Mon amie la fourrière de Erlangen, Chap. 1 …

Certains d'entre-vous se contentent de lire, avec assiduité et engouement je l'espère (!), les articles parus ici-même dans ces colonnes. Mais d'autres lecteurs, comme Jazz, ont une envie plus forte de nous faire partager leur passion, celle-la même qui vous fait monter sur une selle chaque matin.

Jazz habite Erlangen, une petite ville allemande, acquise à la cause du vélo, et où il parcours chaque matin les 11 km qui le sépare de son travail. Son histoire étant assez longue, nous l'avons scindée en trois parties. La suite donc dans les semaines qui vont suivre...


Chapitre 1: Erlangen

La ville de Erlangen. 20 km au nord de Nuremberg. La Franconie. Le nord de la Bavière. Le milieu du sud de l'Allemagne. Le sud du milieu de l'Allemagne.

Une ville de dimensions restreintes. Une ville plate. Une ville qui regorge d'étudiants (une grosse université, très réputée en Allemagne pour la section médecine). Une ville marquée par la présence du siège du géant Siemens, avec son flux de travailleurs hautement qualifiés: une ville parfaite pour le vélo urbain!

Devant le portail des Kindergarten s'entassent les remorques à vélo pour les enfants. Vélos électriques, vélos couchés et Pedersen ne sont pas des ORNIs ici. Peu de vols de vélos*. Bref, des vélos partout: un flux sur les pistes cyclables, à la sortie des soirées, des cadres qui s'entassent devant les colocs étudiantes, des vélos par dizaines sur la Hugenottenplatz (allez un peu d'histoire, d'où vient ce nom franchouillard pour la grande place de cette ville protestante ?), des vélos par milliers sur le parking de la fête de la bière (la seconde plus grosse de Bavière par la taille, pour l'ambiance elle fait même mieux !).

Des vélos partout ? Presque...
La place de la gare est étrangement épargnée, alors que les parkings à vélo de la gare débordent. L'explication s'affiche avec un pictogramme explicite: les vélos garés ici sont tous emmenés à la fourrière. (Les panneaux explicatifs servent à leur tour de support aux autocollants et tags anarchistes qui accusent la police de faire des rafles illégales de vélos).

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De la même manière, les épaves qui traînent trop longtemps dans la rue se retrouveront à la fourrière, avec possibilité de récupérer son vélo contre paiement d'une amende.

Et pour les vélos orphelins que personne ne vient réclamer, une nouvelle vie commence : remise en état (les roues tournent, les freins freinent, les pneus sont gonflés) et vente lors d'une vente aux enchères trimestrielle, où les étudiantzopochevides viennent se chercher un vélo qui leur permettra de se déplacer en ville, jusqu'à ce qu'ils l'oublient sur un trottoir et qu'il se fasse mettre en fourrière avant la prochaine vente aux enchères. Le cycle de la vie pour la vie d'un cycle.

Et la dernière vente aux enchères, c'était samedi ... !

À suivre...

Quelques articles Wikipedia pour en savoir + :
> La Franconie.
> La ville d'Erlangen.

* il y a une légende urbaine qui m'a été racontée plusieurs fois (à chaque fois plus improbable): un comparatif du vol des vélos dans différentes villes a été effectué: des vélos ont été laissés dans différentes villes, un expérimentateur mesure le temps entre le dépôt du vélo et son vol.

À Paris ça a pris deux jours. À Barcelone une nuit. À São Paulo l'expérimentateur s'est fait buter et tirer le vélo avant d'arriver sur le site de l'expérience. À Rome l'expérimentateur s'est barré avec le vélo. À Erlangen l'expérimentateur s'ennuie et le vélo est toujours là ... ! (C'est vrai qu'ici on peut se contenter d'accrocher son cadre à la roue... mais attention quand même, ça n'est qu'une légende...)

Crédits photos : Jazz, Charlie Todd.

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