[Test] Tern GSD S10, un vélo cargo longtail brillant et passe-partout

[Test] Tern GSD S10, un vélo cargo longtail brillant et passe-partout

"Plus cher qu'une carte famille nombreuse, je cherche une mauvaise raison de ne pas avoir un GSD dans mon garage..." d'infos

(4.5/5)

Au début du printemps 2021 nous avons eu entre nos guiboles pour quelques jours ce vélo cargo longtail Tern GSD S10. Et nous avons bien failli ne pas le rendre. Pourquoi le garder ? Voici ci-dessous ce que nous avons pensé de cette machine. Un conseil quand même, si vous hésitez à casser votre tirelire, ne lisez pas ces lignes, elles pourraient être fatales pour votre nénette.

Les conditions du test

Trois jours. Trois petits jours. La France est encore confinée (mais pas trop), absolument sous couvre-feu. Il fait particulièrement bon, beau en cette fin de mois de mars. Ca sent le printemps qui arrive (mais qui repartira). Environ 200km parcourus au guidon du GSD. En ville pour aller & venir. En dehors de Paris, pour se promener, flâner, profiter du soleil. Quelques jolies côtes. Un peu de gravel chemins en sous-bois dans le Parc de Saint-Cloud, l'enfant posée derrière, à tenir le sac du pique-nique. Pas de pluie, pas de longues sorties, pas de passage à la déchetterie ou chez Darty pour ramener un lave-vaisselle (le mien n'a pas un an si ce sujet vous intéresse).


On va se régaler.

Prise en main et tour de la machine

Rendez-vous est pris avec Marc. Il tient le magasin Cyclable sur le Canal de l'Ourcq, au 50 Quai de Jemmapes Paris 10 pour être précis. Il est aussi l'interlocuteur privilégié en France pour la marque Tern Bicycles. Avant de lui laisser mon Lapierre, fidèle parmi les fidèles, il nous présente. GSD je te présente Jérôme. Jérôme je te présente GSD. Le vélo jaune sous mes yeux a quelques kilomètres au compteur. Quelques 300 kilomètres. C'est donc le modèle de test.

C'est toujours bien de récupérer un vélo qui a déjà roulé. Les problèmes, quand il y en a, sur les vélos des marques connues et reconnues apparaissent rarement au 50ème kilomètre. Pas besoin de présentations interminables, je connais la motorisation Bosch, m'assure que j'ai bien la clé (pour enlever la batterie et le cadenas de cadre), vérifie que les réglages sont bons. La marque annonce une amplitude de taille utilisateur entre 1m50 et 1m95, je suis donc dans la fourchette haute. La marche pour sortir du magasin le vélo est plutôt haute, pour ne pas tout casser (sait-on jamais) avant d'avoir rouler, Marc m'aide à porter le vélo qui affiche 32,5 kg sur la balance (poids annoncé, non vérifié). C'est parti.

La banquette arrière, c'est pour transporter des enfants ?

En cette belle journée de début de printemps, les quais sont bondés de badauds. Je ne parcours pas 1 kilomètre que je suis déjà interrogé par une jeune femme et un couple. "-C'est quoi ce vélo ? La "banquette arrière, c'est pour transporter des enfants ?-Oui, deux enfants, des courses, tout ce que vous voulez. Le vélo est conçu pour transporter 200kg de charge, donc vous pouvez-y aller. -Trop bien et vos enfants ils aiment ? -tellement (petit mensonge puisque je ne les ai pas encore mis dessus mais je sais). -chérie, on va en acheter un ?".

Il me faut peu de temps pour prendre la mesure du vélo et trouver mes marques pour me faufiler dans les embouteillages parisiens. Evidemment, le vélo est un peu plus encombrant qu'un vélo classique. Ceci se ressent dans les manœuvres pour se faufiler entre les voitures, pas du tout pour doubler ou se faire doubler sur les pistes cyclables. La difficulté à se faufiler n'est pas dû à la longueur (l'empattement, distance entre les 2 axes de roues) qui est de 181cm (pas plus long qu'un vélo classique donc). La difficulté vient plus de la peur de rayer une voiture avec le système ClubHouse (aka Monkeybar) installé sur la banquette arrière. Une fois dans le Bois de Vincennes, je n'hésite pas longtemps, je ne vais pas tourner au Polygone, haut lieu du Raymond de Paris Est. Mon vélo est inadapté. Je flâne, me pose et je suis bien (si je me souviens bien, j'ai croqué dans une pomme notamment).

Sans assistance, à vide ?

Comme toujours, un bon vélo à assistance électrique doit commencer par être un bon vélo. Rapidement, je coupe donc le moteur. Le vélo est bien équipé avec la cassette Shimano DEORE. 10 pignons à l'arrière en 11x36. De quoi se déjouer de la plupart des côtes et petites bosses que vous serez amenés à rencontrer sur vos trajets quotidiens. Bon le vélo est vide et, bien entendu, démarrer de l'arrêt si c'est dans une petite côte, ne va pas être très facile. Jouable mais pas facile. A noter que se mettre en danseuse est du même acabit. Jouable, mais la position n'est pas bien efficace.

D'ailleurs, sans assistance, à vide, en montée, il convient clairement de faire l'impasse sur la vitesse et bien se concentrer sur le franchissement de la difficulté. Cela prendra le temps que cela prendra. Sur du plat, en jouant sur le pignon arrière, je finis par atteindre les 26-27 km/h en prenant mon temps. Cette vitesse de croisière se tient. Rouler vite n'est malgré tout pas le programme de ce longtail. D'ailleurs je ne retrouve pas cette sensation d'avoir un vélo lancé, de rouler sur son inertie. Est-ce dû à la position, au poids du vélo, aux roues de 20 pouces, aux pneus Schwalbe Big Ben Plus ? Probablement un peu toutes ses raisons à la fois. Clairement mon destrier jaune tient plus du Cob Normand que du pur-sang anglais. L'un est taillé pour faire les courses, l'autre les gagner.

Sans assistance et chargé ? Un jour sans fin, presque

Comme toujours, un bon vélo à assistance électrique doit commencer par être un bon vélo. Rapidement, une fois chargé avec ma fille (30 kilos et le pique-nique, 35kg (poids total, pas 35 kilos le pique-nique)), je coupe donc le moteur. Le vélo est bien équipé avec la cassette Shimano DEORE, 10 pignons à l'arrière de 11x36. De quoi, ne pas se déjouer de la plupart des côtes et petites bosses que vous serez amenés à rencontrer sur vos trajets quotidiens. Bon le vélo est chargé à 150kg en gros en me comptant dessus et là, il est illusoire de vouloir démarrer de l'arrêt si c'est dans une petite côte. Illusoire ? Pas tout à fait. Si la côté est un faux-plat, ou affiche 1 ou 2 % ça se fait. Mais aucun intérêt. A noter que se mettre en danseuse n'est plus une option. Le poids de ma fille derrière rend impossible de raisonnablement balancer le vélo de droite à gauche. Si vous le balancez à droite, il y restera.

Quand je pars en famille à Taïwan, je me fonds dans la foule, un vrai caméléon. Mes enfants aussi.

Sur du plat, en jouant sur le pignon arrière, je finis, à nouveau par atteindre les 26-27 km/h en prenant mon temps. Cette vitesse de croisière se tient. Rouler vite n'est malgré tout pas le programme de ce longtail. D'ailleurs je ne retrouve pas cette sensation d'avoir un vélo lancé, de rouler sur son inertie. Est-ce dû à la position, au poids du vélo, aux roues de 20 pouces, aux pneus Schwalbe Big Ben Plus ? Probablement un peu toutes ses raisons à la fois. Clairement mon destrier jaune tient plus du Cob Normand que du pur-sang anglais. Mais ça je l'ai déjà dit non ?

Avec l'assistance ? Un jour sans fin ou presque

Comme toujours, un bon vélo à assistance électrique doit avoir un bon moteur, qui assiste, quelles que soient les conditions d'usage. Sinon, à quoi bon avoir un moteur et tout le barnum s'il ne soulage le pédalage que quand on en a pas besoin ? Ce GSD est équipé du moteur Bosch Cargo Line. La motorisation Germanique (testée aussi ici sur le Bergamont E-Cargoville) dédiée aux vélos cargo, moteur qui délivre jusqu'à 85 Nm et 900 Watts (si la deuxième batterie est montée).

"l'aide au pédalage est immédiatement présente, dès que l'on appuie sur les pédales"

Au delà des chiffres, quand l'assistance est au niveau minimum (ECO), l'aide au pédalage est immédiatement présente, dès que l'on appuie sur les pédales, même si on est à l'arrêt. En étant sur le bon pignon, l'assistance au niveau 1 vous sortira de presque toutes les situations raisonnables (ie chargé mais pas à bloc, dans une montée mais pas un mur). L'assistance en mode Turbo, même chargé, ne vous souciez de rien, juste pédalez. Le moteur vous emmènera à cette vitesse plus que raisonnable. Cette vitesse qui vous semblait inatteignable. Vous êtes la Mathilde Gros du vélo cargo. Le Nikola Karabatic1 du longtail. Avec Ellie (l'enfant), posée derrière, il m'est arrivé en côte de devoir passer entre les barrières anti-scooter, un gymkhana pas facile à négocier avec un tel vélo. L'assistance nous a sorti de ce mauvais pas, easy.

Tiens, je n'ai pas parlé des pédales ! Elles ne sont pas terribles. Voilà c'est dit !

Un conseil valable pour n'importe quel vélo à vitesse

Evidemment, comme tout VAE, l'idéal est de jouer du pouce gauche pour ajuster au mieux l'assistance et du pouce droit pour être en permanence sur le bon pignon. Ce conseil est valable pour tous les vélos VAE à vitesse (dérailleur ou moyeu). Vous économisez tout. Stock d'électricité chargé, transmission, énergie à fournir dans vos cuisses. Il n'y pas de bonne méthode pour apprendre, si ce n'est vous inviter à être curieux, essayer les différentes configurations et à force d'habitude trouver les bonnes combinaisons qui vous conviennent. D'une manière générale gardez en-tête qu'il vaut mieux être sur un pignon (arrière) un peu court plutôt qu'un peu long. C'est-à-dire si vous hésitez entre deux, optez pour le pignon le plus à gauche des deux (le plus grand donc).

Il est roulant ce GSD ?

"On peut alors relâcher un peu l'attention nécessaire au pilotage en ville et se mettre à discuter avec sa passagère"

Absolument. Comme déjà dit, sans être aussi efficace qu'un vélo de sport, ce Tern vous emmènera à destination à une allure de sénateur. Avec l'assistance, si vous ne souhaitez pas fournir d'efforts (c'est votre droit), sans assistance électrique si vous ressentez le besoin de galber vos mollets. J'ai aimé les portions roulantes de mon test, surtout quand ma fille était derrière. On peut alors relâcher un peu l'attention nécessaire au pilotage en ville et se mettre à discuter avec sa passagère. Commenter le spectacle qui défile sous nos yeux. Attirer l'attention de l'autre sur un détail. Chanter à tue-tête. C'est convivial. C'est chouette. Notez que ce plaisir spécifique du vélo cargo (ou du tandem) n'est pas lié au Tern GSD mais bien au concept d'être à deux sur une même machine.

Let's go to Taïwan

Et le confort dans tout cela, il est comment ?

Il est temps de vous dire qu'encore une fois, j'ai failli m'exploser le fondement. Quand l'assise de la selle m'a fait la surprise de se barrer me laissant délicatement posé sur les rails de la dite selle. La vie de testeur de vélo est une succession de petits risques. Comment est-ce possible ? La selle d'origine a une poignée, plutôt conçue, d'après la marque, pour que la personne assise derrière puisse s'y tenir (Pourquoi a-t-elle besoin de s'y tenir serait une bonne question). Cette poignée est un appel à la saisir par le pilote quand il souhaite béquiller le vélo (béquille centrale). Si en plus le pilote a l'habitude de béquiller un T-Max (oui je sais), alors il y va franchement.

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Tout son poids sur la béquille et une bonne dose d'énergie dans le bras qui va soulever le vélo vers le haut. C'est là que la selle sort de ses rails et finit dans ma main. "Flûte !" aurait-été ma réaction si j'avais été mélomane. "Et merde" est finalement l'expression que l'on peut lire sur mes yeux. Evidemment en plein milieu du Bois de Vincennes, Hulk et Musclor sont déjà rentrés à la maison. Impossible de remettre la selle dans les rails. Je la remets tant bien que mal, il faut que je traverse Paris de l'extrême Sud-Est pour aller à l'extrême Nord-Ouest. Le drame fut évité de peu sur la route, heureusement que je roulais, littéralement, sur mes œufs.

Allez, vas-y tente de faire rentrer la partie mâle dans la partie femelle. Tu fais moins le malin désormais.

Et à part la selle ?

A part mes petits problèmes intimes, ma fille ne s'est jamais plainte des nids de poules rencontrés sur la route. Lors de notre virée en sous-bois, elle n'a pas été secouée plus que cela. De mon côté, j'ai bien aimé la présence de la fourche suspendue Suntour, customisée pour Tern avec un débattement de 70 mm. Les poignées ergonomiques sont confortables, une fois réglées avec l'angle qui vous convient (Pour être parfaitement positionnées, c'est, selon moi tout un art puisqu'il y a, à prendre en compte l'angle d'appui des mains sur le cintre et l'angle de positionnement pour atteindre les freins aisément). Aussi les pneus généreux font leur boulot. L'adhérence et le grip sont bons et ce quel que soit l'état du revêtement (chemin de terre et pavés y compris). Notez, je n'ai pas roulé sur chaussé mouillée avec ce vélo. Ceci étant précisé, j'ai déjà emmené ses pneus (en 700) sur route hivernale, mouillée, luisante et glissante. Les pneus ont très bien supporté les freinages (de relative) urgences que je me suis imposés.

Nous sommes allez voir les poneys aussi.

Hulk, Musclor et Benoît Brisfer

Je veux bien être affublé de l'adjectif maladroit. Oui parfois je suis un peu comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Ce n'est pas de ma faute, je suis grand, gros et volumineux. Ce n'est pas de ma faute, je suis lourd aussi. (et fort évidemment). Oui, en règle générale j'évite de trop forcer sur les outils que l'on me confie, il arrive que l'outil cède avant moi. En l'espèce, sur cette selle, j'ai tiré un peu fort probablement, mais enfin il y a clairement un défaut de conception dans cette selle. Elle cède à ma première tentative. Elle aurait fini par céder à la 10ème, 20ème ou 50ème tentative de quelqu'un un peu moins maladroit (et un peu moins fort). Une selle ce n'est pas grave en soi. C'est un accessoire qui se change facilement (NDLR : d'ailleurs en ce moment, il y a une pénurie de selles. Certaines marques livrent leurs vélos sans selle. Débrouillez-vous ! (ça ne va pas apaiser la tendance du vol de selles de vélo qui sévit dans nos villes)).

D'un autre côté quand on fait un chèque de plus de 4500€ dans un vélo. L'à peu près n'est pas tolérable. L'équipement cheap non plus. Selon moi c'est juste une question de respect de son client. Et pour tout vous dire, je trouve même, d'une manière générale et cette remarque n'est pas spécifique à ce Tern GSD, difficile à comprendre que l'on puisse investir des mois, des années, des sommes folles en Recherche et Développement pour faire évoluer un cadre de vélo et se contenter d'une selle qui semble avoir été trouvée sur Ali Express. Comment est-ce possible ? C'est mon coup de gueule du jour.

Manipulations et entretien

"le vélo est conçu pour se stocker (si besoin) cabré sur la roue arrière"

Une étagère, bleue, de luxe (sauf la selle elle est noire et plus cheap qu'un cadeau Kinder).

Tern propose sur ce vélo (et le BYB testé là) une colonne de direction pliable. Cette fonctionnalité est plus qu'intelligente et intéressante. En effet, en abaissant la tige de selle à son plus bas, en pliant a colonne de direction l'encombrement du vélo est réduit drastiquement, dans ce cas ces dimensions annoncées sont 176 × 40,5 × 83 cm. D'autant que, autre proposition maligne, le vélo est conçu pour se stocker (si besoin) cabré sur la roue arrière. Il pourra peut-être se glisser dans votre ascenseur (il vaudrait mieux si vous habitez au 8ème étage et que vous n'avez pas de solution de stockage au rez-de-chaussée). Stocké debout, le vélo est stable. Même si personnellement je le sécuriserais si j'avais un enfant en bas âge dans la maison. Pas besoin d'être Musclor (encore lui) pour le passer de la position allongée à debout à allongée.

La semaine prochaine, une photo du SUV posé sur le longtail.

En revanche, la marque annonce que l'un des intérêts de ce pliage possible c'est de pouvoir le charger aisément dans un coffre de monospace ou SUV. Pourquoi faire ? d'une part. D'autre part, le vélo reste encombrant et glisser ces 32,5kg dans le coffre, je vous souhaite bien du plaisir. L'autre point qui m'inquiète en faisant le tour du vélo, c'est le nombre de vis qu'il me semble devoir enlever si on veut commencer à faire un minimum de mécanique (comme réparer une crevaison). D'après l'équipe de Cyclable, Quai de Jemmapes, ce vélo est évidemment un peu encombrant dans un atelier, mais bien conçu pour être entretenu sans que ce ne soit une galère infinie. Ce point est parfois oublié autant par les concepteurs de vélos que par leurs usagers. Et pourtant, un vélo facile à réparer et entretenir par les mécanos sera un vélo que les vendeurs (qui sont parfois aussi les mécanos) seront plus enclins à vendre. Ce sera aussi un vélo que son propriétaire pourra entretenir seul plus aisément sans avoir un CQP mécanicien vélo.

Le système de blocage de la béquille

J'avais deux trois autres choses à vous dire à propos du Tern GSD

Comme d'habitude, je pense que vous savez lire une fiche produit d'un vélo. Si des points ne vous semblent pas bien clairs ou ont besoin d'éclaircissements, vous pouvez demander en commentaire, nous y répondrons avec plaisir. Ceci pour justifier que je ne vous fasse pas une liste à la Prévert de l'ensemble des équipements et options de finition possible sur ce vélo. Vous hésitez entre le moyeu Rohloff et le DEORE ? Les deux sont bien, c'est une question d'habitude et de préférence (et de budget aussi). Les freins, puisqu'il faut en parler, des Magura, à disque, hydraulique. Précis, mordants et onctueux. Même chargé, même en descente, ils assurent et rassurent.

Quand Tern GSD pas content, Tern GSD se cabrer. Un vrai pur-sang !

Un écosystème d'accessoires

Notez quand même, la marque Taïwanaise, offre un ensemble d'accessoires bien pensés pour customiser votre vélo (nous en parlions ici) avec les sacoches, porte-bébés, porte-charges, plateau avant ou arrière. De quoi véritablement configurer votre vélo en fonction de votre usage. Le vélo que j'ai testé est équipé du ClubHouse. Un système de protection pour caler les enfants, avec des barres. Pratique, sauf qu'aucune barre n'est prévue mobile, pour permettre au chérubin de s'y glisser aisément. C'est dommage (à l'usage l'enfant grimpe et se glisse aisément seul. Tenez bien le vélo quand même).

Deux batteries pour le prix de... deux batteries

Vous pouvez ajouter une deuxième batterie, pour, magie, doubler l'autonomie du moteur. Pour ma part, avec ce vélo, je n'ai pas tenté d'aller chercher à la vider. Je l'ai rechargée les deux soirs où le vélo a dormi chez moi. J'ai roulé 80km sans allé au bout de l'autonomie. Il n'en restait plus beaucoup mais il en restait. La batterie posée en haut n'est pas hyper facile d'accès. Surtout, y glisser la clé pour la détacher n'est pas très pratique. Si vous optez pour une seule batterie, préférez l'emplacement du bas qui me semble mieux fichu pour un usage quotidien (et vous baisserez le centre de gravité du vélo).

L'attacher, une galère

Attacher son vélo est toujours une galère. C'est vraiment un moment que je déteste. Entre trouver le bon emplacement, glisser le vélo tant bien que mal entre les autres, s'assurer que le point d'attache est solide, que le cadenas passera. On se baisse, on met les doigts dans le gras. Quand enfin on y arrive, les clés ou les lunettes tombent. Vraiment c'est pour moi un pensum. Attacher un longtail est encore plus pénible qu'attacher un vélo classique. Parce que le vélo est encombrant, lourd. Aussi parce que mon petit U n'est pas suffisamment long pour passer dans les haubans arrières. Il n'est pas suffisamment long pour passer dans un tube du cadre et espérer passer dans un point d'ancrage. Il suffit de s'équiper ? Evidemment. Il n'empêche un tel objet fait l'objet de convoitises. Dans votre garage, dans votre cave, dans votre jardin, je vous recommande de toujours l'attacher, de bien l'attacher, de le marquer, de le personnaliser, de dormir avec.

L'attacher ainsi n'est peut-être pas idiot. Je vous laisse tester en vrai place de Stalingrad et vous nous dites ?

La parole est donnée à la famille

"Vous avez un vélo qui vous rendra un nombre de services insoupçonnés et insoupçonnables."

Bonjour, je viens pour envoyer un télégramme. Nous sommes en 2021 sauf à Marnes La Coquette.

Au final, contre 4,699€, prix public recommandé, vous avez un beau vélo longtail. Il faudra ajouter encore quelques centaines d'euros pour les antivols, les casques (obligatoires pour vos enfants s'ils ont moins de 12 ans), les accessoires pour votre usage. Vous avez un vélo qui vous rendra un nombre de services insoupçonnés et insoupçonnables.

Ma fille (la dernière, 11 ans) me demande pourquoi je n'ai pas rendu le TMax et gardé le vélo jaune, "Comme ça on aurait pu aller se faire un pique-nique dans le parc de Saint-Cloud tous les mercredis". Ma grande (17 ans), me demande pourquoi je n'ai pas gardé le vélo jaune, "Ç'aurait été trop bien pour aller se promener dans Paris avec une copine (ou un copain ?)". Mon fils (15 ans) me demande pourquoi on ne garde pas ce vélo jaune, "Pour quand on est en vacances, tu pédales, je suis derrière, je tiens les planches de surf et hop, on shred le spot". Mon épouse s'y met elle aussi. "Si tu avais gardé le vélo jaune, on irait au marché, tranquilles le week-end. On irait au cinéma aussi. On irait se promener. Tu ferais du vélo (sous-entendu, ta journée ne serait pas gâchée) et on pourrait discuter, mieux, que chacun sur son vélo. Pourquoi tu n'as pas gardé le vélo jaune ?". Désolé, la chatte n'a pas souhaité s'exprimer. Bref, un conseil, ne ramenez jamais chez vous un vélo jaune à la maison. Il risque de faire l'unanimité.

Pour connaitre le verdict définitif sur ce Tern GSD, c'est par ici. Pour aller sur la fiche produit du fabricant, surfez par là.

1 Oui, Nicola a jeté son dévolu sur une autre marque. C'est son droit.

Notre verdict

[Test] Tern GSD S10, un vélo cargo longtail brillant et passe-partout
(4.5/5)

Plus cher qu’une carte famille nombreuse, je cherche une mauvaise raison de ne pas en avoir un dans mon garage. Spontanément, j’avais envie de contribuer, à ma petite échelle à tenter de faire remonter le taux de fécondité des femmes françaises, en berne depuis la pandémie. J’ai déjà trois enfants et vraiment nan je n’en veux pas un quatrième. Quand un célèbre roi de France déclare “Paris vaut bien une messe” je n’arrive pas à me résoudre, dans mon cas, le TERN GSD S10 ne vaut pas un quatrième enfant. Et pourtant, il y a plein d’autres usages pour un tel vélo. Il remplacera une voiture, un scooter (pour les ados), un pass Navigo, un abonnement aux VTC.

Comme dit dans l’introduction, inutile de revenir à nouveau sur le concept du vélo longtail. Presque tous les avantages d’un vélo cargo, sans les inconvénients de prise en main. Ce type de vélo c’est vraiment hyper convivial. Ce qui est, de notre point de vue, très intéressant sur ce vélo c’est sa conception et géométrie. Le centre de gravité est bas. Rendant le vélo maniable et aisément manipulable même à petite vitesse, même à l’arrêt, même chargé. Aussi la possibilité de régler en 5 secondes, sans outil, la hauteur du cintre et sa distance avec la selle rend le vélo littéralement accessible à tous dans la famille. Même s’il y a 50 cm de différence en taille entre le plus grand et le plus petit qui va le piloter. Son empattement est aussi identique à un vélo classique. A noter aussi, le centre de gravité est bas. Les repose-pieds pour les enfants le sont aussi, attention aux séparateurs de pistes cyclables.

La possibilité d’ajouter une deuxième batterie, pour doubler l’autonomie est aussi un point intéressant. La copie n’est malheureusement pas parfaite. Attacher ce vélo exige un long antivol en U. (Probablement 2 ou 3 ou même 4 antivols). Autre point, si vous êtes grand (pour ma part, on dit rarement que physiquement je suis petit), l’angle de sortie de la tige de selle va déporter la selle vers l’arrière de manière assez prononcée. Résultat, si vous transportez deux enfants, l’enfant juste derrière se retrouve littéralement le visage dans les fesses du pilote. Pas grave quand le lien qui nous attache est un lien de filiation. Peut-être moins anodin quand ce lien est plus éloigné. Certainement moins anodin quand le nez de l’enfant transporté vient s’écraser sur l’arrière de la selle.

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