[People] Interview Franck Parolin, son avis sur le vélo urbain

Franck ParolinAprès Estelle Vuillemin, Jean-Christophe Péraud et Rémy Absalon, c'est le pilote VTT Franck Parolin*, champion d'Europe enduro 2008, qui nous livre aujourd'hui son avis sur le développement du vélo en ville...

Weelz : Bonjour Franck ! Présente-toi en quelques mots :


Franck : Bonjour, je m'appelle Franck Parolin, j'ai 28 ans, je vis près de Toulouse et sur deux roues... j'ai à peu près tout pratiqué, du BMX à la DH en passant par la route et le motocross. Je suis aujourd'hui pilote enduro chez Rivierabike, et je roule sur le tout nouveau Mondraker Dune.

Weelz : Tu l'as vu, Weelz prône le déplacement à vélo. Quel regard portes-tu sur le développement du vélo urbain aujourd'hui ?

Franck : Je trouve que c'est vraiment bien de voir de plus en plus de vélos en ville. Sur Toulouse, les vélibs rencontrent un vrai succès. Dans mon entourage, beaucoup de personnes les utilisent et sont plutôt satisfaits de ne plus se faire voler leurs propres vélos. Le plus, évidemment, c'est d'avoir un accès aussi simple au vélo sans encombrer leurs appartements.

Weelz : T'arrive-t'il de te déplacer ainsi ? (a-t'on la chance de croiser Franck Parolin chercher son pain le matin !?)

Franck : Je vis à la campagne... et dans mon petit village de 450 habitants, il n'y a pas de boulangerie... donc c'est raté pour le pain à vélo.
Malheureusement, je suis assez loin de tout, donc je ne me déplace pas en vélo pour aller bosser ou me rendre à un RDV, sinon ça serait un véritable entrainement et je me vois mal arriver en cuissard à la banque...

Weelz : De par ton métier, il t'arrive de voyager. Vois-tu des différences entre la France et les autres pays sur ce point ?

Franck : Quand tu vas en Hollande, tu prends conscience que la France a un sérieux retard. Là bas, le vélo, c'est une religion! Des pistes cyclables partout, des vélos adaptés à la taille des "Grands Hollandais" ( Hollandaises...;-)   ) et adaptés à toute conditions climatique avec des superbes gardes-boue... (ce qui est préférable pour eux... sinon ils ne rouleraient pas souvent !     ;-)    )
Pour être plus sérieux, peut être qu'avec d'aussi bonnes conditions, le vélo urbain français aurait encore plus de succès.
Pour en revenir à Toulouse, une ville que j'ai moi même pratiqué sur mon vélo de route à l'entrainement, il est hyper dangereux de traverser la ville sur les voies de bus ou dans les bouchons en étant confronté aux autres usagers de la route comme les scooters.

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Weelz : Du vélo urbain à l'écologie, il n'y a qu'un pas. L'impact écologique est-il pris en compte par les organisateurs lors des compétitions ?

Franck Parolin, vainqueur de la Bigreen 09Franck : Le vélo, c'est un sport vert à la base. Mais que ce soit une personne qui se déplace en ville à vélo ou un compétiteur dans la montagne... si elle veut jeter ses papiers par terre, on ne pourrait pas l'en empêcher malheureusement.
Concernant le transport des compétiteurs, on utilise quasiment toujours les remontées mécaniques des stations de ski.
Tous les tracés installés sont totalement récupérés après les courses par l'organisateur... qui a bien sûr, pris le temps de nous rappeler les règles de bonne conduite avant le départ.

Weelz : Et dernière question : Rendre le port du casque obligatoire en ville fait beaucoup débat, en sachant que les cyclistes urbains n'y sont pas forcement favorable. ( Ils préfèrent choisir plutôt que d'être obligé. ) Un avis sur ce point ?

Franck : Chacun fait ce qu'il veut de sa santé. Il me semble délicat d'imposer le casque à quelqu'un qui a un rdv important en ville... et qui devrait alors arriver la tête en vrac.
Dans les conditions actuelles, c'est totalement dangereux de rouler en centre ville sans casque. Mais en admettant que nous ayons des aménagements bcp plus adaptés aux nouveaux cyclistes, le port du casque pourrait être facultatif.

* NDLR : À noter que Franck partage sa vie avec une autre pilote enduro, Estelle Vuillemin.

Interview du 13/03/09. Crédits photos : Cyril Charpin

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