du vélo loisir, au détriment de l'image du vélo comme moyen de transport quotidien, il faut reconnaître également qu'il est un outil efficace pour remettre le vélo sur le devant de la scène de façon régulière.

Même si un infime pourcentage des participants va se mettre en selle le reste de la semaine, cela fait toujours des voitures en moins sur le bitume. Et cela démontre aux non-pratiquants que le vélo est devenu un sujet important auquel il va désormais falloir s'habituer.

Une ciclovia montre aussi à tous les habitants d'une ville, comment pourrait être celle-ci dépourvue de son trafic automobile, et qu'elle devient soudainement beaucoup plus vivable et respirable.

On ne peux donc qu'encourager toutes les cités de France et de Navarre à instaurer ce type de manifestation. Que vous soyez un village de 500 âmes ou bien une grande agglomération, une ciclovia portera haut-et-fort le message que le vélo est désormais le remède ultime pour redonner de la vie à nos villes.

Paris, une journée (totalement) sans voitures

La mairie de Paris l'a annoncé fin juin. Le 1er octobre prochain, la ville de Paris sera totalement sans voitures ! J'ai d'abord cru à un poisson d'Avril, mais après avoir vérifié la date, il semble bien que la capitale ait eu envie de frapper un grand coup.

"Sensibiliser les habitants à la nécessité de modifier leur comportement vis-à-vis de la voiture fait partie des objectifs de cette journée" est-il indiqué sur le site de la mairie. L'autre objectif étant aussi plus de simplicité au niveau du périmètre défini. Cette-fois, pas d’ambiguïté, c'est tout Paris intra-muros qui est concerné !

Un événement qui coïncidera avec la piétonisation des Champs-Elysées qui se déroule le 1er dimanche de chaque mois. RDV dimanche 1er octobre pour voir Paris qui respire (j'y serais).

¹ Guillermo Peñalosa à été commissaire aux parcs, sports et loisirs à Bogota. Il est l'une des voix internationales pour une meilleure répartition de l'espace public. Il est notamment à la tête de l'organisation "8-80 Cities" qui agit pour la transformation urbaine au service des habitants. Il vit aujourd’hui près de Toronto.

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