Prime à l’achat d’un vélo électrique : une fausse bonne idée ?

24 août 2017

Un titre, non pas en guise d'affirmation, mais plutôt de réflexion. Pas de doute, le secteur du vélo à assistance électrique est en plein boom depuis quelques années. Il dope les ventes de tous les acteurs de ce marché, fabricants, distributeurs et détaillants. À tel point, que certaines boutiques ce sont même totalement focalisées sur ces modèles à moteur.

Ne remettons pas en cause tous les avantages que peut apporter un vélo électrique. Ce marché, qui s'est tout d'abord orienté vers les seniors, s'est peu à peu démocratisé pour atteindre finalement toutes les strates de la population.

Du cadre pressé à la ménagère de moins de 50 ans (ou plus) en passant par les tout les professionnels souhaitant une mobilité plus vertueuse. Ces VAE sont aussi l'occasion pour beaucoup de pouvoir reprendre une activité physique de manière plus progressive.

Au jour d'aujourd'hui, si vous souhaitez acquérir un VAE, l'Etat vous propose une prime à l'achat. Le montant de l’aide est fixé à 20 % du coût d’acquisition, et est plafonné à 200€ (en moyenne, un VAE correct tourne aux alentours des 1500€). La prime de l'Etat n'est pas cumulable avec les éventuelles primes VAE des collectivités locales.

Cette prime, valable pour le moment jusqu'au 31 janvier 2018, a permis, si elles en avait besoin, de redonner un coup de boost supplémentaire aux ventes des magasins.

Mais venons en au fait. La question est : Pourquoi favoriser l'achat de ces vélos à assistance électrique, et ne pas encourager, par la même occasion, l'achat de vélos classiques ?

Le coût d'achat d'un vélo électrique se situe aux alentours des 1500 € (moins pour des modèles de supermarché, mais on vous le déconseille). Cela a donc un certain coût, et l'Etat, rappelons-le, n'en finance à peine plus de 10% (les 20% ne sont jamais atteints puisque le montant de la subvention est plafonnée).

Un vélo classique, dit "musculaire", c'est-à-dire sans assistance aucune et qui carbure à l'huile de genoux, débute aux alentours des 300€ (idem, vous pouvez en trouver en deçà, mais pour du quotidien c'est déconseillé). Si l'Etat accordait donc la même subvention à ces modèles, sa part couvrirait plus de 80% du prix du vélo. 

À lire  5 idées préconçues sur le vélo à assistance électrique

"sur des distances aussi courtes, peu de personnes ont besoin d'une assistance électrique" Lorsque nous avions décortiqué les dernières statistiques fournies par l'INSEE sur les habitudes de déplacement des français, l'on avait constaté des chiffres effarants : 58% des trajets domicile-travail de moins d'1km se font en voiture ! Et jusqu'à 4km, le pourcentage d'utilisation de la voiture stagne toujours au dessus des 60%.

À la question de savoir qui, dans ces pourcentages, est dans l'absolue nécessité de se déplacer en voiture sur des distances aussi courtes ? Probablement qu'une infime partie. On peut donc en déduire qu'une très grande majorité pourrait réaliser ces distances à vélo, et là, très sincèrement, peu de personnes ont besoin d'une assistance électrique.

Nous aurions ici un message clair de la volonté de l'Etat à encourager à la fois l'activité physique et le déplacement à vélo, tout en continuant de doper considérablement les ventes des détaillants cycles, et en permettant, par la même occasion, à des personnes à revenu faible, de se déplacer.

Pensez-vous que l'Etat devrait aussi offrir une prime pour l’achat d'un vélo classique ?

Note 1 : Parmi les collectivités locales qui proposent elles-aussi des subventions pour l'achat d'un vélo, seule la métropole de Lille à notre connaissance propose une prime pour les deux types de vélo (classique ou à assistance électrique). Si vous en connaissez d'autres, n'hésitez-pas à nous en faire part.

Note 2 : Je ne parle pas ici du marché de l'occasion, qui est bien entendu un vecteur intéressant pour acquérir un vélo à bas coût. Mais l'idée d'une prime de la part de l'Etat est aussi d'encourager l'économie des entreprises.

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  • Nicolas L

    même si il y a des inconvénients, je pense que cette mesure est une bonne chose pour faire progresser la part des déplacements en vélo et ainsi faire entrer dans la tête des gens que le vélo, c'est pas uniquement "le tour de france" et les "moules couilles"
    :-)

  • Les "moules couilles", j'adore :P
    Oui en effet tu as raison. Plus il y a de vélo dans les rues, mieux c'est (VAE ou non). C'est juste une réflexion de ma part car je pense qu'il ne faut pas oublier que le vélo classique est aussi le plus écologique.

  • seramik

    et pis, consommer du VAE, c'est justifier le nucléaire.....
    lobbistes de tous bord, en avant !

  • Francke Faucoeur

    et rouler en voiture c est entretenir les lobbies du petrole!

  • Francke Faucoeur

    la ville de grande synthe propose une aide pour l achat de vélo"classique"

  • Winfried

    +1. Il semble bien que les gens qui achètent un VAE pour se déplacer sont plutôt des automobilistes : en terme d'accidents, pollution, bruit et occupation de l'espace, c'est un sacré progrès.

    Vu le coût et les contraintes à l'usage, il est juste dommage que dans la tête des gens, "vélo du quotidien = forcément VAE", sans même avoir essayé de se déplacer avec un bon vélo classique. Quand on voit les distances et le faible dénivelé de beaucoup de métropoles, c'est dommage. En plus, où sont fabriqués ces vélos, pièces + assemblage? Combien d'emplois en France?

  • Rolls

    On voit des VEA en vente partout, même chez les vendeur de "pièces" autos genre Feuvert. Bientôt chez les buralistes? la prime à l’achat va sauver ce secteur en déclin?

  • Nicolas L

    Honnêtement, la recharge d'un VAE ne consomme presque rien !
    Ce qui peut poser problème je le reconnais, c'est le lithium des batteries qui est un matériau rare dont l'extraction consomme beaucoup de ressources ..
    Et je ne sais pas si le recyclable du lithium a progressé ?

  • Srill

    Je trouve toujours ce genre d'anathème primaire assez sidérant...
    Le maximalisme ne mène en général a rien de concret... Je me demande d'ailleurs comment - sans hypocrisie crasse - on peut réussir à produire ce genre de commentaire sur internet... L'ordinateur et les serveurs, ils tournent à quoi?

  • alioch41-4

    Étonnant raisonnement. Le VAE connait des aides locales depuis longtemps parce qu'il est coûteux et parce qu'il est le seul à même de donner envie de refaire du vélo pour tout une fraction de la population allergique au sport et à la sueur. Bien sûr le vélo classique est bien plus accessible. D'une part beaucoup ont déjà un vieux vélo qui traîne et n'attend qu'une réparation généralement inférieure à 100€ et bien moins si on a un bricoleur dans son entourage. Ensuite, il y a les occasions, pour 100-150€ on peu trouver des vélos de qualité, moins en vide-grenier mais il faut s'y connaitre un minimum. Enfin, il y a le neuf si on a 250-300€ à dépenser au minimum effectivement.
    Pour moi, s'il doit y avoir une aide sur le vélo (sur le neuf), elle serait juste incitative, soit 20% du montant mais avec un plafond élevé (pour les français) et proche de ce que mettent des Allemands et Hollandais, soit 500€. Bref une aide proportionnellement meilleure, mais aussi haute en valeur car une aide est un effet levier, pas un effet d'aubaine pour ne rien payer. On peut ensuite ajouter un un deux seuil de revenus pour panacher le niveau d'aide, mais on rentre déjà dans la complexité administrative à éviter.
    Quant à l'aide sur les VAE, elle devrait vite disparaitre, car contrairement aux aides publiques en général (les poêles à bois, les panneaux solaires, le véhicules hybrides ... et la prime de 0.25 € du km aux vélos-taffeurs d'ailleurs !) c'est lorsque le marché est une niche et doit développer son potentiel que l'aide est installée ...puis elle s'arrête. Ici, elle me semble juste accompagner le mouvement déjà très bien parti, et ce sont donc des fonds mal utilisés et sur de trop gros volumes de vente. Je dirais que cette aide aurait dû être plus importante dans les années 2005-2010 (25 à 30%), puis baisser graduellement et s'arrêter vers 2015-2016. Dans ce contexte le marché aurait logiquement progressé un peu plus vite qu'aujourd'hui.