[Test] VanMoof X3, le vélo électrique hollandais compact et son univers connecté

[Test] VanMoof X3, le vélo électrique hollandais compact et son univers connecté

"L'écosystème connecté du vélo va clairement satisfaire les plus geek d'entre vous." d'infos

(3.5/5)

C'est en avril 2020 que VanMoof a dévoilé ses modèles VAE "nouvelles générations", le S3 et le X3. Nous avons reçu un vélo électrique VanMoof X3 en test à la rédaction, alors que la marque dévoile une nouvelle option : une batterie secondaire qui vient se plugger directement sur le cadre du vélo électrique. Mais avant de se plonger dans les détails du test, un bref retour sur ce fabricant.

Une évolution post-avènement du vélo électrique

L'histoire de VanMoof, c'est l'histoire d'une évolution assez atypique. Nous pourrions facilement cataloguer la marque au même rayon que le Cowboy ou encore le Angell Bike. Des vélos électriques modernes et hyperconnectés, qui font fi de la distribution classique et tentent de séduire une clientèle, pas nécessairement de cyclistes, mais plutôt d'utilisateurs qui souhaitent se déplacer sur un vélo se démarquant, avec une expérience "frictionless". Mais il faut se souvenir que, contrairement aux équipes belges (Cowboy) ou françaises (Angell), celle de VanMoof est arrivée avant l’avènement du vélo électrique.


Deux VanMoof version musculaire

C'est avec des vélos musculaires que les deux frangins à l'origine de l'entreprise, Taco et Ties Carlier, ont souhaité se lancer sur le marché. Un fait qui, pour nous, change la donne. Avant d'ajouter une motorisation sur un vélo, il nous semble intéressant de savoir concevoir un vélo "normal". Et il se trouve que VanMoof sait le faire depuis 2008 (tiens, le même âge que Weelz!). Nous vous en parlions dans cet article en 2010, avant d'avoir l'un de leur modèle, le VanMoof N°3, en test. C'est seulement en 2017, après une belle campagne de levée de fonds, que la jeune start-up néerlandaise s'est mise à imaginer des vélos à assistance électrique.

Retour au test du vélo électrique VanMoof X3, un design dans l'air du temps

Retour en 2021. La firme VanMoof, désormais bien installée dans le PVM (Paysage Vélo Mondial) a délaissé (et c'est fort dommage) le vélo musculaire pour ne proposer aujourd'hui que du vélo électrique. Après les S2 et X2, voici donc les S3 et X3. Si la version "S" reprend le design originel de VanMoof, la version "X" (ce n'est pas sale) s'en éloigne un petit peu, avec un cadre en croix (d'où "X", mais ça, vous l'aviez compris). Tous les gouts sont dans la nature, on lui trouve plutôt une bonne bouille à ce vélo électrique VanMoof X3, plus courte et râblée que son grand frère le S3.

Ce qui différencie les deux modèles, hormis bien sûr le dessin du cadre, c'est surtout le diamètre des roues. Le X3 est la version compacte du S3, avec ses petites roues de 24 pouces (contre 28). L'empattement est ainsi moins long et le centre de gravité rabaissé. Cela change le comportement du vélo. Nous y reviendrons. Pour le reste, on retrouve le design tubulaire, signature de la marque depuis leurs débuts. Toutefois, la barre principale (le tube oblique) bénéficie d'un travail différent, un peu plus facetté. On note une attention particulière sur les détails (intégration des composants, de l'écran) et une finition globale très soignée (cordons de soudure propres). Sur ce point, la qualité de finition est largement supérieure à un Cowboy V2 (que nous avions testé), même si les V3 se sont améliorés.

Il existe deux coloris chez VanMoof. Notre modèle de test est la version Dark, un noir brillant avec une finition poudrée qui capte bien les reflets de lumière comme vous pouvez le voir sur les photos de détails. L'autre est un mat light, "subtile nuance bleu-ciel" annonce la marque.

Une géométrie compacte

Par rapport à son grand frère le S3, le X3 a une géométrie très compacte

Avant de nous attarder sur la partie motorisation, déroulons sur le comportement du vélo en lui-même. La position de l'utilisateur demeure celle d'un vélo hollandais classique, droite "upright". La marque annonce une plage d'utilisation pour des cyclistes entre 1,55M et 2M. Très sincèrement, autant le gabarit compact sera en effet parfaitement adapté pour des utilisateurs jusqu'à 1m80, autant je me suis trouvé un peu "serré" avec mon mètre 83 et mes 86 cm d'entrejambe. Surtout qu'étant donné les composants maison VanMoof, la selle - et son carénage de rail - ne peut pas être plus reculée. Quant au cintre, monobloc, impossible de l'avancer ou d'imaginer changer pour une potence plus longue.

Une assistance très (trop) discrète

Venons en au cœur de la bête : son assistance électrique. Disons qu'elle correspond à l'usage et la cible de ce vélo. Pour moi, cycliste urbain aguerri (et sportif), je l'ai trouvé bien trop discrète. Tout cela manque de pêche. Mais elle satisfera à coup sûr un utilisateur lambda (utilisateur lambda = une personne qui se déplace à vélo mais qui ne se considère pas cycliste). L'assistance est molle donc, mais elle n'en demeure pas moins assez agréable. D'autant plus que nous sommes en présence d'une motorisation dans le moyeu de la roue avant. Un placement pas toujours idéal, sauf qu'ici, les ingénieurs VanMoof ont plutôt bien travaillé la répartition des masses. Aidé par de petites roues, et donc un abaissement du centre de gravité, le comportement du vélo est relativement sain et stable. De plus, le moteur est très silencieux.

Le moteur embarqué présente une puissance de 250W pour un couple max de 59Nm (couple max uniquement en mode Boost (cf plus bas)). Il est couplé à une batterie de 504W en cellules LG (l'ampérage n'est pas précisé). L'autonomie annoncée est entre 60 et 150km. Autant dire, c'est très variable, comme sur n'importe quel autre vélo électrique finalement. Une autonomie qui dépend de tout un tas de facteurs : poids du pilote, température, dénivelé, niveau d'assistance, âge de la batterie, âge du capitaine...

Quatre niveaux d'assistance, pourquoi ?

Mais au fait, elle est où cette batterie ? Dans le cadre, pardi ! Elle vient se loger dans le tube horizontal. Elle n'est donc pas amovible et il faudra la recharger directement sur votre vélo (en réalité, elle est amovible (via le feu arrière), mais uniquement par un technicien, en cas de maintenance ou remplacement). "J'habite au troisième sans ascenseur et je n'ai pas de local vélo avec une prise, comment je fais ?" Et bien, vous êtes marron, sauf si vous avez optez pour la VanMoof Powerbank (lire encadré en pied d'article).

Mais revenons au comportement du vélo avec sa motorisation. Ce VanMoof X3 propose quatre niveaux d'assistance. Pas de commande dédiée sur le cintre, vous ne pourrez les modifier que via l'application sur votre smartphone. Autant dire que si vous n'avez pas de support de cintre pour votre téléphone, il faudra penser à sélectionner le niveau désiré au préalable.

Cela étant dit, on se pose clairement la question de l'utilité d'avoir ces quatre niveaux. J'ai toujours roulé au niveau maximum, et même à ce niveau d'assistance je suis resté déçu par le manque de vivacité du moteur. L'assistance est présente dès le premier quart de tour de pédalier, pas de souci là-dessus. Mais le couple n'autorise pas des relances très vives. Ainsi, on se demande dans quel cas de figure nous pourrions utiliser les niveaux 1, 2 et 3... à moins évidemment de vouloir faire du sport, mais dans ce cas-là, autant opter pour un vélo musculaire.

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VanMoof K2000 : Turbo Boost

Deux boutons siègent sur le cintre très épuré du VanMoof. Celui de gauche commande le klaxon électronique (trois sons disponibles dans l'appli, diffusion via le haut-parleur, sous le tube horizontal). Quant à celui de droite, il commande le mode Boost du vélo. Un mode Turbo Boost à la K2000 ? Presque. Si vous roulez en-dessous de la limite conventionnelle des 25 km/h (norme VAE), vous avez la possibilité d'utiliser ce bouton pour que le moteur délivre d'un seul coup toute la puissance disponible. En d'autres termes, le moteur va monter jusqu’à sa capacité maximum de couple, à savoir 59 Nm (Newton-mètre).

Comme je le disais plus haut, la vivacité du moteur n'est pas folle. Résultat : On a tendance à beaucoup jouer de la gâchette droite, dès le moindre faux plat montant. C'est aussi bien pratique, il faut l'avouer, pour s'extirper du trafic quand le feu passe au vert ou pour ré-accélérer à l'approche d'un cédez-le-passage, quand la voie est libre. L'utilisation du bouton présente un avantage : c'est vous qui contrôlez le moment où vous souhaitez l’accélération. Attention toutefois, ce coup de boost a un petit inconvénient. Puisque l'on est en présence d'une motorisation dans le moyeu avant, il faut se méfier des surfaces fuyantes, surtout si vous opérer au même moment un virage. En clair, ne prenez pas d'angle lorsque vous enclenchez le boost.

Une transmission automatique ... qu'on aurait aimé manuelle

Les VanMoof X3 et S3 embarquent une transmission automatique, baptisée E-Shifter, fournie par le fabricant anglais Sturmey-Archer. Elle possède quatre vitesses, qui montent ou descendent en fonction de votre vitesse. Cela signifie que le braquet va automatiquement se durcir si vous accélérez, et s'assouplir au moment de la décélération, sans que vous n'ayez rien à faire.

Personnellement, ce type de transmission n'est pas ma tasse de thé. Le passage de vitesse arrive presque toujours au mauvais moment (pour un cycliste aguerri qui a des jambes). On s'engage sur un petit raidillon, et la vitesse va s'enclencher au moment où vous avez encore besoin d'un braquet souple. Cela étant dit, je comprends parfaitement l'utilité pour un utilisateur moins exigeant. Ce type de transmission facilite grandement la vie du cycliste, en décidant à sa place du bon braquet (pour les cyclistes moins ou peu aguerris, disons qu'elle allège la charge mentale).

Les "points de rupture", c'est à dire la vitesse à laquelle vont s'enclencher les vitesses 2, 3 et 4, sont entièrement personnalisables dans l'application smartphone. Il existent deux préréglages, "flat" (plat) et "hilly" (valloné), mais vous pouvez aussi enregistrer un réglage qui conviendra à votre utilisation.

Il est à noter que le VanMoof peut aussi s'utiliser assistance coupée. Il demeure un problème : les vitesses automatiques au moyeu continuent de s'activer. Il s'avère presque impossible de monter ne serait-ce qu'un petit faux plat (poids du vélo sans assistance + braquet trop dur).

Écran Matrix, alarme et Kick Lock

Ces nouveaux VanMoof ont énormément d'électronique embarquée. On retrouve sur le tube horizontal un écran matriciel (Dot Matrix) qi va permettre de vous fournir des informations, à commencer par votre vitesse en temps réel. Toutefois, placé là où il est, il s’avère peu prudent de garder la tête penchée trop longtemps lorsque vous roulez. On le déconseille en tout cas. Une fois que vous avez appairé votre smartphone avec votre monture, vous pouvez l'allumer ou l'éteindre à distance.

Pour déverrouiller le VanMoof, il suffit d'appuyer sur le verrou dans l'application, puis d'avancer légèrement le vélo. La transmission se débloque, un petit bruit retenti (désactivable heureusement, car un peu pénible à la longue). Vous êtes prêt à partir. Une fonctionnalité que j'ai en revanche beaucoup aimé : le Kick Lock. Un large bouton métallique se trouve à la jonction base/hauban gauche. Alignez le trait blanc situé sur le moyeu arrière avec celui sur le carter de chaine, et d'un petit coup de la pointe de votre pied, appuyez sur ce bouton. Votre vélo est verrouillé et l'alarme enclenchée. Simple et efficace.

Une fonctionnalité que j'ai en revanche beaucoup aimé : le Kick Lock

En gros, c'est l'équivalent d'un antivol de cadre, mais dans une utilisation encore plus facile. Pas besoin de manipulation. Bien pratique pour un arrêt minute à la boulangerie, sans avoir à sortir d'antivol. En ce qui concerne l'alarme, il s'agit d'une détection de manipulation. Si votre VanMoof est verrouillé et qu'un malandrin tente de le bouger de place, un son retentit (et une tête de mort apparait sur l'écran). Rien qui n’empêchera véritablement le voleur de commettre son acte s'il est motivé, mais cela peut être dissuasif sur une place publique.

Depuis Avril 2021, les VanMoof sont compatibles avec le réseau Apple Find My (uniquement ceux achetés à partir de cette date, la mise à jour (matérielle et logicielle) ne peut être faites qu'en production). Les possesseur d'iPhone (iOS 14.3 ou ultérieur) peuvent ajouter leur vélo VanMoof dans l'application Localiser.

Batterie supplémentaire VanMoof Powerbank

La plupart des vélos électriques à batterie intégrée (dans le cadre) que nous avons déjà pu tester (Orbea Gain, Coboc, Specialized Vado SL, Cowboy...) présentent tous un intérêt de poids évident. Mais le plus gros inconvénient reste qu'il faut les recharger directement sur le vélo. Pas un problème lorsque vous avez un garage personnel ou un local vélo avec accès à une prise. En revanche, lorsque l'on habite en appartement, sans possibilité de stockage, les choses se compliquent un peu.

C'est la raison pour laquelle VanMoof vient de sortir un kit Powerbank. Il s'agit d'un module de batterie externe qui va venir se fixer directement sur le cadre (compatible S3 ou X3). Il est fourni avec un support inamovible qu'il faudra fixer sur le vélo. La batterie vient ensuite s'enclencher sur le support et se fixer au cadre par des sangles velcro. Cette seconde batterie vient ensuite se brancher directement sur le vélo et alimente la batterie interne. Malin.

S'il faut saluer l'initiative de VanMoof, force est d'avouer qu'ils auraient pu faire plus discret (comme la batterie façon bidon du Specialized Vado SL). Ici, la Powerbank vient non seulement alourdir le design du vélo, mais aussi le vélo en lui-même (poids 2,8 kg). La marque annonce une autonomie couplée pouvant atteindre les 200 km. C'est bien. Sachant que le VanMoof reste un véhicule dédié aux déplacements urbains, quelle est la tranche d'utilisateurs qui a besoin d'une telle autonomie ? D'autant que l'option n'est pas donnée : 350€.

Vous voulez connaitre mon verdict sur ce vélo ? RDV ci-dessous !

➡️ VanMoof X3

Notre verdict

[Test] VanMoof X3, le vélo électrique hollandais compact et son univers connecté
(3.5/5)

J’ai beau ne pas être tout à fait la cible de ce type de vélo, j’ai eu du mal à ne pas aimer ce VanMoof X3. Son design, à la fois sobre et original, ne m’a pas déplu (les gouts et les couleurs). Le vélo, avec sa position très droite « dutch bike » est très confortable. Surtout, son écosystème connecté va clairement satisfaire les plus geek d’entre vous (et je m’inclus dedans).

La volonté de VanMoof est de proposer une expérience utilisateur « friction less » : pas de commandes complexes au cintre, vitesses automatiques, éclairage automatique, verrouillage antivol rapide, alarme… tout est fait pour rendre la vie du cycliste plus facile. Et sur ce point, le pari de la marque néerlandaise est très réussi.

Il demeure toutefois quelques bémols qui font baisser notre note générale. En particulier, l’assistance un peu faiblarde, les composants propriétaires, la Powerbank chère et lourde. Reste que le vélo possède un atout non négligeable : un tarif plutôt agressif de 1998€ (bien que les vélos devraient augmenter au 1er juillet 2021). A ce prix, vous avez un VAE design et connecté, avec une finition très soignée. Un compagnon urbain idéal pour un quotidien sans prise de tête.

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