Port du masque obligatoire à vélo, une mesure arbitraire et contre-productive

Port du masque obligatoire à vélo, une mesure arbitraire et contre-productive

Le vélo est déjà un geste barrière

On se croirait revenu quelques mois en arrière, quand la communication du Gouvernement pataugeait totalement sur l'usage du vélo. Entre fausses informations et vrais articles de Loi, il fut difficile de démêler le vrai du faux (mais nous l'avions fait pour vous). C'est reparti pour un tour avec le port du masque de protection ?

Depuis le déconfinement, l'usage de ce masque de protection est devenu obligatoire dans tout les lieux publics clos. Toutefois, jusqu'alors, nous avons échappé à la mesure dans les espaces publics à l'air libre. Malheureusement, une recrudescence des infections Covid-19 a fait changer d'avis les autorités, qui autorisent maintenant les préfectures à imposer le port de ce masque partout, y compris en extérieur. Plus d'une centaine de communes en France ont pris des décisions en ce sens.


Masque et vélo, un duo compliqué

Sans même parler d’activité sportive, l'usage du masque durant un déplacement à vélo - qui n'est pas du sport, mais juste une activité physique - s'avère très compliqué. L'usage du vélo demande une ventilation en oxygène, plus ou moins importante selon les individus. Si l'on obstrue les principales entrées d'air (nez et bouche), on rend très difficile la pratique du vélo.

Pourtant, ce vélo favorise, comme nous le disions déjà durant le confinement, la distanciation sociale. Le risque est moindre de contracter un virus lors d'un déplacement à vélo que lors d'une marche à pied, puisque, comme le rappelle d'ailleurs la préfecture de police de Paris (cf plus bas), le cycliste n'est pas stationnaire. Il se rend d'un point A à un point B. Le risque est donc clairement diminué.

A Paris, une dérogation pour les cyclistes

La préfecture de Police de Paris a souhaité tout d'abord imposer le port du masque pour tous les habitants, sans aucunes distinctions des modes de transport : "pour les personnes de 11 ans et plus et dans les zones où le respect de la distanciation est rendu difficile par la forte fréquentation".

Mais celle-ci a finalement rétropédalé pour ensuite indiquer que seuls les piétons étaient concernés, et que les automobilistes (y compris en décapotable), les cyclistes et autre modes actifs (trottinettes, gyroroues...) en étaient exempts : "étant de passage, ils ne font pas courir de risque de contact dans les voies dans lesquelles ils circulent".

La carte publiée par la préfecture parisienne n'est pas des plus facile à lire et à respecter. Pour un trajet vélo de Pantin à Auteuil, il vous faudrait mettre et retirer votre masque cinq fois...

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Ailleurs, les voix s’élèvent

A Nantes, l'association Place au Vélo s'oppose fermement à la décision de la ville d'imposer le port du masque à tous les habitants, sans distinction.

Le préfet de Seine-Maritime a rendu obligatoire le port du masque dans certaines zones, notamment dans la ville de Rouen. Certains élus ont adressé un communiqué pour dénoncer une décision "autoritaire, injuste, inefficace et contre-productive".

Du coté de Rennes, la préfète de la région Bretagne a délivré un arrêté imposant le port du masque dans tout le centre-ville, sans faire aucun distinguo entre les modes de déplacement. Idem dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais où la préfecture a été claire : elle ne fera pas de distinction entre piétons, cyclistes ou usagers de trottinettes. En cas de non port du masque dans les zones soumises à obligation, vous vous exposez à une amende de 135€.

Chez nos voisins belges, la ville de Bruxelles a pris des mesures intelligentes : les cyclistes et toutes les personnes faisant du sport sont exemptés du port du masque, à condition que la distance sociale soit possible.

Le vélo est un geste barrière

"Selon l'OMS, il ne faut pas porter de masque pendant une activité physique"

Sur son site web, l'Organisation Mondiale de la Santé est on ne peut plus claire : "Il ne faut PAS porter de masque quand on fait de l’exercice. La transpiration peut entraîner une humidification plus rapide du masque, rendant la respiration plus difficile et favorisant la croissance des micro-organismes."

L'usage du masque de protection durant un déplacement à vélo ou même un simple footing serait donc contre-productif, puisqu'au-delà d’empêcher une ventilation correcte des poumons, il provoque, voire accélère, la formation de micro-organismes à l'intérieur même du masque.

Le vélo est en soit un geste barrière, comme le rappelait récemment la campagne de Vélo & Territoires, en association avec l'Ademe et la FUB. A l'heure où tous les indicateurs sont au vert pour la mobilité vélo, et que son usage ne cesse d'augmenter dans nos villes, il serait dommage de freiner cet engouement par une mesure sanitaire qui apparaît comme plus dommageable qu'utile.

Cet article n'a pas pour vocation de dénigrer le port du masque, qui reste un geste barrière important pour éviter la propagation du virus Covid 19. Notre propos est simplement de dire qu'il est difficilement compatible avec l'usage vélo. Le vélo permettant déjà de favoriser la distance avec les autres. A pied, mettez votre masque dès lors que c'est obligatoire et/ou que vous êtes dans un lieu très fréquenté.

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