In Out 2019 Rennes, le challenge d'une mobilité inclusive et durable

In Out 2019 Rennes, le challenge d’une mobilité inclusive et durable

"Explorateur des nouvelles mobilités", c'est ainsi que se définit l'événement qui a lieu cette semaine dans l'enceinte du magnifique couvent des Jacobins de Rennes.

A l'instar du festival parisien Autonomy, les organisateurs du In Out Rennes seconde édition, jouent la carte d'une approche différente : deux jours en IN, avec un public uniquement constitué de professionnels, et deux jours OUT, avec un grand village de la mobilité, afin de faire tester au grand public ces nouvelles solutions de transport, individuelles ou collectives.


Les deux premiers jours sont donc consacrés à réfléchir et tenter de trouver des solutions au gigantesque défi que représente la mobilité aujourd'hui. Des conférences, des ateliers, des tables rondes auxquels sont conviés des experts en urbanisme, en transport, en économie, en sociologie, des décideurs et opérateurs privés ou publics.

Les enjeux sont colossaux

Les enjeux sont colossaux. Et l'on se rend compte avec ce type d'événements, regroupant un panel d'experts sur ces sujets, que leurs issues sont multiples.

"Concernant la mobilité pour tous, il n'y a pas une solution, mais des solutions"

Car, encore une fois, concernant la mobilité pour tous, il n'y a pas une solution, mais des solutions. L'idéal étant que ces solutions puissent s'interconnecter : je passe du vélo au train, du covoiturage à l'avion, de l'autostop à la trottinette…

La course au tout-technologique semble enfin faire face à un autre facteur, plus prosaïque celui-ci, l'humain. J'ai été agréablement surpris d'entendre que, dans le discours de nombreux intervenants, la question de l'usage prévalait sur l'innovation.

En d'autres termes, avant de déployer sur le marché une solution ultra-innovante, ultra high-tech et ultra waou, doit fondamentalement se poser la question : ce service répond-il à une véritable demande, ou, sinon, va t-il la créer. L'humain, et donc l'usager, doit être au coeur de la préoccupation des opérateurs, qu'ils soient publics ou privés.

Une mobilité socialement juste

L'autre enjeu, c'est l'inclusivité. Bruno Marzloff, du cabinet d'étude Chronos, le rappelait lors de la plénière d'introduction, le mouvement des gilets jaunes - et l'une de leur principale revendication, à savoir le tarif des carburants - est symptomatique d'une politique de mobilité qui a depuis toujours laissé proliférer la voiture particulière au détriment de modes de transports alternatifs.

"Des alternatives accessibles à tous, multi-générationnelles et socialement juste"

"Urgence climatique et urgence sociale sont indissociables : il faut agir vite, juste et les villes sont les solutions" a rappelé la maire de Rennes Nathalie Appéré. Les villes en effet, et les agglomérations plus globalement, doivent proposer de véritables alternatives. Des alternatives dont le rôle est d'être accessibles à tous, multi-générationnelles et socialement juste.

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Le couvent des Jacobins, Rennes

"La mobilité doit être pensée en terme de bassin de vie et non uniquement à l'échelle de la ville"

Et justement à ce propos, la principale difficulté est d'éviter un raisonnement en silo. La communication inter-services mais aussi inter-acteurs (privés ou publics) est primordiale, au risque de reproduire les mêmes erreurs d'une politique des transports qui rappellerait de sombres heures Pompidousiennes (aka étalement urbain). La mobilité doit être pensée en terme de bassin de vie et non uniquement à l'échelle de la ville.

Impact sur la collectivité

Comme l'indiquait Jean-Jacques Bernard, l'adjoint rennais au transport, l'heure n'est plus à la guerre entre les pros et les antis voiture. Ce discours est dépassé.

Il faut développer des modes de transports qui puissent satisfaire la plus grande majorité de la population, tout en s'assurant que chacun de ces modes n'aient pas un trop grand impact sur la collectivité tout entière.

C'est le cas aujourd'hui de la voiture individuelle, dont on ne connaît que trop bien désormais les principaux torts : pollution atmosphérique, visuelle et sonore, sédentarité, autosolisme, emprise sur l'espace public...

Offrir à l'usager le choix d'une mobilité durable et responsable, lui offrir un trajet confortable, rapide, économique - une chose possible autant à bord d'un tram, d'une voiture partagée que sur un vélo (si les infrastructures suivent) -  tout en s'assurant qu'il ne se détourne pas vers un autre moyen de transport individuel (et individualiste), dont l'impact serait trop important sur le collectif, tel est le challenge auquel vont faire face toutes les villes du monde.

Des échanges très intéressants lors des tables rondes

Le salon In Out rennais n'apporte pas de réponses toutes faites, mais met en avant un panel de solutions très exhaustif, que toutes les municipalités - petites, moyennes ou grandes - feraient bien d'étudier dès maintenant. Le temps presse ... Time is run-IN-OUT...

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