[Test] Lapierre Crosshill 5.0 2022, un vélo gravel généreux et surprenant

[Test] Lapierre Crosshill 5.0 2022, un vélo gravel généreux et surprenant

"Un vélo gravel généreux dans son comportement comme dans son tarif" d'infos

(4.5/5)

Dans le vélo comme pour d'autres activités, le succès d'un modèle dépend du timing commercial. Trop tôt, vous ne trouverez pas votre cible ; trop tard, d'autres s'en seront chargé pour vous... En 2016, le fabricant français Lapierre dévoilait le Crosshill (300 & 500). Toute première incursion dans le monde du vélo gravel pour le concepteur dijonnais. C'était un peu trop tôt et le produit n'a pas déplacé les foules. On ne peut pas leur jeter la pierre, le marché gravel n'en était qu'à ses balbutiements, pas aussi mature qu'il ne peut l'être aujourd'hui en 2022. Je vous propose ici le test de ce nouveau modèle gravel 2022, le Lapierre Crosshill 5.0.

Test Crosshill Lapierre - feuille - ciseau

Exit les lignes un peu arrondies du précédent châssis, ce nouveau Lapierre Crosshill que nous avons en test (et que nous vous présentions juste ici), revient sur un dessin plus classique mais finalement plus dans l'air du temps. La cosmétique de cette version 5.0 est relativement sage.


Pour autant, des petits détails rendent l'ensemble assez joli et élégant. Par exemple, le logo Lapierre en sur-impression métallique, la petite bande noire sur le top tube qui rappelle le coloris de la fourche ou encore les lignes de dénivelé en guise de décoration sur les fourreaux. Un petit coq et un drapeau bleu-blanc-rouge rappelle que le vélo est "designed & engineered in France" (le cadre lui est fabriqué en Asie). Les cordons de soudures sont propres et la peinture apparait qualitative. Les propriétaires apprécieront le passage interne des câbles, la douille de direction conique ou encore le boitier de pédalier fileté.

Un Lapierre Crosshill en test, c'est solide comme un roc ?

Le Lapierre Crosshill se pose sur un châssis en aluminium Supreme 5 et une fourche en carbone (té an alu). Les premières prises en main se font naturellement. Le vélo est confortable, avec une position utilisateur conforme à un usage gravel, c'est-à-dire avec un cockpit assez haut (stack de 577 mm en taille M). Le cintre est large (420 mm) et offre un évasement propice à un usage offroad (flare 16°).

Dès les premières sorties de test, ce Lapierre Crosshill m'a surpris. Je ne m'attendais à rien de particulier sur un vélo de ce type là (comprendre : ce n'est un pas un fleuron haut-de-gamme, ni une entrée de gamme). Mais c'est probablement grâce à cela que le vélo m'a offert un comportement inattendu. Affiché à 2099€, ce vélo n'affiche pas de grandes prétentions. Mais c'est un vélo agréable, joueur et qui ne manque clairement pas de dynamisme.

Précision avant d'aller plus loin : Bien évidemment, 2099€, cela reste une somme pour nombre d'entre-nous. Toujours est-il qu'au regard de la production vélo actuelle, c'est un tarif qui nous semble dans la norme, et qui demeure abordable par rapport à des modèles haut-de-gamme dont les tarifs peuvent parfois s'envoler très haut.

Un rouleur confort

Sur les routes asphaltées, le Crosshill est un bon rouleur. Avec 11 kg sur la balance, ne vous attendez évidemment pas à monter sur un podium. Mais ce n'est pas non plus l'objectif quand vous achetez ce type de vélo. Là où ce Lapierre Crosshill 5.0 saura vous combler, c'est évidemment dans les chemins, sentiers et autres singles. Le vélo est bien posé, stable dans les relances ou les pentes gravillonnées. L'angle de chasse est assez ouvert (72,5° en taille M). La direction s'avère précise lorsqu'il s'agit de serpenter entre les racines et les trous. Bref, c'est un vélo avec une polyvalence certaine et qui démontre une belle robustesse. Le vélo encaisse bien les mauvais traitements (solide comme un roc ce Lapierre).

En terme de confort, le Crosshill n'en est pas avare. Bien sûr, le cadre saura vous rappeler que vous ne roulez pas non plus sur un carbone ou un titane, ni même un acier (CF notre article sur les matériaux des cadres vélo). L'aluminium a ses limites et transmet plus facilement les vibrations, notamment au niveau du triangle arrière. Fort heureusement, la fourche carbone joue bien son rôle et permet de diminuer la rudesse de l’absorption des chocs.

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Autre atout confort de ce gravel Lapierre : les roues. C'est assez rare pour être souligné : le fabricant ne propose pas en première monte de la jante basique, mais s'est fourni directement chez le spécialiste Mavic. En l’occurrence, le cerclage est un modèle Mavic XC621. La roue complète est assemblée par Lapierre, avec un moyeu maison. Notez que mon sentiment de confort a été probablement accentué par un montage tubeless (le modèle est vendu de base en chambre à air, comme tous les vélos). Le dégagement de pneu autorise jusqu'à 45 mm de section (en 700, donc un peu plus si vous passez sur des roues de 650).

Un vélo gravel prêt pour l'aventure

Avec ce Crosshill, Lapierre a revu sa copie et a souhaité un vélo plus versatile, plus polyvalent. Polyvalent, il l'est sans nul doute en terme de comportement, comme dit plus haut, il est autant à l'aise sur chemin que sur route. Mais polyvalent, il l'est aussi en terme d'usage et de pratique. Le châssis aluminium du Lapierre Crosshill affiche un nombre de points d'ancrage assez généreux, notamment sur le tube supérieur, le tube diagonal (dessus et dessous) et aussi sur la fourche. Cela offre diverses possibilités de configuration bikepacking ou biketouring, et autres montages de porte-bagages ou garde-boue.

Une tige de selle télescopique peu utile

Enfin, parlons de la tige de selle télescopique. Pour moi, c'est plus un argument marketing qu'autre chose. Je n'en vois pas une utilité majeure, sauf si vous ne pratiquez que du gravel très engagé sur des segments techniques à profil descendants. Dans un usage gravel "normal" (qu'est-ce qui est normal en gravel ?), la selle n'a pas besoin d'être baissée. Il suffit de jouer avec le poids de son corps et, la plupart du temps, ça passe.

D'autant que la commande est mal placée sur le cintre. Le peu de fois où j'aurais éventuellement pu avoir à m'en servir, mes mains étaient sur les cocottes au moment d'aborder la pente. Et une fois engagé, difficile de changer la position des mains. De plus, la commande peut s'avérer être dangereuse en cas de chute, si vous avez les mains à l'intérieur du cintre. Bref, c'est un gadget dont vous pourriez vous passer (demandez à votre bouclard de la remplacer par une tige de selle classique. Vous allégerez votre vélo).

Des composants à la hauteur

C'est l'autre belle surprise de ce vélo. Une proposition d'équipement très correcte compte tenu du tarif. J'ai déjà parlé plus haut de la tige de selle télescopique ainsi que des jantes Mavic. Ces dernières sont évidement en axes traversants. Elles sont équipées en pneumatiques WTB Riddler 700x37. Malgré leur apparence très cramponnée, ils restent tout-à-fait roulants. Au rayon du groupe de transmission, on a le droit à du Shimano GRX (shifters RX600 & dérailleurs RX810) ; montage en 2x11, avec une cassette de 11-34 et un double plateau 46-30. Quant au freinage, c'est du disque hydraulique Shimano GRX600.

Bref, c'est de l'éprouvé, de l'efficace. Petit point sur la transmission. Je l'avoue, je suis un adepte du monoplateau, et j'ai donc plus de mal à apprécier de rouler à nouveau en double (en usage gravel "pur"). Un ressenti à relativiser, puisque le groupe GRX fonctionne au poil. Il est onctueux et est bien étagé. Je n'ai pas pu éviter les frottements régulièrement sur le dérailleur avant, mais je pense que c'était plus dû à mon habitude de changement de braquet. Toutefois, comme dit plus haut, le Lapierre Crosshil est un vélo qui se veut polyvalent. Le double plateau peut donc se justifier, car il pourra s'avérer pratique, que ce soit dans une pratique plus orientée route, ou encore si vous comptez arpenter quelques cols cet été.

Pour en savoir plus sur ce Lapierre Crosshill, RDV sur le site officiel du fabricant.
Et pour connaitre mon verdict final, cliquez-ici.

Notre verdict

[Test] Lapierre Crosshill 5.0 2022, un vélo gravel généreux et surprenant
(4.5/5)

Une jolie surprise que ce test du Lapierre Crosshill. C’était une rencontre inattendue, entre un vélo d’apparence simple et discrète et un testeur (moi) qui n’avait pas d’attente spécifique sur un tel modèle. Au final, on s’est bien plu lui et moi et on s’est bien amusé dans les chemins. Je lui ai bien trouvé quelques défauts ; la transmission double plateau que j’aurais volontiers échangé contre un mono ; et la tige de selle télescopique pas vraiment utile. Toujours est-il que ce Lapierre Crosshill 5.0 a de l’efficacité dans les roues, du dynamisme dans le cadre et de l’éprouvé dans les composants.  Sa cosmétique est discrète, il n’est pas le plus léger, n’a pas de transmission électronique ni la dernière paire de jantes à la mode ; en réalité, ce Lapierre Crosshill est un vélo gravel qui semble ne pas avoir d’autres prétentions que de vous faire plaisir, le tout dans un budget qui reste « abordable » (comparativement au reste de l’offre sur ce marché). Et un vélo qui vous fait plaisir, n’est-ce pas là le principal ?

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