Vélo électrique : faut-il une assurance obligatoire en 2021 ?

Vélo électrique : faut-il une assurance obligatoire en 2021 ?

La commission européenne souhaitait mettre les utilisateurs de vélo électrique au même niveau que les automobilistes et autres usagers de cyclomoteurs. Ce ne sera pas le cas. L'assurance ne sera pas obligatoire si vous roulez sur un vélo à assistance électrique (bridé à 25 km/h). On fait le point sur un accord européen.

Vélo électrique, assurance obligatoire : les lobbys pro-vélo au créneau

Si l'assurance ne sera finalement pas obligatoire pour les usagers de vélo électrique, c'est grâce au travail de deux organismes : la European Cyclist's Federation (ECF) et la Confédération de l'industrie européenne du vélo (CONEBI). Ces deux lobbys ont fait valoir leurs visions auprès du Parlement européen et du Conseil de l'UE. Après pratiquement cinq ans de négociations, un accord - malheureusement provisoire - a été signé le 22 juin 2021. Celui-ci a permis d'annuler le texte initial, qui incluait dans l'assurance optionnelle, les vélos "propulsés exclusivement par une force mécanique". Ce qui excluait d’emblée tout les VAE du marché.


"Il s'agit d'une reconnaissance importante par les deux organes décisionnels de l'Union Européenne, que les vélos à assistance électrique sont un outil essentiel pour rendre notre système de mobilité plus durable et que les e-bikes devraient avoir les mêmes avantages que les vélos traditionnels." affirme Ceri Woolsgrove, chargée de mission à l'ECF.

Ainsi, pour le moment, les vélos à assistance électrique normaux - c'est-à-dire ceux dont la puissance du moteur ne dépasse pas 250W et dont l’assistance se coupe au-delà des 25 km/h - restent inclus dans la catégorie "EPAC" (Electronically Power Assisted Cycles). "Après plusieurs années de réunions avec les institutions européennes et les États membres, nous avons obtenu un excellent résultat : le statut EPAC du VAE a été confirmé, et il a été précisé que les EPAC ne sont pas des véhicules à moteur." se réjouit Anna-Lena Scherer, responsable des affaires publiques au CONEBI.

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Derrière cette décision et le travail des deux organismes, on comprend bien évidemment que l'objectif était avant tout financier. La croissance du vélo électrique continue de réaliser des progressions à deux chiffres depuis quelques années (29% en 2020 en France, selon les chiffres de l'Union Sports et Cycle). Une assurance rendue obligatoire aurait inévitablement mis un coup de frein à ce (juteux) marché, supérieur au milliard, rien que dans l'hexagone. Aujourd'hui, un vélo vendu sur deux est électrique.

Le speedbike est toujours considéré comme un deux-roues motorisé

Nous avions réalisé un essai d'un speedbike (Lapierre Overvolt), test ici et notre avis (tranché) juste là

Cet accord sur l'assurance obligatoire ne concerne bien évidemment que les vélos à assistance électrique. Les vélos électriques rapides, communément appelés speedbike (cf notre article sur le sujet) demeurent toujours sur la même législation que les deux-roues motorisés. Le speedbike possède en effet un moteur d'une puissance supérieure (ou parfois égale) à 250W, mais son assistance ne se coupe qu'au-delà des 45 km/h.

Étant considéré comme un cyclomoteur, il faut donc s'astreindre à une assurance obligatoire, ainsi qu'à un casque homologué moto/scooter, une plaque d’immatriculation et une carte grise. De plus, le speedbike reste interdit sur les aménagement cyclables (au même titre qu'un scooter ou une moto, bien que les motards soient souvent trop en colère pour s'en souvenir...).

Au fait, on ne vous a pas dit ? Si ça se trouve, vous n'avez pas besoin d'un vélo électrique...

Crédits photos : Xavier CADEAU/Weelz, Shimano eBike.

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