José, cycliste urbain au Guatemala [Weelz sur la planète]

José, cycliste urbain au Guatemala [Weelz sur la planète]

15 mars 2010

Nous avions déjà évoqué dans un précédent article que le cyclisme urbain n'était pas en reste en Amérique latine, en témoignait l'apparition dans ce top 10 des villes cyclables des villes comme Bogota en Colombie ou Curitiba au Brésil.

Et bien voilà qu'il y a quelques jours, j'ai reçu ce mail de José, cycliste urbain au coeur de l'Amérique centrale, à Guatemala City ! Je ne pensais pas que Weelz était lu jusque là ! Dans tous les cas, j'ai demandé à José si il voulait bien répondre aux questions de notre série Weelz sur la planète, proposition qu'il a très volontiers accepté !

José et ses amis ont monté un petit collectif pour promouvoir le cyclisme urbain dans leur ville. Tous sont accroc au fixie. Je précise que l'interview ci-dessous n'est pas une traduction, puisque José se débrouille très bien en Français (à ce sujet, il devrait venir s'installer en France d'ici septembre et est donc à la recherche d'amis sur Paris pour aller rouler...à bon entendeur...).

Weelz : Qu’est-ce qui t’a frappé dans le cyclisme urbain au Guatemala ?
José : Il n'y a pas de cyclisme urbain ici ! Bon, il y en a un peu, mais le cyclisme urbain reste surtout un "risque" que prennent certaines personnes (comme moi) dans la ville. Mais pourquoi dis-je "risque"? Le Guatemala se caractérise par son taux de criminalité élevé, et par les conducteurs d'automobile et de bus qui conduisent comme s'ils étaient dans une jungle ! Mais on a un atout ici : le climat. Il ne fait ni froid ni très chaud pendant toute l'année, et on a donc envie de sortir tous les jours...

Weelz : Les cyclistes autochtones : comment sont il équipés, habillés ?
José : On n'a pas d'équipements particuliers, on s'habille avec des T-Shirts de groupes de punk/hardcore et des Vans (sauf un d'entre nous qui est plutôt un hipster haha), et on n'a pas de casques ! Mais on s'en procurera durant les semaines prochaines. De plus, nos vélos sont des vélos "recyclés" que nous avons nous-même "embellis", et un ami a été chargé de fabriquer les pignons fixes de nos vélos.

Weelz : De jour comme de nuit ? Ou bien disparaissent ils quand le soleil se couche? Où dès que ça mouille ?
José : Si on se réunit entre lundi et jeudi, on sort surtout de nuit. Les weekends, on sort depuis la matinée, on mange ensemble, puis on continue à pédaler jusqu'à 2 A.M.! Et ici il ne pleut que pendant quelques mois, surtout pendant la fin de l'année. On ne sort pratiquement pas quand il pleut (les voitures deviennent folles dans la ville...).

Weelz : Les enfants et le vélo : laisse-t-on communément aller son enfant aller à l’école ?
José : C'est hors de question! Les seuls enfants à aller à l'école en vélo sont les enfants pauvres vivant dans la campagne guatémaltèque. Les enfants de la ville prennent normalement le bus ou bien les parents vont les laisser à l'école en voiture.

Weelz : Le prix d’un vélo pour un autochtone: grosse dépense d’investissement à garder longtemps ou bien achat coup de cœur dont on changera facilement?
José : Je dirai plutôt "achat coup de coeur dont on changera facilement" car nos vélos coûtent aux environs de 100 euros (en incluant des nouveaux pneus, la peinture, la selle, le pignon fixe...). J'ai quand même deux amis qui ont un Motobécane et un Raleigh mais bon, ça ne leur a couté pratiquement rien, mais les pièces originales sont très chères...

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Weelz : Les vols de vélo: « personne n’oserait » ou au contraire « y a pas intérêt à laisser son vélo 10 minutes sans un antivol costaud »?
José : Tout dépend d'où tu laisses ton vélo et le type de vélo. Nos vélos sont quand même uniques et sont rares à voir dans la ville, donc on fait très attention. Mais en ce qui concerne les vélos "normaux", il n'y a pas trop de risques de vol car à Guatemala City les vélos sont souvent méprisés et sous-estimés.

Weelz : Les aménagements cyclables: Y en a-t-il? A-t-on l'impression d’un réseau homogène et sans discontinuités ?
José : Dans toute la ville, il y a, sans faire de blagues, environ 4 kilomètres de pistes cyclables! Mais le dimanche, au moins, la municipalité ferme des rues les plus transitées dans la ville pour que les gens puissent y courir ou se balader en vélo!

Weelz : Coté signalisation et règlement ?
José : Je n'ai qu'à dire que la ville est une jungle, seul le plus fort et le plus rusé sort vivant des rues... Et on vole les quelques signalisations qu'existent... Et en tant que cycliste, tu peux aller où tu veux! Mais on respecte quand même les feux et les passages piétons...

Weelz : Multi modalité: prendre son vélo en train/bus: est-ce commun? Ou bien les parkings dans les gares : peau de chagrin ou immenses ?
Tout ce que dit la question est un idéal à atteindre pour nous! Chaque fois qu'on veut garer nos vélos, on doit les mettre avec les motos. Et le bus ici est très dangereux... et les trains n'existent pas...

Weelz : Associations ou groupes de pressions pour le vélo ?
José : Depuis un an ou deux des collectifs de vélos sont apparus ! Le collectif le plus grand, "Masa Crítica" (mais de masse critique n'a rien...) est dirigé par des vieux qui sont dégoutés de la vie et un peu débiles... D'autre part, on a des cyclistes de "ManifestArte", un peu plus jeunes, qui ont fait un collectif pour organiser des promenades une fois par mois dans le centre historique de la ville pendant la nuit... et il existe un troisième collectif, "Velociudad", ayant une vision plus de vélo urbain que de promenade... nous sommes les premiers jeunes à être en fixie dans la ville et à promouvoir le vrai cyclisme urbain!

> Le blog de José et ses amis : Velociudad.blogspot.com

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