GTJ Vélo Ep. #2 | Pédaler dans les hauteurs des Montagnes du Jura, avec Bergamont

GTJ Vélo Ep. #2 | Pédaler dans les hauteurs des Montagnes du Jura, avec Bergamont

Seconde journée sous le signe de la chaleur et du dénivelé

Si la veille, l'étape était plutôt soft en kilomètre comme en dénivelé, c'est un tout autre type d'étape qui nous attend pour cette seconde journée. Mais nous ne le savons pas encore…

GTJ Vélo - 2ème Jour

Jour 2, de Foncine-le-Haut à Lamoura (et quelques mauvais choix)

Un reportage réalisé en partenariat avec Bergamont qui nous avait prêté deux modèles Grandurance, le vélo gravel polyvalent de la marque allemande.

Dès la sortie du village de Foncine-le-Haut, nous prenons de la hauteur sur un pli jurassien à un peu plus de 1000 m d'altitude. Rien de tel pour vous mettre en jambe de bon matin. Plus loin, nous passons le village de Foncine-le-Bas puis du Lac-des-rouges-truites (charmant comme nom de commune). Après une douzaine de kilomètres, nous avalons un café à Saint-Laurent-en-Grandvaux. Petite commune vite oubliée.

Ce que nous n'oublierons pas en revanche, ce sont les rives du lac de l'Abbaye, que nous atteignons une dizaine de kilomètres plus loin. Un autre lac glaciaire du département du Jura. Il tire son nom de l'abbaye du Grandvaux, installée sur ses bords au XIIe siècle, dont il ne subsiste que l'église aujourd'hui (photo ci-dessous). Nous retrouvons les mêmes eaux turquoises, où s'ébattent des bancs de truites noires. Du lac, nous apercevons un restaurant tout proche, mais nous décidons de filer pour déjeuner plus loin. Première erreur de la journée…

"Au pied du Mont Noir, nous embrassons des yeux l'ensemble du lac et les collines environnantes"

Un peu plus au sud du lac, nous apercevons un panneau "Belvédère du Moulin". Le cyclotouriste est un touriste comme les autres. A la différence que quand le touriste lit "belvédère", il pense "joli point de vue", tandis que le cyclotouriste (et son ADN de cycliste) voit deux choses : "joli point de vue" et "grimpette". Pas de doute, ce belvédère vaut le coup. Au pied du Mont Noir, nous embrassons des yeux l'ensemble du lac et les collines environnantes. Mais la montée était rude et nous a pris pas mal d'énergie. Seconde erreur de la journée…

Belvédère du Moulin, au-dessus du Lac de l'Abbaye

Du belvédère du Moulin, nous voyons des panneaux de randonnée indiquant le village de Château-des-Prés. Rapide coup d'œil sur le GPS. Notre itinéraire initial nous y fait passer. Qu'à cela ne tienne, nous décidons de suivre le chemin. Nos vélos gravel Bergamont ont suffisamment vu de bitume comme cela. Troisième erreur de la journée…

Vélo gravel, polyvalent certes, mais pas trop

De très roulant au début, le sentier se transforme rapidement en un profil plus étroit, parsemé de rochers et de racines. En réalité, l'itinéraire que nous venons d'emprunter est bien la GTJ, mais la GTJ VTT. On peut vous le dire aujourd'hui, mesdames et messieurs, nous avons beau vanter la polyvalence des vélos gravel, ils ne sont clairement pas de taille pour affronter ce type de circuit. Après une bonne heure à subir quelques portions défoncées et parfois pousser les vélos, nous arrivons enfin à Château-des-Prés. Charmant village au demeurant, mais ... sans commerces ni boulangerie. Nous ne trouverons rien pour nous sustenter.

"A partir de ce moment-là, nous passons dans une sorte d'état second"

Rapide point de situation. Il est 14h30 passé. Nous avons fait à peine 35 km sur les 80 prévus. Il nous reste un peu d'eau et quelques barres énergétiques. Notre itinéraire officiel nous fait faire un long détour par Morez, mais impossible de couper plus droit (les plis jurassiens…). Pas le choix, il faut continuer. Grande descente jusqu'au hameau de Lézat, puis bifurcation sur une petite départementale, la D126. A partir de ce moment-là, nous passons dans une sorte d'état second. Nos jambes sont molles mais acceptent de nous faire avancer (c'est déjà ça). Surtout, le décor est magnifique.

La D126 est une langue de bitume rugueuse et étroite qui surplombe les gorges de la Bienne. Une petite route comme pourraient en rêver beaucoup de cyclistes et de cyclotouristes. Simple. Etroite. Déserte. Silencieuse. A notre gauche, le flanc rocheux de la montagne, à notre droite, la pente boisée vers la Bienne et en face, le massif jurassien recouvert de forêt. Les deux mains sur le cintre, nous laissant glisser sur cette route magnifique, la chaleur, la fatigue et la faim nous ont fait passer dans une posture contemplative. A moins que ce ne soit le Jura qui fasse cet effet sur les cyclistes…

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Nous arrivons enfin à Morez. Il est 15h45. La plupart des restos sont fermés ou ne servent plus. On saute sur la première boulangerie pour dévaliser ce qui lui reste. Puis nous privatisons un banc à l'ombre le long des quais de la Bienne. Morez (prononcez Moré) est coincée au fond de la vallée de la Bienne, dans le creux d'une cluse typiquement jurassienne. Si cette petite ville de moyenne montagne a perdu aujourd'hui de sa superbe, elle fut auparavant un bassin industriel important. C'est au XVIIIe siècle un haut lieu de fabrication d'horloges comtoises. Puis, au XIXe, la petite commune devient l'un des berceaux les plus importants de la lunetterie. Pour l'anecdote, un certain Henri Lissac, horloger-lunettier de profession, fut également maire de la ville de 1908 à 1931.

Une chaude après-midi d'été, et des rencontres

"3 kilomètres de côte à 10% de moyenne. Idéal pour digérer notre déjeuner"

L'après-midi est déjà bien entamée. Nous ne tardons pas à remonter en selle. Il nous faut reprendre les gorges de la Bienne, cette-fois ci par l'autre flanc. Mais avant cela, une petite friandise en guise de dessert. Il faut remonter la combe. 3 kilomètres de côte à 10% de moyenne. Idéal pour digérer notre déjeuner. Et, bien que l'altitude nous épargne du temps caniculaire qui sévit sur la France, il n'en fait pas moins assez chaud.

Avant le village de Longchaumois. J'aperçois un cyclotouriste, seul et assez lourdement chargé. Je me met à sa hauteur et engage la conversation. C'est aussi ce que j'apprécie dans l'itinérance vélo, nos montures nous rapprochent et créent aisément des interactions sociales. Je m'arrête près d'une grange, à l'ombre, pour attendre mon collègue Jérôme, que la dernière côte a fait souffrir (Jérôme me dit qu'il est plus chargé que moi, mais je n'en crois pas un mot…(ok, en réalité c'est un peu vrai)).

Thomas, le cyclotouriste solitaire s'est arrêté avec moi. Parti de Sarthe à peine 8 jours auparavant, le jeune homme, qui a perdu son job et quitté sa copine (ou plutôt l'inverse d'ailleurs je crois) est passé par la Loire à Vélo puis remonté vers Montbéliard pour reprendre en intégralité le circuit de la Grande Traversée du Jura à vélo. Moyenne quotidienne : environ 160 km. Objectif ? Rien de précis, si ce n'est l'envie d'aller manger une pizza en Italie, et plus si affinités. Pourquoi pas un Tour d'Europe, nous dit-il, en faisant un peu de wwoofing. C'est aussi ça l'itinérance vélo, le bonheur de la liberté totale. A l'heure où j'écris ces lignes, il doit déjà être loin.

"Le soleil rasant de fin de journée amplifie la beauté des paysages jurassiens"

La fin de notre seconde étape, malgré la fatigue accumulée, est magique. Le soleil rasant de fin de journée amplifie la beauté des paysages jurassiens. Nous prenons tranquillement de l'altitude, sur de petites routes vides de trafic, entourées de collines verdoyantes et de blocs forestiers épais. Saviez-vous que le nom "Jura" est tiré du francoprovençal "juris", du bas latin "juria", signifiant "forêt de montagne". À contempler les paysages qui nous emmène vers Lamoura, cette région porte définitivement bien son nom.

Après avoir pédalé durant 80 km et avalé plus de 1270 mètres de dénivelé positif, l'arrivée dans la petite station de Lamoura est salutaire. Au bord du lac du même nom, nous faisons la connaissance de Carline, chargée de communication pour les Grandes Traversées du Jura. Comme nous l'évoquions dans notre précédent article, Carline nous rappelle que l'association GTJ est dans une belle dynamique pour promouvoir le territoire du Parc Naturel Régional du Haut-Jura et la destination Montagnes du Jura, à vélo ou autre moyen de locomotion durable.

Après un rapide rafraîchissement des jambes dans le lac, direction le Logis-Hôtel Les Arobiers pour un dîner requinquant et une nuit de sommeil bien méritée.

Itinéraire du Jour 2 de notre GTJ Vélo 2020
Remarquez le "petit" détour en milieu de parcours pour cause de pli jurassien

Fin de la seconde étape de notre périple dans les Montagnes du Jura. Suite (et fin) de notre périple à lire prochainement !
Vous pouvez (re)lire notre récit de la veille ici-même.

Ce reportage a été réalisé en partenariat avec la marque Bergamont, et avec le soutien de la Destination Montagnes du Jura ainsi que de l'association Grandes Traversées du Jura.

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