[Test] Serial 1 MOSH/CTY, le vélo électrique par Harley-Davidson - Rend-il la ville plus belle?

[Test] Serial 1 MOSH/CTY, le vélo électrique par Harley-Davidson – Rend-il la ville plus belle?

"Un vélo accessible, facile, qui donnera envie de laisser le Fatboy au garage." d'infos

(4/5)

5 jours, un peu plus de 150 kilomètres parcourus au guidon d'un vélo électrique bizarrement nommé le MOSH CTY de la marque Serial 1 (powered by Harley-Davidson). Suffisant pour vous faire un retour circonstancié. Un vélo électrique Harley-Davidson baptisé MOSH CTY peut-il rendre la ville plus belle ? Avant le compte-rendu du test, un peu de contexte.

Serial 1, un vélo électrique par Harley-Davidson - Du vélo à la moto, de la moto au vélo

Nous vous en avons déjà parlé de cette marque, juste ici en novembre 2020. Vous le savez, avant, les fabricants de vélos mettaient le paquet sur l'avenir, le deux roues motorisés. Spontanément, vous êtes comme nous, vous allez penser à la marque Peugeot par exemple. Motobécane (MBK) aussi, qui est rentré dans le giron de Yamaha en 1986. A l'époque, le deux roues motorisé, c'était l'avenir.


Et comme la vie est un cycle (comme par hasard), le premier quart du XXIè siècle montre une tendance inverse. Les fabricants de véhicules motorisés s'intéressent de plus en plus au vélo. Nous pourrions citer KTM, Husqvarna, Ducati, BMW, Porsche, Bugatti... Et n'oublions pas, notre vélo du jour, Harley-Davidson. Ces vélos sont arrivés en France en Mai 2021. Nous n'avons pas trouvé de bonne raison de ne pas nous y intéresser.

Serial One, convertir à une autre mobilité

Aujourd'hui, il semblerait que les nouveaux cyclistes (urbains en tout cas) soient majoritairement des usagers des transports en commun insatisfaits de l'offre et du service. L'enjeu majeur des années qui sont devant nous : Convertir au vélo les automobilistes et les motards. Dis autrement, pour un industriel de la moto (ou de la voiture) réussir à conserver ses clients en leur proposant des modes de transports alternatifs à leur offre initiale. Idéalement même, pourquoi pas les amener à la marque sur un produit (relativement) accessible en terme de tarif et de législation (un vélo, pas besoin de permis de conduire... une moto si) pour leur donner envie ensuite d'acquérir un modèle motorisé.

Aaron Frank, le Directeur de la marque de vélo électrique Harley-Davidson, Serial 1, nous l'expliquait ainsi : "Aux États-Unis, on estime à 80% la population capable de pédaler. Notre marque Harley-Davidson est connue par 95% des Américains et seuls 5% d'entre eux ont le permis de conduire moto." Compte-tenu des enjeux environnementaux, sociétaux, la transformation des villes, s'intéresser au vélo semble plutôt pertinent. "Change the way you move" est la signature de la marque Serial 1 ; Nous la traduirions ainsi "Déplacez-vous autrement".

La marque Serial 1

Organisation capitalistique

Revenons très rapidement sur l'organisation capitalistique d'Harley-Davidson. 3 sociétés et 3 marques. Harley pour les motos thermiques, Livewire pour les motos électriques et Serial 1 pour les biclounes (électriquement assistés). L'intérêt d'une telle organisation, au dire d'Aaron : Une plus grande indépendance décisionnelle. S'appuyer sur le savoir-faire industriel d'Harley-Davidson ; être néanmoins suffisamment autonome pour aller chercher des compétences ailleurs si besoin.

La gamme

3 modèles de vélo électrique Harley-Davidson. Rapidement les deux modèles que nous n'avons pas essayé. Le Rush/CTY. Modèle cadre haut ; son presque frère le Rush/CTY Step-Thru (avec un cadre ouvert comme son nom anglais l'indique). Tous deux sont équipés de porte-bagages et porte-panier, de garde-boue. Ces deux modèles semblent sur le papier les modèles les plus adaptés pour un usage utilitaire et quotidien. ils font sensiblement le même poids (26,8 kg et respectivement 27 kg).

Ils sont proposés en 4 tailles (S, M, L, XL) et 2 couleurs chacun. Le Rush est livré avec une batterie de 706 Wh quand le Step-Thru la batterie est de 529 Wh, ce dernier est annoncé pour une autonomie "jusqu'à 144km" quand à la version cadre fermé affiche "jusqu'à 190 km". Ça semble ambitieux et mériterait d'être à peu près vérifié. Moteur, transmission freins et l'ensemble des composants, nous y venons en vous parlant du modèle essayé, le pas si bien nommé : MOSH CTY.

Serial 1 MOSH CTY, tour d'horizon sur la béquille

Serial 1 MOSH/CTY, un vélo électrique Harley-Davidson

Beau et moche ce vélo électrique Harley-Davidson

"Wahou, il est beau ce vélo papa !", voilà comment mon fils Milo (16 ans) réagit quand il me voit dessus, prêt à partir faire un tour quand lui file au lycée ce jeudi matin. "Mon dieu qu'il est moche !", ça c'est la remarque spontanée d'Emmanuelle, la dame qui a bien voulu m'épouser ; La co-parente de Milo entre autres (son âge est... confidentiel). Donc si certains peuvent le trouver Mosh (souris si tu l'as), d'autres le trouvent beau. La beauté n'est qu'un point subjectif sur lequel je ne me prononcerai pas. En tout cas, le dessin global du vélo, un doux mélange de BMX et de Beach Cruiser. A l'œil, il donne plus l'impression d'être un vélo qui va être tranquille et confortable plutôt qu'une bête de course.

Deux ou trois ratés esthétiques

La proéminence sous le pédalier, là ou se logent la batterie et le moteur. L'impression que le vélo est un chameau retourné, la bosse près du sol. L'impression de voir un carter d'huile. Même si l'intégration globale est soignée, la volonté absolue de baisser autant que possible le centre de gravité donne ce bubon malheureux. Et là, ce n'est pas une question de goût, juste ça pique les yeux.

L'autre choix discutable est le phare avant. Il est efficace mais tout en angles, carré. Il aurait pu être mieux intégré. Enfin, on peut regretter les soudures du cadre. Elles ne sont pas faites en dentelle. On peut dire qu'elles respirent le solide ; je préfère commenter en annonçant qu'elles respirent le travail vite fait où l'accent a été mis sur l'efficacité plus que la finition.

Quelques choix de design judicieux

Très réussis en revanche, l'intégration des phares arrières. Ils viennent se loger dans les haubans, de part et d'autre de la roue arrière. L'intégration est propre et maligne. Idem, le logo "1" dans la colonne de direction, signe le vélo et en plus d'être un élément de visibilité, ça donne un côté bien fini au vélo. Le dessin global du cadre est aussi plutôt harmonieux. L'impression d'avoir un vélo accessible, que tout le monde pourra enfourcher aisément. Bravo aux équipes aussi d'avoir rangé tous les câbles. Pas un ne dépasse du cintre et il faut reconnaître que ça donne un aspect de finition soignée.

La bête Mosh, elle est équipée comment ?

Serial 1 MOSH/CTY, un vélo électrique Harley-Davidson

Urbain, c'est chiche

Le seul élément urbain de ce vélo électrique Harley-Davidson (en plus des lampes) c'est la présence de la béquille latérale. Pratique pour le prendre en photo, je vous épargne un laïus interminable sur la dite béquille. Pas de garde-boue, pas d'œillets pour en ajouter, ou glisser un porte-bagage ou un porte-panier. Si vous avez besoin de cela, il va falloir vous tourner vers les autres vélos de la marque. C'est évidemment malheureux si vous vouliez rouler en Serial 1 au quotidien et que vous habitez Brest. Les purs et durs vélotaffeurs ne conçoivent pas cette pratique sans garde-boue.

Je dois faire partie de la catégorie, ni pure ni dure, parce que mon spad en est dépourvu. Je concède quelques désagréments, un Ass Saver fait l'affaire. Sinon, dites-vous que c'est un vélo pour quand il fait beau (ou quand il ne pleut pas). Aussi, un vélo même ici chez Weelz!, n'est pas que fait pour être utilisé au quotidien. On ne devient pas un pur et dur du jour au lendemain.

Poste de pilotage

Dépouillé lui aussi. La console de gestion de l'assistance motorisée est un petit bloc qui vient sur la main gauche. 5 boutons. On/off sur la partie avant. Feu de route sur le dessus. Un bouton "Boost" juste à côté. Un bouton, discret et efficace, un coup de pouce vers le haut et vous augmentez l'assistance. Un coup de pouce vers le bas et vous la diminuez. 4 modes (en comptant le mode sans assistance). Vous les verrez grâce à une série de leds bleus ou blancs.

Très discrets, trop discrets, il va falloir apprendre à pédaler à la sensation dans les jambes (et ça fonctionne très bien). Si vous vous attendez à un compteur, qui affiche l'état de la batterie, la vitesse instantanée, les kilomètres parcourus, passez votre chemin. Point de compteur proposé pour savoir un peu mieux où vous en êtes. C'est un plus au niveau du design. Probable que les férus d'informations resteront sur leur faim.

Le cintre semble un peu large, il contribue grandement à rendre le vélo (avec ses gros pneus, j'y viens plus bas) maniable. Les poignées ont un bon grip, confortable. Le vélo testé est un L, mon 1m90 me place pile entre le L et le XL. Question de préférence, un vélo un peu compact ou un vélo sur lequel vous souhaitez vous étirez. Les leviers de freins, Tektro hydrauliques tombent naturellement sous les doigts.

La partie électrique

Équipé en Brose, Aaron nous assure que le moteur est paramétré spécialement pour Serial 1. S'il le dit. La batterie amovible, affiche 529 Wh et est annoncée jusqu'à 170 km d'autonomie. Je l'aurais bien soupesée cette batterie, si seulement j'avais eu les clés. Encore une fois, l'autonomie annoncée n'est pas l'autonomie constatée. C'est très délicat de donner des retours précis sur ce point. Il n'empêche, j'ai pu rouler un peu plus de 100km sans passer par la case recharge. C'est plutôt un bon point pour la marque.

Évidemment, pour atteindre cette distance, j'ai géré au mieux l'assistance. Coupée quand ça descend, au plus bas sur le plat, quelques coups de niveaux 2 ou boost mais très honnêtement, sauf raidard, le vélo n'a pas besoin d'être boosté. J'y reviens plus bas dans la partie "test en dynamique". Le moteur annonce un couple de 90 Nm.

Périphériques

La selle m'a plu. Fine, rigide mais pas exigeante, elle n'a pas maltraité mes ischions ou mon périnée. Notez que j'ai une grande préférence pour des selles de ce type plutôt que des selles moelleuses et larges sur lesquelles on va rebondir et finalement mal pédaler. Ma préférence n'est probablement pas universelle. D'ailleurs, probable que les néophytes en vélo auront envie d'une selle plus tolérante pour prendre soin de leur séant.

Les pneus, ballons, indispensables pour palier l'absence d'amortisseurs. Parce que oui, le vélo est un bloc. Fourche sans suspension, pas de bras oscillant ou d'amortisseur à l'arrière. Pas de ressort ou de tige de selle suspendue. Bref, Harley Serial 1 a tous misé sur les pneus (et la géométrie du cadre). Pour les pneus, des Schwalbe Super Moto (27,5 x 2,80). Des pneus homologués sur des speedbikes notamment (que l'on retrouve sur notre dernier test, le Bergamont E-Revox).

Les réflecteurs ? ils sont supers.

La transmission, par courroie, Gates, en carbone. Comme les grandes sœurs avec bicylindres en V. C'est beau et c'est très appréciable au quotidien. Propre, pas d'entretien, pas de craquements. A noter le dessin de la base arrière fait que la courroie ne passe pas dans le cadre. Le changement de courroie (oui faut la changer de temps en temps) se fera en deux coups de cuillère à pot.

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Les pédales, en alu, pas grand chose à dire, si ce n'est qu'elles ont un bon grip et qu'elles sont bien rigides. Pas de perte de rendement, pas de pied qui ripe à cause de pédales premier prix toutes pourries. Attention, les picots vont peut-être abîmer vos Justin. Roulez en Chippewa plutôt.

L'appel de la route

"La tension est à son comble, on part rouler en Harley !"

La mise en route (justement) est hyper simple. Juste besoin d'appuyer 3 secondes sur le bouton On/off qui est sur le boitier de commande (notez, c'est plus long qu'un vélo musculaire malgré tout). Quand les feux arrières et le logo "1" sur la colonne de direction sont allumés, votre vélo est prêt à vous emmener. Toujours sur le boitier de commande, une LED bleu vous indique que tout est sous tension. La tension est à son comble, on part rouler en Harley !

Besoin de personne en vélo électrique Harley-Davidson

Facile et accessible

Ce vélo électrique Harley-Davidson est facile. Pensé (je pense) pour s'adresser à des personnes qui n'ont pas l'habitude de pédaler ("Change the way you move", je vous rappelle). Le choix d'être en mono-vitesse est hyper pertinent. Pas de nœud au cerveau. Vous êtes toujours sur le bon ratio, puisqu'il n'y en a qu'un. Jouez simplement avec le bouton "monter/descendre" du Mosh/Cty pour vous donner un peu plus d'assistance, ou un peu moins.

Le vélo est aussi très bien équilibré. D'ailleurs, le "look mum, no hands" se fait sans difficulté. Quelle que soit la vitesse, entre (environ) 10 km/h et 28 km/h. Sans les mains, il reste en ligne et ne guidonne pas. Le trackstand se ferait presque les doigts dans le nez, si je n'avais pas besoin de rester les doigts sur les freins. Bien aidé par des pneus dans lesquels moins de 2.3 bars sont glissés. Le vélo attend patiemment que le feu passe au vert.

Ces deux manœuvres (sans les mains et trackstand) ne définissent pas absolument le comportement d'un vélo. Ils donnent une idée générale. Ces deux manœuvres sont assurément bien aidées par le centre de gravité du vélo très bas (la proéminence vilaine sous le pédalier, fallait bien qu'elle aie un intérêt).

Sans assistance

Le vélo est évidemment lourd à déplacer (21,6 kg) et est même pataud (les pneus). Sur le plat, il est difficile de le faire monter au-delà des 18km/h. ce n'est pas un nerveux notre Mosh/Cty. Plutôt un gars tranquille. Heureusement, dans cette configuration, aucune suspension ne vient en plus absorber l'énergie que vous mettez dans les pédales. Il faut quelques kilomètres pour avoir la largeur du cintre dans l'œil. Une fois que vous l'avez, le vélo se faufile sans difficulté. Il est même plutôt surprenant.

En descente, la partie cycle est bien là. Le vélo est rigide (le cadre est en aluminium avant que j'oublie) et équilibré. Par contre, abandonnez l'idée d'accompagner le vélo en pédalant. Le développement est tellement court, qu'à moins de tourner les jambes plus vite que votre robot mixeur, vous n'arrivez pas à être en prise. Pour ma part, à 35 km/h en descente, j'ai eu l'impression de pédaler à 120 tours/min et ne toujours pas réussir à être en prise. Je me suis laissé glisser cheveux, sous le casque, au vent.

Assistance niveau 1

Première bonne nouvelle. Le moteur est d'un silence religieux (Ndlr: Silence déjà constaté sur le Douze V2 équipé du même moteur). Deuxième bonne nouvelle, en mode assistance au niveau 1, le vélo pataud que j'avais précédemment sous les fesses se révèle. Le moteur Brose est très agréable. Pas d'à coup, le vélo accélère et vient se caler à 25-26 km/h rapidement, sans avoir l'impression de faire trop d'efforts. Sans avoir l'impression de tirer ni sur la transmission, ni sur la batterie.

Comme dirait le motard qui sommeille en moi, je suis sur un filet de gaz. Sur le plat, le niveau 1 est amplement suffisant. Il est même d'ailleurs amplement suffisant la plupart du temps. Faux plat montant, ou même une fois lancé dans une montée de 6-7%. En revanche, difficile d'emmener le vélo au-delà des 25 km/h (quand l'assistance se coupe). Un manque de développement long en est pour moi la cause.

Assistance niveaux au-delà du 1

Vu ce que je viens de vous raconter sur l'efficacité de l'assistance au niveau 1. Je ne vais pas m'éterniser sur ces modes. Comme souvent, je trouve que ces VAE urbains pourraient être encore plus simplifiés en se passant d'un mode (ou deux) intermédiaires. Une assistance Eco pour apporter juste un peu d'aide et un mode turbo ou boost pour donner un vrai coup de main dans une montée, dans une situation hasardeuse (au milieu de la Place de l’Étoile par exemple pour les parisiens), quand le vélo est chargé. En l’occurrence sur le Mosh/Cty les modes 2 et 3 permettent d'atteindre un peu plus rapidement les 25km/h. Permettent de vous accompagner un peu mieux lors d'un démarrage en côte.

D'ailleurs, dans une côté à 14%, de l'arrêt, le vélo s'en sort très correctement en mode 3. Avec les honneurs en mode 2. avec un pilote habile en mode 1. Avec des cuisses d'haltérophiles si l'assistance est à 0. (J'ai réussi à mettre le vélo en mouvement sans assistance, en me mettant en danseuse. J'ai abandonné très vite l'idée de grimper à la force des mollets). Merci mais non merci. Je ne suis pas venu la pour souffrir OK. Le boost, est efficace. Le vélo dans ce cas file en quelques mètres pour atteindre sa vitesse de rupteur (les 25 km/h,), sur le plat je précise. Monter une côte à 14% à 25km/h ? Serial 1 est un vélo, pas une moto). Parfait pour se faufiler furtivement et rapidement.

Vitesse de croisière

Sans assistance, atteindre les 25 km/h n'est pas impossible. Il faut juste une sacrée patience, une route longue comme la 66, une bonne paire de guiboles ; Une fois la vitesse atteinte, il faudra une bonne dose d'énergie pour tenir cette vitesse. Comme je le dis plus tôt, sans assistance, la vitesse de croisière du vélo tourne autour des 17-18 km/h. Avec l'assistance, 25 km/h est vite atteint. Difficile de monter au-delà. Même en faux plat descendant, le ratio du développement est trop court. Il va falloir mouliner.

Les freins

Sur le papier, ils ne sont pas trop mal. Tektro hydraulique. Ce n'est pas le top du top, ce n'est pas non plus horrible. Bon je trouve que c'est la partie la plus décevante de ce vélo. Ils font le job. Sans être agréables. une vibration vient gâcher "le toucher de freins" sur les deux leviers. Peu perceptibles sur un freinage anticipé et en douceur, les vibrations deviennent franchement désagréables sur un freinage appuyé. Je ne saurai dire à quoi cela est dû. Voile dans les disques (avant et arrière me parait improbable) ? Mauvais choix de plaquettes ? Défaut de conception ?

Je pourrais faire du mauvais esprit en disant que le mauvais freinage est presque une signature d'entreprise. Les quelques Harley-Davidson thermiques que j'ai eu l'occasion de conduire m'ont toutes bluffées pour leur freinage d'un autre âge et fort aléatoire. Sous la pluie, on n'en parle même pas. Ce Serial 1 ne m'a pas accompagné sous la pluie. Au-delà du prix du vélo (prix public conseillé : 3,999€ TTC*), les freins participent grandement à l'agrément de conduite, à la confiance que l'on glisse dans son vélo et l'envie de rouler avec, quelles que soient les conditions. Les freins du Mosh/Cty ne sont pas nuls, ils sont désagréables. Notez aussi que les phares arrières intègrent des feux stops. La lumière s'intensifie dès que le vélo ralenti.

En chemin

Les gros pneus ballons, le look du vélo entre le fat bike et le bmx, donnent envie d'aller chercher le vélo sur des chemins pas carrossés. Nous ne sommes pas en présence d'un VTT ou d'un gravel et pourtant le vélo s'en sort très bien. Les irrégularités du terrain sont absorbées par les pneus. En terrain humide, ils accrochent.

Le grip est ok aussi bien en courbe qu'en montée. Dans ce cas, pensez à charger la roue arrière, le "cul dans la selle". L'occasion aussi de vérifier l'équilibre du vélo quand on pédale en danseuse. Comme les manœuvres mentionnées plus haut, le vélo se comporte très bien si l'on se met debout sur les pédales. La confirmation définitive d'un vélo bien né avec une partie cycle rigoureuse.

Un petit point sur la distribution

"La concession Harley-Davidson n'est plus le temple du blouson noir"

Si vous voulez le voir, le toucher, peut-être l'essayer, pourquoi pas l'acheter, l'entretenir, vous devrez vous rendre chez votre concessionnaire Harley-Davidson le plus proche de chez vous (ou celui que vous préférez). Ne soyez pas timides, vous serez bien accueillis. La concession Harley-Davidson n'est plus le temple du blouson noir. Depuis quelques années la marque travaille son image et fait en sorte d'être moins intimidante.

L'accueil dans les deux concessions dans lesquelles je me suis rendu en client mystère, pour obtenir des renseignements sur ces vélos ont été charmants. Le discours commercial et technique est satisfaisant, même si on sent que le VAE n'est pas le cœur de métier du vendeur de motos. Oui j'en savais plus sur le vélo que les deux vendeurs croisés. Cela ne m'a pas choqué outre mesure.

A qui s'adresse ce vélo électrique Harley-Davidson Mosh/Cty ?

Moi, MOSH, mais pas méchant

Comme dit plus haut, la marque Serial 1, avec sa signature "Change the way you move" s'adresse plutôt à des néophytes du vélo (du VAE je devrais préciser). A la recherche d'un vélo facile d'accès, facile d'entretien, facile à emmener et confortable. Des utilisateurs qui sont à la recherche d'un vélo différent, avec un look affirmé. Les vélotaffeurs purs et durs lui reprocheront son absence d'équipement et de versatilité.

Proposé à 3,999€ TTC* certains connaisseurs pourront le trouver cher. Ce n'est pas si cher pour celles et ceux pour qui l'imaginaire Harley-Davidson est important. Il y en a et c'est absolument respectable. Born to be civilized is the new Born to be wild, et c'est pas plus mal.

Pour le résumé de ce test et notre verdict, filez ici.

Et si vous voulez voir les différentes configurations des vélos électriques Harley-Davidson Serial 1, vous pouvez aller sur leur site internet. D'ailleurs, on trouve que les informations techniques des vélos ne sont pas assez exhaustives. Aaron, mets-y plus d'infos

*Le prix affiché (recommandé) est de 3,999€ TTC auquel il faut ajouter 150€ de frais de montage ! WTF comme diraient les ados. Dans le monde motorisé, souvent on vous facture des frais de "mise en route", qui couvrent les quelques litres d'essence, litres d'huile et autres frais administratifs. On achète un vélo, pas une moto. D'où on doit payer des frais de montage ?

Notre verdict

[Test] Serial 1 MOSH/CTY, le vélo électrique par Harley-Davidson - Rend-il la ville plus belle?
(4/5)

Vous pourrez nous trouver généreux avec ce 4/5 pour ce vélo Mosh/Cty proposé par Serial 1 (powered by Harley-Davidson). Les freins ne sont pas dignes (en tout cas sur le vélo testé), le développement est bien trop court pour réussir à filer en ville à une vitesse de croisière autour des 27-28 km/h. Aussi nous pouvons regretter le manque d’équipements pour un usage au quotidien.

La promesse de ce vélo Mosh/Cty n’est pas là. Voici un vélo qui sera accessible, facile, qui donnera envie de se mettre au vélo plus souvent. Qui donnera envie de laisser le Fatboy au garage. Qui donnera envie d’aller se balader différemment. Change the way you move, s’applique à son (ou sa) propriétaire. Et les autres pourront lui dire I love the way you move.

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