Plan de relance : L'Etat promet 200M€ pour le vélo (et des milliards pour le reste)

Plan de relance : L’Etat promet 200M€ pour le vélo (et des milliards pour le reste)

Le vélo reste encore une fois le parent pauvre

Hier, le Premier Ministre Jean Castex a dévoilé son plan de relance économique intitulé "France Relance". Dans une France touchée de plein fouet par la crise sanitaire du Covid-19, l'Etat veut donner un rebond à l'économie hexagonale en injectant 100 milliards d'Euros sur deux ans. Dans son discours, Castex promet des "investissements massifs en faveur de la transition écologique".

S'agissant du transport, Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique chargé des Transports, annonce 6 grandes priorités : soutien au secteur ferroviaire, conversion du parc automobile, désenclavement des territoires, priorité portuaire maritime et fluviale, soutien à l'aviation "verte" et enfin accélération des investissements pour les mobilités du quotidien. Au total, 11,5 milliards investis.


Développement de l'usage du vélo

"Dans les zones denses et pour les déplacements de courtes distances, le développement des modes de transports alternatifs à l'automobile apparaît particulièrement important. [...] La crise récente a permis de confirmer tout le potentiel du vélo pour la mobilité du quotidien." peut-on lire dans la fiche détaillée de la mesure.

Le Gouvernement entend développer la pratique vélo par une "accélération des travaux d’aménagement de réseaux cyclables, sécurisés et efficaces". L'Etat s'engage à fournir des aides aux collectivités afin de financer des pistes cyclables mais aussi des solutions de stationnement vélo.

Cette mesure reprend globalement les mêmes objectifs que lors de l'annonce du triplement du budget vélo faites à l'époque par la ministre Elisabeth Borne : pérennisation des pistes transitoires (les fameuses coronapistes), création de nouvelles pistes, suppression des coupures urbaines ou encore aménagements de stationnement vélo autour des pôles multimodaux. En revanche, rien n'a été précisé concernant la continuité de la mesure du chèque réparation vélo. La FUB nous donnera probablement plus d'informations ultérieurement.

Budget vélo, le parent pauvre

Allégorie du budget vélo

De 60 millions d'Euros initialement prévus, l'Etat remonte ainsi le plafond à 200 M€. Cela peut paraître une somme élevée. En réalité, c'est bien peu. Si le Gouvernement reconnait le rôle important du vélo dans la crise, il continue de le traiter en parent pauvre. En regardant ce plan "France Relance" dans le détail, on constate que sur les 11,5 milliards engagés sur le volet transport, près de la moitié est consacrée au secteur ferroviaire, soit 4,7 Md€. C'est une bonne nouvelle pour la regénération des petites lignes (et des trains de nuit) même si l'on sait que la SNCF restera peu encline à encourager l'usage vélo multimodal.

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Sur les 1,2 Md€ promis par l'Etat pour les mobilités du quotidien, le vélo ne récolte "que" 200 M€. 70% du milliard restant va être injecté en aide pour les transports en commun francilien, le reste (330 M€) ira aux transports en commun régionaux.

Concernant l'industrie automobile, elle va bénéficier d'une aide de 2,7 Md€. L'Etat veut notamment aider les ménages pour l'achat de "véhicules propres" c'est-à-dire des voitures électriques. On sait évidemment que ces véhicules ne résolvent qu'une partie du problème (la pollution atmosphérique) mais qu'ils n’allégeront pas la facture de la congestion, de l'emprise sur l'espace publique et encore moins celle de la sédentarité. Une prime au report modal (remplacer l'usage de sa voiture par un vélo) aurait permis d'encourager un autre secteur industriel que celui de la voiture.

Dans sa volonté de désenclaver les territoires, le Gouvernement veut accélérer les mises en travaux des contournements, déviations ou autres mises à 2x2 voies (500M€). Une mesure qui va venir faire grossir encore le flux automobile. S'il souhaite aussi encourager les voies dédiées aux bus ou au covoiturage sur les axes nationaux, aucune mention n'est faites pour soutenir la création de voies express vélo. Cela reste pourtant une solution très efficace, en particulier pour connecter les territoires ruraux aux villes proches. Le vélo n'est pas que l’apanage des grandes villes.

Notez que l'Etat a aussi le souhait de construire "l'avion vert" de demain. Pour cela, il va injecter près de 2 Milliards d'Euros pour l’aide à la recherche-développement et le développement de la filière des biocarburants. On n'est probablement pas près de voir voler au-dessus de nos têtes des avions fonctionnant aux algues vertes. En attendant, le vélo, lui, continue d'avancer...

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