La Michaudine, un français aux origines du vélo moderne

Après vous avoir narré les origines de machines telle que le Grand-bi Penny farthing, le Kronan ou encore, plus proche de nous, le Raleigh Chopper, c'est à l'histoire d'un autre engin aux origines de la petite reine que l'on connait aujourd'hui que s'est intéressé Weelz.fr cette semaine : La Michaudine.

Bien que l'on puisse attribuer la véritable naissance du vélo à l'allemand Karl Von Drais et sa fameuse draisienne, ça n'est pas sans un certain chauvinisme purement franco-français que l'on peut affirmer aujourd'hui que les origines du vélo "moderne" sont belles et bien françaises... (certes amélioré ensuite par un homologue Anglais...)

La Michaudine, cette vieille dame à qui l'on a fêter en mai dernier les 150 ans, vit le jour à Paris, en1861, dans les ateliers de Pierre Michaux, un serrurier qui s'occupait également à l'occasion de réparer les draisiennes de l'époque (le fameux charron).

C'est grâce à son Fils, Ernest, venu se plaindre que le principal problème de l'invention du Baron Von Drais était de devoir constamment garder les jambes en l'air, que Michaux eut alors l'idée d'y fixer deux manivelles sur l'axe de la roue avant, en opposition l'une de l'autre. C'est la toute première utilisation d'un pédalier. L'on passait alors d'un engin, non plus propulsé en courant, mais par une motricité transmise directement à la roue.

Pimp my draisienne...

Décidant de ne pas en rester là, Michaux continue ses améliorations sur l'engin allemand, en lui augmentant par exemple la taille de la roue avant, remplaçant le cadre en bois par de la fonte (lourd certes, mais beaucoup plus robuste), ajoutant une selle suspendue réglable et même des freins à patins !

De seulement deux Michaudines fabriquées en 1861, le père et le fils Michaux passent à une véritable production artisanale et commerciale dès l'année suivante, en produisant pas moins de 142 modèles. C'est un vrai succès, et en 1865, les ateliers Michaux sortent plus de 400 Michaudines.

Une triste fin

"De 1867 à 1870, les ateliers Michaux [...] produisent quelques 200 Michaudines par jour !"

De 1867 à 1870, les ateliers de Pierre et Ernest Michaux emploient plus de 300 ouvriers et produisent quelques 200 Michaudines par jour ! Malheureusement, les requins en affaires existaient déjà à cette époque. Pierre Michaux eu la mauvaise idée de s'associer à deux frères ingénieurs Lyonnais issue de l’École Centrale de Paris, Aimé et René Olivier, avec qui il fonde la Compagnie Parisienne des Vélocipèdes.

Sur le même sujet  Paris, la journée sans voiture porte ses fruits

Sûrement plus avisés en affaire que le vieil artisan serrurier, les deux Centraliens se réapproprient totalement l'invention et mettent à l'écart la famille Michaux, qui finie ruinée quelques procès plus tard. Le fils Ernest meurt en 1882, et son père en 1883.

L'Histoire du vélo continue...

Quand au succès de la Michaudine des frères Olivier, c'est la guerre franco-prussienne de 1870 qui y mettra fin, avec notamment l'épisode sanglant de la Commune de paris. L'invention traversa alors la Manche pour être améliorée encore, notamment dans les usines de Rowley Turner et James Starley, à l'origine de l'invention du Grand-bi et de la bicyclette de sécurité. Mais elle sera de nouveau améliorée en France en 1891, lorsqu'un autre centralien, André Michelin, inventera le 1er pneumatique à chambre à air pour vélocipède.

Pour en savoir plus, je pourrais vous inviter à lire l'ouvrage de l'un des plus grands historiens du vélo, le japonais Keizo Kobayashi, qui publia une thèse en 1990, intitulée "L’histoire du vélocipède de Drais à Michaux 1817-1870". Malheureusement cet ouvrage est très difficilement trouvable.

D'autres historiens attribueraient l'invention de la pédale à un certain Pierre Lallement, qui aurait eu cette brillante idée au même moment que Pierre Michaux. Ou peut-être lui a t'il copié, nul ne le sait et de nombreuses zones d'ombres demeurent sur cette histoire. Ce français a dans tous les cas essayé, voyant le succès de Michaux à Paris, de vendre "son" idée aux États-Unis, mais sans succès.

Pour en savoir plus :

Sur le web :

> Le vélocipède Michaux fête ses 150 ans.
> Keizo Kobayashi : un spécialiste de l’histoire du vélo qui vérifie ses sources pédales aux pieds.
Des Centraliens à l’origine de l’industrie du cycle (article qui occulte toutefois les déboires de la famille Michaux).
> Coup de chapeau à Pierre Michaux et Pierre Lallement.

Sur Weelz :

> L’histoire du Grand-bi Penny farthing.

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