[Test] Orbea GAIN F10, le charme discret de l'assistance électrique

[Test] Orbea GAIN F10, le charme discret de l’assistance électrique

Le VAE qui n'en a pas l'air

"Un design élancé et une assistance électrique bien cachée mais efficace, le Orbea Gain bluffe autant son utilisateur que ceux qui le croise." d'infos

(4.5/5)

Sur le marché très dynamique du vélo à assistance électrique, vous avez trois écoles : le non-intégré, le semi-intégré et le tout-intégré. Pour intégrer quoi me direz-vous ? La batterie pardi !

Les constructeurs rivalisent d'audace pour tenter de faire disparaître cet appendice proéminent des vélos électriques, avec plus ou moins de réussite. Mais avec la nouvelle gamme GAIN qu'a dévoilé l'année dernière le fabricant basque Orbea, la donne a désormais changé.

Nous avons eu en main le modèle urbain Orbea GAIN F10 durant quelques semaines. Voici ce que nous en avons pensé.

Design élégant

En regardant le Orbea GAIN, on découvre que l'on peut obtenir un vélo avec des lignes presque aussi élancées qu'un vélo normal, mais toujours doté d'une assistance électrique.

Difficile au premier coup d’œil de détecter un VAE. Le moteur moyeu arrière se cache plutôt bien derrière une cassette imposante en 11-42. Quant à la batterie, impossible de la voir à l’œil nu puisqu'elle se cache à l'intérieur du tube oblique, dont le diamètre est à peine plus gros que certains vélos classiques.

La cosmétique du cadre est sobre et pourtant très réussie, avec un logotage discret et de petits détails de décoration qui font leur effet, notamment sur le tube supérieur ou sur la fourche. Si les soudures sont encore assez apparentes la qualité de peinture et de vernis est bien là et à très bien enduré le traitement en environnement urbain.

Une assistance joliment intégrée

Pour réussir cette intégration, Orbea n'est pas reparti d'une feuille blanche. Elle s'est appuyée sur le travail d'une autre société espagnole, eBikeMotion. Située à Palencia, communauté autonome de Castille-et-León, elle propose aux fabricants des solutions tout-en-un pour "motoriser" un vélo.

La batterie est directement intégrée dans le tube oblique, elle peut être remplacée en passant sous le boitier de pédalier. Le moteur est lui dans le moyeu de la roue arrière. Il s'agit d'une assistance à capteur de couple. La détection de la puissance de pédalage s'effectue via un capteur au niveau de l'écrou de serrage de la cassette.

Orbea à opté pour une batterie 36V de seulement 6,9 Ah, ce qui n'autorise pas une autonomie exceptionnelle - entre 40 et 60 km - toutefois suffisante dans le cadre d'un usage urbain. Il est prévu en option une batterie amovible, qui vient se mettre dans un porte bidon et qui permet d'allonger la durée du trajet.

Affichage minimaliste

Quant à l'affichage, et bien il n'y en a tout simplement pas ! EBikeMotion utilise le concept iWoc One. Un seul bouton pour tout faire ! C'est via cette interface très minimaliste que vous pouvez allumer ou éteindre votre monture, controler le niveau de batterie et modifier le niveau d'assistance.

Ce principe de contrôle monobouton apparaît comme très complexe au début de l'utilisation, mais s'avère au fur et à mesure de l'utilisation simple et intuitive. En revanche si ce bouton reste une interface relativement claire, elle est assez avare en information.

Sur le même sujet  ADEME : Tout savoir sur le vélo à assistance électrique

En fonctionnement, c'est le niveau de batterie qui est indiqué. Le système fonctionne par quart : (cercle vert, batterie entre 100 et 75%, orange entre 75 et 50%, rouge entre 50 et 25%, rouge clignotant, moins de 25%). Difficile de savoir avec cette simple information si vous êtes dans la fourchette basse ou la fourchette haute.

Pour connaître le niveau d'assistance en cours il faut appuyer une fois sur le bouton. Celui-ci clignote et la couleur vous indique le niveau actuellement utilisé (Blanc, pas d'assistance, vert niveau 1, orange niveau 2 et rouge niveau max). Si l'on souhaite le modifier, il faut appuyer une seconde fois durant le clignotement.

Deux petits bémols concernant le iWoc One : par temps ensoleillé la LED est moins visible. Et contrairement à une console fixée sur le cintre, ici, vous devez positionner votre regard très bas sur le tube du vélo. Il faut donc préférer faire votre changement de niveau d'assistance à l'arrêt, sinon vous risquez l'accident.

Sportif mais pas trop

Malgré son apparente rigidité, le Gain reste confortable. Sa géométrie est équilibrée et il est stable à haute vitesse tout en étant suffisamment agile à basse vitesse. On aurait juste rabaissé le point d'ancrage des haubans afin de rendre l'arrière plus vif, cela manque un peu de nervosité dans les relances. On s'attendait en effet à une monture au tempérament plus sportif.

Cela est plus dû à la géométrie qu'au poids de son système d'assistance. Car le Gain ne pèse que 16 kg ! Un poids plume pour un VAE. Un jour en repartant d'un rendez-vous, j'ai même oublié d'enclencher à nouveau l'assistance sur plusieurs kilomètres. Croyez-moi, c'est quelque chose qui ne vous arrive pas sur un VAE de 25 kg…

On a aussi apprécié la fourche carbone qui filtre bien les imperfections de la route, ainsi que la présence de pneus à section assez généreuse (38) pour un meilleur confort en environnement urbain.

Des composants à revoir

Question position sur le vélo, elle n'est pas ultra-sportive et reste confortable pour le dos. En revanche, Orbea à opté pour un cintre un peu trop large et au sweep (angle vers l'arrière) pas assez prononcé, ce qui fait que l'on se retrouve avec les poignets un peu cassés latéralement, ce qui entraîne des douleurs.

Les poignées Brooks sont très jolies mais on leur aurait préféré des grips ergonomiques, plus indiqués dans une utilisation urbaine, d'autant qu'elles s'avèrent glissantes.

On a apprécié en revanche l'équipement utilitaire plutôt complet : gardes-boue résine, porte-bagage (minimaliste, max 15 kg) et présence d'un éclairage permanent avant et arrière. En revanche, il lui manque réellement une béquille de série.

Notre modèle porte un casque GIRO Aspect.

Notre verdict

[Test] Orbea GAIN F10, le charme discret de l'assistance électrique
(4.5/5)

Avec la gamme GAIN, Orbea fait un bond en avant dans le futur du vélo à assistance électrique. Un système de plus en plus discret visuellement, mais qui reste très efficace pour l’utilisateur. Ajouté à cela un design et une cosmétique également réussis.

Quant au tarif, il se situe dans une tranche « raisonnable » pour ce segment, 2499€. Certes, c’est élevé si vous le comparez à un VAE avec un moteur plus coupleux et une meilleure autonomie. Mais en achetant un GAIN, on recherche autre chose, un vélo à assistance électrique qui ne dit pas son nom et prend l’apparence d’un vélo « presque » normal.

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