Masque de protection à vélo, anti-pollution et anti-virus?

Masque de protection à vélo, anti-pollution et anti-virus?

Le silence a régné et l'on a pu, l'espace d'un instant, de nouveau entendre le chants des oiseaux dans de nombreuses villes du monde, lorsque les populations se sont confinées pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Si la diminution des nuisances sonores est salutaire, partout dans ces zones urbaines, les taux de polluants ont aussi diaboliquement baissé. Ces images satellites du CNES montrent à quel point la pollution atmosphérique a chuté pendant cette période de confinement, notamment au-dessus des grandes agglomérations.


https://twitter.com/CNES/status/1244622284595355648

En cause, la baisse conséquente de l'activité industrielle et du trafic routier et aérien. Dans une étude toute récente, le CREA (Centre for Research on Energy and Clean Air), une organisation de recherche indépendante, indique que l'Europe confinée a permis d'éviter 11.000 décès dus à la pollution.

Rappelons quelques chiffres : La pollution atmosphérique, c'est 8 millions de morts chaque année dans le monde, 48.000 morts en France, 3éme cause de mortalité.

Durant le confinement, il y a pu avoir des épisodes de pollution, notamment en Ile-de-France et dans le Grand-Est. Episode que les adorateurs de la voiture ont pris soin de relayer, en mode "vous voyez, c'est pas nous" (au passage on leur dit que non, nous ne sommes pas "des amoureux du vélo confits dans leur haine de Sainte Bagnole", voir notre récent article ici).

"la pollution due à la combustion des moteurs thermiques [...] est quotidienne et sans interruption"

Attention à ne pas faire d'amalgame. Dans cet épisode, il s'agissait d'une pollution due aux épandages d'engrais agricoles et au chauffage résidentiel (bois principalement). Les polluants ici sont constitués de particules de sulfate d'ammonium et de nitrate.

Des polluants nocifs pour l'organisme humain, certes, mais ce type de pollution est ponctuel et peu étendu dans le temps, au contraire de la pollution due à la combustion des moteurs thermiques, qui elle est quotidienne et sans interruption.

Un problème de taille

Selon un rapport d'AirParif datant de 2019 sur la mise en place d'une Zone de Basses Émissions (ZBE) "le trafic routier contribue de manière importante aux émissions de particules PM10 et PM2.5 avec plus de 40% des émissions". La ZBE a permis de réduire de 7% le trafic des véhicules les plus polluants, entraînant une diminution conséquente des PM10 (-12%), des PM2.5 (-17%) et des NOx (-23%) et une exposition des habitants de -41%.

En retirant 7% du trafic le plus polluant, on diminue de 41% l'exposition des habitants

Ainsi, ce trafic routier (et aérien) émet autant, voire plus, de particules : benzène, ammoniac, toluène, soufre, ozone, monoxyde de carbone, dioxyde de carbone ou encore dioxyde d'azote.

L'exposition des riverains à la pollution automobile près des grands axes avant/pendant le confinement - ATMO France

En plus d'être de puissants gaz à effet de serre, responsables de l'acidification des sols et du réchauffement climatique, ces derniers ont un autre problème, un problème de taille. Ils représentent une majorité des particules fines inférieures à 2,5 microns. Un moteur diesel émet des particules toxiques pouvant atteindre les alvéoles pulmonaires, avec un diamètre moyen de seulement 0,1 microns.

Vous reprendrez bien un peu de smog?

Ces particules fines (fines mais aussi ultrafines ou submicroniques) forment le délicieux cocktail du brouillard industriel communément appelé Smog - celui-là même qui a disparu des villes durant le confinement. Ces matières particulaires sont les plus nocives et celles qui vont durablement s'installer dans vos muqueuses et votre appareil pulmonaire. La pollution, c'est votre cheval de Troie des temps modernes.

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Si ces particules sont nocives pour la santé humaine, elles sont aussi vectrices d'autres éléments néfastes, qui viennent se fixer sur ces particules et s'en servent comme moyen de transport. Des chercheurs de l'université d'Harvard, mais également le CREA cité plus haut, ont établi une corrélation entre cette exposition aux particules fines et la transmission des coronavirus.

Ce n'est pas la taille qui compte? Si

PM est un acronyme pour Particulate Matter (ou Matière Particulaire). Ces particules ont différentes origines : naturelle (sable, suie, sel...), organique (bactérie, acariens, fibres, pollen...) et anthropique (agriculture, industrie, chauffage, transports...). Leur taille est de l'ordre du micron (unité µm - pour info, un cheveu fait entre 50 et 100 µm). Un petit tableau pour vous aider à visualiser :

PM10Pollen, cendres, sable/limon...
PM2.5Cristaux de sel, argile, bactérie...
PM1Brouillard industriel (Smog), fumées (tabac, incendie), suie...
PM0.1Virus, smog, fumées, suie...

Ainsi, pour stopper ces particules, les masques anti-pollution (ou anti-virus selon) ne vous protège pas tous de la même manière. Il existe des normes et elles sont classifiées selon la taille des particules que le filtre du masque est capable de stopper.

On distingue trois classes : FFP1, FFP2 et FFP3 (FFP pour Filtering FacePiece). Des classes définies par la norme EN149. Plus le chiffre est élevé, plus le masque est efficace. Précisons qu'un masque chirurgical classique ne possède pas ce type de norme, il s'agit simplement d'un masque anti-projection.

Ainsi un masque FFP2 est capable de filtrer (de l'extérieur vers l'intérieur) au minimum 92% des particules en suspension dans l'air, contre seulement 78% pour un masque FFP1 (un masque FFP3 filtre au minimum 98%).

Et contre les virus ?

Maintenant que l'on a clarifié les choses sur ce qu'est censé filtrer un masque de protection, répondons à la question : "Un masque anti-pollution vélo peut-il me protéger du virus Covid ?".

Et bien la réponse est "Non, mais…". "Non", car très peu de masque anti-pollution sur le marché sont capables de filtrer au-delà des PM2.5. Or, les virus se situent dans une taille inférieure aux PM0.1. "Non, mais" car en réalité ce qui importe en terme de protection durant cette pandémie de coronavirus, n'est pas tant de vous protéger vous, mais de protéger votre entourage.

Ainsi, si le gouvernement incite au port du masque, c'est pour éviter la propagation du virus par des personnes déjà potentiellement atteinte (et qui pour certaines ne le savent pas). Le masque sert de barrière dans le sens intérieur - extérieur et non l'inverse (un masque anti-pollution vous protège des particules arrivant de l'extérieur).

"Le port du masque est recommandé lorsqu'on est malade et qu'on est en contact avec des personnes fragiles" précise l'Agence Régionale de Santé.

Cela étant dit, sur ce point, le masque anti-pollution fera aussi bien, même mieux, qu'un simple masque chirurgical, puisqu'il empêche les projections de la personne et éviter ainsi la diffusion directe des microbes.

Les bases étant posées, il est temps maintenant de vous guider sur quel masque anti-pollution vélo choisir ? On vous dit tout dans l'article suivant.

Crédits photos : Respro.

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