Un trip vélo gravel & bikepacking à travers la Bretagne

Un trip vélo gravel & bikepacking à travers la Bretagne

Une micro-aventure bretonne à vélo

Il faut le reconnaître, j'ai cette chance avec Weelz de voyager régulièrement et rouler à vélo dans des coins plutôt sympathiques (ici, ici, ou encore ). Mais rien ne sert parfois de s'éloigner plus que de raison afin de s'évader à vélo quelques jours. C'était l'idée derrière ce trip vélo breton de deux jours, en mode micro-aventure.

Objectif: Rallier Brest depuis Lorient en passant par les "montagnes" bretonnes en traversant le parc armoricain.

Nous avons demandé à GIANT Bicycles France de nous fournir leur nouveau vélo gravel/aventure, le Toughroad SLR GX, modèle 2020. L'itinéraire prévu est un panaché de petites routes, voies vertes et chemins de landes et de forêts. La polyvalence de ce type de vélo est donc parfaite. Le tout avec une bagagerie vélo légère façon bikepacking.

Jour 1 / Kouign-amann, pluie et voie verte

Hop, un Kouign-amann (cliché breton) et un premier café vite enfilé en gare de Lorient (bon ok, en fait c'est déjà le 3eme de la journée et il n'est que 10h. Mais nous avons pris le train très tôt...). Fidèle à la tradition bretonne, une pluie fine nous accueille lorsque nous quittons la ville.

Mais elle ne tarde pas à s'arrêter pour laisser place à une succession d'éclaircies entrecoupée de passages nuageux. Les températures sont clémentes pour ce début de mois d'octobre.

Avec une arrivée tardive sur Lorient, la première partie se fera principalement sur route, histoire de regagner un peu de temps sur la matinée. Cela étant dit, de la Bretagne, nous constatons deux choses: d'une, la météo est capricieuse, et de deux, le terrain est loin d'être plat.

Entre le dénivelé certain, et le soleil qui joue à cache-cache toutes les demi-heures avec des nuages chargés de pluie, les arrêts sont nombreux pour enfiler, puis retirer, puis renfiler la veste étanche (il ne fait pas froid et nous cuisons vite sous la veste avec l'effort).

"Nous enchaînons de petites routes à faible trafic, remontant vers le nord à travers la campagne bretonne"

Nous enchaînons de petites routes à faible trafic, remontant vers le nord à travers la campagne bretonne. Les villages aux maisons de granit bordées d'hortensia se succèdent et vous mettent directement dans l'ambiance, so Breizh.

Dénivelé et pluie nous ont fait perdre un peu de temps et nous arrivons tardivement à l'endroit où nous avions prévu de déjeuner (Guiscriff). Mais c'est sans compter sur la gentillesse et l'hospitalité bretonne.

"Je n'ai plus que des plats du jour ! Cuisse de canette, riz et champignons, ça vous va ?"

"Je n'ai plus que des plats du jour ! Cuisse de canette, riz et champignons, ça vous va ?" nous dit la patronne du restaurant Le Canotier. Après 60 kilomètres dans les jambes et plus de 600 mètres de dénivelé déjà avalé, c'est juste parfait !

Retour sur la selle. Nous roulons sous un beau soleil. Qui a dit qu'il ne faisait jamais beau en Bretagne ? ...il peut faire très beau, entre deux averses... (troll). Notre itinéraire emprunte la V7, une voie verte posée sur une ancienne voie ferrée entre Roscoff et Concarneau.

Le chemin stabilisé est bordé de grands arbres formant un corridor et nous abrite des gouttes de pluie. Nos roues s'enfoncent dans les feuilles mortes. L'automne est bien là, accompagné de ses odeurs de fougères et de bois humide.

"C'est aussi ça l'itinérance vélo, il faut savoir s'adapter"

Mais ce petit passage presque bucolique arrivera à son terme en fin d'après-midi. La trace GPS réalisée au préalable sur Komoot souhaite nous faire passer par des chemins ... qui n'existent plus. Nous finirons la journée sur des départementales avec le vent et la pluie. C'est aussi ça l'itinérance vélo, il faut savoir s'adapter.

Après une centaine de kilomètres dans les pattes et presque 1200 mètres de dénivelé, nous arrivons à Huelgoat. Cette petite cité bretonne de caractère marque l'entrée Est vers les Monts d'Arrée et le parc naturel régional d'Armorique.  Avec la fatigue, la soirée est courte - douche, diner (excellent repas au restaurant l'Aristide) puis dodo.

Jour 2 / Lande, forêt et dénivelé

Huelgoat et le lac du Fao

Le lendemain matin, le soleil rasant du matin donne des couleurs magnifiques sur les maisons qui bordent le lac du Fao. Nous décidons de nous enfoncer dans la célèbre forêt de Huelgoat et son chaos rocheux impressionnant.

Toutefois, l'endroit est plus propice à la rando pédestre qu'au vélo. Nous faisons demi-tour, direction ouest et le parc armoricain.

"Objectif de la matinée: le Mont Saint-Michel de Brasparts"

Au loin, la Montagne Noire

Objectif de la matinée: le Mont Saint-Michel de Brasparts, autrement nommé ici la Montagne St Michel. C'est le point culminant de Bretagne (380m) sur la chaîne des monts d'Arrée. Nous souhaitons l'atteindre par les chemins, en évitant la route.

Les premiers kilomètres nous font traverser plusieurs portions forestières, sur des chemins parfaits pour nos gravels. Plusieurs arbres tombés en travers du chemin nous force à quelques portages. Mais nos vélos restent légers. C'est aussi ça l'avantage du bikepacking.

L'automne s'est installé depuis quelques semaines ici - et avec lui, la pluie. Beaucoup de pluie. Les sols sont gorgés d'eau et n'arrivent plus à filtrer. Nous arrivons enfin sur ce que nous étions venus chercher, la lande armoricaine.

Ce paysage s'est formé il y a quelques 330 millions d'années, avec au nord les Monts d'Arrée, et au sud les Montagnes Noires. Entre les deux, le massif armoricain, composé de landes, de tourbières et de pointes rocheuses, entrecoupé de sommets et de vallons.

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Encore une fois, la trace Komoot nous a dirigé vers un chemin pédestre qui ressemble plus - avec les pluies des derniers jours - à un ruisseau dégringolant la vallée. L'eau qui s'écoule ici depuis de nombreuses années a creusé le chemin et formé de grandes marches. Nos compétences en trial restant limitées, il faut marcher.

Au sommet du Mont Saint Michel de Brasparts

Tandis que le soleil nous a accompagné quasiment toute la matinée (si, si, nous étions toujours en Bretagne), les nuages noirs s'amoncellent dès notre arrivée au sommet du Mont Saint-Michel. La vue à 360° est superbe. A l'Est, le lac de Brennilis et la cuvette du marais du Yeun Elez. De l'autre côté, la lande et les forêts du parc naturel armoricain.

"les nuages noirs s'amoncellent dès notre arrivée au sommet"

Tout juste le temps de sortir le drone pour faire quelques images et déjà les premières gouttes de pluie débarquent. Puis une violente averse nous fait déguerpir rapidement.

"la sérendipité de l'itinérance vélo fait son oeuvre"

Alors que la pluie nous fouette le visage, nous descendons très vite direction ouest jusqu'à Saint Rivoal. Il est 13h passé, nous sommes trempés et nos ventres crient famine. C'est là que la sérendipité de l'itinérance vélo fait son oeuvre.

Alors que le seul resto du village est une auberge plutôt haut-de-gamme, dans laquelle nous nous voyons mal débarquer en cuissard tout crotté, c'est en filant que nous tombons sur la petite épicerie locale qui fait également restauration d'appoint.

Epicerie-café Ty Reuz à Saint-Rivoal

L'endroit parfait pour un voyageur à vélo. On peut s'y réchauffer, manger frais et local et même faire quelques courses pour la soirée. On vous conseille l'endroit (Epicerie Ty Reuz à Saint-Rivoal) !

Tonnerre de Brest

Avec le dénivelé, la pluie et les chemins défoncés, la progression fut assez lente sur la matinée. Nous décidons de poursuivre le périple jusqu'à Brest principalement par les routes et des chemins plus softs.

En accord avec la météo bretonne, les épisodes ensoleillés se verront encadrés par des averses régulières. L'approche du littoral se ressent. Les mouettes virevoltent dans le ciel et les odeurs marines se font de plus en plus fortes.

Daoulas

Les derniers villages bretons défilent sous nos roues. Daoulas, Loperhet, Plougastel… jusqu'à enfin apercevoir au loin le pont de l'Iroise.

Nous traversons l'Elorn par le pont Albert-Louppe, l'ancien pont transformé en passerelle piétonne, puis passons Le Relecq par la plage du Moulin Blanc. Les derniers coups de pédales nous font longer la zone portuaire.

Nous faisons un arrêt devant le célèbre remorqueur l'Abeille-Bourbon, qui est à quai. Tant mieux, cela signifie qu'aucuns navires n'est en difficultés dans le rail d'Ouessant. Photo finish devant la gare de Brest avant de regagner notre hôtel tout proche.

Le remorqueur l'Abeille-Bourbon

Comme un dernier adieu, la pluie fait son retour dans la soirée. Nous avions prévu une petite visite du centre-ville, prendre le téléphérique pour aller jusqu'aux Ateliers des Capucins… mais il pleut des cordes. On opte finalement de profiter au chaud de la gastronomie locale au restaurant Le Ruffé … juste en face de l'hôtel.

Quelques infos pratiques

Le territoire breton est recouvert d'itinéraires cyclables, dont le célèbre canal de Nantes à Brest, qui fait partie de l'Eurovélo 1 - La Vélodyssée, ou encore l'Eurovelo 4 - La Vélomaritime, sur le littoral nord.

Pour ce trip vélo en Bretagne, le choix du parcours s'est fait d'une part en fonction de nos vélos gravel, en privilégiant les chemins (itinéraire réalisé avec Komoot - avec quelques aléas), et d'autre part en fonction des possibilités de lignes ferroviaires pour l'aller et le retour.

Nos montures GIANT dans un TGV Inoui

Si voyager en train avec son vélo reste une gageure en France, vous avez, depuis Rennes ou Nantes, des lignes TER ou des TGV Inoui, qui acceptent les vélos non démontés (avec réservation pour les TGV).

Voici les tracés (sur deux jours: 175 km et 2230 m de dénivelé positif) : 

> BZH Gravel Bike trip - Jour 1 - Step 1 (Guiscriff)
> BZH Gravel Bike trip - Jour 1 - Step 2 (Huelgoat)
> BZH Gravel Bike trip - Jour 2 - Step 3 (Brest)
> Traces GPS, Jour 1 et Jour 2

On remercie au passage Jessica, de l'office de tourisme Bretagne, pour son aide dans l'organisation de ce reportage. Vous trouverez des informations sur leur page dédiée au vélo en Bretagne.

A propos du GIANT Toughroad SLR GX

Chez le fabricant taïwanais, vous avez le Revolt, qui est le gravel sportif de la gamme. Le Toughroad, lui, se décline en plusieurs versions, d'un côté les cintres plats (Toughroad SLR) et de l'autre les cintres route (Toughroad SLR GX).

Nous avions en main le 1er modèle (Toughroad SLR GX 2), modèle gravel d'entrée de gamme (950€), idéal pour s'initier à cette pratique.

Bien sûr, à ce tarif, les composants restent basiques. Freinage assuré par des disques mécaniques Tektro et une transmission Shimano Claris en 2x7 vitesses.

Toutefois le cadre reste une bonne base pour pouvoir upgrader plus tard, et sa géométrie donne un vélo très dynamique. Le tout est couplé à une fourche composite qui apporte confort et rigidité.

Les SLR GX sont montés par défaut en pneus maison polyvalents Crosscut de 700x42, mais le dégagement généreux avant comme arrière vous autorise des montes plus larges encore.

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