Paris : Après Rivoli, la bataille du Général Leclerc s’engage

8 décembre 2017

Une autoroute en pleine ville, voilà ce qu'est l'avenue du Général Leclerc à Paris. Après la rue de Rivoli, une autre bataille s'engage. Et au-delà d'un simple clivage vélo VS auto, elle met surtout en lumière deux visions qui se tournent le dos. L'une regarde vers l'avenir et défend le partage de la voirie en prévenant du risque sanitaire, l'autre continue de regarder le passé et aimerait que surtout rien ne change en maintenant l'hégémonie automobile.

Une manière de penser malheureusement symptomatique d'une grande majorité de nos responsables politiques. En l’occurrence, il s'agit de la vision d'un homme : Michel Delpuech. Ce haut-fonctionnaire français est actuellement le préfet de police de Paris. Il défend les idées d'un ancien monde, celui où l'on pouvait circuler en voiture librement dans la capitale.

Gageons qu'il a peut-être développé une certaine phobie du vélo : En place depuis avril 2017, l'ironie de l'histoire veut qu'il ait remplacé en urgence son prédécesseur, Michel Cadot, qui s'était fracturé la hanche lors d'une chute ... à Vélib.

Libérer Leclerc

L'avenue parisienne du Gal Leclerc est un axe stratégique. C'est une porte d'entrée pour tout le sud parisien. Alors que la rue comprend 5 voies de circulation motorisée, le trafic y est constamment surchargé, de la Porte d'Orléans jusqu'à Denfert-Rochereau.

Voilà, ci-dessus, à quoi cela ressemble aujourd'hui. Voici, ci-dessous, le projet de réaménagement de l'avenue. C'est le fruit d'un travail de concertation de deux ans, réalisé conjointement par les associations locales et les riverains (10 ateliers, 3 réunions publiques faisant salle comble).

Le nouveau plan de circulation de cet axe comprend des voies de bus protégées (site propre), une piste cyclable sécurisé bidirectionnelle et plus qu'une seule voie dans les deux sens pour les motorisés particuliers. Cette nouvelle répartition de l'espace, mieux partagée antre les différents modes de transports individuels et collectifs, permettra d'apaiser drastiquement le trafic. Le risque sanitaire est réel.

Mais, ignorant completement l'avis de ses concitoyens, le préfet Michel Delpuech a posé son veto contre ce projet, prétextant que cela allait créer des bouchons aux carrefours principaux ainsi qu'au niveau de la Porte d'Orléans. Le collectif Libérer Leclerc¹ se mobilise pour que le projet initial de réfection de cette partie de la voirie voit le jour. 

"Pour lui (Ndlr: Michel Delpuech), peu importe qu'un projet de réaménagement de l'Avenue du Général Leclerc (XIVème) ait mobilisé riverains, mairie et associations pendant presque 2 ans, pour aboutir à une vision relativement partagée, à laquelle il n'a pas voulu contribuer. Son pouvoir lui permet de valider (ou pas) ce projet. Et pour lui, c'est non."

Mardi dernier, la conférence de presse de la FUB pour l'annonce du baromètre vélo avait lieu, non sans une certaine ironie, à la mairie du 14ème arrondissement, qui prend place sur cet axe. Juste avant de m'y rendre, j'ai pris un café en face de l'église Saint-Pierre de Montrouge pour observer le trafic.

À lire  Tristan Lucas fait le tour de l'actu à vélo

"des piétons obligés de courir pour traverser la rue dans les temps" Un bruit assourdissant, des policiers municipaux qui font ce qu'ils peuvent pour maîtriser le flux de circulation (tout en mettant leur propre vie en danger), des hordes de deux roues motorisés qui, à chaque feu vert, démarre en trombe comme un départ du Bol d'Or, des piétons obligés de courir pour traverser la rue dans les temps et enfin, cette atmosphère irrespirable, saturées de particules fines... dans tous cela, j'ai pu voir tout de même pas mal de cyclistes urbains, qui se démenaient comme ils le pouvaient pour s'extraire de cette aberration urbanistique...

Est-ce bien cela que l'on souhaite pour notre futur ? Doit-on continuer à favoriser un mode de transport dépassé, polluant, bruyant et mangeur d'espace pour un simple prétexte libertaire ? C'est la vision rétrograde et passéiste d'un vieux briscard de la génération Pompidou. Fort heureusement ce n'est pas celle d'une majorité des parisiens qui subissent chaque jour le fruit d'une politique du tout-bagnole vieille de 50 ans.

Vous pouvez signer la pétition lancée par Paris en Selle ici. Sur les réseaux sociaux, suivez l'évolution du projet avec le hashtag #MichelBagnole ou bien sur le compte Twitter dédié.

¹ Le collectif Libérer Leclerc est composé de membres des associations DRAPO (commerçants et habitants de l’axe Denfert-Rochereau, Alesia, porte d’Orléans), Paris en selle ou Mieux de déplacer à bicyclette en Ile-de-France, et d’habitants du XIVe.

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