Le principe du vélo en mode actif

Etude Velo actifVoici une étude très intéressante, réalisée par Media Mundi et le groupe Chronos, qui a pour objet le vélo urbain et sa place en ville. Avec l'aide de différents partenaires (Club des Villes Cyclables, JC Decaux, RATP, Vinci...) ainsi qu'avec l'appui de nombreux entretiens avec des cyclistes urbains, cette étude se penche sur la renaissance du vélo en ville, son intermodalité, le partage de la route, la sécurité...

Elle souligne "la rupture d'une image du vélo pour le week-end et les vacances à un usage du vélo massivement utilitaire, urbain et intelligent".


Pourquoi ce titre du "vélo en mode actif" ? Justement pour bien préciser la rupture qui se fait aujourd'hui avec le vélo, qui n'est plus (seulement) un simple objet ludique, mais est (re)devenu un moyen de transport à part entière, pour son usage économique, écologique, pratique mais également ludique dans cette forme.

L'étude de 48 pages, principalement rédigée par Julie Rieg, sociologue chez Media Mundi, revient sur différents points. Vu que je suis un gars sympa, j'ai essayé de vous en faire un condensé en mettant en avant les parties qui me semblaient importantes :

Comment favoriser l'usage du vélo en ville ?

Ces dernières décennies ont malheureusement fait la part belle à la voiture, au détriment des autres modes. Il en résulte pour le vélo une certaine confusion dans son utilisation et un mauvais équilibre à composer avec les différents espaces de la rue. Pour l'auteur, "il s'agit autant de sécuriser les voies dans lesquelles circulent les cyclistes que d'intégrer le vélo parmi les autres modes de transport".

Pour argumenter en faveur de l'usage du vélo en ville, ça n'est au final pas les arguments de santé ou bien d'environnement, mais les arguments de praticité qui fonctionnent le mieux.

Le partage des espaces

"Confronté à de nombreux freins (incivilités, météo, relief, vols, dégradations...), le vélo doit être pensé dans un contexte multimodal. La solution, tous s'accordent, se trouve dans le ralentissement et dans l'aménagement de la voirie, et plus généralement dans une meilleure distribution de l'espace et des modes." Dans tous les cas, un constat est clair : sur tous les usagers de la route, c'est le cycliste qui est le plus gêné par les autres usagers.

Il ressort que le partage des voies est difficile entre usagers cyclistes et les autres. Les pistes cyclables sont peu respectées par les voitures, les bandes cyclables sur les trottoirs sont dangereuses pour les piétons qui ne la voient pas toujours et le cycliste s'y sent supérieur. Bizarrement, les cyclistes urbains réguliers sont moins nombreux à réclamer des pistes cyclables (25%) par rapport aux cyclistes occasionnels (39%).

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Les éventuelles solutions ou propositions avancées

Plus de pistes cyclables ? Oui, mais pas seulement. Il ressort aussi que l'usager réclame une meilleure intégration aux autres espaces de la rue plutôt que de se retrouver cloisonné dans son "couloir". Il ne faut donc pas considérer le vélo comme un mode à part.

Plus de sureté, d'accessibilité et de légèreté dans les solutions de stationnement des vélos. L'étude précise en effet qu'un réseau plus homogène et surtout plus sûr, est réclamé par la plupart des utilisateurs. Car le principal obstacle reste bien entendu le vol.

Il s'avère que tout utilisateurs confondus réclament de nouvelles solutions de stationnement, arceau, consignes, parking sécurisé...mais également des services de réparation ou bien des automates distribuant vêtements de pluie et autres pinces à vélo. Le vélo en libre-service ressort bien entendu également en bonne position.

Pour conclure

En conclusion, l'étude met en avant ces différents points :

  • Le vélo favorise les déplacements et permet de mieux découvrir la ville.
  • Le vélo réduit les pollutions diverses.
  • En pratiquant le vélo quotidiennement, on améliore sa santé.
  • Le vélo permet de gagner du temps et de faire des économies.

Etude vélo en mode actif, bilan économiqueBien sûr, toutes ces conclusions sont assez bateau et, vous, cyclistes urbains les connaissiez déjà. Cependant, le bilan économique réalisé dans cette étude est lui, assez éloquent ! :

En multipliant par 2,5 l'usage du vélo, on réaliserait une économie globale de 3,8 Milliards d'Euros par an ! (Schéma ci-contre). Décongestion du trafic, amélioration de la santé, diminution de la pollution, gains d'espaces...avec toutefois un bémol sur la sécurité, qui elle, augmenterait son cout (vol, dégradation...)

Au final, l'étude indique une intégration du vélo à cinq niveaux :

Territoriale.
Le vélo doit être inscrit dans un réseau de transport global et non resté comme un mode de déplacement à part.

Opérationnelle.
Il faut faciliter l'intermodalité du vélo avec les autres modes en améliorant les services comme le stationnement.

Servicielle.
Imaginer des titres de transport communs aux vélo en libre-service et les bus, tram ou métro. Améliorer également la communication auprès des non-usagers.

Cognitive.
Le vélo devient un mode de déplacement comme les autres et s'inscrit donc dans les esprits comme un mode actif.

Économique.
Encourager les élus, collectivités, entreprises à favoriser le vélo et les convaincre financièrement de l'inscrire dans un système global de transport.

L'intégralité de l'étude est téléchargeable au format PDF ici.
Et vous, qu'en pensez-vous ?

Via Le blog à Jef.

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