[Vidéo] Hem a Us, 3 jours de vélo bikepacking façon seconde main

[Vidéo] Hem a Us, 3 jours de vélo bikepacking façon seconde main

Une aventure cycliste en économie circulaire

Nous vous présentions la dernière fois le teaser de cet insolite trip vélo bikepacking en mode recyclerie. "Hem a Us", le projet de Jérémy Janin et Jean Hacquart : tenter de voyager à vélo en chinant exclusivement des produits recyclés, fait maison ou de seconde main. Cette-fois, la vidéo complète (ci-dessous) vient tout juste de sortir. Interview.

"Hem a Us", le bikepacking local et durable

Précisons que la fondation Emmaüs, crée par l’Abbé Pierre à l'hiver 1954, n'est pas en lien direct avec le projet. Mais elle sera probablement ravie du coup de projecteur réalisé par les deux compères. Dans la vie civile, Jérémy Janin n'est pas que amateur de calembour, il es aussi social media manager pour une grande marque d'outdoor française. Il est aussi spécialisé dans la production photo et vidéo, avec Captain Yvon. Dans cette aventure, il a embarqué avec lui un ami, Jean Hacquart. Ce second larron est un passionné de randonnée longue distance. Il a à son actif le Pacific Race Trail ou encore une traversée à pied de la Nouvelle-Zélande. Rien que ça. Les deux sont également des pratiquants VTT assidus.


C'est la compagne de Jérémy, brocanteuse sur Instagram, qui a inspiré l'idée du projet Hem a Us. Aller chiner en recyclerie uniquement du matériel de seconde main pour réaliser un trip vélo de plusieurs jours, en autonomie. Mais il y a aussi en arrière-plan une certaine prise de conscience de l'impact humain. "OK, c'est cool d'aller en Nouvelle-Zélande, de partir en avion pour voyager. Mais tout cela a un impact sur la planète. On est les premiers à aimer la nature." nous dit Jérémy.

"Il y a un bled qui s’appelle Hem, à 10 bornes de Lille. Je le connais puisque c'est là où est le Centre Mondial Relay régional, où ma copine va déposer tous ses colis. Là, je dis à mon pote Jean : Imagine il y a un bled qui s'appelle Us. On pourrait relier les deux, en clin d’œil à Emmaüs. Et là, on tape sur Internet en deux minutes, on voit qu'il y a une commune en région parisienne."

Sport Planète, la MAIF et le développement durable

"On pensait qu'ils allaient trouver notre projet complétement bidon. Et en fait, ils ont adoré."

C'est à ce moment-là qu'entre en jeu la MAIF. L'assureur militant a lancé depuis quelques années le dispositif Sport Planète pour accompagner les projets en lien avec le sport et le développement durable. "On pensait qu'ils allaient trouver notre projet complétement bidon. Et en fait, ils ont adoré.". Le projet fait sens pour eux à triple titre : promouvoir l'activité physique par le vélo, l'achat de seconde main et enfin la découverte des territoires locaux.

Sur ce dernier point, Jérémy affirme son enthousiasme pour la micro-aventure proche de chez soi : "C'est un truc que je défends depuis le tout début. Tout le monde croit que t'es obligé de partir au bout du monde pour vivre un truc de ouf. Alors que moi, franchement, ça m'éclate juste de passer la nuit dans un bois à 10 bornes de Lille."

Un mois pour chiner et acheter du matériel de seconde main

Au départ, les deux amis voulaient se lancer dans le défi de trouver tout leur matériel, vélos compris, en moins de 24H. Mais en écumant les recycleries de la région, ils se sont aperçus que la tache allait être un peu plus ardue. "Déjà, ça été assez galère de trouver deux vélos en bon état de marche. Au final, cela nous a pris un bon mois, entre les Emmaüs et les recycleries, tout en surveillant les bonnes affaires sur le Bon Coin." nous confie Jérémy.

Ils ont également utilisé de la bagagerie vélo faites maison. "On s'est fabriqué nous même nos sacoches de cintre avec des chutes de matières techniques ou des bâches de camion. On a appris à coudre pendant le premier confinement et ça a été l'un de nos leitmotiv d'utiliser ça à notre avantage aussi pour se fabriquer notre matériel si on en avait besoin.". Au final, Jérémy indique que 99% du matériel utilisé a été acheté en seconde main. Seul des éléments comme le casque, les lunettes et quelques autres accessoires (veste étanche notamment) ont été achetés ou étaient déjà en leur possession.

Quatre jours de bikepacking raccourcis en trois

Coté vélo, ils sont parvenus à trouver deux vélos Peugeot NS 550 des années 70. 550, comme la taille des pneus (~22 pouces), un standard qu'il n'a pas été évident de retrouver pour remplacer les anciens pneus un peu trop usagés. D'autre part, l'un des vélos n'avait pas de frein arrière, l'autre avait l'axe de la roue arrière tordu. Mais ils s'en sont accommodés. Avec leur développement monovitesse, plus le chargement du vélo, "Il n'y a pas une côte qui est passée. J'étais obligé de descendre à chaque fois." s'amuse Jérémy. "On le voit dans la vidéo. Ça nous a fait marrer à force de s'exciter dans les descentes pour essayer de remonter le plus haut possible en face."

Pour relier la ville de Hem, commune française située dans le département du Nord, a Us, petit village monosyllabique du Vexin français (Val-d'Oise), les deux compères avaient planifié quatre jours pour réaliser les 250 kilomètres, en autonomie, avec leur matériel pour camper. Le troisième jour, la météo annonçant de gros orages, ils ont décidé de compresser deux jours en un seul. "Une dernière journée à 100 km. C'était un peu intense et on a réussi à choper le dernier bus pour aller dans le centre de Paris et trouver une chambre d'hôtel.".

Un concours pour remporter leurs vélos

En plus de la sortie officiel de la vidéo en partenariat avec Sport Planète, Jean et Jérémy ont décidé de mettre leurs deux vélos Peugeot en jeu dans le cadre d'un concours. "Le but, c'était vraiment que ça fasse marrer les gens et que ça leur donne envie de sortir eux aussi. Et du coup, on va faire gagner nos deux vélos pour qu'il y ait quelqu'un d'autre qui puisse prendre le relais et partir faire ce qu'il veut avec.". La mécanique du concours est expliquée sur le compte Instagram de Jérémy.

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