[Test] Lapierre Speed 400, l’urbain confort

Considérée comme l'un des leaders de notre industrie cycliste française, la marque dijonnaise Lapierre a su s'imposer, depuis 60 ans maintenant, comme étant effectivement un constructeur de renom, dont les machines rivalisent chaque année de technologie et d'innovation.

Mais ce qui est assurément vrai dans le domaine de la route ou du VTT, ne l'était pas nécessairement pour celui de l'urbain, où la gamme restait réduite à quelques modèles ville basique.


En 2009, la gamme MySitAndGo tente de changer la donne en proposant des modèles villes redessinés pour l'occasion, mais la sauce ne prend pas, et la gamme ne rencontre pas le succès escompté.

Depuis, le dijonnais est revenu sur des fondamentaux, avec une gamme urbaine plus segmentée retrouvant plus de logique : Trekking, comprenant les vélos de ballades et randonnées, e-Bike, pour les vélos électriques, City, pour les vélos de ville classiques, et Speed City, avec des vélos au look plus sportif.

C'est justement à cette dernière partie de gamme qu'appartient le vélo dont je vais vous parler maintenant, le Lapierre Speed 400.

Une ligne sportive...

Lorsque l'on regarde la ligne globale du vélo, l'on comprend mieux la dénomination de cette gamme, Speed City. Le design très élancé du cadre est réellement réussi et donne en effet au modèle, un vrai look d'urbain sportif. Les tubes hydroformés, la fourche rigide, la tige de renfort sous le tube de selle, renforce encore cette physionomie. Le top tube, en parfaite liaison avec les haubans via le wishbone, accentue le sloping et l'aspect compact, notamment du triangle arrière.

A y regarder dans le détail, les soudures du cadre ne sont que partiellement polies, mais la finition est conforme à la qualité Lapierre. La robe noir mat apporte beaucoup de sobriété à l'ensemble et les gardes-boues blancs viennent souligner les grandes roues de 700, d'une très jolie façon. Quelques inserts de blanc au niveau des grips ergonomiques et de la selle, terminent une ligne très réussi pour ce Lapierre urbain.

...mais sans le mental

En voyant ce vélo, vous vous êtes sûrement dit, comme moi, que ce type de destrier devait être parfait pour attaquer à pleine vitesse à travers le trafic automobile. Et bien, comme moi, vous serez déçu...

Comme le dit le bon vieil adage, l'habit ne fait pas le moine. Et bien cela se vérifie sur ce vélo, à l'apparence sportive, mais au comportement qui l'est beaucoup moins.

Malgré son look élancé, je lui aurais prêté des qualités dynamiques que je n'ai, au final, pas vraiment retrouvé. Peut-être est-ce dû au moyeu Alfine qui, certes, alourdit considérablement le vélo à l'arrière (le moyeu seul pèse environ 1.6 kg pour un total, avec flasque, shifters et pignon, d'environ 2kg100).

"le Speed 400 est en revanche un excellent routier"

Certes le Speed 400 n'est pas aussi pataud que pourrait l'être un hollandais complètement équipé, beaucoup plus lourd, mais la position très haute, couplée avec le guidon moustache renforce cette impression d'être monté dans une voiture de sport et de retrouver le comportement routier d'une berline (pardon pour la comparaison), avec des relances relativement molles.

Mais pour rebondir sur ce dernier point, le Speed 400 est en revanche un excellent routier, sur lequel j'ai trouvé un grand confort, notamment grâce à un poste de pilotage très ergonomique, permettant une position de conduite relevée et peu fatigante. L'apparence de la selle Seta de chez Selle Royal est elle-aussi trompeuse, car loin de son aspect "bout de bois" sportif, votre séant y trouvera au contraire beaucoup de douceur.

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Notamment grâce au wishbone arrière, le cadre du Speed est très rigide, mais la conception en alu 7005 fait que les vibrations sont assez bien filtrées (rigide donc, mais pas tape-c...). Question poids, le Speed 400 s'affiche sur la balance à 13,6 kg, ce qui est très honorable étant donné le poids que lui inflige déjà la transmission Alfine 11.

Coté freinage, dommage que l'on ai droit à du disque mécanique à ce tarif là, mais cela dit, les Tektro Novela en 160 mm m'ont vraiment surpris par leur puissance, avec un minimum de progressivité (et le détail qui tue : la sonnette intégrée au levier !). Les grips ergonomiques sont confortables pour l'appui des mains, mais le blanc est un mauvais choix, très salissant.

Transmission 11 vitesses

Pour en venir au cœur du système, à savoir le Alfine 11 vitesses de Shimano, ce moyeu s'avère un excellent allié, notamment dans une ville où la topologie vous fait prendre autant de montée que de descente. L'étagement des vitesses est correct, et la grande palette de rapports (409% contre 306% pour un Alfine 8) permet de s'adapter à toutes les situations.

Seul petit défaut trouvé : une petite latence, entre le moment où vous enclenchez le shifter et le passage effectif de la vitesse. Vous êtes parfois obligé de relâcher la pression sur les pédales pour passer à une vitesse supérieure, et au contraire, de continuer de pédaler pour les redescendre. Cela rend le passage des vitesses parfois saccadés.

Mais pour avoir déjà essayé son cadet à 8 vitesses, le passage est tout de même ici beaucoup plus onctueux, notamment grâce à un système sur bain d'huile qui permet des passages bien plus silencieux qu'auparavant. Le système vous permet même des doubles passages de vitesses, montant ou descendant, selon le degré de pression sur la manette.

Précisons que la conception différente du moyeu entre la version 8 et la version 11 vitesses, rend désormais beaucoup plus facile le démontage de la roue arrière, sans avoir à emmener son vélo chez un bouclard spécialisé.

Au final, ce Lapierre Speed 400 m'a surpris pour la grande différence entre son aspect d'urbain sportif, et son comportement dynamique, beaucoup moins nerveux qu'on aurait pu le croire. Mais ceci étant dit, j'ai pris beaucoup de plaisir à rouler à son guidon. Bien qu'elle vous bride un peu dans les relances, la position haute est très confortable et sécurisante.

Ajoutez à cela le nouveau moyeu Shimano Alfine, qui vous fait bénéficier d'une transmission 11 vitesses avec un entretien proche du zéro, des freins à disque puissant et un éclairage intégré (dommage qu'il soit à piles), et vous obtenez un urbain confortable, plutôt bien paré pour affronter la ville. Le Speed 400 s'affiche tout de même à un prix public de 899 €, mais si votre budget est trop court, vous pouvez vous rabattre sur le Speed 300 en Alfine 8, ou encore sur les Speed 200 ou 100, en transmission classique.

Les Plus

  • Design du cadre et qualité Lapierre
  • Rapport qualité / prix
  • Moyeu Alfine 11
  • Selle confort
  • Position sécurisante
  • Freinage puissant
  • Éclairage intégré

Les Moins

  • Manque de nervosité
  • Quelques bruits parasites (gardes-boues)
  • Pédales glissantes par temps humide
  • Eclairage à piles


> Le Speed 400 sur le site Lapierre.

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