Melbourne, l’échec du vélo en libre-service

Melbourne, l’échec du vélo en libre-service

20 juin 2011

Qui aurait-pu croire qu'à Melbourne, seconde plus grande agglomération du continent australien après Sydney, avec 4 millions d'habitants, possédant une topologie parfaitement plate et étant réputée pour être la capitale sportive de l'Australie, qu'un système de vélo en libre-service serait un échec.

L'objectif du programme, qui va fêter ses un an et dans lequel l’agglomération a investi plus de 5 millions de dollars, était de désengorger le réseau de transports publics trop souvent bondé. Au jour d'aujourd'hui le réseau TEC est toujours aussi surchargé, et les vélos, eux, restent fidèlement attachés à leurs bornes. Première raison de cet échec, tout d’abord, alors que la plupart des programmes de vélo-partage sont lancés au printemps, le lancement du Melbourne Bike Share s'est fait en Juin, soit au tout début de l'hiver austral (et oui c'est inversé chez les kangourous), avec des températures qui passent en dessous des 5°.

Seconde raison : Melbourne est une ville historiquement très acquise à l'automobile. De par sa topologie très plate, la ville s'est malheureusement beaucoup étendue, au nord dans les terres et tout autour de la baie de Port-Philip. Un étalement urbain qui ne facilite donc absolument pas les déplacements à vélo.

D'autant que le nombre de stations implantées est resté assez timide et concentré dans l'hyper-centre. Ajouté à cela un trafic automobile très dense et des infrastructures cyclables quasi-absentes, et vous n'obtenez pas les meilleures conditions pour permettre aux cyclistes urbains occasionnels de rouler en toute quiétude.

Enfin, troisième et dernière raison et non des moindres, et c'est d'ailleurs surtout pour cela que je vous en parle : depuis plus de 10 ans maintenant, l'état australien de Victoria a rendu obligatoire le port du casque pour tous les cyclistes. Une loi qui a tout naturellement freinée l'usage du système. "Ça enlève la spontanéité de l'utilisation" reconnait Michel Philibert, le porte-parole de Bixi et de la société SVLS qui a vendu le concept à la ville de Melbourne. En effet, devoir se balader constamment un casque à la main, dans l'hypothèse où vous allez peut-être utiliser un vélo n'est pas des plus pratique.

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La municipalité a bien essayé de mettre en place des distributeurs de casques placés juste à coté des bornes. Mais même à 5$ le casque, ceux-ci restent là où ils sont. Les collectifs cyclistes locaux tentent, eux, de faire comprendre aux autorités que même un bon système de vélo-partage ne peut être compatible avec une telle loi (notre ami Mikael Colville-Andersen, décidément partout, a même participé à une protestation).

Selon cet autre article, la part modale du vélo dans les transports melbournois était de 3,4 % en 1985-86. Les dernières stats datant de 2004 montrent que ce chiffre est descendu à 2%. En 1990, lorsque la loi obligeant le port du casque est passée, l'utilisation du vélo chez les jeunes de 5-17 ans a fait une chute vertigineuse de 36 % !

Probable que les ados de l'époque ... sont devenus les automobilistes d'aujourd'hui, peu enclins à se servir d'un vélo, et encore moins d'un système en libre-service.

Via Cyberpresse.ca

Crédits photos : Over the Bars in Milwaukee, Sweet One, UrbanBicyclist.

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