Le libraire de Turin, quand Google se positionne avec le vélo

Le libraire de Turin, quand Google se positionne avec le vélo

Quand le Géant de la tech, le G de GAFAM, prend la parole pour expliquer quel type de solutions ses services peuvent apporter, ils prennent quoi pour illustrer leur propos ? Et quel angle est pris pour montrer qu'ils sont dans l'air du temps ? Je vous le donne en mille. Du vélo, le vélo, à vélo.

Dans ce petit film, ci-dessus, Google conte l'histoire de Mattia Garavaglia, un libraire à Turin. Il ouvre son magasin avant l'arrivée de l'épidémie. Il y croit, il est à fond. Son projet est parfait. "Au début c'était difficile, je dormais sur un futon, dans la réserve du magasin. Et puis début 2020, j'ai senti que 2020, serait mon année, et patatra la Covid a frappé." ; Confinement. Finito les portes ouvertes de sa librairie. Heureusement, Matteo a un vélo, de bons mollets et de la suite dans les idées. Il décide de livrer ses livres à vélo.


Matteo à vélo "If you can't come to me, I can come to you"

Google aurait pu prendre le parti de suivre tous ses livreurs qui quadrillent nos villes à vélo pour déposer un burger ici, un ramen là, un bowl là-bas. Ils choisissent de mettre en scène un libraire, qui livre de la culture. Anecdotique?

Aime ton libraire

Lire ou conduire, il faut choisir mademoiselle.

Pas du tout une anecdote, une lame de fond. Souvenez-vous ici en France, le classement des commerces indispensables et ceux, accessoires, qui peuvent rester fermés. Dans quelle catégorie étaient classées les librairies ? (Alors que notre ministre de l'économie dans le même temps (ou presque) publie son livre, invite à grands coups oratoires les Français à lire, plus (2)).

Evidemment, les bonnes idées ne sont pas l'apanage de Mattia et des italiens. En France, bien des libraires ont choisi de livrer leurs livres à vélo à leurs clients. Comme Pascal Guilleux, de la Librairie du voyage, à Rennes (1); d'autres n'ont pas attendu la COVID pour disrupter (le billet au départ cause de Google, je vous rappelle) le commerce, en France des libraires, bien des entrepreneurs ont fait de leur vélo cargo, leur boutique, itinérante. Comme Fernando Sanchez, comme la Bicloubook, ou encore Cultureuil. Si on décide de ce billet aujourd'hui, c'est bien parce que la clé d'entrée est la puissance de diffusion d'une marque comme Google.

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Le choix de Google est-il si anodin ?

Pas si sûr, quand on met dans le même panier des GAFAM, Google, Amazon, Facebook, Apple & Microsoft (personnellement j'ajouterais bien Tesla au vu de la capitalisation de l'entreprise et de l'incroyable potentiel de disruption de services proposés par l'entreprise d'Elon). Google, en se positionnant ainsi sur la proximité, sur la culture, vient, mine de rien, se positionner en faux d'Amazon, vu comme le tueur des librairies et du commerce du proximité ;

"Le vélo c'est le passé, le présent et bien entendu le futur"

Google se positionne en faux de Facebook qui a bien du mal à maîtriser le contenu diffusé, plus orienté complotiste que culture, sur son réseau. Google, avec ce petit film de trois minutes trente, vise très juste. Quand on sait que le patron du Brand studio de Google derrière ce film n'est autre que celui qui a écrit tout le positionnement de la marque Innocent (vous savez les petits smoothies), on se dit que ce n'est pas un hasard finalement de proposer un film aussi intelligent, autant dans l'air du temps.

Divers innocent d'hiver.

Ce que nous montre ce film ne fait qu'asseoir nos convictions (même Google est d'accord avec nous), les limites du vélo n'existent pas. Les usages du vélo sont infinis. Le vélo c'est le passé, le présent et bien entendu le futur. Alléluia.

(1): retrouvez l'article qui évoque Pascal Guilleux ici.
(2): Bruno Le Maire nous invite à lire plus, il s'exprime ici... sur son compte Facebook ! WTF).

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