[Test] Chappelli Nero, l'australien aux faux-airs de pignon fixe

[Test] Chappelli Nero, l’australien aux faux-airs de pignon fixe

Weelz-Test-Chappelli-Nero (1)Bien qu'elle soit parfaitement inconnue en France, Chappelli Cycles est une marque relativement célèbre de l'autre coté du pacifique, chez nos amis australiens. Fondée dans les années 60 par Roberto Chappelli, la marque a été peu à peu oubliée, jusqu'à ce que le fiston Chappelli, Pablo, reprenne le flambeau à la fin des années 2000.

Désormais basée à Sydney, près de Bondi Beach, la société vend ses modèles sur le marché australien, mais également à Singapour et en Nouvelle-Zélande. Mais c'était sans compter sur la passion de deux entrepreneurs français, Charles et Guillaume, qui ont décidés d'importer la marque aussie sur notre territoire.


Nous avons opté pour notre test pour un modèle à 3 vitesses, le Chappelli Nero. Compte-rendu de quelques semaines passées à son guidon...

Design sobre, élégant, avec une touche de vintage

Le design du vélo est inspiré du modèle de Roberto Chappelli, datant de 1960. La peinture noire mate est au demeurant un choix non dénué d'esthétique mais qui renforce l'aspect sobre de la monture. Heureusement, le choix de composants à l'aspect chromé vient égayer un peu l'ensemble, et l'ajout d'une selle et de grips marrons imitation cuir vient terminer une ligne somme toute très élégante. Pas de signes ostentatoires, juste un petit logo Chappelli sur le tube de direction.

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Ce qui frappe en réalité sur ce Chappelli Nero, c'est sa ligne globale, qui fait naturellement penser que vous êtes en présence d'un "vrai" pignon fixe : roue de 700, cadre fin, bases compactes, jantes profilées, cintre court et surtout, un seul pignon sur le moyeu arrière...

En monovitesse ... ou comment le faire croire

Seulement voilà, ce Chappelli Nero n'est en rien un singlespeed, encore moins un pignon fixe. Il pourra sans nul doute tromper le béotien, mais le connaisseur à l’œil exercé remarquera à coup sûr le moyeu arrière légèrement surdimmensionné sur lequel on peux lire l'inscription "Sturmey-Archer". Un moyeu à vitesses intégrées donc, dont la petite société anglaise, fondée au début du siècle dernier par Henry Sturmey et James Archer, s'est fait une spécialité.

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Il s'agit ici d'un moyeu 3 vitesses, dont le principe n'a quasiment pas été modifié depuis son apparition sur le marché ... 10 ans avant la première guerre mondiale ! Bon, certes, à la différence qu'aujourd'hui la marque anglaise a été racheté par le taïwanais SunRace et que la production est aujourd'hui 100% asiatique... Reste le prestige du nom, pour la connotation "so british".

Car d'un point de vue fonctionnement, on a été un peu déçu par ce système. Attention, on ne dit pas que c'est parce que c'est asiatique que c'est moins bien, mais il est vrai qu'avec le passif de la marque, on s'attendait à un poil mieux : le shifter, d'aspect un peu cheap, est souvent capricieux.

Le changement de vitesse est dur au niveau du poignet, et vous force à relâcher la pression sur les pédales pour assouplir la tension de chaine et passer au braquet supérieur. Revers de la médaille, lorsque vous appuyer de nouveau sur les pédales au moment moment où la vitesse change, le passage est trop net et peut vous faire glisser de celles-ci...

Weelz-Test-Chappelli-Nero (14)Bon, c'est peut-être que l'on est habitué à l’onctuosité des moyeux Nexus ou Alfine (le tarif est différent). Avec ce Sturmey-Archer SRF3, c'est un coup à prendre, et on s'y fait. L'avantage au moins de ce genre de moyeu, est de pouvoir passer ses vitesses à l'arrêt, et là, pas de souci.

Ha oui un dernier bémol concerne le cache en plastique servant de protection à l’arrivé du câble sur le moyeu. Celui-ci est un peu trop long et large, et l'arrière du pied droit est parfois venu taper dessus, délogeant le cache de son clip. Par chance, celui-ci est solidaire de la gaine, et vous ne pouvez donc pas le perdre.

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Prise en main naturelle

Weelz-Test-Chappelli-Nero (2)Bon avec tous ces défauts cités précédemment, on en oublierais presque ce qui fait toute la différence entre un vélo et un autre vélo : le plaisir de rouler. Et bien l'on peut dire qu'avec le Chappelli Nero on est loin d'être déçu de ce point de vue.

Dès le premiers tours de roues, on est surpris par le rendement et surtout la vivacité de la monture. Les pneus fins (Kenda 28C), le cintre court et relevé, les bases courtes, font du Chappelli Nero un vélo très vif, avec lequel (passé la familiarisation avec le moyeu parfois récalcitrant) on prend très rapidement du plaisir, qu'il s'agisse d'aller se faufiler à travers le trafic ou bien d'emprunter des routes secondaires sur un trajet plus long. L'ensemble ne dépasse pas les 12 kg, tout-à-fait honorable pour un acier.

Alors certes, avec trois vitesses seulement, on se retrouve vite à mouliner, mais qu'importe, le plaisir est ailleurs. Et les trois vitesses du moyeu Sturmey sont plutôt bien étagées. Le pédalier Lasco, très joli d'ailleurs, est un 40 dents. Il est couplé avec un pignon de 20 dents à l'arrière. Le SRF3 a un ratio de 177% : rapport de 1:1 sur la seconde vitesse, une réduction de 25% en première vitesse et une augmentation de 33% sur la troisième.

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La position au guidon de ce Chappelli est naturelle et l'on a beaucoup aimé le cintre court et relevé, sauf les grips en simili-cuir au confort moyen et un peu glissant. Les tubes du cadre en acier Crmo filtre à merveille les imperfections de la route, aidés d'ailleurs par le choix d'une fourche courbée, qui permet également un empattement suffisamment long pour rendre le vélo stable, même à grande vitesse.

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Autre avantage des tubes cromoly, le cadre est suffisamment costaud pour endurer quelques pavés ou autre saut de trottoir sans broncher, pour peu que l'on ne lui en fasse pas subir de trop et que l'on roule propre.

Weelz-Test-Chappelli-Nero (6)Coté freinage, cela reste du frein de route, c'est-à-dire moyennement efficace et manquant un peu de mordant (encore une fois, on a sûrement trop l'habitude des disques). Un bon point en revanche sur le choix des leviers ProMax 239A, au design original, que l'on retrouve sur peu de monture, et dont le touché est très agréable.

Weelz-Test-Chappelli-Nero (4) Au final, ce Chappelli Nero a été plutôt une bonne surprise. Malgré son moyeu à vitesses intégrées un peu moyen, on ne peux que constater que rouler sur ce vélo reste très agréable.

C'est une monture vive et ludique avec laquelle on prend très vite du plaisir. Et puis ses faux-airs de pignon fixe vous permette d'être "au top de la tendance", tout en trichant avec des vitesses que l'on ne détecte pas au 1er coup d’œil.

Pour un vélo "exotique", que vous ne retrouverez pas à tous les coins de rues, son tarif reste relativement abordable : 549,95 €. D'autant que le vélo vous est fourni avec un éclairage Knog (normal, cette marque est également australienne) ainsi qu'avec un petit kit de mécanique vélo, comprenant une clé de 15, des clés BTR et un tournevis. Sympathique attention.

Les Plus
  • Allure de pignon fixe
  • Moyeu à vitesses intégrées
  • Robre sobre et passe-partout en ville
  • Cadre acier Cr-mo
  • Rendement et vivacité
  • Jantes profilées

Les Moins
  • Efficacité de la transmission
  • Freinage moyen
  • Peinture noir mat vite salissante
  • Selle glissante

> Chappelli-cycles.fr/nero.

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