Montréal, la ville nord-américaine pionnière en matière de vélo

20 juin 2017

Lors de mon séjour à Montréal pour le festival Go Vélo organisé par l'association Vélo Québec, j'ai eu l'occasion de parcourir la ville à vélo, en long, en large et en travers. En tout, plus de 170 km parcourus ! En comptant Tour la Nuit et Tour de l'Île, visite guidée, shopping, restos et observations diverses aux quatre coins de la ville. Voici mon ressenti sur ce réseau cyclable Montréalais.

Partout où j'allais et que je croisais des cyclistes urbains, je leur demandais leur avis sur les infrastructures vélo. Le ressenti est globalement le même. On sent une certaine satisfaction. Mais les cyclistes en général constatent une stagnation dans l'amélioration du réseau cyclable depuis une dizaine d'années. Cela étant dit, tous saluent​ le travail de Vélo Québec, qui a énormément œuvré en ce sens.

Le réseau cyclable de Montréal est relativement dense mais il demeure encore beaucoup de coupures. Les petites rues sont souvent dotées de bandes cyclables, tandis qu'on a mis sur les plus grandes voies souvent des pistes bidirectionnelles.

La plus longue est celle du boulevard Maisonneuve, qui traverse littéralement Montréal du nord au sud (la piste a d'ailleurs été renommée du nom d'une militante cycliste, Claire Morissette). On retrouve aussi de belles pistes cyclables (sur un sens) sur l'axe est-ouest, comme celle de Clark Street ou de St Urbain.

Je me suis même mis dans la peau d'un commuter banlieusard, tirant jusqu'au Parc Olympique en empruntant la longue piste double-sens de Rachel Street, puis en revenant par les quartiers résidentiels de Rosemont-La-Petite-Patrie, via la piste du boulevard St-Zotique.

Le problème des pistes bidirectionnelles, ce sont les intersections. Il faut être vigilant sur les cyclistes qui arrivent en face et sur les véhicules qui arrivent en perpendiculaire. D'ailleurs la signalisation n'est pas optimale, surtout pour un non nord-américain.

Cela étant dit, ces pistes à deux sens sont plutôt agréables à emprunter, car elles sont bien séparées du trafic, et donc très sécurisantes. Rançon du succès, ces pistes se retrouvent en revanche parfois saturées aux heures de pointes d'embauche et de débauche. Quant au problème des intersections, dans un schéma urbain nord-américain en quadrillage, ce "vaste échiquier à longues lignes froides" comme disait Jules Verne dans Le tour du monde en 80 jours, difficile d'obtenir un croisement voiture-vélo parfaitement sécuritaire.

J'ai également tenté l'expérience de la piste cyclable du pont Jacques Cartier. Ce gigantesque pont routier métallique (2,6 km), symbole de la ville, enjambe le Saint-Laurent et relie la ville de Longueuil à Montréal. Hors du trafic intense, les cyclistes peuvent y circuler de manière totalement protégée, sur une piste à double-sens qui borde les voies de circulation routières.

La piste en elle-même n'est pas très large, les croisements vélo peuvent parfois être délicat.

Deuxièmement, la piste cyclable est fermée en hiver, faute d'une solution de déneigement adéquate. Cela pose un vrai problème aux adeptes, de plus en plus nombreux, du vélo d'hiver (le vélo quatre saisons comme on le nomme là-bas), car ce pont est l'un des seuls liens rapides de la rive droite avec Montréal.

À lire  Pendant ce temps-là, à Auckland, voici la piste cyclable Arc-en-ciel

Le ressenti global, dans l'ensemble, des conducteurs plutôt apaisés et courtois. Peu de klaxon. On laisse volontiers passer les vélos, même lorsque l'on est encore à quelques mètres de l'intersection. Mais peut-être étais-ce le printemps qui venait juste d'arriver qui les apaisait !

Le downtown, l'hypercentre, avec ses artères très larges, est malheureusement envahi de poids-lourds, mais aussi d'énormes 4x4, véhicule utilitaire classique en Amérique du nord (Pourquoi ont-ils besoin d'un Ford Raptor F150 V6 de 450 chevaux, alors qu'un bon Kangoo fait l'affaire ^^). Le réseau cyclable y est quasi-inexistant.

Pas tant de stationnement sauvage sur les pistes cyclables, sauf peut-être le matin lors des heures de livraison. Pour l'anecdote, là-bas, on n'appelle pas cela un #GCUM, les cyclistes utilisent le hashtag #DansMaPiste.

Autre chose : on se rend compte à quelle point les scooters sont une plaie en ville lorsque, justement, l'on en croise plus. C'est salutaire, non pas tant pour vos poumons que pour vos oreilles. Et au moins, il ne se retrouve pas en travers du chemin des piétons sur les trottoirs, ou dans celui des cyclistes dans les pistes et sas cyclables. Des sas cyclables d'ailleurs peu nombreux, mais qui sont dans l'ensemble plutôt bien respectés.

L'un des gros points noirs du réseau cyclable : l'état au sol. Les conditions hivernales sont bien entendu bien différentes des nôtres. Le cocktail neige, gel et sel fait que par endroit, le bitume est totalement défoncé. Certes, les voitures et autres camions s'en accommodent bien, les vélos beaucoup moins. Il faut être sans cesse vigilant, au risque de planter sa roue avant dans de gigantesque nid-de-poule.

Un dernier point sur le stationnement vélo. Celui-ci est très inégal, et il faut bien souvent avoir pas mal d'imagination pour "barrer", comme on dit là-bas, son vélo.

Les arceaux vélo manquent cruellement, même les poteaux, que l'on trouve en nombre par chez nous, sont peu nombreux. Seuls les endroits publics fréquentés bénéficient d'un nombre de place correct (bibliothèques, cinémas, bouches de métro...).

Bref, l'infrastructure cyclable existante à Montréal est déjà satisfaisante, surtout pour une grande métropole nord-américaine, il reste toutefois encore beaucoup de travail à accomplir pour améliorer le réseau. Bien sûr, il s'agit là d'un ressenti global du "touriste à vélo" que j'ai été durant cinq jours. J'ose imaginer qu'un cycliste circulant à l'année dans Montréal nuancerait mes propos.

Au-delà du vélo, je vous invite à aller voir par vous-même cette ville géniale qu'est Montréal. Une cité dynamique, très riche culturellement, où s’entremêle les cultures francophones, québécoises, canadiennes et américaines. Et puis, il y a bien sûr ce délicieux accent québécois, si merveilleux pour nos oreilles de français.

Je remercie au passage, à la fois les équipes de Vélo Québec et l'Office du Tourisme de Montréal, qui ont permis de rendre ce voyage de presse possible. Leur accueil chaleureux était parfait !

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