[Test] Breezer Radar X Pro, le vélo gravel monstercross des grands chemins

[Test] Breezer Radar X Pro, le vélo gravel monstercross des grands chemins

"Le Breezer Radar X Pro est un gentil monstre, une monture robuste qui accepte tout." d'infos

(3.5/5)

Cela faisait un moment que j'avais envie de tester un vélo typé monstercross. C'est chose faite avec ce Breezer Radar X Pro. C'est quoi un monstercross ? Rassurez-vous, c'est un monstre gentil (oui c'est un paradis 🎵), qui ne rechigne pas à la tâche et vous emmène vraiment partout. Résumé de mes sensations avec ce robuste vélo gravel ci-dessous.

Breezer Radar, Joe Breeze et l'amour de l'acier

Avant de vous en dire plus sur ce vélo, il convient de revenir sur l’historique de la marque et surtout son créateur. Créateur, qui n'est autre que Joe Breeze, l'un des pères fondateurs du Mountain Bike américain. Il fait partie de l'époque des pionniers du VTT tels que Tom Ritchey, John Tomac ou Gary Fisher. Comme eux, Joe a intégré le Mountain Bike Hall of Fame. Né en 1953, Joe Breeze s'intéresse au vélo dès l'adolescence. En 1973, il modifie un vieux beach cruiser Schwinn monovitesse de 1941 pour le transformer en vélo tout-terrain et descendre le Mont Tamalpais (Comté de Marin au nord de San Francisco).


Joe Breeze aujourd'hui

Mais Joe veut aller plus loin et c'est en 1977 qu'il se construit son propre vélo, modèle considéré comme le tout premier VTT au monde (photo au-dessus). Amoureux de l'acier, il fabrique lui-même les vélos de la marque qu'il a fondé, Breezer, jusqu'en 1990. A partir de là, la fabrication des cadres est délocalisée à Taïwan. La marque intègre le giron de Fuji Advanced Sports en 2008. A partir de 1996, Breezer se concentre sur la conception de vélos urbains (Joe Breeze est un fervent militant du vélo comme moyen de transport aux États-Unis). Mais le fabricant reviendra petit-à-petit à ses premières amours : la route, le VTT et aujourd'hui le gravel. La preuve avec ce Breezer Radar X Pro.

Breezer Radar X Pro, un grand gaillard élégant

Le Breezer Radar X Pro a une esthétique de grand gaillard, le genre que vous ne cherchez pas à la récré. Pour autant, ses lignes ont une certaine élégance, et sa cosmétique est sobre et assez raffinée. Le violet foncé lui sied parfaitement couleur qui vient en contraste avec ses gros pneus à flancs crème. Les cordons de soudure sont polis. La finition du cadre est irréprochable, jusque dans les détails comme les renforts au niveau de la douille de direction, ou encore l'intégration du support d'étrier de frein flatmount.

Le vélo est très haut sur pattes, et les lignes fines du cadres dénotent presque avec les énormes pneumatiques en 29 pouces. Je teste ici un vélo en taille 54 (pour mon 1m83), mais tout est grand sur ce vélo américain. "Couvrez ce cintre que je ne saurais voir" - Molière faisait sûrement du gravel lorsqu'il a écrit Tartuffe. Vous remarquerez l'incroyable largeur du cintre. Le Breezer Big Bar fait 460mm sur la partie haute et 500mm sur la partie la plus basse (12° de flare). Une largeur qui, finalement, correspond bien au programme du vélo. De même, les dégagements de pneus, à l'avant comme à l'arrière, vous autorise à monter des sections très généreuses, jusqu'à 60mm. A l'avant, il s'agit du standard Boost en 148 mm. Axe traversant également à l'arrière en 110 x 15mm.

Breezer Radar, un allié ... de poids

Avec une partie du set bikepacking AGU Venture

Le premier contact avec ce Breezer Radar se fait lorsque je le sors du carton. Et là c'est une première constatation : c'est lourd ! Je l'installe sur ma balance pour vérifier : on dépasse les 14 kg ! Le Radar X Pro pèse à lui seul le poids de deux bons vélos de route. Et oui, de base, un cadre acier, ce n'est pas ce qu'il y a de plus léger. Et le reste des composants ne fait pas dans le light non plus. Est-ce pour autant totalement pénalisant lorsque l'on roule. Et bien pas tant (mais un peu quand même).

"le vélo est étonnamment un bon rouleur, à la fois docile et confortable"

La seconde constatation avec ce Breezer Radar se fait sur la route : Bon sang, c'est fou ce que ça roule bien ! Et oui, on est en présence d'un cadre acier qui apporte autant de rigidité que de douceur. Et puis, nous sommes montés sur des roues en 29 pouces qui, malgré un diamètre réel de 28 pouces, offre une circonférence totale vraiment énorme avec les pneus WTB Nineline en 2.25 et leur très gros volume d'air. Ces deux facteurs cumulés, le vélo est étonnamment un bon rouleur, à la fois docile et confortable. Cela étant dit, habitué à des machines plus fougueuses, ce vélo m'aura nécessité un petit temps d'adaptation.

Bien évidemment, le revers de la médaille du poids conséquent du vélo : Le Breezer Radar X Pro reste un bon rouleur ... tant que la route est plate. Car dès que celle-ci s'incline, le vélo s'avère un bien mauvais grimpeur. Pas tant pour les qualités dynamiques de son cadre, mais plutôt à cause du poids qu'il faut bien tirer, et par la section généreuse des pneumatiques, qui accrochent à la route. On a cette drôle de sensation d'être tiré vers l'arrière par une main invisible. Bref, quand on monte avec ce vélo, il faut prendre son "mal" en patience.

Breezer Radar, briseur de chemins

C'est dès que l'on quitte la route pour s'aventurer sur les sentiers, que le Breezer Radar dévoile tout son potentiel. Le poids pénalisant sur la route, devient pratiquement un allié hors bitume. La monture est extrêmement stable et absorbe les obstacles sans broncher. On peut avaler du chemin rugueux à haute vitesse en toute confiance. Le châssis en acier vous apporte confort, douceur et filtration. Les roues de 29 pouces couplées aux pneus énormes en 2.25 de section, gomment aisément racines, nids de poule et autres imperfections du sentier. Dans le négatif, au guidon de cet authentique américain, on se prend au jeu à dévaler les pentes tel un pionnier du MTB US. Attention toutefois, l'empattement du vélo est long et il manque d'agilité dans les virages rapides et serrés.

Les pneus WTB Nineline ont une excellente accroche, que ce soit en latéral dans les virages ou au centre dans les montées. Les crampons sont bien espacés, même si je n'ai pas eu de terrain vraiment gras durant la période de mon test. Les crampons centraux et le profil arrondi du pneu permettent de conserver une bande de roulement efficace (coté Fast Rolling du pneu). On parvient à conserver une bonne allure, sur chemins comme sur l'asphalte. Évidemment, le constat reste le même sur les sentiers, le Breezer Radar n'est pas le champion des grimpettes.

Totalement prêt pour l'aventure à vélo

S'il y a bien un domaine dans lequel je choisirais sans hésiter le Breezer Radar, c'est pour partir dans une aventure à vélo hors des sentiers battus. Le châssis acier est réputé pour être un associé de confiance dans la grande itinérance vélo. On a ici un vélo suffisamment robuste pour affronter des sentiers pas toujours amicaux. Le tout avec un minimum de confort grâce à la monte pneumatique en 29 pouces.

Comme vous avez pu le remarquer sur les photos, le châssis est bardé d’œillets, prêts à accueillir toutes vos velléités de bikepacking ou bike touring. On dénombre pas moins de 26 perçages sur le cadre. Certains sont triplés comme sur le tube oblique ou les fourreaux de la fourche. On en retrouve même sur le hauban (mais uniquement à droite), de quoi pouvoir monter de la gorilla cage supplémentaire ou un troisième (voire quatrième) porte-bidon. Le temps m'a manqué pour partir en baroude sur les sentiers de France avec ce Breezer, mais j'ai pu réaliser avec lui un Laval -> Angers via les chemins (roulants) de la Vélo Francette.

Le monoplateau lui va si bien

Du coté de la transmission, elle correspond parfaitement au programme et à l'ADN du vélo. En l’occurrence, il s'agit de d'un dérailleur arrière Shimano GRX 812, toujours aussi souple et agréable à utiliser. La cassette 11-42 est couplée à un pédalier FSA Afterburner monoplateau en 38 dents (très joli au passage). 42x38, soit largement de quoi vous faire grimper aux arbres. En revanche, on se retrouve très vite à mouliner à haute vitesse sur le plat. Mais vous l'avez compris, la haute vitesse, ce n'est de toute manière pas le truc de ce Breezer Radar.

Au niveau du freinage, là aussi ce sont des leviers et des étriers Shimano GRX qui s'en chargent. Et c'est tout aussi efficace. Du coté des roues, si les pneus WTB Nineline siéent bien au vélo, les jantes, de chez WTB également, sont assez lourdes et manquent de dynamisme (même constat sur le Fuji Jari). Une paire de roues plus haut-de-gamme pourraient assurément changer la donne quant au comportement de la monture, qui deviendrait plus rapide et plus agile (plus éventuellement des pneus passés en tubeless). Un achat que vous pourrez éventuellement prévoir plus tard, d'autant que le tarif du Breezer Radar - 1999€ - reste encore "raisonnable" pour un vélo de cette gamme et de cette qualité. Notez que dans la gamme Radar de Breezer, il y a aussi le Radar Cafe à 999€, le Radar Expert à 1299€ et le Radar X à 1499€.

Pour connaitre mon verdict final, c'est par ici.
Pour plus d'infos sur le Breezer Radar X Pro, c'est par là.

Notre verdict

[Test] Breezer Radar X Pro, le vélo gravel monstercross des grands chemins
(3.5/5)

Il m’aura fallu un petit temps d’adaptation pour me faire  à ce Breezer Radar X Pro. Si le poids n’est pas un élément que je juge déterminant lorsque je teste des vélos urbains, j’ai un peu plus tiqué aux premières manipulations de ce vélo gravel américain (14 kg !). Toutefois, il n’aura fallu que quelques kilomètres pour finalement apprécier cette monture au tempérament particulier. Bien sûr, le Radar n’est pas une machine taillée pour le chrono (difficile de se faire prendre au radar…#humour). Mais j’ai eu cette impression qu’il s’était produit quelque chose entre l’homme et sa monture. On finit par faire corps avec le vélo et à apprendre à le dompter. Ensuite, on finit par goûter à de nouveaux plaisirs : celui de l’acier bien sûr et de toutes ses qualités dynamiques (souplesse, confort, filtration…), mais aussi celui des gros pneus, du cintre large. Le Breezer Radar est une monture robuste, qui met en confiance, qui accepte de corriger vos petites erreurs de trajectoires, même s’il n’est pas le plus agile dans les courbes.

Bien sûr, son poids conséquent vous empêchera de suivre les copains sur leurs vélos carbone. Il faut accepter de réduire sa vitesse, de rouler moins vite, moins fort et simplement se laisser emmener par le poids conséquent de la bête. Mais peu importe. Une fois apprivoisé l’engin, le Radar vous donne envie d’autre chose. Il est tranquille et docile sur la route et se dévoile tout entier dès lors que vous attaquez les chemins, et ce, que votre périple dure 3h ou trois mois. Le Breezer Radar est un vrai compagnon off-road pour partir à l’aventure. A 1999€, son rapport qualité/prix est très correct compte tenu de la finition du châssis acier et du groupe complet Shimano GRX.

Retour en haut de page