[Test] Vélo électrique Medeo T9, une pudeur de Gazelle

[Test] Vélo électrique Medeo T9, une pudeur de Gazelle

"Assurément le vélo est prêt pour vous emmener loin et avec plaisir" d'infos

(4/5)

Un mot rapide sur la marque : Royal Dutch Gazelle est une entreprise, Royale et Hollandaise. Royale depuis que l'entreprise a été "adoubée" en 1992 par la princesse Margriet en 1992. Un savoir-faire qu'ils développent depuis bientôt 130 ans.

Aujourd'hui plus de 275,000 vélos Royal Dutch Gazelle sortent des usines tous les ans. Ils sont assemblés aux Pay-Bas et la marque semble maîtriser l'ensemble des process. Peinture (4 couches sont appliquées sur chaque cadre), rayonnage des roues, assemblage, tout ceci se fait en usine, l'automatisation n'empêche pas les finitions manuelles. C'est rassurant!


La marque annonce tester de manière aléatoire 5% de leur production annuelle. Soit plus de 14,000 vélos qui subissent un contrôle qualité poussé. Résistance aux aléas de la météo, aux aléas de la route. L'équivalent de 18,000 km est parcouru par les vélos testés, dans des conditions aussi proches que possible de la dure réalité du quotidien.

Vous pouvez découvrir un peu plus d'infos ici ou (nota: ces petits films restent des films "corporate", tournés et produits par la marque. Nous n'avons ni visité l'usine, ni contacté l'association L214 pour une tentative de tournage contradictoire en caméra cachée).

La chaîne de magasin Holland Bikes, nous a fourni le vélo de test et même si l'objectif n'est pas de parcourir 18,000 km en quelques semaines, nous allons tenter de vous proposer un retour concret sur cette machine.

Le modèle testé est le "Trapèze en taille 55 (L)". Notez qu'il existe dans la même gamme le modèle "Homme" avec le tube supérieur du cadre à l'horizontal (ou presque). Vous pouvez retrouver toutes les spécificités techniques des vélos ici .

Tour du propriétaire en statique

Un dessin général bien sage. A la première impression, on a à faire à un vélo plutôt classique, un vélo à la sauce hollandaise modernisée en quelque sorte. Le vélo est d'aspect plutôt massif, effet probablement renforcé par sa robe noire mat, les pneus Big Apple Schwalbe en section de 50x622 contribuent certainement à cette impression générale. A moins que ce ne soit le cintre large et monté haut.

La batterie, sur ce modèle se glisse entre la roue arrière et le porte-bagage. L'équipement proposé est cohérent avec le positionnement "confort" annoncé par la marque. Poignées ergonomiques, fourche à suspensions (verrouillable), garde-boues qui enveloppent bien les pneus, béquille latérale, carter de protection de chaîne, aussi un cadenas de cadre vient finir la touche pratique du bicloune.

Les freins à disques hydrauliques Shimano sont une promesse de freinage efficace et moelleuse. Le vélo est livré équipé pour rendre une utilisation quotidienne aisée. Je ne vais pas revenir ici sur la motorisation Bosch, elle est connue, reconnue, éprouvée et déjà approuvée par la rédac de Weelz. A noter tout de même que la version que j'emmène vient avec une batterie de 400w (moyennant 200€ de plus, vous pouvez opter pour une batterie 500w, le prix à payer pour 20% d'autonomie en plus)

La prise en jambes est simple, l'angle de la potence est réglable pour une position plus ou moins "aéro", (notez quelle ne sera jamais vraiment aéro non-plus) la hauteur de selle ajustée, je peux l'emmener sur la route.

A l'usage

Quand la marque annonce un vélo "sportif et confortable", je me dis que l'on va retrouver le meilleur des deux mondes -c'est d'ailleurs précisément le positionnement de la marque sur ce modèle. Evidemment il convient d'avoir en tête le référentiel de départ.

Mon vélo au quotidien est un modèle fitness, alu, musculaire, pas vraiment confortable mais avec un rendement et une sportivité affirmée. Pour être honnête, en jetant un dernier coup d’œil sur mon compagnon pour les semaines à venir, je ne vois pas tout de suite le côté sportif de cette machine.

Pour être honnête encore (c'est important d'être honnête quand on vous fait un retour sur un objet testé), après mes premiers 200km parcourus principalement en mode urbain, navettes vélo/boulot/rendez-vous au guidon de ce vélo, je n'ai pas compris tout de suite le côté sportif du vélo. Le vélo est bien servi par son groupe. Le système Shimano à 9 vitesses Acera monté en 38/11x36 remplit très bien ces fonctions. Un développement suffisamment long pour les longues sections roulantes que je peux aller chercher. Je roule sur le plat relativement aisément au-dessus des 27km/h sur plusieurs kilomètres. A l'inverse, en allant chercher des raidillons, il suffit de mouliner pour les avaler sur l'élan.

"Relativement aisément" est une notion importante. Parce qu'encore une fois il ne faut pas se tromper. Le vélo reste moins sportif qu'un vélo de route. Et la position droite sur le vélo fait qu'on a une prise au vent importante. Aussi, au-delà des 25km/h (vitesse à laquelle l'assistance se coupe) ou en roulant avec l'assistance sur "Off" le vélo et ces 22kg est évidemment moins réactif qu'un vélo musculaire.

Une autonomie constatée de 140km

Je pédale et joue avec les boutons d'assistance (à gauche) et changements de vitesses (à droite). Pendant le test, j'alterne les sections longues, plates et roulantes (où je suis rapidement au-dessus des 25km/h) avec les petites rues chargées, encombrées du centre de Paris. Rues où les conditions de circulation font qu'on est rarement au-dessus de 25km/h.

Malgré mon poids conséquent et peut-être grâce à mes bonnes jambes aussi, j'ai l'agréable surprise de constater que la batterie ne me lâche qu'après 140km parcourus. D'ailleurs pour être précis, la batterie continue à fournir l'énergie suffisante pour continuer à alimenter les lumières du vélo et l'écran digital au cintre. Bien appréciable quand la batterie décide de me lâcher quelques mètres après avoir quitté le bureau, vers 19h30 (dans la nuit donc). Par contre, plus d'assistance. Dommage, cette assistance me lâche dans Paris Centre quand ma destination est vers les Batignolles, quelques Dizaines de mètres plus haut (une petite centaine mètres, peut-être). Je dois donc emmener le vélo à la force des mollets.

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C'est à ce moment là que la légèreté du vélo clamée par la marque (22kg) me semble bien relative par rapport aux 10kg de mon spad personnel. Il n'empêche, que je suis agréablement surpris par le rendement et la bonne volonté du vélo pour m'emmener à destination. 22kg reste effectivement un poids dans la moyenne pour un vélo électrique.

Aussi l'impression de vélo massif s'efface complètement quand le vélo est en mouvement, il est même plutôt agile pour se faufiler entre les voitures. Je savoure d'ailleurs la position de conduite haute, qui permet d'avoir le regard qui porte loin et donc mieux anticiper. L'encombrement du vélo ne se fait sentir qu'à l'arrêt, quand il faut manipuler le vélo dans un espace exigu comme ma cave.

Le confort d'un vélo familial

L'un des intérêts de cette géométrie est qu'elle convient facilement à plusieurs gabarits différents. J'ai opté pour ce modèle en 55 plutôt que la version annoncée "homme" en 60 pour pouvoir faire tester ce vélo aussi par ma femme. Quand je fais 1,90m, elle passe tout juste sous la toise des 1,70m. Un simple coup de clé allen sur le collier de serrage de tige de selle et le vélo est prêt aussi pour arpenter les roues sous les instructions féminines.

Cette versatilité est, selon moi, un vrai argument pour ce vélo. Un seul vélo qui pourra être emprunté par toute la famille (si les enfants sont des ados, au moins...) en minimisant le temps passé pour le régler correctement à chaque fois. A Propos de confort, les pneus Big Apple n'ont jamais été pris à défaut. Ni sur chaussée mouillée, ni sur les pavés, ni sur le petit chemin de traverse emprunté pour vérifier si le vélo est effectivement aussi adapté pour une utilisation vélo-tourisme. Ce type de pneumatiques apporte d'ailleurs un confort réel et ressenti.

Un confort à l'usage aussi. Quand sur mon vélo du quotidien, je guette le moindre scintillement sur la chaussée pour éviter le verre cassé, je me suis surpris plus d'une fois à passer à travers de bris de verres sans avoir à en assumer les conséquences (la crevaison).

Périphériques... Selle et pédales à revoir

Autant les gardes-boue et l'ensemble de l'équipement de série (éclairage notamment) du vélo sont bien conçus et remplissent parfaitement leur mission, autant je ne suis pas convaincu par la selle ni les pédales. La selle n'est pas inconfortable mais ce n'est pas non plus un Chesterfield. Elle ne gêne pas les adducteurs dans les mouvements de rotation, elle reste par contre relativement dure.

Aussi la position plutôt droite offerte par le vélo fait que les irrégularités de la chaussée sont ressenties directement dans les reins. La solution viendrait probablement par l'ajout d'une tige de selle suspendue, légèrement, juste pour gommer les aspérités que les pneus ne réussissent pas à avaler. Souhaitant tester le vélo dans la version usine, l'autre solution est d'ôter un peu de pression dans les pneus. Chose que je fais, et là, ho surprise, le rendement n'est pas altéré et le confort bien meilleur.

Pour les pédales, les chaussures glissent dessus dès que les pédales sont mouillées. Peu importe le type de semelle. En basket ou chaussure de ville, même résultat. Cela induit un manque de confiance sous les pieds et invite à une pédalage souple plutôt que sportif.

Puisqu'on parle des points de contact entre le pilote et sa monture, évoquons rapidement le cintre et ses poignées ergonomiques. Il n'y a pas besoin d'écrire un roman, le touché des poignées est confortable, le cintre tombe bien sous les mains. Je regrette simplement que la sonnette soit trop éloignée pour être atteinte par le pouce sans déplacer la main. Le coup de sonnette en urgence est avantageusement remplacé par ma voix.

Pour être complet et vérifier l'adéquation entre le vélo que j'ai entre les jambes et le positionnement du constructeur, puisqu'ils annoncent un vélo adapté au vélo-tourisme, je prends le temps d'aller emmener le vélo sur une sortie plus longue, une boucle de 50 km, sur des voies plutôt roulantes. Le vélo se révèle être un très bon compagnon de route, même le porte-bagage chargé d'une petite dizaine de kilos. J'aurais aisément pu doubler la distance sans ressentir de gêne dans les fesses, ni de douleurs au dos ou cervicales.

Le vélo est toujours une affaire de compromis

La promesse et le positionnement de ce Médéo T9 HMB par le fabricant Dutch Royale Gazelle annonce "le meilleur des 2 mondes, sportivité et confort". Il a fallu aller pousser le vélo dans ces retranchements pour comprendre ce positionnement.

Le vélo est effectivement globalement confortable et très agréable à rouler, au quotidien, il ne coche pas complètement la case "sport". Position trop droite, cintre trop large, encombrement général trop imposant je n'ai pas trouvé le côté sport de cette monture pendant l'essai lors de mes daily commute.

La sportivité du spad s'est révélée pendant ma relativement longue boucle de 50km. Aussi alors qu'au quotidien j'aurais apprécié une selle plus moelleuse, j'ai béni Royal Dutch Gazelle pour leur choix de selle sur 50 km dans la matinée. Sans cuissard, à la hussard, la selle, a ce jour là, complètement coché les deux cases "sport et confort". Assurément le vélo est prêt pour vous emmener loin et avec plaisir si l'idée de vacances à vélo vous titille pour cet été.

Crédits photos : Emmanuelle Maliakas

Notre verdict

[Test] Vélo électrique Medeo T9, une pudeur de Gazelle
(4/5)

En conclusion, c’est un bon vélo, bien équipé globalement, bien construit et bien pensé. Contre 2,499€ (prix public conseillé) Il répondra assurément aux besoins de la plupart des cyclistes à la recherche d’une monture polyvalente pour un usage intensif au quotidien ou même sur des sorties plus longues en vélo tourisme.

Les plus exigeant.e.s d’entre vous pourront améliorer aisément (et sans trop débourser d’argent en plus) les quelques faiblesses constatées au niveau des pédales ou du confort de la tige selle. Puisque le vélo est toujours une affaire de compromis, peut-être faut-il envisager une tige de selle suspendue, en rab pour l’usage au quotidien et remettre le vélo en configuration usine lors de vos sorties plus longues et plus exigeantes.

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