The Shift Project, le rapport pour décarboner la mobilité

24 octobre 2017

Ni capitaliste, ni scientifique, ni gouvernemental et encore moins lobbyiste, il est difficile de définir réellement ce qu'est le Shift Project. Ce think tank se définit lui-même par ces mots :

"The Shift Project a l’ambition d’emprunter le meilleur de chaque catégorie d’acteur pour proposer des vues globales et constructives dans la progression vers une économie décarbonée, et qui ne supposent pas de changer préalablement la nature humaine pour pouvoir s’appliquer."

Créé il y a 7 ans, cet ensemble d'expert réfléchit sur la manière dont l'économie planétaire peut sortir de l'utilisation des énergies fossiles et pour autant continuer à prospérer. Son leitmotiv se définit dans les initiales R.E.A.C.T. : Redesigning the Economy to Achieve Carbon Transition

À sa tête depuis 2014, le journaliste Matthieu Auzanneau. Il est spécialiste des questions pétrolières et également éditeur du blog "Oil Man": chroniques du début de la fin du pétrole"¹ sur le site du Monde. Il signe également un livre "Or noir, la grande histoire du pétrole" en 2015.

Manifeste pour décarboner l'Europe

En mars 2017, près de 2 000 dirigeants d’entreprise et personnalités académiques ont signé l’appel du Shift Project à décarboner l’Europe. Selon eux, les Accords internationaux de Paris sont une première avancée, mais il faut qu'ils soient suivi d'actions concrètes.

Ce manifeste comporte un ensemble de propositions, toutes chiffrées, comme l'arrêt total des centrales à charbons en Europe, le développement des véhicules hybrides économes, l'amélioration des transports urbains et inter-urbains ou encore la réhabilitation énergétique des bâtiments anciens.

Décarboner la mobilité dans les zones de moyenne densité

Un rapport vient d'être publié sur ce sujet. Il a été rendu par un groupe de travail du Shift Project dirigé par Francisco Luciano, ingénieur civil et planificateur urbain. Leur conclusion est sans appel : 2 milliards d'euros de bénéfices possibles et 70% de CO² évité !

Le rapport traite en particulier le problème de la voiture particulière (autosolisme) encore sur-utilisée et apporte des alternatives concrètes, non seulement sur la mobilité des personnes mais aussi sur celle des marchandises. La population péri-urbaine augmente d'environ 1% par an.

Leur approche : Eviter-Transférer-Améliorer. C'est-à-dire analyser d’abord les possibilités de réduire les déplacements (sans réduire les possibilités d’exercer l’activité qui en est à l’origine), puis identifier les opportunités de transfert modal, pour définir enfin les actions à mener.

À lire  Non, le déplacement à vélo n'est pas une régression

Dans ces zones de moyenne densité, le document pointe du doigt l'inadéquation de l'offre de transport public face à la demande. Mais il regarde aussi d'autres moyens d'action comme les liaisons TC express, le covoiturage, le télétravail et bien sûr la solution vélo.

"Le rapport met en valeur l’incroyable efficience énergétique du vélo" Comme le dit le rapport, un véhicule seul ne constitue pas un système de transports. C'est ce qu'il se passe depuis les années 50 avec l'automobile. On a développé un système complet (routes, ouvrages, stationnement, services...) qui fait que le système voiture a pu se développer de manière exponentielle.

Il faut donc aujourd'hui réussir à faire de même avec le vélo. L'absence d'aménagements est l'une des premières causes du refus des français à se déplacer à bicyclette. Le rapport met aussi en valeur l’incroyable efficience énergétique du vélo lorsqu'il transporte une personne. Un seul individu dans une voiture, sur un trajet de 5km, c'est une débauche de puissance et d'émission de CO² parfaitement inutile et aberrante.

Il faut sortir de cette image vélo = loisirs. "L’infrastructure cyclable doit pouvoir être utilisée pour les mêmes motifs que les infrastructures routières : courses, domicile-travail, etc. Le parcours à vélo doit donc répondre à un souci d’agrément, sans que cet impératif prenne le pas sur le besoin de rapidité."

La conclusion chiffrée est évidente : les investissements pour l'ensemble des zones de moyenne densité françaises dans une vraie politique cyclable (infrastructures, stationnement, signalisation, vélo-école...) sont de l'ordre de 6,3 Milliards d'Euros - et les économies réalisées, de l'ordre de 9,2 Milliards. Le bénéfice estimé est donc de 2,9 Milliards d'Euros de gagné grâce à la solution vélo.

Le rapport complet (118 pages tout de même) est à lire ici. La partie "système vélo" s'étend de la page 41 à 61.

¹ Blog Oil Man.

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