[Test] Moustache Friday 28.7, un VAE routier bien urbain

[Test] Moustache Friday 28.7, un VAE routier bien urbain

Une monture routière urbaine élégante et confortable

"Un vélo routier électrique confort avec un équipement urbain complet" d'infos

(4/5)

Certains ont eu les poils (de la moustache?) qui se sont dressés en voyant ce nouveau modèle du fabricant vosgien. Le design des vélos à assistance électrique Moustache Bikes a toujours su se démarquer. La marque en a même fait sa marque de fabrique en s'éloignant des codes du marché, bien que la concurrence commence à sérieusement jouer des coudes.

Ce nouveau modèle Friday version 2020 n'échappe pas à la règle, avec toujours des lignes anguleuses et massives. On aime ou on aime pas, mais ça ne laisse pas indifférent.


Le Friday a toujours été un peu notre préféré dans la gamme Moustache (précédentes versions testées ici et ici), car il réunit les atouts d'un VAE sportif avec toujours une bonne pointe de confort. Est-ce que cette nouvelle mouture fait mieux, moins bien ou pareil que ses prédécesseurs ? Verdict dans ce test…

Prestance affirmée

Sept déclinaisons sont au menu de la gamme Friday 28 2020. Les 28.1, 28.3 et 28.5 ont une version en cadre classique et cadre ouvert et intègrent un cintre droit (les 3 et 5 intègrent le cintre anti-vibrations fabriqué par la start-up Baramind).

Seul le 28.7 fait son malin en se démarquant par son cintre de route (et un cadre unique (mixte)). Comme ses frères, il inclut une fourche carbone.

Moustache n'a toujours pas cédé aux sirènes du tout-intégré et reste fidèle à son principe maison baptisé "Hidden Power", c'est à dire une batterie Bosch standard qui s'insère à l'intérieur du tube oblique. La différence ici est que sur les Friday, le concept est inversé, la batterie faisant face au sol. Ce n'est pas idéal, mais j'y reviendrais.

Ce Friday 2020 28.7 présente donc des lignes musclées et des dimensions de tube massives. Sa prestance est affirmée et l'ensemble donne un look sportif non dénué d'élégance.

Le vélo intègre la nouvelle motorisation 2020 du fabricant allemand Bosch eBike, ici en version Performance Line (dommage, je l'aurais bien vu avec la version CX, encore plus pêchue).

Cette nouvelle version du moteur a fait une sacrée cure d'amaigrissement. Le fabricant allemand annonce un poids réduit de 30% par rapport à la précédente version. Dommage, ce n'est toujours pas le cas des batteries, mais c'est toujours du poids de gagné.

Le moteur Bosch permet un couple jusqu'à 65 Nm, mais reste toutefois fidèle à ses racines. C'est une motorisation qui mélange très bien dynamisme et douceur et l'on a aucuns sentiments d'à-coups désagréables. Le silence a été également grandement amélioré.

Et lorsque vous avez suffisamment de mollets (ou de pente) pour emmener la monture au-delà des 25 km/h, aucun effet de friction ne vient déranger le pédalage. On est en 100% débrayé.

Question autonomie de la batterie, vous êtes large. Le mode Eco vous permet aisément de dépasser les 100 km. Bien sûr, l'autonomie dépend de nombreux facteurs : dénivelé, poids de l'utilisateur, température, mode AE sélectionné…

Comme évoqué plus haut, Moustache reste fidèle à son principe "Hidden Power". C'est une batterie classique Bosch qui s'intègre à l'intérieur du tube oblique et protégée par un cache plastique.

Quel dommage en revanche de l'avoir placé face vers le sol. Si cela permet le montage côté opposé d'un porte-bidon, je trouve que l'accès à la batterie n'est pas facile (vous êtes gêné par la roue avant).

La batterie m'a même échappé des mains une ou deux fois, ce qui n'arrive pas quand elle est fixée face vers le haut (comme c'était le cas sur le Friday 27.5 que nous avions eu en test). Pire, sur un choc assez franc dû à un nid de poule, la batterie s'est désenclenchée et a failli tomber.

Je ne suis pas non plus très fan des caches en matière silicone, peu élégants et difficiles à remettre en place.

Agile, mais pas trop

Question comportement, le vélo reste dynamique et agile, toutefois, son poids reste conséquent (>20 kg), il ne faut donc pas espérer emmener la monture dans des retranchements trop sportifs. Parler de déception sur ce point serait un peu fort, mais j'avoue que je m'attendais à un vélo plus fun à rouler. Ce Friday est au final très sage.

En revanche question confort, rien à redire. Le choix d'une monte pneumatique dotée d'une large section (42C) permet un volume d'air conséquent et filtre parfaitement les mauvais revêtements (à condition de ne pas trop monter en pression).

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Sachant que le tout est couplé à une fourche carbone spécifique, une douille de direction conique (1"1/8-1"½) et des axes traversants de 12 mm, et vous obtenez une machine qui allie parfaitement rigidité et confort.

Moustache à opté pour un cintre route suffisamment large, avec un léger évasement (flare) et une guidoline épaisse très agréable en main. Au niveau de la position de l'utilisateur, on est sur une géométrie bien équilibrée, ni trop relevée, ni trop tête dans le guidon, parfait pour du e-commuting ou du e-cyclotourisme.

Cette version du Friday intègre un groupe complet Tiagra. Vu le tarif de la bête, le connaisseur trouvera cela assurément décevant et aurait préféré une montée en gamme, 105 par exemple.

Cela étant dit, on est cohérent sur le programme du vélo (balade, quelques sorties sportives, commuting urbain) et la transmission Tiagra reste très souple en utilisation. Coté freinage, c'est doux mais ça manque un peu de mordant.

L'équipement urbain va satisfaire assurément le commuter urbain. Tout est présent : des gardes-boue aluminium tubulaires très stables, un porte-bagage discret qui s'intègre très bien dans le design du vélo (standard QL3 Light de Ortlieb), une béquille robuste et un éclairage intégré relié sur batterie.

Sur ce dernier point, l'éclairage arrière Presto2guard LED fourni par Spanninga est très satisfaisant. Quant au feu avant Supernova E3, il est puissant et trouve bien sa place juste sous la potence.

Assistance et hub smartphone

Pour commander l'assistance Bosch, on retrouve une commande déportée juste à gauche de la potence. Cintre route oblige, elle ne tombe pas directement sous le pouce, il faut donc lâcher le guidon le temps de modifier le niveau d'assistance, mais ce n'est pas trop dérangeant.

La commande aurait pu être placée plus près de la cocotte mais en donnant quelque chose de moins esthétique.

Bosch a récemment fait l'acquisition de la start-up allemande Cobi, qui conçoit un concept de support smartphone et une application dédiée. C'est ce concept que vous retrouvez sur ce Moustache Friday 2020.

Le support intègre un petit display LCD pour afficher des infos basiques (niveau de batterie, mode d'assistance en cours…) et qui ainsi ne vous oblige pas à sortir votre smartphone à chaque fois.

Le hub accueil le téléphone en mode paysage. Pour avoir accès aux informations du vélo, il faut télécharger l'application COBI Connect (compatible Android et iOs) et appairer votre téléphone en bluetooth.

L'interface de l'application est, il faut l'avouer, très réussie. L'affichage des informations principales est large, clair et l'utilisation est intuitive et ergonomique. Dommage de ne pas avoir intégré une prise USB pour pouvoir recharger le smartphone en roulant. 

Question maintien du téléphone, le ressort du support semble assez costaud pour ne pas voir l'appareil s'envoler au premier nid de poule. Les griffes ont tendance en revanche à appuyer sur les boutons latéraux du téléphone.

En plus des infos classiques (niveau de batterie, mode d'assistance en cours, distance parcourue...), on accède également à la météo, aux contacts, à des fonctions de navigation, de suivi de forme physique ou encore de contrôle de la musique (dommage sur ce dernier point: impossible de contrôler un Spotify ou un Deezer).

J'ai bien aimé l'information de suivi de la cadence de pédalage. L'écran vous indique en temps réel la manière dont vous appuyez sur les pédales avec un code couleur (Vert, pédalage tranquille, Orange, pédalage plus nerveux, Rouge, on envoie du steack).

Au-delà de l'aspect ludique de l'application, celle-ci assure également un suivi du moteur et de la batterie plus poussé et permet des diagnostics plus précis. L'interface Cobi sert à la fois de cerveau mais aussi de boite noire.

Ce support et la possibilité d'intégrer son smartphone sans l'ajout d'un accessoire supplémentaire est un plus intéressant, surtout pour l'utilisateur un peu geek. Cela dit, passé l'effet wouaou, et sur un trajet effectué quotidiennement, je me pose la question de l'intérêt de sortir son téléphone à chaque fois (sachez que la griffe de support est détachable).

Notre modèle porte la veste Endura Urban et le casque Giro Cormick.

Notre verdict

[Test] Moustache Friday 28.7, un VAE routier bien urbain
(4/5)

Ce serait mentir que de dire que je n’ai pas aimé rouler sur ce vélo. Cette nouvelle version du Friday est très aboutie et la qualité Moustache se ressent sur de nombreux points, à commencer par le travail sur le cadre.

La géométrie donne un vélo stable et bien équilibré, un comportement homogène qui met le curseur au centre, entre sportivité et confort. Les quelques petits défauts trouvés (transmission Tiagra moyenne gamme, manque d’agilité, emplacement batterie) ne sont pas suffisants pour ternir le tableau. Le Friday 28.7 reste un excellent vélo.

Cela étant dit, on peut se permettre d’être exigeant étant donné le positionnement tarifaire de Moustache sur ce modèle: 4 399 €. Mais à ce prix-là, vous avez le droit à un vélo très bien conçu, une motorisation performante et un équipements urbain complet.

De plus, le programme très polyvalent de ce Moustache Friday fait qu’il vous accompagnera aussi bien sur des balades tranquilles (route ou chemin), des sorties routes plus sportives (sans trop lui en demander) et toute la semaine sur vos trajets quotidiens. Un SUV quoi … mais sans les externalités négatives.

> Moustache Bikes Friday 28.7

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