Vélo et déconfinement, ces villes qui veulent changer de braquet

Vélo et déconfinement, ces villes qui veulent changer de braquet

Les collectivités qui veulent créer un réseau cyclable temporaire

Ça n'a pu vous échapper si vous suivez un tant soit peu l'actualité autour de votre mode de déplacement favori, ou bien si, justement, vous vous dites que ce serait une bonne idée de vous y mettre.

Cette crise sanitaire du Covid-19, si dramatique soit-elle, aura eu un effet inattendu sur le déplacement à vélo. Celui de le porter haut et fort au point que certaines villes le brandissent comme un étendard, symbole d'un déconfinement heureux.


Calmons nos ardeurs, le chemin vers la ville cyclable est encore loin. Mais ce n'est pas une raison pour autant de bouder notre plaisir à observer tou·te·s ces maires, élu·e·s de collectivités et autres président·e·s de région s'emparer soudainement de la solution vélo.

"en créant des pistes cyclables temporaires, elles vont déclencher un revirement comportemental de mobilité vers le vélo"

Ces villes ne le savent peut-être pas encore, mais en créant des pistes cyclables temporaires, elles vont déclencher un revirement comportemental de mobilité vers le vélo. Même avec trois bouts de barrières, quelques cônes et de la rubalise, ils vont parvenir - tant soit peu - à sécuriser le trajet du cycliste, et par la même, provoquer ce que les neuroscientifiques appelleraient en langage médical … de l'addiction.

De là à dire que ces aménagements deviennent pérennes ? On ne saurait s'y risquer… Petit tour de France des villes (temporairement?) provélo...

Montpellier

#jesuisundesdeux - une petite phrase prononcée par le maire de la ville, Philippe Saurel, et qui aura servi d'électrochoc municipal pour reconnaître le vélo comme un véritable moyen de transport.

La ville du sud est la première à prendre l'urbanisme tactique à bras le corps - bien aidée par l'association locale Vélocité Montpellier - en souhaitant mettre en place des axes cyclables provisoires, notamment vers les hôpitaux.

Paris

La capitale peut se targuer d'avoir améliorer les trajets cyclables des cyclistes parisiens, notamment les néo-cyclistes de la grève du 5 décembre dernier. L'adjoint de la mairie de Paris, Christophe Najdovski, annonce le 14 avril travailler en concertation avec les associations d'usagers pour "mettre en oeuvre et accompagner la demande de déplacements à vélo post-confinement".

Le même jour, deux autres collectivités franciliennes - Montreuil et le département de Seine Saint-Denis - déclarent vouloir elles-aussi mettre en place des voies cyclables de transition.

Quant à la région Île-de-France, elle vient d'annoncer débloquer 300 millions d'Euros pour accélérer le développement du RERV, le schéma cyclable porté par le Collectif Vélo Île-de-France.

Grenoble

La ville alpine fait déjà beaucoup pour le vélo sur son territoire. Il était donc normal qu'elle souhaite accélérer le développement de son réseau cyclable - déjà bien structuré. Le maire Eric Piolle, fervent cycliste urbain, entend répondre aux besoins de mobilité à la sortie du confinement, en partenariat avec les acteurs métropolitains, notamment les équipes de Métrovélo.

Sur le même sujet  [Municipales 2020] Lille, Nantes, Rouen... Ces métropoles où le vélo fait du surplace

Rennes

En pourparler avec la municipalité bretonne, c'est l'association provélo locale, Rayons d'Action et la militante adjointe à la Maire de Rennes déléguée à la Mobilité Sylviane Rault, qui annoncent le 16 avril leur souhait de mettre en place des pistes cyclables provisoires.

Lyon

C'est David Kimelfeld, président de la métropole du Grand Lyon, qui annonce le 16 avril sa volonté de repenser la ville à l'heure du Covid et d'améliorer la solution vélo sur la méthode de l'urbanisme tactique. Il souhaite "proposer dès le 11 mai des aménagements en faveur de l’usage du vélo ou des trottinettes, mais également des piétons."

Nantes

Accompagné par Place au Vélo Nantes, qui a fait à la municipalité une note de recommandation des axes cyclables à réaménager, l'adjoint de la maire Johanna Rolland, Thomas Quéro, entend mettre en oeuvre des solutions vélo temporaires pour la période de déconfinement.

Toulouse

Sceptique au départ, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, souhaite finalement suivre le mouvement d'urbanisme tactique et étudier un réseau cyclable temporaire dans la ville rose. Une première voie temporaire vélo a déjà été tracée.

Bordeaux

Un pas en arrière, deux pas en avant. Comme celui de Toulouse, le Maire de Bordeaux Nicolas Florian, avait tout d'abord précisé que le vélo n'était pas la priorité … avant finalement de se raviser. Les élus écologistes de la Métropole bordelaise ont réclamé la mise en place de voies vélo temporaires.

"Et puis il y aussi le flux, avec un retour massif vers la voiture, c'est ce que je veux éviter." déclare-t-il à France Bleu Gironde. Le maire, qui a signé en février dernier lors du congrès de la FUB un engagement vélo avec l'association locale Vélocité, reconnaît finalement le rôle important que pourrait jouer le vélo dans le déconfinement.

Lille

La municipalité lilloise prépare un plan de mobilité post-confinement. Pour cela, elle travaille en collaboration avec la métropole, mais également avec l'association Droit au Vélo, l'une des plus grosses associations vélo de France.

Déjà plutôt en avance par rapport à d'autres villes françaises sur la question du vélo (bien qu'il y ait une certaine stagnation), Lille entend faire de la place aux piétons et cyclistes pour favoriser la distanciation sociale.

Angers

Pourtant seconde sur le podium des villes cyclables, la municipalité angevine ne s'est pas précipité sur le sujet du vélo après le confinement. L'adjoint à la voirie, Jean-Marc Verchère disait ne pas vouloir céder à une vision "trop parisienne" (terrible de voir à quel point les élu·e·s pensent que seuls les "bobos parisien·ne·s" roulent à vélo, et que les gens "sérieux" roulent en voiture).

Finalement, le maire d'Angers Christophe Béchu coupe l'herbe sous le pied de son adjoint et annonce étudier des solutions d'urbanisme tactique et vouloir mettre en place quelques aménagements cyclables temporaires (~6km), notamment le long de la future ligne de tram.

Et d'autres villes emboîtent le pas

Le mouvement de l'urbanisme tactique et de la création de pistes cyclables temporaires s'accélère en France. D'autres collectivités emboîtent le pas :  Le Mans, Nice, Houilles, la région île-de-France (qui vient de débloquer 300M€ pour le vélo), le département du Val-de-Marne...

L'ingénieur S-Mobilité de l'Ademe, Matthieu Chassignet, avait d'ailleurs constitué un excellent thread sur Twitter, répertoriant toutes les cités prêtent à s'embarquer dans la grande aventure de la mobilité du monde d'après... mais au vue du nombre grandissant de villes s'engageant dans cette démarche, il a arrêté.

Retour en haut de page