[Test] Topstone Lefty, le gravel tout-suspendu selon Cannondale

[Test] Topstone Lefty, le gravel tout-suspendu selon Cannondale

"Ce gravel Topstone Lefty est un régal de confort. Plus ça tabasse, plus il est à l'aise." d'infos

(4.5/5)

Un test rapide du vélo gravel Cannondale Topstone Lefty à l'occasion du festival Nature is bike, qui se tenait à Angers le dernier week-end de juin. Weelz! évidemment y était avec une triple gapette : Exposant, pour rencontrer nos lecteurs et lectrices, nos partenaires et annonceurs ; Curieux, pour rencontrer les acteurs du gravel, tenter de découvrir les nouvelles tendances ; Partenaires de l'organisation, puisque nous avons co-organisé les tables rondes du Gravel Summit.

C'est tout de même dommage d'être présent sur un événement qui célèbre le gravel, avec des propositions de parcours pour tous les niveaux et ne pas aller rouler, non ? Je décide d'ajouter une quatrième raison à notre présence sur ce festival. Réaliser un test express sur la Gravel 50 Mavic du dimanche matin. Mais quel vélo prendre ?


Graxx, Grizl, Radar, comment choisir sa monture gravel?

Xavier a bien dans son coffre un Origine Graxx 2, sauf que d'une part le test est en cours de rédaction, d'autre part, le vélo, à l'œil est probablement un peu petit pour moi. Sinon, dans la musette Xavier, il y a aussi le Canyon Grizl. Comme pour le Graxx II, Xavier termine le test et le vélo est (encore plus) petit. Le Breezer Radar X Pro ? Il est bien ce vélo. En acier, à la bonne taille ; J'ai eu l'occasion de rouler dessus une trentaine de kilomètres début juin sur les chemins angevins. Pareil, Xavier finalise de son côté le test.

Et puis le parc de vélos exposés pendant ce Nature is Bike est beau. Ils sont là, ils sont proposés en test par l'ensemble des exposants. Look Cycle est là, Wishone aussi, Specialized, Cyfac, Lapierre, Cannondale, Cervelo... pour en citer quelques-autres qu'Origine ou Canyon. Honnêtement, il y a de quoi baver et se faire des nœuds au cerveau.

Ce sera le test du Cannondale Topstone Lefty

C'est assez naturellement que je me tourne vers Guillaume (Koch), le monsieur Cannondale France, présent sur le festival. Naturellement, parce que j'ai eu l'occasion de le rencontrer à plusieurs reprises, notamment pour tester ce vélo électrique urbain Adventure Neo.

Pour ce Cannondale Topstone Lefty carbone (présenté dans cet article), le test va durer 50 kilomètres, dans des conditions particulières. Une seule sortie, potentiellement dans un groupe de 300 cyclistes, sur un terrain que je ne connais pas. Les conditions sont parfaites pour ne pas réussir à se faire une idée précise du comportement du vélo. N'ayant aucuns repères, je ne peux que faire confiance au ressenti. Aussi, ce Topstone est très particulier dans le paysage du gravel. Équipé de cette fameuse fourche suspendue Lefty, avec un système d'amortisseur sur le triangle arrière, le Kingpin, ce vélo est suffisamment particulier pour être en mesure de m'étonner sur ce joli parcours qui nous attend. Suffisamment différent de ce que je connais pour me faire une idée rapidement.

Avant le test, le Cannondale Topstone Lefty en statique

Guillaume me confirme spontanément qu'il me prête le vélo avec plaisir, qu'il espère que je lui rendrai en bon état (avec moi, ce n'est pas gagné) et surtout que je prendrai du plaisir sur son vélo. A noter, il n'attend rien en retour, si ce n'est un débrief autour d'une bière (qu'il m'offrira d’ailleurs). Le modèle mis à disposition (je me prends pour un coureur officiel) est un Cannondale Topstone Lefty 1 Carbon en taille L.

Il est déjà bien grand. La marque l'annonce adaptée pour un pilote mesurant entre 1m80 et 1m93 (le XL est taillé pour 1m90 à 2m03). Je mesure 1m89. Guillaume, en bon professionnel, à l'œil. Il règle parfaitement la hauteur de selle. Le vélo est équipé avec la fourche carbone Lefty Oliver. Débattement 30 mm (blocable à l'envie avec une molette sur la tête de fourche). La transmission est le Groupe SRAM Force eTap (donc électrique) AXS HRD en 12 vitesses (cassette Eagle). Roues carbone maison HollowGram 23, Cintre-potence HollowGram SAVE (HollowGram, la marque de périphériques de chez Cannondale). Les pneus sont des WTB ByWay TCS Light, 650 x 47c.

Ce qu'il faut retenir, dans un premier temps, c'est bien le 650x47c. La promesse d'une taille maniable, vive (650/27.5) et d'un confort généreux sur les parties cassantes (47). Roulants ? ça reste à aller chercher. En revanche, je ne testerai pas la connectivité intégrée avec l’appli Cannondale.

Test Cannondale Topstone Lefty, à chaque taille sa géométrie

"les contraintes imposées au cadre par un cycliste qui pèse le quintal (moi au hasard) ne sont pas les mêmes que celles imposées par un(e) cycliste de 50 kilos"

Détail intéressant, les autres Topstone, même finition, présents sur le stand, donc en taille S & M, proposent un dessin de cadre très différent. Clovis (on reparlera de Clovis plus tard, un autre jour) m'explique le travail de R&D effectué par les équipes de Cannondale. Trouver un vélo au même comportement, quelle que soit sa taille, impose un dessin spécifique. Évidemment, les contraintes imposées au cadre par un cycliste qui pèse le quintal (moi au hasard) ne sont pas les mêmes que celles imposées par un(e) cycliste de 50 kilos.

Passer d'une taille à l'autre n'est donc pas une simple homothétie. Résultat, au regard en tout cas, trois vélos qui se ressemblent furieusement (même équipement, mêmes périphériques, même peinture nommée Chameleon (oui la couleur change en fonction de la lumière, de l'angle). En revanche, un regard averti notera les grandes différences de dessin d'une taille à l'autre. Aussi, alors que personnellement, je préfère le dessin d'un petit vélo (plus compact, plus ramassé), ma bicyclette du jour ne fait pas dégingandée (Les photos illustrant cet article ont été piochées chez Cannondale, vous aurez l'occasion de voir les géométries différentes en fonction des tailles).

Là il est en taille S. Regardez les tubes au niveau de la direction.

Allons mettre en test ce Cannondale Topstone Lefty

Pour vous faire une idée de la sortie du jour, vous pouvez aller visionner cette vidéo, ou encore celle-ci (vers 8min30) pour vous faire une idée du terrain de cette Mavic 50 ou la SRAM 100 (le début était le même, la fin aussi). Une jolie alternance de route, de chemins en stabilisé, d'allées forestières, de chemins forestiers et quelques singles.

Globalement c'est roulant, même si quelques passages sont très gras. Le départ depuis la Plaine Saint-Serge est fait en peloton. Trop de monde pour s'amuser à pousser le vélo. Finalement parfait pour prendre mes marques avec le vélo, notamment le système eTap de SRAM, que je découvre. A droite, on monte les vitesses, à gauche on les tombe (ou l'inverse j'ai déjà oublié). Le monoplateau en 40, relayé par les 12 vitesses au pignon 10x52 va s'avérer un poil sous-dimensionné pour moi et cette sortie. Point de raidard justifiant le 52 à l'arrière. Par contre quelques faux plats descendants et roulants, j'aurais aimé un plateau en 42. Je ne vais pas commencer à râler non plus.

En taille L. Il se cache à l'automne.

Comportement sur la route

Les pneus gonflés à un peu plus de 2 bars, la fourche bloquée, le vélo répond bien aux coup de pédales quand je suis posé dans la selle. Sans efforts, le vélo tient les 32-33km/h aisément et confortablement. Lancé, il est volontaire. Comme attendu, en danseuse, quand ça monte, si la fourche n'est pas bloquée vous perdez de l'énergie avec la fourche avant qui pompe.

L'amortisseur arrière ne semble pas nuire au rendement. "Ne semble" parce qu'il faudrait tester le vélo plus longuement pour se faire une idée précise. En sortie de virage, les relances ne sont pas foudroyantes (je suis sur un Topstone pas un Super Six). Le vélo et moi restons malgré tout facilement dans la roue des rouleurs du jour. On se prend aussi à passer devant (Ils sont peut-être émoussés par la Gravel Night Specialized de la veille - que je devais faire si je ne m'étais pas vautré en allant me changer).

Sur le gravier, stabilisé

Je crois que, bizarrement, c'est ici que le vélo et moi sommes le moins à l'aise. Il faut dire que la chute de la veille sur mon pliant Tern BYB S11 (testé juste ici) m'a un peu émoussé. Je roule sur un vélo à 8,399€ et je n'ai aucune envie de ramener le vélo abîmé. Je suis donc probablement un peu sur la réserve. Résultat, dans les virages, je n'appuie pas suffisamment fort sur la roue avant. Avec immanquablement une sensation dans les courbes serrées d'une roue avant qui pourrait avoir envie de se dérober. Cette sensation est probablement un mix de manque de confiance de ma part, de manque de pression dans les pneus d'autre part et peut-être que sur un tel revêtement, la fourche mériterait de rester bloquer, les pneus généreux assurant l'amortissement.

En taille M.

Ai-je crevé ? En tout cas je ne le suis pas

"le système d'amortissement sur le triangle arrière (nommé Kingpin) fait son boulot"

Aussi sur ce terrain, une certaine mollesse est parfois ressentie dans le train arrière. Je me surprends à vérifier d'un coup d'œil à plusieurs reprises si je n'ai pas crevé. Non je n'ai pas crevé. C'est simplement que le système d'amortissement sur le triangle arrière (nommé Kingpin) fait son boulot.

La fourche Lefty Oliver offre 30mm de débattement. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le Kingpin offre aussi 30mm de débattement. Sans biellette, ni amortisseur à proprement parler. Kingpin bosse bien. Mais, sur une surface roulante, un peu inégale, on a parfois la sensation que le train arrière est à contre-temps. Il ne rebondit pas, juste donne la sensation de petits coups de raquettes dans les fesses. Comme si l'homme, la machine et le sol étaient désunis. La solution dans ce cas ? Soulager la selle, lever de quelques millimètres les fesses pour réunir le tout.

La transmission et les freins eux sont parfaits sur cette surface. A noter, un freinage appuyé sur ce revêtement (et tout au long du test d'ailleurs), le vélo reste en ligne et aucune sensation de roue avant qui se dérobe.

En sous-bois, chemins et single

"Le vélo est fait pour ça. Aller en sous-bois et avaler les single"

On pourrait croire que, mais non, ce n'est pas Jérôme

Le vélo est fait pour ça. Aller en sous-bois et avaler les single. La fourche débloquée, le vélo est déconcertant de facilité. La direction est précise, les ornières avalées avec une aisance que je ne me connaissais plus. Mes compagnons du jour fignolent leur trajectoires pour éviter les flaques de boue (on notera la belle gamelle de Xavier avec son Fuji Jari Carbon). Avec le Topstone Lefty, je fonce dans le tas trou, sans réfléchir (en général, foncer sans réfléchir, je suis bon). Le vélo ne bronche pas.

La mollesse ressentie sur le gravier est ici un véritable atout. Le travail du Kingpin est formidable. Jamais je n'ai eu la sensation de perdre de la traction. Le rendement du vélo dans ces conditions me semble assez exceptionnel. Ajoutons à cela la transmission SRAM eTap et toute erreur de choix de pignon en entrée de virage est corrigée avant la sortie.

Le travail de la Lefty est aussi intéressant. On peut choisir sans compromis sur la maîtrise de la trajectoire de rouler les mains aux cocottes ou dans le fond du cintre. Très certainement un atout quand vous cherchez un vélo de gravel pour avaler de la longue distance sur itinéraire cassant. Beaucoup de travail est fait par le vélo avant d'arriver dans les bras ou le dos. Le confort est souvent un gage pour s'afficher FINISHER d'une épreuve. Dans ces conditions également, je n'ai pas réussi à prendre en défaut les freins à disque.

Pour connaitre mon verdict sur ce test express, rendez-vous ici.

La lefty quand elle penche à droite.

Notre verdict

[Test] Topstone Lefty, le gravel tout-suspendu selon Cannondale
(4.5/5)

Une très bonne note pour ce vélo très haut de gamme. N’oubliez pas, je n’ai roulé que 50 kilomètres avec. Je tente de mettre de côté les bonnes sensations que j’avais (les bonnes jambes du jour). J’ai trouvé la géométrie du vélo très accessible et confortable. Nous avons rapidement vérifié la hauteur de la selle. à la louche ça allait. Aucune gêne ressentie après les 50km (j’ai même regretté de ne pas être inscrit sur la SRAM 100).

Difficile de faire une conclusion définitive sur ce vélo, compte tenu des conditions du test. Il n’empêche que les quelques kilomètres parcourus sur ce Cannondale Topstone Lefty 1 sont enthousiasmants. Évidemment, j’ai eu le privilège de rouler sur un vélo très haut de gamme. Le groupe SRAM Force eTap est un régal. A la maison, mon gravel, est un… cyclocross, le Cannondale SuperX de 2015. Équipé lui aussi en SRAM Force, mécanique. On sent les 7 années de différence entre les deux groupes. Même si il faut le reconnaître, les progrès en 7 ans sont probablement notoires, j’ai roulé sur un vélo neuf, ou presque. Mon SuperX a 7 ans et quelques tours de roues.

Le freinage du Topstone Lefty est onctueux au touché. Mordant et précis aussi. Ce Topstone est un régal de confort. Plus ça tabasse, plus il est à l’aise. Il va être déconcertant de facilité dans les passages techniques (il va donc être excellent). Assurément un bon compagnon qui prendra soin de vous sur de la longue distance tellement il est confortable (il va être très bon). Il m’a semblé excellent en single, en sous-bois. Un peu moins séduisant sur les parties roulantes en gravel. Étonnamment – mais encore une fois le vélo mériterait d’être testé plus longuement – je l’ai trouvé très à l’aise sur la route avec une belle inertie. Le territoire Angevin n’est pas réputé pour ses cols et raidards. La seule montée technique rencontrée, avec un chemin raviné et de la pierraille, traction et motricité sont bonnes, voire très bonnes. Malheureusement, cette sortie de 50 kilomètres est un peu courte pour se faire une idée de son comportement sur une belle sortie route d’environ 100 kilomètres. Pour vérifier si ce vélo pourrait être un vélo unique dans votre garage.

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