[Test] Vélo électrique Electra Townie Path Go, le Beach Cruiser des villes

[Test] Vélo électrique Electra Townie Path Go, le Beach Cruiser des villes

Round round, get around
(3.5/5)

Avant de plonger dans le retour du test de ce Townie Path Go!, peut-être convient-il de vous présenter rapidement d'abord la marque Electra. Ceci n'a jamais été fait dans les colonnes de Weelz! bien que la marque a déjà été mentionnée 3 ou 4 fois. Réparons cette erreur.

Electra, la marque des beach boys allemands

Pépouse !

Pour ma part, l'évocation de la marque Electra, amenait directement dans mon imaginaire une planche de surf, une longue plage de sable, une chemise Hawaïenne et bien entendu les Beach Boys (je ne vous mets pas un lien vers leurs chansons, j'ai envie de vous éviter ce petit air qui va rester dans votre tête toute la journée). Electra, la marque californienne au beach cruiser. Cool pour aller surfer et chiller, pas véritablement la meilleure solution pour se déplacer dans Clamart et finir à la Défense. Retenez simplement que Benno et Jeano sont deux allemands, qui ont rejoint la côte ouest américaine pour venir surfer et profiter de la vie. En 1993, ils lancent Electra avec comme envie de relancer le marché du "beach cruiser".


Beach Cruiser, le revival post 68

A l'époque, la star c'était bien le BMX et le VTT. Nous vous passons les détails, comme dirait ma copine Maryline "Je te la fais courte". Notez quand même que la petite marque californienne, créée derrière un mini-van est aujourd'hui propriété de Trek, que le Townie (le vélo que nous allons vous présenter aujourd'hui) est l'un des vélos les plus vendus aux USA. Enfin, Electra a beau être une marque américaine, le siège social est en Allemagne. (1)

Le petit Townie devenu grand, mais pas tant

Born in Usa, born in 2003. Soit 20 ans après la création de la marque. Le Townie est né d'un constat (perso je n'y aurais jamais pensé), l'un des freins à l'usage du vélo c'est le manque de stabilité et d'équilibre. Pour adresser ce point, deux solutions. Les stabilisateurs ou abaisser le centre de gravité du cycliste. Benno et Jeano optent pour la seconde solution. Et oui, ils conçoivent la géométrie du Townie pour que le (ou la) pilote puisse à l'arrêt poser à plat les deux pieds au sol. Donc un grand vélo, parce qu'il est majeur, il a 18 ans. Petit, parce qu'il intègre la Flat Foot Technology (2).

A l'arrêt

Le Townie Go Path que j'ai devant moi est visuellement une invitation à flâner, à prendre son temps. Une promesse de confort. La selle est généreuse (trop?), le cintre bien large, bien haut. La position pour pédaler va être bien droite. Les finitions semblent plutôt propres même si j'aurais aimé un peu de rangement sur les câbles à l'avant. Les soudures sur le cadres sont tout à fait honorables. Avant de partir, une rapide vérification de la pression dans les pneus (à noter ils sont en 27,5 / 2,40) s'avèrera utile, le pneu avant était quasiment vide. Je glisse 4 psi de pression sachant que c'est probablement trop.

Somme toute une vue assez classique.

Epaule et jetée

Le vélo est stocké au premier étage, il faut le descendre au rez-de-chaussée. Evidemment l'ascenseur de cet immeuble du centre Parisien accueillerait difficilement une personne avec son vélo pliable. Mon Townie, même pas en rêve donc. A moi l'exercice matinal. Porter le vélo et le descendre. Fatch, il est lourd et encombrant tout d'un coup. Annoncé à 25 kilogrammes, je confirme qu'on les sent, dans les escaliers en tout cas.

C'est parti

Je règle la selle, à l'œil. Effectivement, la géométrie "Flat Foot Technology" permet d'être solidement assis dans la large selle, avoir les deux pieds bien posés au sol. Le temps de mettre le moteur sur ON, de vérifier que les freins répondent, c'est parti. Je cale l'assistance sur "Eco", en confiance avec la technologie Bosch. L'assistance est livrée dès les premiers mètres. Comme souvent, le poids et l'encombrement se font oublier dès que le vélo est en mouvement. Sans suspension sur la fourche, la direction reste précise, un certain inconfort se fait ressentir assez vite. Je dégonfle rapidement le généreux pneu avant (Schwalbe Super Moto-X 27,5" × 2,40, carcasse avec renfort Kevlar® anti-crevaison) et la différence est tout de suite notable. Le gain de confort ne se fait pas au détriment du rendement du vélo, ou pas trop.

Le rendement, parlons-en

Le vélo a transpiré, l'effet Longchamp.

Nous pourrions penser que la technologie Flat foot rendrait le pédalage un peu plus ardu, je ne crois pas que cela soit le cas. D'un autre côté, les gros pneus, le poids assez conséquent, rendent le vélo plutôt tranquille. La large selle ainsi que la position très droite, apportent une philosophie générale du vélo plutôt axée sur le confort et non la sportivité de la machine. Pour se déplacer efficacement en ville il convient de jouer sur les niveaux d'assistance (du pouce gauche) et les pignons (du pouce droit).

En relance, l'assistance sur Tour ou Sport est souvent la bienvenue. Monter ou descendre les vitesses sur le pignon est aussi indispensable. D'ailleurs, sur le modèle que j'ai, équipé en Shimano Deore, comme souvent avec le matos nippon, le passage des vitesses claque un peu fort et systématiquement, même en allégeant la pression sur les pédales. L'étagement des pignons reste plutôt bon. Lancé sur le plat, avec l'assistance coupée, je tiens les 28/29 km/h, sans effort. Sur un faux plat, toujours avec l'assistance coupée, j'avale la pente sans forcer. Mais sans élan et sans assistance, dès qu'il y a un peu de pente à avaler, vous resterez collé. Deux solutions : soit lever la roue arrière pour monter la chaine sur la cassette, soit faire demi-tour pour prendre un peu d'élan.

En ville

Townie Montana (ou le Montmartring challenge)

A condition de jouer avec l'assistance et les vitesses, le vélo est très agréable en ville. Le freinage est efficace, le confort général est là. On peut simplement regretter le besoin quasi permanent de l'assistance. Et si l'on veut piloter économique sur les deux tableaux (ie Eco dans les cuisses et Eco dans l'assistance), impossible de se passer du pouce gauche pour passer d'un mode d'assistance à l'autre. Oui, sans aucune assistance ce vélo n'est pas une foudre de guerre. A l'inverse, laisser l'assistance en mode Sport ou Turbo, sur le plat on arrive à 25-26km/h sans effort, c'en est frustrant. Les pavés sont avalés sans être secoué comme un prunier, même si un clac clac agaçant se fait entendre au niveau du garde-boue avant. A mon sens, quitte à prôner le confort, autant y aller à fond : une fourche suspendue n'aurait pas été superflue. L'amortissement de la selle est bon. J'apprécie (on est en ville) la position relevée pour porter mon regard au loin et anticiper tranquillement les faits et gestes des autres usagers.

Hors agglomération

Townie soit qui mal y pense

Je pousse Townie dans ses retranchements, toujours mon parcours qui me fait monter en haut de Meudon (cf test du VAE Coleen) par des côtes assez pentues. A condition de mouliner et porter l'assistance en mode turbo, Townie m'emmène en haut de la Muerte sans trop rechigner, à une vitesse honorable autour des 11-12 km/h. La condition pour qu'il daigne m'assister correctement, mouliner un peu vite. Comme souvent sur ses VAE, espérer repartir dans une côte après un arrêt au milieu, demande un peu de préparation ou d'anticipation. S'assurer que nous sommes sur le grand pignon, sur l'assistance Turbo. Sans ça, on est collé (comme déjà dit plus haut).

Sur le même sujet  [Test] Coleen, un vélo électrique Made in France à l'aise dans ses basques?

Dans cette configuration, la position très droite n'est plus un atout. On prend le vent, on sent que le rendement du vélo (et des cuisses) est atténué par la prise au vent. Quand, comme moi on roule au quotidien sur un fitness bien sportif, c'est frustrant. Ceci dit, ma pratique naturelle n'est pas le programme de ce Townie. D'ailleurs c'est la marque qui le dit "Le Townie réunit polyvalence et style".

Au quotidien

Le vélo est livré bien équipé. On adore évidemment l'idée de glisser un éclairage Super-nova. Le phare arrière est petit, discret, magnifique et efficace. Le phare avant est beau et efficace aussi. Les garde-boues font le boulot, un peu bruyamment malheureusement. La béquille maintient le vélo en équilibre même s'il y a un peu de vent. S'il y a du devers par contre, c'est moins certain. Deux inserts sur le cadre permettront d'accueillir facilement un bidon ou un système d'accroche pour le U. Le porte-bagage est aux normes pour accueillir les sacoches des principales marques.

A propos de U et de cadenas, la bonne idée d'Electra : proposer de série un cadenas de cadre qui enserre la roue arrière. La clé est compatible pour ce cadenas et la serrure de la batterie. En revanche, les pneus généreux imposent un espace large entre les haubans. En conséquence, mon cadenas en U kryptonite ne passe pas. Un point à vérifier quand vous achetez votre cadenas, vous assurer qu'il passe.

La partie électrique

Le vélo testé bénéficie de la motorisation Bosch Performance Line. Avec 250W en sortie de pot, la puissance est bien là (bon quand ça monte... cf plus haut). Cette motorisation est surtout très agréable à l'usage. Plutôt silencieuse, elle se fait oublier. Aussi, on sent juste ce qu'il faut de la puissance de l'assistance en plus (ou en moins) quand on passe d'un mode à l'autre. En configuration, à l'arrêt, "tout à droite" (donc sur le petit pignon), sur le plat, assistance en mode turbo, les 25km/h sont atteints rapidement, sans fournir trop d'effort. Très appréciable quand on veut s'insérer correctement et rapidement dans le flux des automobiles. La marque annonce "afin que vous puissiez fendre l'air sans transpirer". N'oubliez pas la philosophie générale de ce vélo. Il n'est pas sportif, il ne nous semble pas être conçu pour fendre l'air non plus (et ce n'est pas grave d'ailleurs).

Le moteur...et la batterie

Mannequin main. Un métier sous côté dans l'industrie du bicloune.

La batterie, qui affiche 2,5kg sur la balance est intégrée au tube en diagonale devant vous. Elle est cachée et très bien intégrée au dessin général de la machine. Pour ne rien gâcher, elle se connecte et déconnecte très simplement d'un coup de clé. D'ailleurs, la marque a prévu de vous laisser le choix. Vous pouvez la recharger, branchée sur le vélo via la prise idoine du vélo (3) ou la retirer et la charger chez vous (ou au boulot (ou vous voulez en fait)). Toujours la batterie, on aime bien la petite poignée permettant de la transporter aisément, comme un petit pack de lait. D'ailleurs en parlant de lait (de vache, de soja, de coco, de chèvre faites selon vos choix alimentaires), de l'énergie il vous en faudra quand vous aurez dépassé les 70/80 kilomètres de la charge de votre batterie.

Une autonomie limitée

Photo crédit afp.com/SEBASTIEN BOZON

Oui, le vélo testé, je n'ai pas réussi à dépasser les 80 kilomètres d'autonomie. C'est peu ! Evidemment cela reste bien suffisant dans la majorité des cas. Dans un usage quotidien, on va rarement à 80 kilomètres, sans la possibilité de trouver une prise électrique. Il n'empêche, 80 kilomètres, on se retrouve vite à vérifier son niveau de batterie, comme sur son téléphone. Même si je me dois de pondérer ce constat d'autonomie limitée. Tout d'abord, je ne suis pas véritablement, ni léger, ni aérodynamique. Mon quintal est frontal !

Aussi la semaine pendant laquelle j'ai eu le vélo en test, il faisait entre -2 et +4°c. Le froid altère significativement le stock d'énergie disponible dans les piles. Enfin, en testant le vélo je le pousse sur des itinéraires loin d'être la norme. Je cherche les côtes, raides de préférence. Je tire sur l'assistance. Il n'empêche, je peux aussi penser que mes coups de pédales sont un poil au-dessous de la moyenne de l'utilisateur/trice moyen/ne. Donc ce que mon poids, mon très mauvais Cx et mon itinéraire consomment en batterie, serait compensé par des jambes pas trop nulles.

La transmission et les freins

Quel talent ce photographe
(pour les descentes de marche de Montmartre à vélo, c'est par ici)

Je ne vais pas m'attarder des heures là-dessus. Le vélo est équipé en Shimano Deore, 10 vitesses. De 11 à 42 dents. Le plateau en a 40. L'étagement des pignons est bon. Et nous pourrions penser que le développement 40x42 est surdimensionné. A l'usage, dans les côtes, les capteurs (et donc l'assistance) est plus efficace, plus agréable quand on mouline. Accélérer le rythme de rotation des jambes vous permettra d'avaler la difficulté du moment sans forcer sur les cuisses.

Les freins à disques sont pincés par des étriers à pistons hydrauliques. Aujourd'hui, cette technologie est ce qu'il se fait de plus efficace, selon mon quintal et moi. Encore une fois, sans me lancer dans un pilotage à la Rémy Julienne (R.I.P Rémy), je n'ai pas réussi à prendre à défaut le vélo, sa partie cycle et ses gommes.

Au final, ce que j'ai pensé de cet Electra Townie ?
Retrouvez mon verdict final ci-dessous.

Allez chercher le tube en Electra, c'est cool.

(1) Envie de surfer sur le site des vélos de surfers ? Electra c'est là.
(2) Avant de me renseigner, je pensais vraiment que la "flat foot technology" était un brevet pour rendre plus confortable le pédalage pour celles et ceux qui ont les pieds plats.
(3) Vu le prix de la batterie et le moindre intérêt d'un vélo électrique sans batterie, nous recommandons toujours de retirer la batterie du vélo quand il est laissé sans surveillance. Les voleurs s'intéresseront à un autre (espérons-le).
(4) La fiche technique de l'Electra testé.
(5) Ami.e surfeur.euse, nous savons bien que la vague de Pipe Line est à Hawaii, mais Hawaii, ça reste l'Amérique!

Notre verdict

[Test] Vélo électrique Electra Townie Path Go, le Beach Cruiser des villes
(3.5/5)

Je ne m’attarde pas sur les données techniques du vélo. Tout est mentionné sur la fiche technique en ligne (4). Notez qu’il y a plusieurs finitions (vitesses à moyeu par exemple), plusieurs coloris, plusieurs tailles. Choisir une finition ou l’autre sera une question de goût et de préférence. Ce que je peux dire de ce vélo. Son prix conseillé entre 3,399€ et 3,499€ le positionne dans la catégorie des vélos électriques haut de gamme. L’équipement global, la motorisation, les finitions nous poussent à croire que son tarif est justifié. Le vélo est simple, facile et j’ose l’écrire, accueillant. Très simple d’utilisation, tout.e cycliste y trouvera ses marques très rapidement. Il/elle se sentira à l’aise immédiatement.

Aussi ce vélo est suffisamment versatile pour une utilisation quotidienne et utilitaire ou encore une utilisation de loisir. Le Townie est très bien pour un usage tranquille et confortable. Il semble être le vélo le plus polyvalent de la gamme Electra. Sa géométrie offre un spectre assez large de taille d’utilisateurs/trices. Nous vous le rappelons, les créateurs allemands, installés en Californie, voulaient redonner des lettres de noblesse au beach cruiser. Vélo de flânerie par excellence. Et si vous vous demandez si nous allons en essayer un, de bon gros beach Cruiser? Yeah buddy, C’est dans le pipe (5).

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