Itinérance vélo gravel en Irlande ─ “The Fish & Chips Tour” Épisode #2, avec SRAM

Itinérance vélo gravel en Irlande ─ “The Fish & Chips Tour” Épisode #2, avec SRAM

On attaque la montagne

Weelz! s'est rendu en Irlande pour un périple vélo gravel de quatre jours, dans le sud-ouest de l'île (comtés de Cork et de Kerry). Un reportage en itinérance réalisé avec la marque SRAM. Après deux premiers jours à longer la côte via la Wild Atlantic Way, cette fois on attaque la montagne. On vous raconte tout ça dans la vidéo ci-dessous et le récit juste après.

Jour 3 - La montagne et les routes anciennes et oubliées

Depuis la bow window du salon cosy réservé aux guests de Josephine et Barry, la vue est imprenable sur la baie. Je revois encore les yeux écarquillés de Josephine quand je lui dit, en pointant du doigt les montagnes juste en face, que c'est notre direction pour aujourd'hui. Après avoir roulé plein ouest depuis deux jours (relire le récit de la première partie de notre périple), nous entamons, en ce troisième jour, un virage vers le nord. Notre objectif du jour : atteindre Killarney.

Nous avons réalisé ce reportage en partenariat avec SRAM. Le but de cette collaboration avec l'équipementier américain ? Profiter de ce trip vélo gravel en Irlande pour mettre en avant leurs nouveautés - nouvelle gamme SRAM XPLR et transmissions SRAM eTap AXS - et les mettre à l'épreuve et en image lors d'un trip vélo sur les routes et chemins irlandais (avec le soutien de l'Office de Tourisme irlandais).

Les repérages, au travers des outils comme Google Maps, OpenCycleMap ou Komoot, m'avaient donné l'eau à la bouche. Enfin, nous allions goûter aux reliefs escarpés de l'île et aux sentiers montagneux. Enfin, nous allions pouvoir profiter de la polyvalence de nos vélos gravel équipés par SRAM spécialement pour nous. Disons, que tout ne s'est pas tout-à-fait passé comme je l'entendais… C'est ce que je vous raconte dans la suite ci-dessous.

Caha Pass, un col en guise d'entrée en matière

Les quinze premiers kilomètres nous font atteindre assez aisément Glengarriff et sa baie. Ce village côtier est notamment connu pour posséder l'une des toutes dernières forêts de chênes de l'Irlande. Les autres ont disparu ; transformés en bateaux pour les marines anglaise et française au 19e siècle.

La première difficulté du jour se dresse devant nous : Caha pass. Environ 7 kilomètres de montée, mais des pourcentages qui restent raisonnables (pentes entre 3 et 4%). Il s'agit de la route principale qui relie Glengarriff à Kenmare et qui fait partie du circuit touristique Ring of Beara.

"Presque en un instant, le décor change radicalement. On se retrouve d'un seul coup en montagne"

Le paysage des premiers hectomètres de la montée demeurent assez basiques, alternant entre un peu de forêt, des champs, du pâturage à moutons, quelques habitations. Puis soudain, presque en un instant, le décor change radicalement. On se retrouve d'un seul coup en montagne. Le panorama se dégage, à gauche sur la baie de Bantry qui semble déjà loin ; à droite et devant nous, sur une surface aride et rocheuse, recouverte de ci de là d'épais arbustes et d'herbes hautes et sèches. Le col continue de s'élever, tranquillement, sur un asphalte rugueux mais pas désagréable.

Au kilomètre 25, nous atteignons le haut du col, le fameux "pass" entre les deux versants. A cet endroit, la route transperce la montagne via un tunnel sombre mais relativement court. Ce passage marque aussi la frontière entre deux comtés irlandais, celui de Cork, derrière nous, et celui de Kerry. Cinq kilomètres de descente s'offrent à nous. Je ne boude pas mon plaisir de prendre de la vitesse, devançant Tim et Amandine, moins à l'aise dans cet exercice.

Des moutons à biberonner et un shot de Moonshine

Durant la descente, un druide nous interpelle. Une statue en bois plantée en plein milieu d'un parking invite les touristes de passage à s'arrêter pour faire le plein de souvenirs. Molly Gallivan's est une sorte de visitor's center ou s'est installé un gift shop. L'endroit est une ancienne ferme doublement centenaire, où l'on maintient une gestion agricole comme autrefois.

"Un homme sort. Dans un accent irlandais rustique, il nous invite à visiter la ferme"

Au moment de poser nos vélos, un homme sort. Dans un accent irlandais rustique, il nous invite à visiter la ferme. Il nous dit que c'est l'heure du biberon pour deux jeunes agneaux. Amandine est parfaite dans le rôle de maman de substitution, sous l’œil complice des poules, d'une vache, de deux ânes et d'un énorme porc noir qui doit peser dans les 200 kilos. Le guide a surtout repéré l'appareil photo de Tim et voit là une bonne occasion d'obtenir quelques clichés à l'œil.

Si vous passez dans le coin, vous verrez sans doute Amandine sur les flyers de l'établissement. On conclut cette visite par un shot de Moonshine, de l'alcool de contrebande distillé à l'origine par la veuve propriétaire du lieu pour arrondir ses fins de mois.

L'heure tourne et nous déclinons poliment l'atelier de fabrication de pain. Il nous reste encore pas mal de kilomètres et de dénivelé. Il est temps de se remettre en route. Au kilomètre 30, arrivé tout en bas du col, nous quittons la route principale et bifurquons vers l'ouest pour emprunter Old Kenmare Road. Comme son nom l'indique, c'est l'ancienne route menant vers la ville éponyme.

Les petites routes oubliées

"l'incroyable privilège du voyageur du vélo ; laisser aux automobilistes les grandes routes peu attractives pour s'aventurer sur de petites routes oubliées"

C'est l'incroyable privilège du voyageur du vélo ; laisser aux automobilistes les grandes routes peu attractives (et soit-disant touristiques), pour s'aventurer sur de petites routes oubliées. Et celle-ci vaut le détour. Silencieuse et dépourvue de trafic motorisé. Tantôt chemin gravillonné, tantôt bitume rugueux. Et toujours ce ruban herbeux central qui donne un aspect tellement photogénique à l'itinéraire. Hormis une jolie côte au début de cette portion, la trace est majoritairement descendante. Nous dévalons tranquillement entre les vallons parfois arborés, parfois recouverts de bruyères, croisant ci et là quelques petits hameaux. Le paysage est incroyable.

"J'engloutis goulument cet énorme morceau de poisson pané et sa barquette de frites"

De l'autre côté du massif, nous atteignons la baie et récupérons la route principale. Nous traversons un pont qui nous fait quitter la péninsule de Beara pour celle d'Iveragh. Nos estomacs réclament leurs dus. On s'aventure dans le centre-ville de Kenmare lorsque l'enseigne lumineuse d'un food truck m'interpelle : "Fish & Chips" ! Pause déjeuner tardive dans un petit parc. J'engloutis goulument cet énorme morceau de poisson pané et sa barquette de frites (au moins 9/10 sur mon échelle personnelle du fish & chips).

Bénis soient les calories du Fish & Chips

On se remet en route après un rapide café, le ventre un peu lourd. En quittant le centre-ville, on se dit que l'on a bien fait de s'arrêter pour reprendre quelques calories. Un énorme mur se dresse face à nous. La route trace tout droit sans se poser de question. En à peine trois kilomètres, nous allons avaler près de 200 mètres de dénivelé. Une activité idéale pour accélérer la digestion. Je ne regrette absolument pas mon fish & chips. D'autant que ce n'est que le début de cette longue après-midi qui va s'avérer être une belle épreuve physique.

Arrivés en haut de cette ascension, dont parfois le pourcentage a dépassé les 15%, la route redescend … pour mieux remonter juste en face. Pas le choix, il faut avancer. Au loin, les premiers contours du Killarney National Park nous appellent. La seconde ascension, toute droite, est encore plus rude. Bien campé sur ma selle, le corps tout entier penché sur mon cintre, j'ai le temps de surveiller mon GPS. A mesure que j'avance, le pourcentage augmente plus vite que les kilomètres. 15, puis 17, puis 19 et jusqu'à 21%!

"L'effort à fournir est d'une violente intensité. L'impression que si je relève la tête, mon vélo va se cabrer avec son chargement"

L'appareil photo est à 0°, la pente, elle, à plus de 20%

L'effort à fournir est d'une violente intensité. L'impression que si je relève la tête, mon vélo va se cabrer avec son chargement. Amandine attaque les côtes avec autant d'agilité qu'une Annemiek van Vleuten. Tim de son côté opte pour le poussage.

Là-haut sur la montagne

Au kilomètre 48, la route disparaît pour laisser place à un chemin qui ressemble de plus en plus à une piste de randonnée pédestre. La surface offroad nous donne enfin une véritable occasion de mettre à l'épreuve nos montures gravel. Et elles ne sont pas manchot dans l'exercice. Même chargés, les vélos réagissent très bien. Le confort des roues Zipp permet d'absorber les chocs. Dans une descente, nous croisons un couple et leurs enfants. Des bordelais. "En haut de la côte, vous allez voir, le paysage est sublime. J'ai rarement vu quelque chose d'aussi beau" nous dit le monsieur l'air époustouflé.

"le décor qui nous fait face est en effet grandiose"

La cote en question est ardue, techniquement éprouvante. Il faut veiller à bien poser sa roue avant et prendre soin de prendre des trajectoires correctes en louvoyant entre les plus grosses pierres. Parfois, il faut se résigner et pousser le vélo. Mais l'homme avait raison. Arrivé au point culminant de notre itinéraire de la journée - 315 mètres d'altitude - le décor qui nous fait face est en effet grandiose.

Nous venons d'entrer dans le parc national de Killarney

Nous venons d'entrer dans le parc national de Killarney. La couleur ocre de la végétation sèche des monts environnants contraste avec le bleu du ciel. Le soleil est soudainement apparu comme pour mieux nous faire profiter du paysage. On prend le temps de savourer l'instant (et d'engloutir quelques sucreries achetées plus bas).

Marche à l'ombre

Après avoir repris un peu de force, nous attaquons la longue descente montagneuse. Le sentier est large mais demeure technique. Les surfaces gravillonnées où l'on peut rapidement prendre de la vitesse, alternent avec des portions empierrées un peu coriace, quelques zones boueuses dues aux eaux ruisselant de la montagne et même plusieurs passages à gué. Tim s'éclate au guidon de son BMC URS avec son triangle arrière suspendu et équipé de la fourche Rockshox Rudy. Un gravel tout-suspendu s'avère efficace sur ce type de chemin.

Au kilomètre 53, notre descente s'arrête à un croisement. On fait face à un choix cornélien : filer et récupérer la route principale quelques kilomètres plus loin ; ou faire confiance à la map tracée via Komoot qui nous invite à continuer vers le nord-est. Nous prenons la seconde option…

"ce petit périple dans le périple nous aura pris près de deux heures pour parcourir seulement 7 kilomètres"

En réalité, sans le savoir, nous venons d'emprunter un chemin de randonnée, absolument pas adapté au vélo. Sans le savoir, nous entamons une portion qui va nous forcer à tantôt pousser, tantôt porter nos montures. Dès le début, il va nous falloir plus de 45 minutes pour avancer de … 800 mètres, tout en grimpant 170 mètres de dénivelé. Dans ce genre de cas, je ne sais pas vous, mais je suis toujours ce genre de gars optimiste qui se dit toujours que c'est bon, que ça ne va pas durer, que dans quelques centaines de mètres, on pourra se remettre en selle...

La vérité est que ce petit périple dans le périple nous aura pris près de deux heures pour parcourir seulement 7 kilomètres, quasi exclusivement à pied, poussant ou portant nos vélos. On a loué SRAM pour nous avoir fourni des montures très légères. On a moins loué Komoot.

Le relief très escarpé nous a d'abord fait grimper à travers une zone boisée dont une partie recouverte de lichens. Un paysage mystique qui donne le sentiment de voir surgir à tout moment le Leprechaun. Ensuite, le terrain devient de plus en plus accidenté. Il faut passer les vélos à la force des bras, tout en prenant soin de ne pas se vriller une cheville. L'après-midi est déjà bien avancée. On se dit qu'il serait malin de prévenir l'hôtel où nous dormons ce soir. Sauf qu'il n'y a aucun réseau.

Épreuve de la poutre et pincement

Après la forêt et les rochers, c'est maintenant l'heure de l'épreuve de la poutre. Pour faciliter l'avancée des randonneurs à travers la bruyère irlandaise, le parc a aménagé un cheminement de bastaing en bois recouverts d'une fine grille en métal. Avec vigilance, nous parvenons parfois à pédaler dessus. Mais la construction en escalier force la majeure partie du temps à marcher avec le vélo, en jouant les équilibristes sur une surface large de 40 centimètres (nous ne sommes pas Danny MacAskill). 

"Quelques dizaines de mètres plus bas, je sens que je perds de la pression"

Ce genre de situation fait aussi partie de l'aventure à vélo. On prend tout cela avec le sourire. D'autant que le paysage autour de nous est magnifique. La lumière crue de fin de journée et les reflets ocres de la végétation font parfois penser à une savane africaine.

Au kilomètre 57, enfin le chemin redevient roulant. Nous entrons dans la forêt de Brackloon, lieu de villégiature des cerfs élaphes. Grisé par la descente à travers les arbres sur un beau chemin bien large, et probablement aidé par la fatigue, je relâche un peu ma vigilance. Ma roue arrière vient taper un rocher plus saillant que les autres. Je sens, et j’entends, le choc sur ma jante (ouch la jante carbone Zipp…).

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Pas de crevaison nette, mais le pneu a pincé. Quelques dizaines de mètres plus bas, je sens que je perds de la pression. On s'arrête pour faire le point. Je vois le liquide préventif s'échapper légèrement par le flanc. La route n'est plus très loin. Je décide de remettre juste un coup de pompe et on se remet en route.

Enfin de retour sur le bitume tout lisse de la N71. Le profil descendant aide à prendre de la vitesse … et donc à bien répartir le liquide préventif du pneu tubeless. Après un ou deux kilomètres, je m'arrête pour une vérification. Bingo. La fuite s'est arrêtée. Je remets un peu de pression et nous filons vers Killarney, sous le regard de quelques cerfs croisés.

Nous arrivons enfin dans le centre-ville alors que le soir tombe lentement. Au cœur d'une zone montagneuse regorgeant de chemins de randonnées, et dotée de plusieurs grands lacs, Killarney est une zone touristique de premier ordre en Irlande. Nous stoppons après 65 km (dont au moins 4 de marche) et un peu plus de 1200 mètres de dénivelé avalés.

A nouveau, c'est un accueil chaleureux que nous réserve la gestionnaire des lieux. Notre guesthouse de ce soir est une belle demeure de standing et au charme typiquement irlandais. Crasseux et fatigués, nous prenons possession de nos chambres.

Un coup de fil rapide au restaurant dans lequel nous avions une réservation, pour les prévenir de notre arrivée tardive (il est 21h passé). "No worries !" nous dit Pat, propriétaire du Cronins, qui nous accueille avec le sourire alors que les derniers clients sortent du restaurant. "Come, have a seat ! Do you want something to drink first ?" nous propose Pat (photo ci-dessus). Il est la seconde génération d'un des plus vieux restaurant de Killarney (ouvert en 1957). On vous conseille le Ring of Kerry lamb, le plat idéal après une telle journée. Inutile de vous dire que la nuit fut bonne.

Jour 4 - Direction Cork

"Je me serais volontiers laissé tenter par une incursion vers le sud-ouest"

Le lendemain matin, nous quittons Killarney avec le regret de ne pas pouvoir profiter un peu plus de l'endroit. Je me serais volontiers laissé tenter par une incursion vers le sud-ouest ; s'aventurer vers Ross Castle, Lough Leane ou Muckross Lake. Le coin regorge vraisemblablement de routes, de pistes et de sentiers parfaits à découvrir à vélo. Mais c'est ainsi. Il faut reprendre la direction de Cork. Notre ferry nous attend demain. Le but de l'étape du jour est de nous rapprocher au maximum de Cork, afin d'être plus serein et ne pas louper l'embarquement de la Brittany Ferries.

Objectif de la matinée : Shrone Lake

La route principale pour rejoindre Cork est la Nationale 22. La trace préparée en amont tente de l'éviter au maximum, même si parfois nous n'aurons pas d'autre choix. Après 9 kilomètres, nous laissons cette N22 pour bifurquer à gauche sur une petite route. Cette portion nous rallonge un peu mais va nous permettre de profiter encore un peu des paysages semi-montagneux de l'île. Objectif de la matinée : Shrone Lake, un petit lac blotti entre deux massifs.

On goûte à nouveau le dénivelé conséquent de l'Irlande. Dès le treizième kilomètre, la route s'élève, du bitume qui laisse ensuite place à du chemin. Toujours ce même chemin typique du coin, avec ce ruban vert en plein centre. Les grandes villes appliquent de plus en plus ce type de ligne peinte au sol pour guider les touristes. L'Irlande n'en a pas besoin. La nature, un peu aidée par la main de l'Homme, s'en est chargée pour elle. Cette bande herbeuse est une invitation à toujours pédaler pour explorer plus loin.

"je me rends compte à ce moment-là que notre voyage touche pratiquement à sa fin"

Nous arrivons sur les rives de Shrone Lake. L'endroit n'est pas grandiose. Il est simplement beau. Il transparaît ici comme une sorte d'intimité, le sentiment que cet endroit n'est connu que des seuls locaux, loin du tumulte des grandes zones touristiques. Nous nous permettons de leur voler quelques bribes d'émerveillement face à ce paysage, que nous prendrons soin de laisser sur place en refermant la porte.

Le chemin continu en s'élevant. Encore une côte âpre et exigeante pour nos physiques, déjà bien éprouvés par trois jours de roulage. De là-haut je me retourne. Le petit lac semble déjà loin. Les montagnes du Killarney Park aussi. En réalité, je me rends compte à ce moment-là que notre voyage touche pratiquement à sa fin. Comme un dernier au revoir, les collines du sud-ouest irlandais se posent face à nous et nous les saluons bien bas.

"De là-haut je me retourne. Le petit lac semble déjà loin"

Encore quelques portions de petites routes, le long des vallons ou à travers de minces forêts. Mais la plupart du temps, nous n'avons pas d'autres choix que d'emprunter la route principale et son lot de chauffeurs routiers et d'automobilistes pressés. Au moment du déjeuner, nous faisons une halte dans un restaurant près du village de Ballyvourney. Pour changer, je vais commander … un fish & chips, pardi !

Nous passons à Macroom pour faire quelques petites courses, puis nous laissons les rues embouteillées par les travaux et la sortie des écoles. Au pied de Carrigadrohid castle, nous traversons la rivière Lee tout en quittant enfin Cork Road pour une route un peu plus calme.

Ce soir-là, nous avons pu reposer nos organismes fatigués dans un hôtel à Ballincollig, dans la banlieue de Cork. L'office de tourisme irlandais nous avait soigné. Le bâtiment moderne affiche un standing quatre étoiles. Un lobby gigantesque, une piscine intérieure, un spa, un sauna, un hammam et des chambres d'hôtel qui ressemblent plus à des appartements. Clairement au-dessus de nos moyens ! On doit avouer qu'on en a profité. Je sais, c'est mal (dommage qu'ils ne servaient pas de fish & chips au restaurant de l'hôtel).

Jour 5 - La tête remplie de magnifiques souvenirs irlandais

Après un dernier petit déjeuner irlandais, nous nous remettons en selle. Nous avons un peu plus d'une matinée pour visiter Cork, deuxième plus grande ville d'Irlande et troisième ville la plus peuplée de l’île après Dublin et Belfast. Cork vient du mot irlandais corcach. Cela signifie "marécage". Une référence à la localisation de la ville sur l'embouchure de la rivière Lee.

Cork la Rebelle

On surnomme Cork, la ville rebelle, depuis sa prise de position après la période de la guerre des Deux-Roses (guerre entre deux maisons royales, Lancastre et York). Cork est une belle ville, dynamique, dotée d'une architecture qui mélange les édifices modernes, les bâtiments anciens (certains datant du moyen-age) et des quartiers de maisons style géorgien.

Le centre-ville se situe en grande partie sur une île formée par la rivière. On se pose dans un Pub sur Oliver Plunkett street, l'une des artères commerçantes. Tim et Amandine en profitent pour faire un peu de shopping. De mon côté, je me pose pour travailler un peu, tout en gardant un œil sur les vélos.

On avale un club sandwich et on se remet en route. Pour nos derniers tours de roues en Irlande, on opte pour le tour touristique. Une voie verte longe Lough Mahon (le bassin formé entre la rivière et son embouchure) et nous permet de traverser la rivière en évitant un pont routier.

Histoire de ne pas nous faire oublier que nous sommes en Irlande, la route s'élève à nouveau. On prend 120 mètres dans la vue, avec des pourcentages dépassant les 10%. Raffeen Village, Shanbally et nous voilà de retour à notre point de départ, Ringaskiddy, où nous attend l'Armorique, un autre bâtiment de la flotte Brittany Ferries. Demain matin, nous serons de retour en France, les jambes un peu fatiguées et la tête remplie de magnifiques souvenirs irlandais.

Vous pouvez cliquer ici pour (re)découvrir la première partie ce trip vélo gravel en Irlande. Si vous avez aimé cette seconde partie du récit, pensez à la partager sur vos réseaux et aussi aller mettre un petit pouce bleu sur la vidéo. Retrouvez les traces de notre itinéraire sur cette collection Komoot.

Et nos vélos équipés SRAM ?

Et les vélos ? Comment ça, les vélos ? Quels vélos ? Je ne vois pas de quels vélos vous voulez parler…?! Oui, bon OK, on aurait bien voulu conserver ces trois machines d'exception ; que SRAM les oublient dans leur inventaire. On n'a pas trouvé de subterfuge adéquat. Il a fallu les rendre.

Inutile de vous dire que les trois montures ont fonctionné au top durant ces 5 jours en Irlande. Certes, soyons transparents, ce reportage est réalisé en partenariat avec SRAM. Mais ce serait mentir que de dire que nous n'avons pas pris un plaisir fou sur ces montures carbones aux cadres bien nés et entièrement équipés par les marques du groupe SRAM (ici, SRAM, Zipp et Rockshox).

SRAM eTap AXS

Je dois avouer que j'avais un peu d'appréhension quant à emmener en voyage des vélos en transmission électronique. Néanmoins, le changement de vitesses eTap AXS est un vrai régal à utiliser, et aucun pépin mécanique à signaler. Concernant l'autonomie, par acquit de conscience, les batteries ont été rechargées à mi-parcours, mais nous aurions pratiquement pu nous en passer.

Et pour parler des périphériques, la dynamique des roues Zipp est bluffante ; confortable dans les chemins cassants et rigide à souhait sur l'asphalte. Le profil des pneus gravel Zipp G40 XPLR était idéal dans ce genre de trip vélo ; une belle accroche sur les sentiers et un ballon procurant du roulant sur la route. En 40 mm et avec la bonne pression, ils ont aussi apporté beaucoup de confort, avec nos vélos chargés, light, mais chargés tout de même.

Et l'Irlande alors ?

Weelz! remercie l'office du tourisme d'Irlande qui nous a soutenu dans la concrétisation de ce reportage. Notre voisin européen a de nombreuses choses à offrir aux touristes français sur son territoire, qu'ils soient cyclistes ou non. Le vélo est toutefois pour eux un axe majeur de développement.

"l'Irlande a tant à proposer aux cyclistes de passage"

Il faut reconnaître que l'Irlande a tant à proposer aux cyclistes de passage. Nous n'avons eu ici finalement qu'un minuscule aperçu, dans la région sud-ouest. Mais sur seulement deux comtés parcourus (Cork et Kerry), nous en avons pris plein la vue, avec une mention particulière pour les montagnes autour de Killarney.

Nul doute que le reste du pays sera à la hauteur de vos attentes de cyclo-voyageurs, au nord comme au sud. D'ailleurs, l'office du tourisme Fáilte Ireland ("Bienvenue en Irlande") est une agence commune à l'île d'Irlande, réunissant à la fois la République d'Irlande et l'Irlande du Nord. Après tout, le vélo, c'est une pratique au-delà des frontières et des divergences historico-politico-culturelles.

Brittany Ferries, des ferrys français pour se rendre en Irlande

Un dernier merci à la compagnie Brittany Ferries. La traversée Roscoff - Cork prend environ 12 heures, en incluant une nuit à bord (vous perdez donc moins de temps). Loin des paquebots villes flottantes, les navires de la compagnie française offrent toutefois tout ce qu'il faut pour être à l'aise à bord. Le personnel est accueillant et aux petits soins avec ses passagers. Intéressant de discuter avec eux et constater une réelle passion dans leur travail. Saviez-vous qu'ils travaillent en rotation de 7 jours ? 7 jours en mer continus puis 7 jours de congés, et ainsi de suite.

Vous pouvez opter pour une cabine couchette, standing avec balcon (commodores), standard avec ou sans hublot, ou bien réserver simplement un siège spécifique (en salon ou Clubs). Évidemment, pas de supplément si vous voyagez uniquement avec votre vélo. Pour connaître les tarifs ou même directement réserver vos prochaines vacances à vélo, filez ici.

Un énorme merci à SRAM pour leur confiance dans la réalisation de ce reportage en itinérance. Merci également à l'office de tourisme d'Irlande pour leur soutien. Remerciements également à Brittany Ferries pour leur accueil, à Vaude pour la partie habillement et enfin Giro, Sportful et Brooks pour le reste de l'équipement.

© Crédits photos : Xavier CADEAU, Tim BSN - Tous droits réservés.

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