Gino Bartali, juste héros vélo malgré lui

Gino Bartali, juste héros vélo malgré lui

"Certaines médailles s'accrochent à l'âme, pas à la veste" - Gino Bartali

Chaque jour qui passe voit des centaines de millions de cyclistes à travers le monde prendre leur vélo pour se déplacer, se balader ou encore s'entraîner. La difficulté du trajet peut résulter de nombreux facteurs… météo, dénivelé, fatigue et parfois, plus brutalement, contexte historique…

Gino Bartali nait le 18 juillet 1914 à Ponte a Ema, près de Florence. Ce grand gaillard au faciès de boxeur, tombe rapidement dans le cyclisme et devient coureur professionnel dès 1935.


Sur toute sa carrière, il accumule un palmarès prestigieux : de nombreuses victoires sur des épreuves légendaires : trois Tour d'Italie (Giro), deux Tour de France, trois Tour de Lombardie ou encore quatre Milan-San Remo. Il est aussi connu pour avoir été le grand rival d'un autre coureur italien célèbre, le "campionissimo" Fausto Coppi.

"il est des victoires qui ne nécessite ni public, ni banderoles, ni podium"

Mais il est des victoires qui ne nécessite ni public, ni banderoles, ni podium. Et c'est sans doute la plus belle épreuve qu'à pu réaliser ce coureur cycliste émérite, celle de sauver des centaines de juifs durant la seconde guerre mondiale.

"Gino le pieux" ainsi qu'on nommait ce fervent catholique, est proche du cardinal florentin Elia Dalla Costa. Ensemble, et avec l'aide du rabbin de Florence, ils vont monter un réseau clandestin de résistance pour aider les très nombreux juifs du nord de l'Italie à fuir le régime fasciste de Mussolini.

Gino est mobilisé dès 1940. Il intègre le 60e bataillon d'infanterie territorial. Grâce à son statut de cycliste de haut-niveau, il obtient un statut de messager militaire à bicyclette. Parallèlement, il continue de participer à des épreuves sportives.

Gino bénéficie ainsi d'une autorisation spéciale et d'un laissez-passer italien qui va lui permettre de continuer ses entraînements sur les routes de toscane. Ses trajets le mèneront à Viareggio, Assise ou encore Gênes.

C'est à ce moment que débute la mission de celui qu'on appellera plus tard "Gino le Juste". Durant deux ans, de 1943 à 1944, c'est pendant ses entraînements à vélo que Gino va faire passer clandestinement des messages et des faux papiers, destinés à des centaines de familles juives italiennes fuyant le fascisme.

"La grande popularité dont il jouit va faire le reste. La couverture est parfaite"

Les documents sont dissimulés la plupart du temps à l'intérieur de la potence, du cadre ou bien dans le tube de selle. La grande popularité dont il jouit va faire le reste et lui permettre de passer les points de contrôles sans éveiller les soupçons. La couverture est parfaite.

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Il ira même jusqu'à Rome pour livrer des documents au Vatican. Il fut arrêté deux fois, et même soumis à l'interrogatoire. Mais les événements lui seront favorables. L'avancement des alliés forceront les tribunaux de guerre à fuir. Son jugement n'aura jamais lieu.

Ainsi, Gino Bartali aura sauvé plus de 800 juifs de la barbarie nazie, leur permettant de fuir vers le sud du pays. Mais Gino est un homme simple. Sa passion reste le vélo... Au sortir de la guerre, il continuera sa carrière de cycliste en brillant à nouveau sur de nombreuses épreuves. Il créera même sa propre équipe.

"Le bien se fait mais ne se dit pas"

Gino Bartali

Bien qu'il fut distingué pour son passé sportif (Grand officier de l'ordre du Mérite de la République italienne (1986) et Chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne (1992)) Gino s'éteint le 5 mai 2000, sans jamais avoir parlé à ses enfants de son action durant les années noires de la guerre.

Ce n'est qu'une dizaine d'années plus tard, grâce à des témoignages recueillis auprès de familles juives, que les recherches du journaliste Adam Smulevich réussiront à démontrer le rôle très important d'un mystérieux messager à vélo... Gino Bartali.

En 2013, Gino Bartali recevra à titre posthume, la plus haute distinction d'Israël, celle de "Juste parmi les nations". Son nom figure au Mémorial de Yad Vashem, en mémoire de ceux qui ont risqué leur vie pour en sauver d'autres.

En 2018, c'est en son honneur que le Tour d'Italie a pris le départ depuis la ville de Jérusalem.

Si vous souhaitez en savoir plus, le journaliste et écrivain italien Alberto Toscano lui a consacré un livre : "Un vélo contre la barbarie nazie" aux Éditions Armand Colin.

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