Obligation du port du casque à vélo, le gouvernement remet le couvert

23 septembre 2015

152409516_0b45bcc4b7_bC'est le Club des Villes Cyclables, qui, dans un communiqué publié cette semaine, nous apprend que le gouvernement envisage à nouveau de recourir à la voie législative pour imposer le port du casque à vélo.

C'est la délégation interministérielle à la sécurité routière qui en est à l'origine. Il s'agirait, non-pas d'une mesure globale, mais d'une loi visant uniquement les enfants de moins de douze ans.

Mesure contre-productive

2973323398_defe8d098a_zMême si, là, on ne parle que des plus jeunes, il y aurait fort à parier que la mesure, une fois approuvée, se généralise à l'ensemble de nos concitoyens cyclistes.

Nous en avons déjà parlé maintes et maintes fois (en 2010, 2012, 2013 et 2014 en fait !), mais il semble nécessaire de rappeler encore à nos chers élus combien ce type de mesure est contre-productif.

D'une part, elle ne diminuera pas le nombre d'accident impliquant un cycliste, et, d'autre part, elle aura un effet pervers : celui de diminuer le nombre de cyclistes dans les rues. Et c'est justement cette courbe que nous essayons d'inverser !

Nous commençons tout juste à voir les fruits de ces années de promotion du vélo urbain, ne sapez pas tout ce travail !

Les accidents cyclistes n'ont pas augmenté

301345572_a9c3e1d2d9_bDepuis maintenant dix ans, le nombres de cyclistes pendulaires dans les rues de nos villes s'est multiplié. Or, lorsque vous regardez vos chiffres (ceux de la Sécurité Routière), les accidents mortels impliquant un cycliste, eux, n'ont quasiment pas augmenté.

De l'ordre de 3 à 4% "seulement" de l'ensemble des tués sur la route. De plus cela comprend les cyclistes utilitaires, mais également les pratiquants sportifs (qui eux portent déjà à 99% un casque).

Obliger les enfants de moins de 12 ans à porter leur casque, ce qu'ils font d'ailleurs déjà en grande majorité, est une mesure totalement inapplicable. Imaginez-vous la maréchaussée mettant à l'amende chaque minot dans la rue non casqué ?! Grotesque.

Prendre le problème à la racine

Comme le précise le CVTC, "il faut aller plus loin dans l’examen des causes et de la diversité des solutions". Et en effet, il y a tant de solutions pour mettre en sécurité les cyclistes sans pour autant recourir à des mesures sécuritaires.

"Le salut viendra de la cohabitation et d'un meilleur partage de la voirie"

Vous n'en trouvez-pas ? Allez, on est sympa, on vous met sur la piste...

À lire  [Test] Sac à dos Karkoa, pour le cycliste urbain nomade organisé

Commencez déjà par le commencement : l'amélioration continue du réseau cyclable. Plus il y a de pistes cyclables - séparées ou non - plus il y a de cyclistes, et plus les autres usagers de la route s'y habitue, et, par conséquent, plus le nombre d'accidents diminue.

Il faut généraliser les pistes cyclables partout dans les rues, les double-sens cyclables, les cédez-le-passage cyclistes au feux... Il faut fluidifier le trafic cycliste, et surtout, il ne faut pas le ségréguer en milieu clos.

Car le salut viendra de la cohabitation et d'un meilleur partage de la voirie par l'ensemble des usagers, qu'ils soient à moteur ou non.

D'ailleurs à ce propos, la bonne entente entre automobilistes et cyclistes devrait se faire dès l'apprentissage de la conduite à l'auto-école.

NON à l'obligation, OUI à l'incitation

bicycle-helmet-335750_640De nouveau rappelons notre position, qui est celle partagée par l'ensemble des acteurs associatifs français : le port du casque à vélo ne doit pas devenir obligatoire.

Nous sommes en revanche totalement pour des campagnes de prévention et d'incitation au port du casque, justement d'ailleurs auprès du jeune public.

Alors, messieurs et mesdames du Gouvernement, utilisez vos compétences, dont nous ne doutons pas, à comprendre les véritables causes avant de vouloir masquer les conséquences par des bouts de scotch législatif.

Luttez contre les vrais fléaux de l'insécurité routière : vitesse excessive, alcool ou drogue au volant, téléphone portable... et laissez venir les cyclistes rouler dans les rues, casqués ou non.

Crédits photos : Sharon MollerusJason HorneCian Ginty.

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  • Freyr Gunnar

    > Il faut généraliser les pistes cyclables partout dans les rues, les double-sens cyclables, les cédez-le-passage cyclistes au feux... Il faut fluidifier le trafic cycliste, et surtout, il ne faut pas le ségréguer en milieu clos.

    Créer des pistes cyclables séparées à la hollandaise/danoise, c'est ségréguer en milieu clos?

    Si c'est ça, je vote pour.

    On ne passera pas à une part modale de 25-50% sans pistes cyclables séparées : l'objection numéro 1 des gens pour ne pas se déplacer à vélo, c'est justement le danger de cohabiter avec les motorisés, surtout dans un pays de sauvages comme la France.

    >D'ailleurs à ce propos, la bonne entente entre automobilistes et cyclistes devrait se faire dès l'apprentissage de la conduite à l'auto-école.

    Cette bonne entente est illusoire tant que les forces de l'ordre refuseront de verbaliser les infractions permanentes des motorisés.

    Par exemple, peut-on savoir combien de PV à 135€ ont été rédigés depuis le 1er juillet pour stationnement sur piste cyclable?

  • Samrider

    Et généraliser le 30km/h en ville comme vient de le décider Grenoble et sa métropole!
    L’apaisement de la voirie est le seul salut pour diminuer le risque d'accident et sans augmenter, ou très faiblement, le temps des trajets des automobilistes. Bref, on peut arriver à des résultats concrets comme nous le montre les grandes villes hollandaises ou encore plus au nord.

  • En effet, l'apaisement de la vitesse en ville est aussi une bonne solution.

  • Les pistes cyclables hollandaises ou danoises ne sont pas tous le temps séparées de la chaussée motorisée. Notamment à Copenhague, il suffit d'une petite surélévation de la piste de quelques centimètres pour bien délimiter les deux modes.
    En fait, c'est surtout la culture de l'automobiliste qui est différente là-bas, bien différente, comme tu le soulignes, de nos contrées latines...

  • Troublé

    " Imaginez-vous la maréchaussée mettant à l'amende chaque minot dans la rue non casqué ?! Grotesque." Vraiment ? un policier du Touquet a trouvé qu'il était opportun de m'infliger une amende de 90€ parce que mon fils de 7 ans(casqué) a pris un sens interdit aprés avoir échappé quelque instant a ma vigilance. La prévention ne fait pas partie de la priorité de ce monsieur...

  • Titi

    Quand je pense que la ceinture de sécurité en voiture, le casque à moto ainsi que le casque pour les compétitions cyclistes professionnelles ou non sont obligatoires, pourquoi pas pour le vélo en milieu urbain? Parce que l'on invoque le droit à la liberté? Argument désuet, infantile et ignorant. Dans tous les cas, un équipement qui protége la personne mais pas de la connerie. De la part d'un utilisateur au quotidien du casque et qui le met non pas par obligation mais pour se protéger des autres.

  • Neil

    Les personnes qui décident de l'obligation de porter le casque ne prennent jamais leur vélo , ça c'est certain.

  • rssss

    La vitesse est une fausse solution.

    Avec près de 500km/mois en ville, des situations dangereuses j'en ai vu un bon nombre. Et la vitesse n'est pas en jeu, le problème c'est l'inattention des cyclistes et des automobilistes. Pour faire une liste non exhaustive et en vrac :
    - ne pas regarder dans son rétro avant de tourner
    - ouvrir sa portière sans regarder
    - mettre son casque audio ou ses écouteurs à vélo (sérieusement ça je comprends pas !)
    - ne pas supporter de patienter quelques secondes (des tonnes de situations, doubler un vélo pour freiner juste après, ne pas attendre à vélo derrière un cycliste plus lent...)
    - griller les feux (à vélo, c'est plus complexe, parfois utile de se faire ses propres règles mais c'est un long débat)
    - les scooters, motos, voitures qui squattent les pistes cyclables
    ...

    Je pourrais continuer longtemps, tout ça pour dire que la vitesse n'est pas la base du problème, c'est un pansement de plus.
    Il faut éduquer les gens.
    La prévention sur l'alcool au volant à porté ses fruits, le fameux Sam est bien rentré dans les mœurs à coup de pubs, de prévention, de verbalisation. Alors pourquoi on ne pourrait pas faire rentrer les bonnes conduites à adopter pour une meilleure cohabitation urbaine ?
    Tout ça prendrait du temps, plusieurs années surement mais c'est le seul moyen efficace de faire changer les choses.

    Bref, merci à weelz de véhiculer une image positive du vélo urbain.

  • Jean-Baptiste Merland

    J'écoute depuis 20 ans la radio ou la musique sur mon vélo. Ca m'a permis de supporter des milliers de kilomètres de pédalage même quand il pleut. J'ai économisé des kilos de CO2 et probablement des frais de santé à la sécu, C'est désormais interdit sans que ça émeuve beaucoup les cyclistes. Alors par pitié, comme pour le port du casque (non audio), les effets sont plus complexes que des préjugés à partir de sa propre expérience. Encourageons d'abord le vélo et ne jugeons pas trop vite les pratiques des autres quand nulle étude sérieuse ne vient corroborer un "sentiment d'insécurité".

  • rssss

    ma propre expérience le prouve. d'une parce que j'ai souvent évité des accidents à l'aide de l'ouïe et aussi en constatant que le comportement de certains "audiophiles" montrait qu'ils n'étaient pas concentrés sur ce qu'ils faisaient. avec 20 ans de pratique, vous pourriez rouler les yeux fermés en étant plus attentifs au danger qu'un autre pratiquant. je parle bien évidemment de ceux dont on voit par leur non équipement et par leur conduite qu'ils sont nouveaux dans le game.

    ce n'est que mon ressenti, j'avoue être excédé par le comportement de certains qui condamnent les cyclistes à rester des "branleurs de la route" et pourtant je roule fort et me permets des libertés.

    my 2 cents.

  • Allobrogedb

    plus de 25 ans de vélo urbain, au moins 2000 kms en ville par an, une dizaine de chutes, deux casques explosés, toujours en vie et sans doute plus de ce monde sans le port du casque. Alors pour moi, l'obligation est une mesure de sécurité publique et ergoter sur les effets secondaires me parait dérisoire. Quand on voit tous les obstacles dans les aménagements urbains qui peuvent mettre le cycliste en danger et causer sa chute , ne pas porter de casque c'est un peu comme marcher sur un glacier sans s'encorder...

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