[Test] vélo cargo Carqon Cruise, le biporteur néerlandais moderne

[Test] vélo cargo Carqon Cruise, le biporteur néerlandais moderne

"Le Carqon Cruise, un biporteur généreux, tant en volume d'emport qu'en agrément de conduite" d'infos

(4/5)

Comme je l'annonçais dans ce billet preview, nous avons eu en main le vélo cargo Carqon Cruise durant quelques semaines. Kim Mangnus, la responsable des ventes France, avait fait le déplacement jusqu'à Angers pour déposer ce gros bébé, tout frais sorti de leur usine. Weelz! est donc le premier média français à vous proposer le test de ce vélocargo biporteur Carqon Cruise.

Carqon, née au pays du vélo (cargo)

Avant d'aller plus loin dans cet article, un petit mot sur la marque. Elle est toute jeune puisque née seulement en 2020. Elle a été imaginée dans la tête de Niek Van Exel, dynamique entrepreneur passé chez Procter & Gamble, Philips ou encore Danone. Niek n'est pas un newbie sur ce marché du vélo et particulièrement celui du vélo cargo, puisqu'il est le fondateur de Babboe, marque déjà bien installée dans le paysage vélo Batave.


Depuis, ces deux marques (Babboe et Carqon) sont passées dans le giron d'Accell Group (avec entre autres Batavus, Sparta, Koga, Haibike ou Winora). Niek, de son côté, a monté son fonds d'investissement dans les startups de la smart mobility. Le siège de Carqon est basé à Amersfoort, province d'Utrecht. Autant dire que le vélo, cargo ou classique, est bien présent dans l'ADN de la marque.

Avec le vélo cargo Carqon, changez de caisse

Le Carqon Cruise, c'est le second modèle de la marque néerlandaise. Juste avant lui dans la gamme, il y a eu le Carqon Classic. Le Carqon Classic est un modèle que nous vous présentions déjà dans cet article pour vous aider à faire le bon choix de vélo cargo. Sa particularité : sa caisse avant est dotée d'une portière. Elle facilite l'accès à bord pour votre progéniture.

Mais alors qu'est ce qui change avec ce nouveau vélo cargo Carqon Cruise ? En réalité, le châssis, en aluminium, est exactement le même que son grand frère. La différence se situe au niveau de la caisse avant. Alors que celle du Classic est construite en HDPE, un polyéthylène haute densité, celle du Cruise est en EPP, du polypropylène expansé. Elle est recouverte en partie d'une plaque d'aluminium Dibond. Avantage : elle s'avère plus légère. Le fabricant indique avoir gagné un peu plus de quatre kilos.

Le volume intérieur reste le même que sur le modèle Classic. En revanche, sa forme diffère. Tandis que la caisse du Carqon Classic est droite, celle du vélo cargo Carqon Cruise présente une forme relevée sur l'arrière, pour mieux protéger la tête de vos bambins en cas de choc. Les caisses des vélos cargo Carqon peuvent accueillir jusqu'à deux enfants, plus un support Maxi-Cosi. Si le Carqon Cruise est dépourvu de portière, votre progéniture pourra monter à bord grâce à la marche intégrée de chaque côté de la caisse.

Carqon, un design semi-moderne ou neo-rétro ?

Sous mes yeux d'utilisateur désormais averti de vélo cargo (j'ai la chance d'en posséder un personnellement, mais aussi d'en tester régulièrement) le Carqon Cruise m'étonne. Je ne sais comment désigner son allure. Est-ce un design semi-moderne ou neo-rétro ? Le fabricant Carqon parvient à proposer un vélo cargo qui se démarque, je trouve, de la production néerlandaise habituelle.

Exit la très conventionnelle caisse en bois d'un Babboe, d'un Bakfiets, ou les lignes plus classiques d'un Urban Arrow. le Carqon apporte un peu de modernisme. Oserais-je parler de sportivité ? C'est en tout cas ainsi que la marque décrit son modèle. "Il a une géométrie sportive et son design est d’une seule ligne lisse et fluide." nous disent-ils. Certes, ce n'est pas un Bullitt ou un Douze Cycles non plus.

Je dois reconnaître que, bien que je le trouve sans doute un peu trop massif, son design, notamment la cosmétique bi-ton noir et gris, est plaisante à l'oeil. Le Carqon Cruise présente une certaine élégance. Il a fait dans tous les cas une relative unanimité auprès des personnes croisées en chemin. Après essai, un voisin a même filé au magasin pour en commander un.

Carqon Cruise - Juste pour "cruiser" sur les boulevards ?

Lorsque l'on monte "à bord" de ce Carqon Cruise (en tant que pilote - je n'ai pas testé personnellement la caisse), on sent de suite une prise en main confortable. La position de l'utilisateur est relevée, juste ce qu'il faut. Le cintre présente une courbure pour permettre une position naturelle des mains (les experts disent "backsweep"). Votre séant est lui aussi assis confortablement sur la large selle.

Un confort d'assise et de prise en main renforcé par deux éléments importants du vélo ; tout d'abord sa monte pneumatique. Les Schwalbe Super Moto-X bien que relativement lourds, s'avèrent d'excellents amortisseurs et absorbeurs de chocs (à condition de ne pas surgonfler). Quant à la fourche Suntour, elle est un allié indéniable pour les passages de trottoirs, surtout lorsque vous êtes chargé.

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En roulant, l'aspect massif du vélo disparaît immédiatement (aidé par l'assistance électrique évidemment - on y revient plus bas). Le vélo cargo Carqon Cruise n'est pas des plus légers (à vide un Douze Cycles V2 pèse environ 40 kilos, le Carqon Cruise est à 58 kilos). On le ressent bien sûr. Pour autant, le Carqon Cruise s'avère une monture très plaisante à rouler. Avec son couple de roues en 27.5 à l'arrière et 20 pouces à l'avant, le vélo est à la fois roulant et dynamique. Malgré son empattement conséquent, deux mètres - le vélo fait 2,60M de long tout de même - la direction demeure précise. L'engin n'est pas une "branche molle", la géométrie du cadre, et notamment l'imposante poutre inférieure, apporte énormément de rigidité. Et c'est appréciable.

Évidemment, la direction précise de l'engin est grandement aidée par un concept qui ne nous est pas inconnu : une direction à câbles. Popularisée (pourrait-on même dire inventée) par le fabricant français Douze Cycles. Elle est de plus en plus copiée sur d'autres modèles de vélo cargo biporteur. Nous l'adorons sur le Douze. Nous l'avions moins apprécié sur le Yuba Supercargo. Nous n'avons pas eu le temps de la tester sur le feu Riese & Müller Packster 70. Sur ce Carqon Cruise, les sensations sont très bonnes. Comme dit plus haut, le pilotage du vélo est souple et précis. L'angle de braquage offert permet des manœuvres et des demi-tours facilités.

En parlant d'angle de braquage, méfiance tout de même. C'est l'un des rares gros défauts relevé du vélo : sa béquille. A l'arrêt, rien à redire. Elle est facile à déployer d'un "coup de pied", sur ce point elle est même bien conçue. L'effet de levier permet de "poser" le vélo assez facilement, pratiquement d'une main, selon votre "force physique". En revanche, c'est moins bien lorsque l'on roule : impossible de prendre de l'angle sans que celle-ci ne vienne inévitablement frotter l'asphalte. Une fois que l'on s'est fait rappeler à l'ordre deux ou trois fois, on y pense. Mais on est condamné à prendre des virages à petites vitesses. Navré, vous ne pourrez pas jouer les Capirossi.

Un moteur Bosch quatrième génération convaincant

Petite parenthèse, avant de parler de la motorisation Bosch en elle-même, parlons de son intégration sur le Carqon Cruise. Le moteur est enfermé à l'intérieur d'une coque au format arrondi et aux parois alvéolées et translucides. Le rendu est plutôt joli. Voilà. Fin de la parenthèse.

La motorisation Bosch eBike embarquée par le vélo cargo Carqon Cruise est convaincante. Les performances de la version Performance CX Cargoline, l'un des plus puissants de la gamme et dont les courbes sont adaptées à un usage cargo. Il correspond bien à l'usage intensif d'un vélo cargo comme le Carqon, dont le volume offert par la caisse autorise une charge conséquente. On apprécie d'obtenir une assistance assez dynamique, même sur une faible fréquence de pédalage. Le couple délivré de 85 Nm est efficace en cas de déclivité forte et/ou de chargement conséquent.

En ce qui concerne les composants embarqués, c'est très qualitatif. L'engin est freiné par des freins à disque hydrauliques Tektro Dorado en 203 mm et quatre pistons. Ils sont efficaces, pas mordants mais surtout très progressifs. Un mot sur la transmission : à l'achat vous avez le choix entre une transmission classique dérailleur Shimano Deore XT 10 vitesses, ou bien un moyeu à vitesses intégrées Enviolo N380, couplé à une courroie carbone Gates.

Si l'on voit cela d'un point de vue maintenance, entretien, propreté, la seconde option est évidemment la meilleure. Toutefois, à l'usage, je lui préfère une transmission classique, bien que le moyeu Enviolo sera une solution extrêmement simple d'usage pour beaucoup. Un simple tour de poignet pour durcir ou assouplir le braquet en fonction du dénivelé. Le système n'est pas indexé mais planétaire. Il faut juste penser à ne pas mettre trop de couple sur les pédales au moment où vous changez de vitesses.

Quatre coloris sont disponibles (Noir, Blanc, Noir/Rouge, Noir/Gris). Le Carqon Cruise démarre à 5099€ avec une batterie de 400 Wh et une transmission dérailleur. On monte jusqu'à 5699€ pour une batterie de 500 Wh et une transmission moyeu/courroie. Comme vous pouvez le voir sur les photos, les vélos cargo Carqon acceptent une seconde batterie, pour augmenter l'autonomie. Sur ce point, je suis parvenu à atteindre 80 km avec un usage "normal" (trajets vélotaf, quelques pleins de courses et quelques aller-retour au collège pour emmener ma fille (qui a 13 ans, donc assez lourde)).

Si vous voulez connaître mon verdict final, ça se passe par ici.
Si vous voulez en savoir plus sur ce vélo cargo Carqon Cruise, RDV sur le site officiel.
Merci au magasin Vélo Horizon Angers d'avoir joué les intermédiaires.

Notre verdict

[Test] vélo cargo Carqon Cruise, le biporteur néerlandais moderne
(4/5)

Le Carqon Cruise est un vélo cargo très appréciable au quotidien. C’est un biporteur généreux, tant en volume d’emport qu’en agrément de conduite. La caisse a été bien pensée : Un vrai banc capable d’accueillir deux enfants (avec ceintures de sécurité cinq points), de quoi fixer un support maxi-cosy, une marche pour accéder, une partie surélevée pour protéger la tête des enfants.

L’équipement embarqué est de qualité (pneus Schwalbe robustes, éclairage Spanninga puissant, freins Tektro progressifs…) et la motorisation Bosch Cargoline est très bien adaptée à l’usage cargo quotidien. Le tarif de la bête requiert évidemment un budget assez conséquent, mais comme on l’a déjà dit, un tel vélo cargo remplace aisément une voiture au quotidien (voir notre infographie).

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