Plan vélo 2023 : 250 Millions d'Euros pour le vélo du quotidien

Plan vélo 2023 : 250 Millions d’Euros pour le vélo du quotidien

Le Gouvernement d’Élisabeth Borne annonce une enveloppe de 250 Millions d'Euros pour le Plan vélo national 2023. Ce nouveau budget alloué au vélo devrait servir à soutenir les collectivités afin qu'elles créent des infrastructures cyclables cohérentes (on l'espère). Une partie servira également à la résoudre la problématique du stationnement vélo. On vous détaille tout cela.

Quatre ans de plan vélo...

Dans la cour de Matignon, cinq ministères représentés pour un plan vélo, du jamais vu...

Cette année, nous "fêterons" les quatre ans d'un grand plan vélo national, inauguré cul sur la selle par un Édouard Philippe sans barbe Blanche et un Christophe Béchu alors maire d'Angers. Aujourd'hui, c'est en tant que Ministre de la Transition Écologique que Monsieur Béchu était au coté de la Première Ministre Élisabeth Borne.


Mais il n'était pas tout seul. Cinq ministères était représentés, avec Sarah El Haïry (secrétaire d’État à la Jeunesse), Clément Beaune (délégué aux Transports), Amélie Oudéa-Castéra (Ministre des Sports et des JO) et Roland Lescure (ministre délégué à l’Industrie). Ils étaient aussi entourés entre autre de Olivier Schneider, président de la FUB, Chrystelle Beurrier, présidente de Vélo et Territoires ou encore de Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France.

On ne sait pas si, comme nous, Élisabeth borne le weekend. Toujours est-il qu’Élisabeth Borne est accrochée à l'idée d'une certaine France cyclable. Elle a eu l'occasion de le prouver plusieurs fois ; notamment lorsqu'elle était Ministre des Transports sous le Gouvernement Philippe. Elle avait alors lancé des assises de la Mobilité puis le projet de loi de la LOM, la Loi d'Orientation des Mobilités.

"En devenant Première ministre, j’ai fixé une ambition : que chaque Français puisse avoir accès à une mobilité propre pour ses déplacements. Le vélo jouera un rôle central dans cet objectif" indique-t-elle dans le communiqué de presse. Comme nous le disions dans notre précédent article, le vélo a en effet avancé. Pas tant grâce à ce plan vélo initié il y a quatre ans, mais plutôt à cause des grèves successives dans les transports, l'augmentation du prix des carburants et bien sûr la pandémie de Covid-19.

On espère que la barre de leur ministère est maintenue moins fébrilement que le cintre de leur vélo…

On reconnait toutefois qu'il y a eu des avancées que l'on pourrait qualifier de considérables, compte tenu du postulat de départ : une politique cyclable qui faisait du surplace depuis pas mal d'années. De nombreuses infrastructures cyclables ont en effet vu le jour ; 14.000 kilomètres selon le Gouvernement, soit 40% de plus par rapport à 2017. La fréquentation des grands itinéraires cyclables (cyclotourisme) a augmenté de 33% (vs 2019). 160.000 enfants d'école primaire ont été formé au Savoir Rouler à Vélo. Enfin, 4 millions ; c'est le nombre de vélo inscrits sur le nouveau registre national d'immatriculation géré par l'APIC.

Trois grands axes pour ce nouveau Plan vélo 2023

Le contexte actuel - hausse du cout de l’énergie et obligation de sobriété - force le Gouvernement a accélérer sur tous les fronts de ce qui pourrait faire des économies d'énergies aux Français. Ce nouveau plan vélo 2023 s'articule autour de trois axes.

1 - "Faire du vélo et de la marche une alternative attractive à la voiture individuelle"

Pour que les automobilistes laissent enfin leur voiture au garage, Élisabeth Borne souhaite mettre la priorité à l'infrastructure cyclable. Le Fonds Mobilité Active se verra doté de 250 Millions d'Euros. Les collectivités hexagonales (et d'outre-mer) pourront en bénéficier afin de construire de nouveaux axes cyclables. Dans cette enveloppe, 50 millions d'Euros seront dévolus à la question du stationnement vélo.

Sur le même sujet  Strasbourg, le plan vélo qui valait 100 millions

Sans plus de précisions, le Gouvernement entend poursuivre le déploiement du Forfait Mobilité Durable ; toujours pas obligatoire malheureusement. Il souhaite aussi reconduire les aides à l'achat de vélo, sans indiquer de montants ni de conditions. La prime vélo actuelle ne bénéficie qu'à très peu de français aujourd'hui.

2 - "Faire du vélo un levier pour notre économie en accompagnant l’écosystème des acteurs français"

En février 2022, le député Guillaume Gouffier-Cha remettait son rapport sur la filière vélo. Un état des lieux des différents acteurs de ce secteur en plein boom. Le Gouvernement souhaite continuer d'accompagner cette filière industrielle d'avenir, "de l’assemblage au recyclage, en passant par la réparation et les services". Sur les 2,7 millions de vélos vendus en France l'année dernière, seuls 800.000 était assemblés sur le sol hexagonal. L’État veut passer ce chiffre à 1 million, en créant notamment un label "France Vélo" pour mettre en avant la filière.

Le communiqué indique aussi que le Gouvernement veut continuer d'accompagner les projets de développement du tourisme à vélo, "pour faire de la France la première destination mondiale du vélotourisme en 2030".

3 - "Rendre le vélo accessible à toutes et tous, dès le plus jeune âge et tout au long de la vie"

Pour tenter d’insuffler le réflexe vélo, il faut que cette culture naisse très tôt dans les mentalités. Pour cela, le programme "Savoir Rouler à Vélo" veut former une Génération Vélo, dès l'école primaire. De 160.000 enfants éduqués au SRV, le Gouvernement ambitionne de passer à 800.000 élèves prêts à se rendre au collège à vélo. Pour cela, il faudra des infrastructures cyclables dignes de ce nom (CF axe n°1).

Un axe jeunesse qui va de pair avec le volet santé. Avec en ligne de mire, les Jeux Olympiques de Paris 2024, la promotion des mobilités actives, et notamment du vélo, devra faire partie des politiques de santé publique, particulièrement pour lutter contre la perte d'autonomie et la sédentarité. Des JO 2024 qui, espérons-le, permettront de construire de nouvelles voies cyclables "olympiques" pour les franciliens.

Enfin, Élisabeth Borne annonce aussi la création d'un comité interministériel vélo1, qu'elle souhaite réunir tous les 6 mois pour faire le point sur les avancés de ce plan vélo et sur les blocages éventuels. L’objectif est de faire de la France une "Nation Vélo".

A l'heure de l'urgence climatique et des problèmes de pouvoir d'achat, le vélo est, comme nous le rappelions, l'outil de sobriété parfait. Bien que les choses évoluent très lentement et que les budgets alloués soient encore très faibles, cette annonce d'un nouveau plan vélo montre un nouveau changement de braquet du Gouvernement. Reconnaissons également que 250M€ sur un an, c'est déjà bien mieux que les 350M€ sur 7 ans que promettait le premier plan vélo en 2018.

Cette nouvelle allocation budgétaire va très certainement être un accélérateur au niveau des régions, départements, communes. Vivement que tout le mille-feuille administratif s'approprie le sujet. L'intégralité du communiqué de presse est à retrouver juste ici.

Photos : Weelz, Gouvernement, Chrystelle Beurrier (Vélo et Territoires).

1 Si nous comprenons bien, nous passons donc d'un conseiller vélo interministériel -Thierry du Crest- à un comité interministériel. Monsieur du Crest était coordonnateur interministériel pour l'usage du vélo de septembre 2019 à mars 2022. Ses fonctions ont changé en mars 2022 en devenant chef de la mission vélo et marche. Concernant le comité interministériel, qui va le piloter ? Qui va en être ? Quelles missions ? Quels moyens ? Sont quelques questions qui restent posées sur la table.

Retour en haut de page