Lille Métropole va tester le péage inversé

22 décembre 2017

Aujourd'hui, les automobilistes sont (grassement) payés pour se rendre au travail avec leur voiture. Cela s'appelle le régime des frais réels, une jolie ristourne fiscale qui coûte au contribuable pas loin de 2 Milliards d'Euros par an (le drame sanitaire d'une sur-utilisation de la voiture nous coûte, lui, encore bien plus cher...).

On a beaucoup parlé d'indemnité kilométrique vélo ces derniers jours, avec la remise d'un rapport pour rendre cette IKV obligatoire. Et si la solution, c'était aussi de payer les automobilistes ? Non pas pour qu'ils utilisent leur véhicule, mais justement pour qu'ils arrêtent. On appelle cela le "péage inversé" ou encore "péage positif".

En test à Lille Métropole

La métropole européenne voit chaque jour de la semaine ses principaux points d'entrée dans la ville totalement saturés de véhicules aux heures de pointes, entraînant congestion et pollution atmosphérique. Une enveloppe de 13,7 millions d'Euros (dont une partie subventionnée par l'Etat) va être utilisée pour mettre en place ce dispositif.

C'est Mathieu Chassignet, ex-ingénieur transports et mobilité à l'Ademe, qui est en charge de la mise en place du système, nommé Ecobonus Mobilité, à la Métropole Européenne de Lille. 

Lecture de plaque

Comment cela fonctionne ? Techniquement, il s'agit de mettre en place une lecture automatisée de plaques d’immatriculation (ou "LAPI", qui se base sur  la reconnaissance optique de caractères). Cette technologie est déjà utilisée pour le contrôle du stationnement payant ou encore pour les péages urbains comme à Milan ou Londres.

Une fois cette donnée collectée, les conducteurs sont ensuite contacté par courrier et sont invités, sur la base du volontariat, à participer au programme de "désintox". Sur une durée maximale de 18 mois, les participants sont indemnisés dès lors qu'ils n'utilisent plus leur voiture aux heures de pointes.

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Des dispositifs similaires de péage inversé existent déjà dans d'autres villes européennes, notamment à Utrecht ou Rotterdam. Aux Pays-Bas, l'incitation financière peut aller jusqu'à 3€ par trajet !

Report modal: inciter plutôt que contraindre

L'idée derrière tout cela est bien entendu d'inciter les participants à expérimenter d'autres solutions de déplacement (co-voiturage, transports en commun, vélo ou voire même du télétravail...). La baisse espérée de trafic est de l'ordre de 5 à 7%, soit 2500 trajets/jour.

A Rotterdam, il semble que le dispositif, mis en place depuis 5 ans maintenant, porte ses fruits. La baisse de trafic constatée est de 5%. Surtout, il apparaît qu'entre 40 et 80% des participants conservent leurs nouvelles habitudes de déplacement, même après la fin de l'incitation financière.

Collecte des données

Le contrôle par lecture de plaque ne pose pas de souci, à partir du moment où le participant au programme a donné son accord. Mais c'est le recrutement qui demeure un problème. Il se heurte en effet à la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978.

La plaque d'immatriculation demeure une donnée personnelle, et sa collecte est donc encadrée. La MEL a été invitée à trouver une autre solution. Elle envisage par exemple une vaste campagne de communication pour inviter les automobilistes à expérimenter ce péage positif. Mais la mise en place est plus coûteuse et sera peut-être moins efficace qu'un courrier personnalisé.

Affaire à suivre...

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