Depuis 15 ans, World Bicycle Relief mobilise les communautés autour du vélo

Depuis 15 ans, World Bicycle Relief mobilise les communautés autour du vélo

La mobilité vélo transforme les vies

"Le vélo, le moyen à la fois le plus économique et le plus efficace de redonner de l'espoir". J'écrivais cette phrase en 2010, dans un article à propos de diverses organisations caritatives œuvrant à mettre plus de vélo dans la vie des plus démunis. Parmi elles, le World Bicycle Relief, une ONG née en 2005, juste après le terrible tsunami en Thaïlande, et qui fête ses 15 ans cette année.

La première idée de Frederic K.W. Day, son fondateur, était de pouvoir envoyer des vélos usagés dans les pays en voie de développement. Seulement, il s'est rapidement rendu compte d'une chose : que les montures n'allaient pas être de taille à affronter les pistes défoncées et poussiéreuses comme celles de l'Afrique subsaharienne.


Pourtant, dans des zones reculées où l'école est à plusieurs heures de marche, les enfants n'ont guère le choix : marcher ou bien accepter de se faire héberger par des familles peu scrupuleuses, demandant en échange travaux pénibles voire faveurs sexuelles. Le vélo n'apparait alors pas comme un simple outil de mobilité, mais comme une véritable arme de délivrance. Accéder à l'éducation donc, mais aussi transporter sa récolte jusqu'au marché pour la vendre, visiter des personnes dans des villages isolés... autant d'actions qui deviennent possibles grâce au vélo.

Mobiliser les individus à travers le pouvoir de la bicyclette

"Mobilizing people through the Power of Bicycles", telle est la devise du WBR, qui, en février 2020 comptabilisait pas moins de 500 000 vélos distribués dans plus d'une vingtaine de pays. Elle revendique également 2300 mécaniciens vélo formés directement sur place. Car c'est la voie qu'ont suivi Frederic et sa femme Leah Missbach Day. Plutôt que d'envoyer des vélos conçus pour un usage "occidental" dont la durabilité demeurait incertaine et les pièces de rechange difficilement trouvables sur place, WBR prend une trajectoire différente : fabriquer un vélo spécifique, simple, robuste et durable, aussi fort et résistant qu'un buffle.

Sur le même sujet  Vélo, je ne te hais point

Buffalo (bicycle) Soldier

Ainsi est né le Buffalo Bicycle, que nous vous présentions déjà dans cet article de 2014. Pas de mécanique ou de composants complexes. Le vélo a été pensé pour résister à un usage intense, transporter des charges mais également simplifier sa maintenance et faciliter sa réparation. Une approche à long terme pour s'assurer que la fourniture de ce vélo permettra une véritable autonomie à son propriétaire, et ce dans la durée.

Il faut dire qu'il était assez facile d'envisager de construire un nouveau vélo en partant de rien pour quelqu'un comme Frederic K.W. Day, lui qui fut durant longtemps le président du groupe SRAM, l'équipementier vélo américain d'envergure internationale. Sa volonté, son envie et bien sûr son réseau ont fait le reste. Le siège du World Bicycle Relief se situe d'ailleurs aussi à Chicago, comme les bureaux de SRAM.

La mission du WBR revêt plusieurs aspects, à la fois humanitaires, économiques et sociaux. Ainsi, la volonté est d'assembler le vélo au plus proche des communautés qui en ont besoin. Des ateliers existent dans plusieurs pays africains, dont un en Zambie, créant ainsi une cinquantaine d'emploi. A lire, cet excellent reportage de nos collègues de Vojo Mag. L'ONG finance également l'ouverture d'ateliers locaux et la formation des mécaniciens vélo, qui seront capables d'assurer la maintenance et la réparation de ces vélos.

Le coût du vélo Buffalo est de 134€, et vous pouvez vous-même financer l'achat d'un ou plusieurs vélos en donnant à cette fondation. Si les vélos font l'objet de dons auprès des écoliers ou des travailleurs précaires, ils sont également vendu de manière traditionnelle. D'ailleurs, la filiale Buffalo Bicycles est indépendante financièrement grâce à la vente des vélos.

➡️ WorldBicycleRelief.org

Retour en haut de page