Vélo : Le port du casque ne doit pas devenir obligatoire !

5 janvier 2010

Alors que nous pensions tous depuis quelques temps être à l'abri d'une future obligation du port du casque à vélo, depuis que la loi imposant le gilet jaune hors-agglomération avait, en tout cas nous le pensions, calmé les ardeurs sécuritaires de l'état, voilà que Michèle Merli, Déléguée Interministérielle à la Sécurité et à la Circulation Routières, remet de l'huile sur le feu en tentant d'imposer à nouveau l'accessoire crânien pour les moins de 16 ans, et ce, dès ce mois-ci !!!

Sans vouloir être désobligeant, Madame Merli, vous êtes un nouvel, et malheureusement trop nombreux, exemple de cette fâcheuse tradition française qui est celle de résoudre les problèmes en les prenant à l'envers. Comme je le disais la semaine dernière (ou l'année dernière au choix!), nous savons très bien vous et moi et tous les concitoyens, cyclistes ou non-cycliste, de l'Hexagone, qu'une telle mesure demeurera possible sur le papier, mais restera totalement inapplicable dans la pratique.

On ne pourra en effet pas mettre un fonctionnaire de police derrière chaque jeune à vélo pour lui demander sa carte d'identité. Les contraventions resteront donc ponctuelles, et surtout sans aucun effet sur la masse, ce qui est pourtant je pense votre but. D'où la crainte, partagée par moi-même et l'ensemble des acteurs associatifs cyclistes français (Fubicy, Départements cyclables, AF3V...), de voir une telle loi se généraliser et s'étendre à l'ensemble des cyclistes !

POUR le port du casque

1ère chose à rappeler : Nous ne sommes pas contre le port du casque, bien au contraire ! Nous pensons simplement que son port doit devenir un réflexe pour chacun et non une obligation pour tous. C'est à chaque cycliste de juger du taux de risque qu'il pourrait encourir sur son trajet quotidien.

De plus, et les chiffres de l'ONISR l'ont déjà prouvé, le pourcentage des cyclistes accidentés ou décédés suite à un choc crânien reste faible. Il s'agit dans la majorité des cas, soit d'accrochages bénins avec d'autres usagers de la route, soit d'accidents très grave, où le casque n'aurait eu que peu d'effet (un cycliste pris dans l'angle mort d'un camion a peu de chance de s'en tirer, même casqué).

CONTRE l'obligation

Comme nous le dit Isabelle à très juste titre "ça n'est pas aux cyclistes de porter le chapeau !". Il est clair qu'une vraie politique en faveur du développement du vélo en ville, couplée avec une offre globalement intéressante de la part des fabricants (aidé en cela par l'état comme il peut le faire avec le domaine automobile), sera bien plus efficace qu'une petite loi sans ambition qui contraindra l'usager à faire quelque chose dont il n'a pas envie. Alors plutôt que de stigmatiser le cycliste, il faut continuer de développer des infrastructures vélos intelligentes, tout en éduquant correctement chaque usager (cycliste compris) à un meilleur respect et une plus grande compréhension du partage de la route.

Plus il y aura de cyclistes, moins il y aura d'accidents

C'est une phrase que beaucoup ont du mal à croire. Pourtant, ce sont vos propres chiffres qui le prouvent (DSCR) ; En France, en 5 ans, de 1999 à 2003, le nombre de cycliste tué a chuté de 38 % ! Ces chiffres sont bien entendu à mettre en corrélation directe avec l'augmentation du nombre de vélos dans nos rues. 6 ans se sont écoulés depuis ces statistiques, et, le déploiement de l'offre de vélos en libre-service passé par là, on ne peux se dire qu'indubitablement ces chiffres ont continué de baisser, c'est une vérité mathématique, ou plutôt, un cercle vertueux.

Plus il y aura donc de cyclistes, moins il y aura d'accidents cyclistes. Et ce n'est pas une ville comme Copenhague qui nous dira le contraire, là où le vélo représente près de 40% des déplacements, où un pourcentage extrêmement faible de cycliste porte un casque et où l'accidentologie cycliste n'a jamais été aussi faible. A contrario, ne prenons pas exemple sur nos amis Canadiens, Néo-zélandais ou encore Australiens, où l'obligation du port du casque s'est vue suivie d'une chute spectaculaire du nombre de cycliste sur les routes !

Moi-même et l'ensemble des cyclistes urbains de France vous demandons donc de réviser votre jugement, et de mettre à profit toute les compétences et toute l'énergie qu'assurément vous possédez, pour lutter contre les vraies raisons de l'insécurité cycliste dans l'hexagone, comme par exemple la vitesse, l'inattention ou encore l'alcool au volant. Conjointement, et comme dit plus haut, il faut continuer le déploiement d'infrastructures vélos réfléchies (zone 30, voies cyclables élargies et bien visibles, parking sécurisés...), l'éducation des usagers au partage de la voie (dès l'auto-école), l'incitation au port du casque pour les plus jeunes pour qu'il devienne ensuite un réflexe... Bref, des tas de pistes de réflexion sont aujourd'hui possible, sans pour autant passer par la case législation. Et surtout, continuons d'encourager la pratique cycliste !

Je vous invite à aller lire le dossier de la Fubicy sur le sujet, très bien fait et richement documenté.

Crédits photos : Jeremy SabolVlastula, Clairity, Opus2008.

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