L’Enthousiasme ou la Peur

"Il ne sert à rien de discourir sur la façon dont va sombrer le navire. Seuls importent l'énergie et même l'enthousiasme avec laquelle écoperont et répareront les brèches, même en grand débordement, ceux qui n'ont peur ni de vivre, ni de mourir". Pierre Rabhi

En ce moment, les messages fusent. Si durant longtemps seuls quelques illuminés envoyaient dans le vide des avertissements concernant les bouleversements écologiques, on peut dire que la situation a bien changé. Il ne se passe pas une journée sans que de tels messages viennent nous interpeller. A la télé, dans les journaux, les radios et toute sorte de support. On peut toujours discuter sur l’ampleur du mouvement, mais cela semble bien une réalité : l’heure est à la prise de conscience.


Ainsi donc, c’est une certitude, la terre se réchauffe. Et le phénomène est brutal. Et la planète n’a jamais vécu un tel changement. Et il y a une inertie telle que, même si nous changions aujourd’hui nos comportements, pour cesser complètement d’émettre des gaz à effet de serre, nous supporterions les conséquences du passé durant des siècles. Bref, on va dans le mur, et on y va vite.

Hum !... Intéressant. On va donc mourir, et il nous faut rapidement changer nos habitudes, nos systèmes de valeurs, pour tenter de « sauver la planète ».

Bon. Concernant la première nouvelle, il n’y a rien de nouveau. Ça fait longtemps que nous le savons. Un peu plus tôt, un peu plus tard… Au contraire, en prendre un peu plus conscience permet de mieux apprécier la vie, notamment l’instant présent. Nombre de philosophies, de religions ou de spiritualités ont tenté de nous le rappeler, mais, pris que nous sommes dans le tourbillon de la vie et des désirs à satisfaire, il est bien aisé de l’oublier.

La deuxième « nouvelle » est fort intéressante. Changer nos habitudes et nos systèmes de valeur en vue d’adopter un comportement plus respectueux de la terre et de la nature. Il y a du pain sur la planche… Mais, en même temps, c’est exaltant. C’est le plus grand défi qu’aura à relever l’homme, et il semble qu’il n’ait même plus le choix. Nous devons changer nos systèmes de valeurs rapidement, à l’échelle de la décennie. Alors, allons-y gaiement. Inutile de vivre dans la peur des conséquences du réchauffement, car la peur est mauvaise conseillère et franchement, assez désagréable et pas très efficace. Il est tellement plus agréable de choisir l’enthousiasme, la joie de participer à ces grands changements.

Sur le même sujet  Attestation de déplacement et vélo, de nouvelles précisions (juridiques)

Penser à cela me renvoie deux ans en arrière, lorsque j’ai décidé de proposer d’accompagner des personnes pour se déplacer à vélo. Le sentiment qui dominait très clairement, la phrase intérieure qui m’est venue lorsque j’ai écrit le tout premier mail dans ce sens, moi qui étais toujours resté timide sur le sujet, a été :
« Tant pis si je me ridiculise, j’essaye de communiquer sur ce sujet, de proposer des bus cyclistes, quitte à passer pour un imbécile ».
Et au lieu de cela, j’ai trouvé une réceptivité inattendue. J’ai eu l’impression de rencontrer beaucoup de personnes avec qui je pouvais vibrer en phase. Et cela continue à renforcer mes convictions et mon enthousiasme. Et cela augmente encore plus mon côté doux rêveur, mon optimisme. En effet, se déplacer à vélo, ça a toujours été mon truc. Et hop, par des concours de circonstances, de hasards bien agencés, je me retrouve avec le sentiment d’utiliser mes qualités personnelles dans ce mouvement de changement des comportements. Mais, à bien y réfléchir, chacun a « son truc ». Et comme aujourd’hui, les circonstances nous invitent à laisser tomber les inhibitions, et à accélérer les changements de comportement, mon optimisme me dit que ce n’est pas un hasard si nous voyons fleurir tant d’initiatives originales et novatrices en terme d’alternatives aux valeurs que nous devons lâcher. Et cela me remplit encore d’enthousiasme, et de gratitude.

Un grand mouvement est en marche, il ne tient qu’à chacun de choisir d’y participer ou non, dans l’enthousiasme ou dans la peur, ça aussi, c’est un choix.

Hervé Bellut Président de l'Organisation Bus Cyclistes

Retour en haut de page