Free floating : les ratés de Gobee Bike à Reims et Lille

Free floating : les ratés de Gobee Bike à Reims et Lille

Nous évoquions nos craintes dès l'année dernière. Un système à beau être pratique et très innovant, il n’échappera pas à cette terrible problématique : le facteur humain. Une minorité irrespectueuse peut mettre à genoux tout un service, qui pourtant rencontre un franc succès auprès d'une majorité d'utilisateurs satisfaits.

La jeune start-up franco-hongkongaise Gobee Bike vient d'en faire les frais dans trois métropoles, Reims, Lille et Bruxelles, d'où elle vient d'annoncer son retrait complet. En cause : un taux d'incivilité et de vandalisme extreme. Dans la capitale des sacres, 95% de la flotte a disparu, soit 380 vélos sur 400 ! Dégradation gratuite, vol (vélo complet ou composants) ou encore privatisation. Seulement deux mois après le lancement, il était devenu presque impossible de trouver un vélo en état de fonctionnement dans ces trois villes.

"Ces dernières semaines, le vandalisme et les dégâts causés à notre flotte ont atteint des limites que nous ne pouvons plus supporter. [...] Nous ne pouvons plus supporter ni le coût financier, ni le coût moral des réparations." a annoncé la compagnie dans un communiqué, qui depuis reste muette face aux médias.

Maintenance et régulation, le Saint-Graal

Faut-il pour autant sonner l'hallali et appeler au boycott de tels services, que beaucoup qualifient de "vélos jetables". On ne le croit pas. Si ces compagnies ne peuvent pas grand chose contre un vandalisme plus ou moins organisé, ce qui, semble-t-il, fut le cas pour Gobee, il faut aussi que ces sociétés se donnent les moyens de leurs ambitions.

Sur le même sujet  Gobee Bikes, destruction en masse ou masse de mauvais vélos ?

"Un vélo sans borne doit être conçu pour être à la fois suffisamment léger et agile, mais aussi pouvoir endurer les pires atrocités" Or, d'après nos sources, la firme aux vélos verts n'est pas complètement innocente dans l'arrêt de mort de son service : Premièrement, la qualité du vélo lui-même est à remettre en cause. Si on le compare aux vélos de Ofo ou encore de Mobike, le Gobee fait pâle figure.

Trop cheap, trop light, trop de composants facilement démontables. Même le cœur du système, le cadenas contenant le système de géolocalisation, pouvait être facilement retiré. Un vélo sans borne doit être conçu pour être à la fois suffisamment léger et agile, mais aussi pouvoir endurer les pires atrocités. 

Deuxièmement, il n'y avait qu'une équipe réduite présente sur place pour assurer la régulation et la maintenance ! Et pourtant, la régulation d'un service de vélo libre-service, qui, par définition, peut se déposer n'importe ou, est justement le Saint-Graal à atteindre. Pour cela, il faut non seulement des moyens humains, mais aussi matériels (camionnette ou vélo + remorque pour déplacer les vélos). Il faut créer de l'emploi local (comme l'a fait Indigo Weel à Metz) et assurer un service  très réactif pour ne pas que les vélos détériorés restent trop longtemps dans les rues.

Le service Gobee.bike est encore disponible à Lyon et dans la capitale, où il doit faire face à la concurrence de Ofo, oBike et du nouveau Vélib. Pour combien de temps, seul l'avenir le dira...

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