Paul Budnitz Bicycles, du vinyl au titane

Paul Budnitz Bicycles, du vinyl au titane

Article publié le mardi 27 décembre 2011 à 06h20 et mis à jour le mercredi 01 octobre 2014 à 10h06.

Ici en France, son nom ne vous dit probablement rien. Mais outre-atlantique, Paul Budnitz est un personnage connu pour son coté hors-normes. Fils d'un physicien nucléaire et d'une assistante sociale, l'homme est, dès son plus jeune âge, un touche-à-tout.

A peine sorti du lycée, il programme un logiciel d'analyse de sécurité pour les centrales nucléaires, puis il développe des jeux vidéo sur Commodore 64. Après avoir suivi des études d'arts et de cinéma, il réalise deux longs-métrages, puis développe ensuite un logiciel d'édition et de montage vidéo. Nous ne sommes qu'en 1995, et Paul Budnitz en est déjà à sa 4ème société !

En 1996, il fonde MOB, une société qui vend des objets et vêtements vintage, des vieux jean Levi's ou encore des Air Jordan que Budnitz arrive à vendre jusqu'à 16 000 $ la paire à des japonais ! Je vous passe l'épisode de la société où il vend des enregistreurs MiniDisc (un business de 7 millions de dollars en 2001 tout de même) pour arriver à KidRobot, époque ou il découvre les fameux Toyz en vinyl venu tout droit d'Asie.

Aujourd'hui, Paul Budnitz travaille avec les plus grands artistes illustrateurs mondiaux et ses fameux toyz sont vendus dans des centaines de magasins à travers le monde.

Mais sur la voie de la réussite, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?! Alors qu'il s'était fabriqué un vélo pour son propre usage en 2006, on le stoppe à plusieurs reprises dans la rue pour savoir où acheter un tel vélo.

Il n'en fallait pas plus à ce serial entrepreneur, amateur de beaux objets, pour que l'idée d'une nouvelle société germe dans sa tête. Et c'est donc en 2011 qu'il fonde Paul Budnitz Bicycles, avec une mini-production de vélos haut de gamme en titane.

Mini-production en effet, car pour le moment le fabricant ne propose que deux modèles, le Number One et le Number Two, non pas de série, mais fabriqué à la demande, presque entièrement à la main et sur mesure pour chaque (riche) cycliste.

Conçu sur la base d'un cadre Cantilever, où le top tube forme un arc gracieux de la douille de direction jusqu'à l'axe arrière, les deux modèles sont donc fabriqué en titane, un matériau qui, selon leur créateur, demeure plus léger que le carbone, plus résistant que l'acier et résiste quasi-indéfiniment à toute corrosion. Les vertus du titane apporte également de la douceur au roulage, car il filtre efficacement les vibrations dues aux imperfections de la route.

Le N°1 est le plus racée des deux, avec ses jantes en 700c et ses pneus Schwalbe Kojak, tandis que le N°2 intègre un panaché de roues en 26 pouces à l'arrière et 29 à l'avant, le tout monté avec des Schwalbe Super Moto en 2.35 de section ! Le reste des composants est sensiblement similaire pour les deux. Le freinage est assuré par des disques mécaniques Avid BB7.

Coté transmission, Budnitz a opté pour une courroie et un choix entre un moyeu Shimano Alfine 11 vitesses ou bien singlespeed. Vous pouvez aussi choisir une transmission à chaine classique et un dérailleur Sram XX 10 vitesses.

Reste que ces deux petits bijoux en titane "handmade in USA" ont un prix, et pas des moindres ... puisqu'il vous faudra débourser 5500 $ pour avoir le plaisir d'assoir votre séant dessus ! Je pourrais vous donner mon avis et vous dire qu'en effet c'est totalement prohibitif (et j'aurais raison), mais j'aime assez le raisonnement de Paul Budnitz sur ce point, et je le laisserais donc conclure cet article :

"Une BMW 528i commence à 55 000 $, une Mini Cooper de base coute environ 31 000 $. Même une Toyota Prius dépasse les 31 000 $. Et cela n'inclut pas les taxes, les assurances, la maintenance, l'essence, les réparations, les tickets de parking, et tous les autres coûts cachés inhérent à la possession d'une voiture.

Nos vélos démarrent à 5500 $. C'est 10 % du prix d'une BMW. Le cadre en titane ne rouillera jamais et nos vélos sont conçus pour ne réclamer presque aucune maintenance. Pas d'assurance, pas de tickets de parking et aucun coûts cachés. Ils sont si agréables à rouler que vous vous surprendrez à les utiliser souvent, et serez donc en meilleure forme, et avec le temps, vous aurez probablement rentabiliser votre investissement en comparaison des économies de frais de santé réalisés.

Par rapport au coût d'une voiture que beaucoup d’entre-nous possédons déjà, nos vélos sont une très bonne affaire..."

EDIT : Paul Budnitz ajoute encore une corde à son arc : il est à l'origine du nouveau réseau social "anti-Facebook" Ello.co.

Crédits photos : Jamie Kripke / Opportunity LOL, Budnitz Bicycles.

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