Je suis cycliste quotidien, et vous devriez me remercier

13 mars 2018

Les klaxons, les agressions verbales, voire physique, les "je te colle au c.. pour te faire comprendre que tu m'emm......". C'est le lot quotidien de tous cyclistes urbains. Si à la pause café, vous avez déjà discuté avec un automobiliste convaincu, qui ne sait même pas ce qu'est réellement une bicyclette, vous comprenez vite qu'il est persuadé que les cyclistes sont une plaie, qu'ils roulent sur les trottoirs, qu'ils grillent les feux, et surtout qu'ils n'avancent jamais assez vite. Bref, qu'on les empêche de circuler tranquille dans leur salon roulant, et que l'Etat et les collectivités en font beaucoup trop pour eux en ce moment.

Je m'arrête ici pour le cliché de l'automobiliste. Personne n'est tout blanc ou tout noir, peu importe le véhicule utilisé. Pas question d'accentuer le clivage vélo vs voiture. Dans cet article nous serons dans une approche de psychologie positive... Alors oui, en effet, reconnaissons-le, certains cyclistes font aussi littéralement n'importe quoi. Ils n'ont rien à faire sur les trottoirs et le code est aussi fait pour eux, y compris les feux rouges... Nous sommes les premiers à dénoncer ce type de comportement :

Rapport de taille

Personne n'est jamais tout blanc ou tout noir et il nous semble que les torts sont partagés point de vue comportements illégaux, voire dangereux, que l'ont soit piétons, cyclistes, automobilistes, scootéristes, motards, camionneurs ou chauffeur de bus...

Toutefois, si le cycliste peut en effet s'avérer dangereux pour le piéton, il ne nous semble pas avoir déjà vu un comportement cycliste mettre en danger un automobiliste, bien abrité dans sa cage en métal. L'inverse s'est en revanche déjà produit maintes et maintes fois malheureusement.

Vous pouvez aussi rétorquer à ce sympathique collègue automobiliste, qu'en ville, la vitesse moyenne d'un vélo est supérieure à celle d'une voiture et que, s'il est content de pouvoir vous dépasser (souvent à une vitesse excessive) c'est pour mieux s’arrêter plus loin derrière d'autres voitures (ou au feu rouge), tandis que vous passez votre chemin, remontant tranquillement votre piste cyclable.

Coût pour coût 

"L'automobiliste est persuadé que l'on en fait trop pour les cyclistes. La réalité est exactement l'inverse" L'argent. Voilà bien un sujet délicat à aborder dans n'importe quelle conversation, encore pire quand il s'agit d'argent public. Chacun d'entre-nous, peu importe sa façon de se déplacer, est un contribuable. Et, à ce titre, nous revendiquons notre liberté à utiliser l'espace public comme un droit fondamental.

Seulement voilà. Posons nous la question du coût engendré par cette liberté de déplacement. Est-il le même pour un piéton que pour un automobiliste ? Il est évident que non. C'est là que le bat blesse. L'automobiliste est persuadé que l'on en fait trop pour les cyclistes. La réalité est exactement l'inverse. L'automobiliste est une personne qui coûte cher à la société, tandis que le cycliste lui rapporte de l'argent. Oui, vous avez bien lu.

Pollution atmosphérique

Commençons par la pollution atmosphérique que la circulation des moteurs thermiques engendre. Chaque année depuis des décennies, la pollution tue. Les différentes études menées sur ce sujet annoncent des chiffres effrayants : 48 000 décès par an rien qu'en France.

Si les industries sont aussi à pointer du doigt, le trafic routier reste le principal émetteur de NOx et de particules fines, à l'origine des maladies respiratoires et des cancers. Ce drame sanitaire a un coût, chiffré récemment par une commission d’enquête du Sénat, à plus de 100 milliards d'Euros chaque année.

"75% des déplacements domicile-travail de moins de 5km se font en voiture" Combien de décès pourraient être évités en réduisant drastiquement ce trafic, dont l'utilisation de la voiture particulière représente plus de la moitié ?

L'automobiliste vous répondra qu'il n'a pas le choix. Certes, si celui-ci doit parcourir plus de 15 km depuis une zone rurale vers un centre urbain, il faut reconnaître que les infrastructures de transports publics sont presque inexistantes sur notre territoire.

Seulement voilà, cette typologie d'automobiliste est minoritaire. Les récents chiffres de l'INSEE le prouvent : 75% des déplacements domicile-travail de moins de 5km se font en voiture. 75%. Si l'on retire de ce pourcentage toutes les personnes qui n'ont réellement pas le choix (personnes en situation de handicap, pas de solution de transports en communs, pas d'infrastructures cyclables sécurisantes...) mais qui ne sont qu'une minorité, le reste n’utilise la voiture que par confort, avec une bonne grosse dose d'individualisme.

Le plus effarant dans tous cela, considérant que les véhicules électriques sont encore une niche (1% des ventes en 2017) et que l'incitation fiscale française sur le gazole - une anomalie européenne - a largement favorisé ce carburant, c'est que la plus grande partie de ces courts déplacements se font à l'aide d'un moteur diesel, dans une phase où, justement, il est le plus polluant. Rappelons que ce carburant est déclaré cancérogène depuis 2012 par l'Organisation Mondiale de la Santé.

Emprise sur l'espace publique

Le taux d'occupation moyen d'une voiture est compris entre 1.2 et 1.3 personnes/véhicule. Ce qui signifie qu'à 80% du temps, les conducteurs sont seuls dans leur habitacle, en particulier sur les trajets domicile-travail. Seuls, dans une voiture de 4 mètre sur deux. L'emprise qu'a la voiture sur l'espace public est énorme et c'est une des raisons de la congestion des villes. Il n'y a tout simplement pas assez de place pour tout le monde.

"50% de l'espace public est occupé par l'automobile" C'est pire encore lorsque l'on connait un autre chiffre, celui du temps d'immobilisation d'une voiture. Celle-ci est inutilisée à 95% du temps ! Un temps où il faut bien mettre cet encombrant objet quelque part. En moyenne, routes comprises, plus de 50% de l'espace public est occupé par l'automobile !

L'espace public est une ressource limitée et le stationnement une denrée rare, ce qui fait que 10% du trafic automobile est dévolu ... à trouver une place, favorisant encore une fois la congestion et la pollution. Imaginez tout ce que nous pourrions faire si tout cet espace était de nouveau disponible...

À lire  Le dernier kilomètre, c'est quoi ?

Impact sur le macadam

Et si le trafic routier a un impact sur l'air et sur l'occupation du sol, il a aussi un impact considérable sur l'infrastructure elle-même. Affaissement, orniérage, fissures, nids de poule... autant de problèmes provoqués en partie par les intempéries (pluie, gel...) mais accentués par le passage répétitif de véhicule lourds.

Car contrairement au cycliste et ses quelques dizaines de kilos, la voiture pèse lourd (entre une à deux tonnes selon les modèles). Et son impact pèse directement sur les finances publiques. Entretenir un réseau routier, cela coûte cher, bien plus cher que de construire (et entretenir) des pistes cyclables : entre 10 et 20 milliards d'Euros annuels, supportés par l'Etat et les collectivités.

Pollution sonore

Demandez à une personne si elle préfère se retrouver près d'un boulevard embouteillé et son cortège de bruits de moteur et de klaxons, ou bien au milieu d'une forêt à entendre les oiseaux chanter. Vous connaissez d'avance sa réponse.

Si la pollution sonore en ville a moins d'impact sur la santé que la pollution atmosphérique, elle n'en demeure pas moins un problème sanitaire, et par conséquent, un problème économique. Car le bruit est la cause directe de nombreuses pathologies : manque de sommeil, augmentation du stress et de la fatigue, dépression... Au niveau européen, 70 millions de citadins déclarent la subir. Une pollution sonore qui cause 10.000 morts prématurées par an.

Sédentarité

La géniale campagne de LoveYourBike Manchester

L'inactivité physique, voilà le plus grand fléau de notre siècle. Les experts parlent même de pandémie. Pas de chiffres en France, mais le coût estimé au niveau mondial est supérieur à 60 milliards d'Euros, partagé entre les dépenses de santé et la perte de productivité. Et la sur-utilisation de la voiture en est bien sûr l'une des causes majeurs.

"Par son efficacité en milieu urbain, le vélo est l'une des meilleures solutions pour lutter contre cette pandémie de personnes inactives"

L'OMS recommande 2h30 d'activité physique par semaine. On ne parle pas de sport, mais bien d'activité physique, c'est-à-dire utiliser son corps pour se mouvoir. Les modes de déplacement actifs (on ne parle plus de déplacement doux) sont une solution simple : marche à pied, trottinette, skateboard, roller et bien entendu vélo.

Et par sa redoutable efficacité en milieu urbain, le vélo est l'une des meilleures solutions pour lutter contre cette pandémie de personnes inactives. En 2008 déjà, l'éminent professeur Jean-François Toussaint, directeur de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport, parlait d'un "impact majeur à attendre du vélo sur le plan sanitaire".

"les économies réalisées par la Sécurité Sociale seraient de l'ordre de 29 millions d'Euros par an" Dans un récent rapport qui viserait à rendre obligatoire l'indemnité kilométrique vélo, les économies réalisées par la Sécurité Sociale seraient de l'ordre de 29 millions d'Euros par an ! Et ce montant pourrait monter jusqu'à 37 millions d'Euros si l'on réussissait à réduire l'impact négatif de la voiture et son cortège de problèmes cités plus haut (pollution, bruit, accidents...)

Et à ceux qui auraient peur d'être surexposés à la pollution de l'air, sachez qu'un cycliste l'est beaucoup moins qu'un automobiliste. Dans un trafic dense, l'automobiliste est rapidement bloqué et les polluants s'accumulent dans son habitacle, d'autant que la prise d'air est souvent située juste en face du pot d'échappement de la voiture suivante. Tandis que le temps d'exposition du cycliste à la pollution est bien moindre, car à vélo, on s'extirpe très facilement d'un bouchon formé d'automobiles. Et notre "prise d'air" (le nez) se situe au-dessus du trafic.

Service à la communauté

"le cycliste urbain ne roule pas que pour lui-même, il rend service à la communauté toute entière" Vous avez pu vous en rendre compte avec les différents chiffres cités précédemment : l'impact de l'utilisation à outrance de la voiture est énorme, et son addition est (très) salée.

Alors, oui, je suis cycliste. Et oui, vous devriez me remercier. Car d'un point de vue écologique, économique et sanitaire, l'impact de mes déplacements quotidiens est proche du nul. Je ne dégage pas de particules polluantes, je n'occupe qu'un espace très réduit, je n’abîme pas la chaussée, je ne produit pas de bruit et ne coûte rien à la Sécurité Sociale.

Et tandis que chaque contribuable paye pour que vous puissiez utiliser votre automobile en toute "liberté", la pratique quotidienne du vélo rapporte, elle, de l'argent à la société. L'ADEME parle d'externalité positive : "En prenant en compte les effets positifs sur l’environnement, sur la santé, ainsi qu’en prenant en compte l'accidentalité et l’exposition à la pollution, le bénéfice pour la collectivité dans son ensemble est de l’ordre de 1,16 € / km parcouru à vélo".

En réalité, avec son impact extrêmement réduit, le cycliste urbain ne roule pas que pour lui-même, il rend service à la communauté toute entière. Et chers amis automobilistes, vous les "sans-choix", vous devriez vous aussi vous ranger de notre coté. Car plus il y aura d'adeptes de la solution vélo, plus la congestion automobile s'en retrouvera inévitablement réduite.

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