[Test] Canyon GRIZL, un vélo gravel polyvalent et surprenant

[Test] Canyon GRIZL, un vélo gravel polyvalent et surprenant

Une invitation à rouler hors des sentiers battus

"Le Grizl est bluffant. Nerveux, agile et confortable, sur route comme sur chemin." d'infos

(4.5/5)

Petit dernier sorti des ateliers allemands Canyon, le Grizl. Nous vous présentions ce nouveau vélo gravel il y a quelques semaines. Le vépéciste le présente comme un prolongement d'un autre modèle gravel, le Grail, mais avec un positionnement moins radical, moins racing et plus orienté vers une pratique vélo aventure et bikepacking. il nous paraissait évident de tester en bonne et due forme ce nouveau modèle. Et on doit l'avouer, il nous a bluffé. Plus de détails dans l'article ci-dessous.

Canyon Grizl, une petite boule de muscles

Esthétiquement, les productions Canyon font rarement dans l’ostentatoire. Les designs et les cosmétiques restent sobres. Mais avec ce Grizl, la marque s'est permise quelques "folies", en proposant des peintures à motifs qui égayent quelque peu le catalogue. J'ai demandé à Canyon France un modèle "Matcha Splash" ou "Olive Sky", histoire d'avoir un vélo plus photogénique. Soit, j'ai reçu la version "Earl grey", un gris laqué, moins folichon, mais qui ne manque pas de charme, d'autant que la peinture sur le revêtement carbone est d'excellente qualité.


Les perçages sur le cadre, noirs, sont bien visibles sur la peinture gris clair. Canyon m'a fait parvenir ce modèle avec pas moins de trois porte-bidon. Un signal pour bien me faire comprendre l’orientation baroudeur du vélo ? Peut-être. Toujours est-il que je n'ai que trois semaines pour le tester. Je n'irais donc pas jusqu'au Turkménistan avec, et je me contenterais des (sublimes) paysages et sentiers du territoire de l'Anjou.

Les (sublimes) paysages du territoire de l'Anjou (terrain de jeu de Nature is Bike)

Un vélo courtaud, râblé

Dès la sortie du carton, je m'interroge. Aurais-je été floué ? Pourquoi ? Car j'ai dans les mains un vélo courtaud, râblé, avec notamment un cintre courbé très étroit. Chacun aura sa vision du gravel. Mais je suis surpris par un positionnement qui veut s'éloigner d'un modèle plus racing (le Grail) mais qui bizarrement ne semble pas avoir une géométrie bien différente. La suite du test me prouvera le contraire (cf le reste de cet article).

A l’œil, le Canyon Grizl apparait comme une petite boule de muscles. Les lignes globales sont droites, tendues, franches. Pas de courbures inutiles. La fourche part (presque) tout droit de la douille de direction vers l'axe de la roue avant. La jonction des haubans avec le tube de selle apparait comme des tendons saillants d'un runner en plein effort. Même la potence du poste de pilotage est plate et facettée. J'ai une réelle impression d'avoir reçu un pur vélo routier qui ne dirait pas son nom. Je suis curieux de voir ce qu'il vaut au pédalage. Allez vite, en selle.

Un comportement surprenant

Mes premiers tours de roue s'effectuent sur de petites routes de campagne. Le comportement du Canyon Grizl sur l'asphalte est surprenant. Dans son discours commercial, la marque canyon présente le vélo sous des attraits de baroudeur des chemins. Le comportement s'avère aussi très surprenant sur le bitume. Sans vent de face, sur le plat, je parviens à maintenir tranquillement un bon 30 km/h, sans forcer particulièrement. Les relances sont vives. Le vélo répond parfaitement à la moindre sollicitation.

Malgré une géométrie ramassée, la position n'est pas si basse que cela. Canyon a eu la bonne idée de laisser du "rab'" sur le fourreau de la fourche. En réglage d'usine, la potence est installée au plus haut, rehaussée de quatre entretoises. De quoi vous laisser le choix en hauteur de position. Personnellement, je préfère ce positionnement haut, même sur route. Cela garantit un minimum de confort sans aller à la chasse au chrono (pas notre truc chez Weelz!).

Des composants en adéquation

Comme à son habitude, Canyon offre sur ses machines des composants de belle gamme, mieux que ce que vous pouvez retrouvez en général sur d'autres modèles chez les marques concurrentes (et oui, l'absence de revendeur a ses avantages). Je testais ici le Grizl version CF SL 8. Un modèle qui, d'un point de vue tarifaire, se situe à peu près au milieu. Moins luxueux que les versions CF SLX, mais un peu mieux que les premiers modèles. Pour 2799€, vous avez le droit à une paire de roues DT Swiss G1800 Spline (24 mm), une transmission Shimano GRX RX810 avec le freinage hydraulique RT800, des Schwalbe G-One Bite 45 mm, des axes traversants (12x100/142) et la tige de selle carbone Fliphead dont j'ai beaucoup apprécié le confort. Bref, des composants de bonne gamme, en adéquation avec l'usage gravel de ce Canyon Grizl.

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Coté transmission, habitué désormais au monoplateau, j'avoue avoir eu un peu plus de mal à retourner en double plateau (avec souvent une chaine croisée, par oubli). Malgré cela, le groupe GRX est toujours aussi agréable à utiliser, toujours aussi souple et onctueux dans les passages de rapport. Lorsque vous êtes en milieu de cassette et qu'un petit raidillon survient, le double plateau reste un avantage pour passer d'un seul coup de la couronne de 48 dents à celle de 31. Et le pédalier Shimano GRX demeure une référence en terme de robustesse et de rigidité.

L'envie d'avoiner sur les sentiers

C'est bien évidemment une fois que l'on attaque les sentiers que le Grizl dévoile toutes ses facettes. Le vélo présente un comportement extrêmement ludique. Il s'exécute au moindre coup de pédale, que ça monte ou que ça descende. Malgré une géométrie plutôt orientée racing, le Grizl est agile. Il est à l'aise sur les chemins, qu'ils soient roulants ou sinueux, roulants ou défoncés.

Il est vrai que j'aurais préféré un cintre moins typé route, avec un peu plus de flare (évasement vers l'extérieur, pour plus de contrôle). Mais cela étant dit, je suis très surpris. Malgré une prise en main compacte, on garde très bien le contrôle du vélo. Il demeure efficace, même dans des descentes un peu engagée. Bien sûr, cette sensation est due à une géométrie soigneusement étudiée pour convenir à un usage gravel, tantôt sur le bitume, tantôt sur la terre. Canyon réussi à fournir un compromis très intéressant.

Le Grizl est une monture agile, qui offre à la fois une rigidité bienvenue sur la route et un confort plus qu'acceptable sur les chemins. Il faut reconnaitre que le châssis carbone, fourche comprise, offre une excellente filtration des chocs. Les pneus montés en tubeless, et donc en basse pression, accentuent encore le confort. Surtout, je salue le choix des Schwalbe G-One Bite, des pneumatiques suffisamment roulants sur l'asphalte et qui font preuve d'une vivacité et d'une accroche assez bluffante sur chemin. Dans les petits raidillons cassants, le Grizl n'a pratiquement jamais été pris en défaut, même sur des terrains très fuyants.

Globalement, le Canyon Grizl donne une sensation de voler au-dessus des imperfections de l'itinéraire. Sensation renforcée par la légèreté du vélo, seulement 9,7 kg pesé sur notre balance (en taille M, avec les pédales). Le Grizl est une machine nerveuse, qui ne donnent qu'une envie, celle d'avoiner sur les sentiers (comme le veut l'expression consacrée). Mon seul regret : ne pas avoir pu le tester sur une itinérance plus longue, et voir ce qu'il valait sur la distance. Mais je reconnais que j'aurais bien vu ce modèle comme compagnon pour un trip vélo gravel en Bretagne ou une itinérance vélo dans les Montagnes du Jura.

Pour connaitre mon verdict final, c'est par ici.
Pour plus d'infos sur le Canyon Grizl, c'est par là.

Notre verdict

[Test] Canyon GRIZL, un vélo gravel polyvalent et surprenant
(4.5/5)

Difficile de faire la fine bouche avec ce nouveau Canyon Grizl. On lui a bien trouvé quelques défauts, mais il faut reconnaitre que les équipes Canyon ont encore fait du bon boulot. Le Canyon Grizl est un peu la machine polyvalente que tout le monde recherche. Une monture aussi à l’aise partout que partout, pour reprendre le slogan d’une célèbre marque du Nord. C’est un vélo à la fois nerveux et rigide sur l’asphalte, mais qui se révèle aussi agile que confortable sur les sentiers. Les composants de très bonne gamme (transmission Shimano RX810, roues DT Swiss G1800…) viennent parfaire l’expérience globale.

Je retire un demi-point dans ma note car je regrette que Canyon n’est pas encore un peu plus poussé le coté baroudeur/aventurier du vélo. Notamment, en sélectionnant un cintre avec un peu plus de flare, et en ajoutant des perçages à l’arrière du vélo (même s’il faut faire attention au chargement sur un châssis carbone). Mais hormis ces détails, ce Canyon Grizl demeure excellent à plusieurs points de vue. Tantôt une machine routière, tantôt un gravel confortable, ce Grizl est une invitation à l’itinérance engagée et hors des sentiers battus.

Coté tarif, cette version CF SL 8 s’échange contre 2799€. Le Canyon Grizl démarre à 1999€ (CF SL 6) et monte jusqu’à 4599€ en version luxueuse CF SLX 8 en Shimano GRX Di2 et roues DT Swiss GRC1400.

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