[Test] Vélo cargo Bergamont E-Cargoville LJ, robuste biporteur urbain allemand

[Test] Vélo cargo Bergamont E-Cargoville LJ, robuste biporteur urbain allemand

Un cargo dans la ville

"Ce biporteur souffre de défauts mais n'en reste pas moins un très bon vélo cargo." d'infos

(3.5/5)

Le Long John fut l'un des tout premiers modèles de biporteur. Rien à voir avec le personnage de L'Île au trésor de Stevenson¹. Caractérisé par son très long empattement, ce vélo cargo sur deux roues est désormais bien en place dans le paysage vélocipédique. Après d'autres fabricants, la marque allemande Bergamont a souhaité elle-aussi proposer sa version moderne de ces vélos utilitaires très pratiques.

Basée à Hambourg, Bergamont proposait à ses débuts un catalogue très sportif avec une belle gamme VTT. Depuis quelques années, elle a compris que la mobilité sera un enjeu fort de la prochaine décennie (ils lisent sûrement Weelz). C'est pourquoi elle s'oriente de plus en plus vers l'urbain (sans oublier le vélo aventure). La preuve avec ce nouveau biporteur E-Cargoville LJ, dont voici notre test. "LJ", vous l'aurez deviné, étant les initiales de "Long John".


Design teuton

La première fois que nous avions aperçu le E-Cargoville lors d'un salon, il était en plateau nu (sans caisse). Il est vrai que son design laissait dubitatif. On ne peut pas dire que les tubes fassent dans la finesse. Le dessin du triangle arrière parait avoir été fait à l'équerre et sans compas. Des lignes très "germaniques" pourrait-on dire. Techniquement pourtant, le design est plutôt malin. La longue section horizontale permet de fortement rigidifier le vélo jusqu'à l'axe arrière. Elle passe par-dessus la chaine, ce qui évite que celle-ci ne vienne taper sur le métal. Les haubans sont courts mais tout aussi massifs.

Sous l'épais tube de selle, on retrouve le berceau qui permet de fixer la motorisation (prévu pour Bosch mais potentiellement compatible avec d'autres équipementiers). De là, la structure est encore renforcée par une jonction tubulaire très épaisse jusqu'au plateau. Sous la direction, un (très) imposant tube, le "Power Dome", au design rectangulaire, renferme la batterie Powertube. Le cadre est facilement enjambable et la géométrie autorise une plage de taille utilisateur assez large, allant de 1,60m à 1,90m.

Deux longueurs disponibles

Le E-Cargoville est disponible en deux versions de plateau : LJ70 pour un plateau d'une longueur de 70 cm (notre test), et LJ50 pour un plateau 20 cm plus court. Le châssis arrière est le même pour l'une ou l'autre. Le plateau vient se greffer via quatre solides vis BTR. Si le design de la partie avant vous dit quelque chose, c'est normal. Il est un peu inspiré des Bullitt de la marque danoise Larry vs Harry. A la différence qu'il est ici plus haut et beaucoup plus épais. On retrouve le logotage Bergamont de chaque coté.

Si les lignes de la partie arrière sont un peu trop carrées, on trouve la caisse avant plutôt réussie. Ses formes sont plus souples et plus arrondies. On aime bien la barre métallique latérale noire qui fait office de support et de séparation pour les deux plaques de bois hautes et basses. Elles rendent de suite le E-Cargoville reconnaissable. Bergamont a opté pour du bambou, une essence de bois au coloris clair dont la résistance aux intempéries est reconnue.

La plaque arrière sous la direction est ajourée pour pouvoir passer et ajuster en hauteur les ceintures de sécurité 5 points pour vos bambins. Elle est doublée d'une mousse néoprène pour plus de confort. Le E-Cargoville propose deux places assises. Les enfants s'assoient sur un coussin en fond de plateau. Ce "kids bench" n'est pas de série, cela reste une option. Juste un peu dommage, les vis-écrous ressortent au niveau de la tête ou des épaules des enfants de chaque coté.

Dynamique à rouler, lourd à manœuvrer

Si comme nous le disions plus haut, la partie avant pourrait faire penser à un Bullitt, la comparaison s'arrête ici. Car dès les premiers tours de roues, on sent que nous ne sommes pas du tout en main d'un biporteur sportif. Le E-Cargoville pèse son poids (aux alentours des 45 kg). Cela provoque naturellement une inertie qui se ressent à basse vitesse. Dès que l'on accélère, le biporteur allemand retrouve un peu de fougue et est agréable à piloter. En terme de sensations, je dirais que l'on se situe entre un Bakfiets classique et des biporteurs plus "musclés" comme le Bullitt ou le Douze Cycles. La très grande rigidité du châssis donne confiance et la prise en main est assez rapide.

Bergamont a choisi une direction à tringle. Ce type de guidage de la roue avant est techniquement assez simple et réputé fiable. Toutefois, ce système réduit aussi l'angle de braquage. Une fois lancé, ce n'est pas dérangeant. Il faut en revanche se méfier à basse vitesse, le vélo manque de fait un peu d'agilité. D'autant que dans la version plateau 70, le vélo mesure près de 2,70m en longueur. Attention aussi lors des manipulations, le poids élevé du vélo et l'angle de braquage réduit rendent parfois les manœuvres difficiles.

En parlant de manœuvre, un mot sur la béquille, l'un des défauts de ce cargo. Située un peu trop vers l'avant de la caisse, elle stabilise parfaitement le vélo, même sur des surfaces irrégulières ou en dévers. Cependant, elle rend très difficile le béquillage, surtout si le vélo est chargé. Il faut pas mal de force pour tirer le vélo vers l'arrière (on peut attraper la partie basse du cadre à la main au besoin). Pour repartir, même problème. Il faut pousser franchement le vélo, et la béquille a tendance à venir taper fort le plateau lorsqu'elle se désenclenche. Pour éviter ce bruit peu discret, on peut venir placer son pied sur l'une des extrémités, pour la retenir, mais pour cela il faut être assez grand. C'est un défaut dans un usage quotidien où l'on peut être amené à se stationner plusieurs fois dans une journée.

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Une motorisation puissante

Bonne surprise coté assistance électrique. La nouvelle motorisation du fabricant allemand Bosch eBike spéciale cargo offre un couple maximal de 85nm et une assistance jusqu'à 400% (contre 65nm et 300% sur une version Performance Line). Le moteur s'adapte donc très bien sur des modèles tels que le E-Cargoville. Il offre une assistance puissante, même lorsque le vélo est chargé. Cette unité Cargo Line permet ici aussi de compenser le poids important du vélo, même à vide, en offrant un pédalage assez souple, même dans les modes bas d'assistance (Eco ou Tour).

La batterie est au format PowerTube. Il s'agit d'une unité 36 V Li Ion de 625 Wh. Une puissance qui autorise une belle autonomie. Avec une pleine charge, je suis parvenu à réaliser entre 70 et 80 km. Si cela n'est pas suffisant, le cadre est prévu pour accueillir une seconde batterie en plug-and-play, au besoin. La batterie s'insère dans ce que la marque appelle le "Power Dome", au design carré assez peu esthétique. Il enferme aussi la colonne de direction et la câblerie. Si l'on peut recharger la batterie directement sur le vélo, elle peut bien sûr aussi être retirée. Le long cache plastique noir se retire par une vis papillon. Attention, elle n'est pas solidaire et on peut facilement la perdre.

Calme et confort

Pas de doute là-dessus, le vélo est très confortable. L'assise du pilote est agréable et la position assez haute et relevée ne casse pas le dos. Au besoin, la potence est réglable en profondeur. Grips ergonomiques et angle de cintre bien ajusté vers l'arrière, le poste de pilotage est plaisant et tombe bien en main. La potence maison est divisée en deux parties et dessinée spécifiquement pour accueillir l'afficheur Kiox de Bosch. Le changement de mode d'assistance se fait à l'aide d'une commande déportée qui tombe sous le pouce gauche. L'affichage couleur est confortable, même en plein soleil. On a accès à de nombreuses informations et on peut même se connecter à son smartphone via l'application eBike Connect.

Coté roues, Bergamont a choisi une monte pneumatique cohérente, avec de robustes Schwalbe Super Moto-X en 2.40 de section (26 pouces à l'arrière et 20 à l'avant). S'ils ne contribuent pas à alléger le vélo (1kg rien que pour le pneu arrière), ils ont l'avantage de rendre le trajet confortable. Leur profil ballon filtre très bien les imperfections de la route. Le profil semi-slick est parfait dans un usage urbain.

Sur cette version de test, nous avions une transmission Enviolo manuelle (elle existe aussi en version automatique, où les changements de braquets sont gérés électroniquement). Il s'agit d'un système planétaire, c'est-à-dire non indexé. Vous avez juste à tourner la poignée pour durcir ou assouplir votre pédalage. Le couplage avec la motorisation Bosch Cargo Line est très réactif. On ressent les changements dans l'assistance dès lors que l'on tourne la commande Enviolo, avec une excellente progressivité.

Bête de somme

Question chargement, la caisse est généreuse en terme de volume. La surface de charge de 70x45 cm pour 30 cm de haut, autorise un poids maximal de 90 kg. Avec la version plateau 70 et son volume de 100 litres (75 pour la version 50), même avec deux enfants dans la box, vous avez encore de quoi stocker les sacs de courses et les cartables.

Le Bergamont E-Cargoville Expert est vendu 5299€ dans la version plateau nu 70 cm. Il faudra débourser un peu plus si vous voulez l'accessoiriser, en ajoutant la caisse en bambou, la box cover, le siège enfant ou encore la canopy. Il existe trois versions : E-Cargoville LJ Elite avec la transmission Enviolo automatique (électronique) et courroie, E-Cargoville LJ Expert avec la transmission Enviolo classique (manuelle) et courroie, et enfin la version E-Cargoville LJ Edition avec une transmission chaine Deore 1x11.

Retrouvez le verdict final de notre test, ci-dessous.

¹ Le personnage Long John Silver dans "L'Île au trésor" de Robert-Louis Stevenson

Notre verdict

[Test] Vélo cargo Bergamont E-Cargoville LJ, robuste biporteur urbain allemand
(3.5/5)

Vous avez dû vous en apercevoir, nous sommes assez fan de la marque Bergamont. Cette marque allemande puise son inspiration au cœur du quartier urbain de Sankt Pauli à Hambourg. Nous étions très heureux de voir en 2019 qu’elle envisageait l’ajout d’un modèle cargo à son catalogue. Dire, suite à notre essai, que c’est une déception serait sûrement un peu fort. Sans doute nous attendions nous à autre chose. Le E-Cargoville est un très bon vélo cargo. Peut-être lui manque-t-il la même sportivité et le même panache que nous pouvons retrouver dans d’autres modèles de la marque, comme par exemple le Grandurance.

Le désappointement s’arrête ici. Le biporteur Bergamont affiche des qualités indéniables et des prestations haut-de-gamme. La motorisation Bosch spéciale Cargo, bien qu’elle soit un peu bruyante, est souple et puissante et propulse le vélo parfaitement, même lorsqu’il est bien chargé. La transmission à vitesses intégrées Enviolo est bien assimilée avec la motorisation et les changements de braquets sont progressifs.

Ce vélo cargo n’est pas un break de chasse sportif, certes, il manque d’agilité et est un peu lourd, mais c’est un robuste SUV, qui acceptera sans sourciller n’importe quel traitement. Pas de sensations de flottement, le châssis est très rigide, ce qui empêche nullement la monture d’être très confortable. Avec ses garde-boues métal, son éclairage intégré puissant, voilà un vélo très bien équipé pour affronter un usage urbain utilitaire intensif.

Bien sûr, il faut y mettre le prix. Les options font rapidement monter la note au-delà des 6000€. Mais comme nous le disons souvent, investir dans un vélo cargo reste une excellente idée (voir notre infographie spéciale achat vélo cargo). RDV sur Bergamont.com pour connaitre votre revendeur le plus proche.

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