Le vélo, outil contre le changement climatique – La résolution des Nations Unies

Le vélo, outil contre le changement climatique – La résolution des Nations Unies

En matière d'initiative pour le développement durable, les dictateurs n'ont pas franchement la côte ces temps-ci. Sauf peut être Gurbanguly Berdimuhamedow, le chef d'État du Turkménistan. Déjà à l'initiative de la journée mondiale du vélo, racontée ici, il a proposé à l'Organisation des Nations Unies une résolution inédite : faire du vélo une arme contre le dérèglement climatique. Votée à l'unanimité, cette proposition passée sous silence suite à l'actualité en Ukraine est un pas de plus vers de grands changements de mobilité dans le monde entier.

Le vélo, une arme de changement massif ?

Le 15 mars 2022, l'assemblée générale des Nations Unies adopte une résolution inédite pour la promotion du vélo

Les 193 états membres de l'ONU ont adopté à l'unanimité en ce début de mois de mars un texte en faveur de la mobilité à deux roues. En effet, cette résolution appelle les gouvernements à intégrer le vélo dans leur politique de déplacement. Cela même au sein des zones urbaines et rurales, pour les pays développés et en voie de développement. L'ONU considère que l'augmentation du nombre de personnes utilisant un vélo améliorera la sécurité routière. De plus cette mobilité contribuera au "développement durable et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre".


Il faut tout de même préciser que cette résolution est non-contraignante. C'est à dire qu'elle n'impose en rien les États membres à l'appliquer sur leur territoire. En observant de près l'actualité, on peut émettre des doutes sur le poids que l'ONU exerce vraiment. En attendant, les Nations Unies se sont trouvées un ambassadeur de choix en la personne de Gurbanguly Berdimuhamedow pour communiquer sur cette initiative !

"Mangez des p... kilomètres à vélo !"

Est-ce que ces mesures politiques peuvent changer la donne en matière de bouleversement de nos mobilités ? Certes nous n'irons certainement pas dans nos démocraties jusqu'à ordonner l'achat d'un vélo, comme a pu le faire le président Gurbanguly Berdimuhamedow en 2013. Mais il faut bien reconnaître que ce fan de cyclisme, un poil égocentrique au point de faire construire des statues de lui un peu partout dans le pays, a fait son petit bonhomme de chemin.

Sur le même sujet  COP27 - Dorothée, 72 ans, de Stockholm à Charm el-Cheikh à vélo pour le climat

C'est bien ce pays d'Asie centrale qui proposa cette résolution auprès de l'ONU. Coup de communication ou véritable conscience écologique ? Nous ne le saurons certainement jamais. Nous pouvons retenir que l'initiative insiste sur "l'attention particulière à apporter au vélo dans les stratégies de développement des mobilités". Un coup de projecteur qui fut également relayé lors de la dernière COP26 à Glasgow par des militants écologistes.

"Le représentant du Turkménistan, présentant la résolution sur l'intégration de la bicyclette dans les méthodes de transport public dans les zones urbaines et rurales du monde entier, a noté que le vélo est un mode de transport important depuis 140 ans et qu'il offre des avantages pour la santé, la commodité et l'accessibilité à des millions de personnes, tout en contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre." indique le compte-rendu de la plénière du 15 mars dernier.

Une résolution qui en appelle d'autres

Un slogan tout trouvé pour la résolution adoptée par les Nations Unies

Même si certains experts du deux roues ont observé que le terme "bicycle" de la proposition pourrait exclure les triporteurs et autres engins à quatre roues, il faut noter que les Nations Unies œuvrent dans le bon sens. La journée internationale du vélo fêtera sa 5ème édition le 3 juin prochain. Plusieurs membres du conseil économique et social de l'ONU ont été à l'initiative en 2021 d'un plan paneuropéen pour le développement du cyclisme. Enfin, l'organisme supranational rappelle que ce développement du vélo doit se faire dans des politiques à des échelles régionales, nationales et internationales !

Sommes-nous en train d'observer une véritable prise de conscience politique de l'utilité du vélo dans nos nouvelles mobilités ? N'est-il pas l'outil le moins couteux en terme d'acquisition pour l'ensemble de la population mondiale ? N'est-il pas aussi un vecteur social et de bien-être pour tous ces pratiquants ? En s'inspirant sur le fond, et non la forme, d'initiatives d'un régime autoritaire, valorisons le vélo pour tous !

Retour en haut de page