Quel masque anti-pollution vélo choisir ?

Quel masque anti-pollution vélo choisir ?

Dans l'article précédent, on vous a tout expliqué sur la pollution. Sa baisse durant la période de confinement, mais également ses différentes origines et les différentes matières (poussières, gaz, bactéries…) dont elle est constituée. Nous avons fait un rappel également sur les différentes normes et classes des masques censés vous en protéger.

Il existe ainsi sur le marché des masques pour éviter l'inhalation de toute pollution externe. Certains fabricants en ont développé spécifiquement pour une utilisation extérieure en déplacement, en particulier pour les cyclistes. On fait le tour avec vous des masques anti-pollution vélo


Respro

C'est l'une des plus ancienne marque sur ce segment du masque anti-pollution vélo. Nous testions déjà leur masque au tout début de Weelz.fr en 2008 (oui, la pollution n'a pas attendu le coronavirus). Les masques Respro sont réalisés en matière néoprène.

Deux modèles dans la gamme, le Respro City et le Respro Sport. Le premier intègre un filtre à charbon, efficace contre les polluants classiques des villes (norme FFP1 pour les particules PM10). Le second intègre deux valves clapets permettant une meilleure respirabilité et une évacuation de la chaleur et du CO₂ produit par la respiration.

HAD Smog

Le parti pris est différent avec la marque HAD Originals. A l'instar d'un masque, ils sont reparti d'un tour de cou classique (le "Buff" mais c'est comme Frigidaire, c'est une marque déposée) tout en y intégrant une zone filtrante au niveau du visage.

Le HAD Smog est l'équivalent d'un masque norme FFP1. Il filtre environ 70% des poussières, particules (PM10) et pollens. Avantage, le filtre, au charbon actif, est lavable en machine. C'est d'ailleurs de cette façon qu'il se régénère et conserve son efficacité.

Vogmask

Les masques Vogmask répondent aux normes CE et N99, ils sont certifiés FFP1. Comme le HAD Smog, le filtre est réalisé à partir de charbon actif, qui filtre naturellement les particules fines présentes dans l'air.

Pour améliorer le confort du cycliste pendant le pédalage, ils sont dotés de valves (mono ou double selon le modèle), pour une meilleure respirabilité et éviter la condensation.

R-Pur

La marque française R-Pur a une approche différente et plus high tech. Leur masque est paré pour lutter contre la pollution urbaine avec, d'après eux, "une filtration 10x plus efficace que la plus haute norme européenne FFP3".

Le masque embarque un filtre performant multi-couches, avec côté visage un joint à mémoire de forme et au bout une valve pour évacuer l'air chaud. Le masque R-Pur Nano, est, comme son nom l'indique, capable de filtrer les nanoparticules jusqu'aux PM 0.05. C'est le plus haut-de-gamme et aussi le plus cher (149€).

Wair

Autre style avec la jeune marque française Wair, que nous vous présentions déjà en 2016. Basée à Lyon, la start-up a choisi d'intégrer le masque anti-pollution à l'intérieur d'un foulard. Lorsque vous ne l'avez pas sur le visage, le Wair ressemble à un cheich classique. Il est également décliné en tour de cou et en masque cover classique.

Le Wair se fixe au visage à l'aide de sangles passées derrière la tête. A l'intérieur du masque, c'est un filtre aux normes EN149 et FFP2. Il se glisse à l'intérieur d'une poche dissimulée dans le foulard. Il est à remplacer régulièrement.

Cycl

Le masque Cycl Faceguard reprend le même concept que le HAD Smog. C'est un tour de cou classique, mais doté d'un filtre interne et d'un clip pour se maintenir sur le nez.

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Le filtre ne se remplace pas, il est lavable. Sa composition est un mélange de membrane de coton et de nanofibres, qui, selon le fabricant, filtre 99,9% des PM 2.5.

Et un masque chirurgical ?

Depuis le 11 mai, on a pu voir pas mal de cyclistes se déplacer avec un masque à usage unique de type chirurgical. Encore une fois, ce type de masque, au même titre que les masques DIY, empêche les projections de gouttelettes de l'utilisateur, mais est incapable de filtrer correctement la matière particulaire liée à la pollution urbaine (pas de normes FFP).

QUID de la gêne respiratoire?

Sans parler de sport, mais la pratique d'une activité physique que représente le déplacement à vélo va entraîner chez l'individu un besoin d'oxygène, réaction normale de votre corps pour aller nourrir vos muscles.

Or, pour faire entrer de l'oxygène dans vos poumons, il n'y pas 36 façons, c'est soit par le nez, soit par la bouche. Or ces deux orifices vont être en partie obstrués par le masque anti-pollution, ce qui peut provoquer une gêne respiratoire. Plus la norme du masque est haute (FFP1, FFP2…) moins le masque laissera passer l'air. Attention donc à l'hyperventilation - ce moment où votre corps vous dit "t'es gentil coco, mais moi j'ai besoin de plus d'air".

Sur ce point, les utilisateurs de vélo à assistance électrique seront moins gênés, puisque le moteur va gommer en partie l'effort et donc ce besoin d’oxygénation. A noter que certains masques sont dotés de valves pour aider à l'évacuation de l'air chaud et éviter la condensation (avis aux porteurs de lunettes).

Rappelez vous qu'à vélo, vous êtes le plus rapide en ville, et que, par conséquent, vous vous extirperez très rapidement des bouchons (quels bouchons?). Cela signifie une exposition bien moindre à la pollution atmosphérique par rapport à l'automobiliste coincé dans le dit bouchon.

Dernier point : Les masques vélo de type tour de cou sont intéressants et pratiques l'hiver, car ils vous protègent du froid. Ils tiennent en revanche vite chaud l'été.

Faut-il porter un masque anti-pollution à vélo?

La question qui fâche… On va botter en touche et vous renvoyer vers les recommandations de l'ANSES, l'Agence nationale de sécurité sanitaire qui … ne recommande pas de porter un masque anti-pollution.

En réalité, si elle déconseille le port de ce type de dispositif, ce n'est pas tant parce qu'elle les juge inefficace, mais parce qu'elle manque de données : "L’expertise conclut à l’insuffisance de données disponibles, notamment en conditions réelles d'utilisation, pour attester d’un bénéfice sanitaire".

Quand on y regarde bien, le masque antipollution, c'est un peu comme le port du casque à vélo. On peut reconnaître que celui-ci protège le cycliste, mais que le mieux est encore de supprimer le danger à la racine. Sur ce point l'ANSES insiste sur "l’importance d’agir en priorité à la source, en limitant les émissions polluantes pour réduire les impacts sanitaires". Tout est dit... (et force est d'avouer qu'il est plus facile de lutter contre la pollution que contre un virus).

Crédits photos : Wair (couverture), Respro, HAD Originals, Vogmask, R-Pur, Cycl.

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