Gravel ou VTT ? On a tenté de choisir avec Cannondale au Roc d'Azur 2022 — Weelz.fr
Gravel ou VTT ? On a tenté de choisir avec Cannondale au Roc d'Azur 2022

Gravel ou VTT ? On a tenté de choisir avec Cannondale au Roc d’Azur 2022

Gravel ou VTT ? Sans doute une question que nombre de pratiquants et pratiquantes cyclistes se posent. Avec Jérôme, nous sommes allés voir Cannondale sur leur stand du Roc d'Azur 2022 ; on leur a demandé de nous prêter un vélo gravel - le Topstone Lefty - et un VTT semi-rigide - le Scalpel HT. L'objectif ? Tenter de vous apporter des réponses et des conseils. Exercice casse-gueule. La suite dans l'article et la vidéo ci-dessous.

Gravel ou VTT ? Tout d'abord, plantons le décor

Nous sommes donc partis pédaler sur les pistes ouvertes et balisées à l'occasion du salon Roc d'Azur (cf notre article ici). La météo était parfaite en ce début de mois d'octobre et les terrains de jeu des Massifs des Maures et de l’Estérel sont simplement idéaux pour l'une ou l'autre pratique : singles sinueux, descentes techniques, longues montées, sentiers étroits, larges pistes DFCI, quelques portions d'asphalte, de la racine, de la caillasse… Bref, les environs de la base nature de Fréjus sont un petit paradis pour le gravel ou le VTT.

Note : Pour savoir si Jérôme a mis quelques euros dans la boite à gros mots, restez bien jusqu'à la fin de la vidéo...

Avant de rentrer dans le vif du sujet, précisons un peu nos parcours cyclistes respectifs. Notre expérience dans ces deux pratiques (bien que nous n'ayons jamais été, ni l'un ni l'autre, inscrits en club. La compétition, ce n'est pas notre truc).

Parfois routier, parfois vététiste, vélotafeur forever

Jérôme, de son côté, est revenu au vélo par le vélotaf (il en a même écrit un bouquin le bougre). Mais bien avant tout cela, dans sa jeunesse (lointaine désormais 😆) il  a longuement pratiqué le VTT, en loisir, sans autre prétention que faire un peu de sport et passer un moment dehors avec les potes.

La devise de Jérôme : "Une journée sans pédaler est une journée gâchée"

Depuis ? Le vélotaf ne lui suffisant plus, des fourmis dans les jambes l'ont poussé vers le cyclisme sur route. Il enquille des centaines de bornes chaque week-end, dans divers pelotons, parfois tout seul Il possède également un gravel avec lequel il roule occasionnellement.

Quant à moi, vous le savez, le vélo fait partie de mon quotidien depuis que je suis gamin. D'abord comme mode de déplacement utilitaire puis en mode sportif dès le début des années 2000 (ma jeunesse aussi est lointaine en fait…😕). Le cyclisme sur route ne m'attirant pas plus que ça, c'est sur la selle d'un VTT que je vais découvrir les joies de la pratique off-road. D'abord sur des modèles semi-rigides (fourche uniquement à l'avant) puis rapidement sur des "tout-mous" (alias des tout-suspendus, fourche avant et amortisseur arrière).

Moi en 2021, sur les pistes du Gravel Roc 2021, à bord du Cannondale Topstone NEO SL

Après 15 ans de chemins dans un usage principalement rando/cross-country (mes initiales me prédestinaient au XC), je découvre le vélo gravel fin 2015 (c'était un GT Grade Alu). Habitant une région pas vraiment montagneuse (le pays du gravel c'est l'Anjou, ce n'est pas Nature is Bike qui nous dira le contraire), c'est rapidement le coup de foudre. Un vélo qui va vite, mais qui ne vous limite pas à l'asphalte et s'en sort (presque) aussi bien qu'un VTT sur les portions off-road. Depuis ? Le VTT est ressorti quelques fois, mais c'est devenu très occasionnel.

Notez chers lecteurs, nous ne nous prenons absolument pas pour des pilotes professionnels. L’objet de ce comparatif, c’est bien de tenter de voir, en fonction de son expérience, sa pratique, son terrain de jeu, quel vélo est le plus adapté.

Un gravel "tout-mou" et un VTT léger sont dans un bateau…

Voilà, maintenant on arrête de vous raconter notre life et on revient à nos moutons. Enfin, plutôt à nos vélos Cannondale. Guillaume Koch, directeur marketing France Cannondale, nous l'explique dans la vidéo ci-dessus : "Le rêve de chaque fabricant, c'est de trouver l'alchimie pour avoir le vélo qui vous correspond". Toutefois, comme il le précise juste après : "C'est un rêve. Chaque pratiquant, lorsqu'il va rouler, a une pratique unique".

Jérôme sur un Cannondale Topstone Lefty et Xavier sur un Cannondale Scalpel HT

Pour tenter de répondre à notre question qui tient en trois mots : "gravel ou VTT ?", on a donc choisi deux modèles pas trop éloignés l'un de l'autre. Il aurait en effet été curieux de comparer un gravel racing avec un VTT de descente.

Le Cannondale Topstone Lefty et le Cannondale Scalpel HT sont des modèles affinitaires. On n'est pas en présence d'un gravel ultra-sportif ni d'un VTT très engagé. Ou pour le dire autrement, ce gravel Topstone Lefty est allé piocher un peu de l’esprit VTT dans sa conception ; et le Scalpel est un VTT plutôt roulant, léger et rigide. Pas si éloigné d’un gravel finalement !

Commençons par le VTT ; le Cannondale Scalpel HT est un hardtail (HT), c'est-à-dire un VTT semi-rigide, en 29 pouces. Conçu pour le cross-country, il se pose sur un châssis full carbone complètement nouveau pour 2022 avec notamment ses haubans fins et placés relativement bas. Il embarque un groupe Shimano XTR/XT 12 vitesses. Surtout, le vélo s'appuie sur une Lefty Ocho 110 mm, la fameuse fourche carbone monobras dont l'efficacité n'est plus à prouver. Son poids est d'environ 9,7 kilos. Un test très complet est à lire chez nos confrères Vojo.

Pour le gravel, c'est à un Cannondale Topstone Lefty auquel nous avons affaire. Machine plus racée que le Scalpel HT, avec une philosophie différente. On exagère évidemment en parlant d'un gravel "tout-mou". Il s'agit d'un châssis carbone avec un triangle arrière Kingpin offrant de la souplesse. Montage dropbar (cintre route). A l'avant, là aussi une fourche Lefty monobras, mais pas du tout la même que le VTT. Il s'agit de la Lefty Oliver en 30 mm de débattement. Les puristes diront que la fourche suspendue, c'est pas gravel. Peut-être. Néanmoins, elle apporte ici beaucoup de confort et offre au vélo un comportement entre-deux intéressant.

Plus on est de fous…

Avec mon passif de vététiste durant 15 ans, et avec désormais pratiquement 7 ans de pratique gravel, il semblait plus logique que je prenne en main le Scalpel HT. Si vous avez bien suivi le sujet de l'article, c'est donc Jérôme qui pose ses fesses sur le Topstone Lefty, qui me confie "que ses années de vététistes sont plus lointaines".

Et puisque plus on est de fous, plus on rit, nous sommes accompagnés pendant cette sortie test, de Clovis Jeandel. Il est ambassadeur ebike pour Cannondale (si vous voulez savoir pourquoi il roule en VTTAE, filez écouter juste ici). Clovis est un pilote qui roule fort et technique. Enfin, Loïc est notre dernier acolyte. Il est derrière la caméra dans cette vidéo, et aussi rédacteur régulier pour Weelz.

Bon alors, gravel ou VTT ?

Durant le roulage sur les pistes du Roc, l'idée n'était pas de changer de vélo chacun notre tour, ni d'ailleurs de refaire les mêmes passages avec un vélo différent. Sans présumer de tout savoir, loin de là, nous avons l'un et l'autre assez d'expérience pour déterminer ce qui est bien ou ce qui nous manque lors des différentes sections empruntées. Découpons notre balade en fonction des différentes portions empruntées :

Dans les chemins montants : avantage au gravel

Même en dehors de l'asphalte, le vélo gravel est un très bon grimpeur. Bien entendu, il y a chemin montant et chemin montant. Sur une section accidentée (racines, pierres, fort dénivelé), le gravel est un peu moins à l'aise et le VTT plus facile. Les grandes roues en 29 pouces et les pneus plus larges permettent de mieux avaler l'obstacle. 

"Sur une section accidentée (racines, pierres, fort dénivelé), le gravel est un peu moins à l'aise et le VTT plus facile"

Néanmoins, avec un minimum de bagages techniques comme possède Jérôme, pas de soucis pour passer avec le Topstone. Sur les longues portions montantes régulières et sans difficultés techniques (la vue sur la mer se mérite, ici dans le massif des Maures) le gravel prend l'avantage en permettant de conserver de la vitesse. Le vélo est léger et s'emmène facilement. Sur le VTT, je ressens une inertie, due aux pneus plus larges.

Dans les descentes techniques : avantage au VTT

Sur les pistes DFCI larges et assez régulières, le gravel Topstone comme le VTT Scalpel s'en sortent parfaitement bien. Toutefois, je sens Jérôme un peu plus dans la retenue ; il préfère contrôler sa vitesse. De mon côté, je dois avouer que je lâche plus facilement les freins au guidon du VTT. Le hardtail de Cannondale est une monture légère et très joueuse.

Dès que le profil descendant devient plus cassant, la différence est nette. Bien que Jérôme ait 30 mm de débattement (ce qui est toujours plus confort qu'un gravel tout rigide), il louvoie pour contourner les plus gros obstacles, quand pour ma part, je prête moins attention à la lecture du terrain. Les 100 mm de débattement de la Lefty Ocho, couplés au montage tubeless basse pression, facilitent grandement le passage et aide à la stabilité de la machine.

Sur les singles étroits : préférence pour le VTT

Ceci n'est pas un single étroit

Je parle ici de préférence et pas forcément d'avantage. Finalement, Jérôme sur son Topstone s'en sort aussi bien et aussi rapidement que moi sur mon Scalpel dans les quelques singles étroits (même s'ils ne sont pas légion ici). Simplement, la section plus large de pneus du VTT permet de prendre de l'angle et on passera plus facilement au-dessus d'un obstacle masqué.

Le vététiste se fera moins surprendre dans le cas d'un virage un peu serré ou d'une racine cachée par la végétation. Néanmoins, le cintre plus large du VTT pourra parfois être pénalisant si ce même single étroit est bordé d'arbres. Gare aux doigts.

Sur le bitume : avantage au gravel

Sur le bitume, évidemment, que vous soyez à bord d'un vélo cargo, sur un pliant ou bien aux commandes d'un vélo hollandais, l'absence de difficultés techniques autorise tous les types de montures à rouler sans problèmes.

Évidemment, c'est ici que le vélo gravel prend son avantage. Son ADN de routier facilite la prise de vitesse et surtout le maintien de celle-ci. Les gros pneus du VTT deviennent ici un inconvénient. Ce n'est pas son terrain de prédilection. Au-delà de l'inertie, la monoposition des mains sur le cintre du Scalpel m'a un peu frustré sur ces portions asphaltées. J'enviais Jérôme et son dropbar, positionnant ses mains tantôt sur les cocottes, tantôt à l'intérieur du cintre.

Gravel ou VTT, la réponse est dans la question (ou pas)

Gravel ou VTT ? Xavier & Jérôme sont dubitatifs...
Gravel ou VTT ? Xavier & Jérôme sont dubitatifs...

Alors, gravel ou VTT ? Et bien comme on le précise en conclusion de cette vidéo : impossible d'avoir une réponse arrêtée. Elle n'existe pas. La seule bonne réponse, c'est la vôtre. Elle dépend de nombreux paramètres : la région où vous habitez, votre bagage technique, votre envie de confort, de vitesse, d'agilité. Le curseur est difficile à placer entre tous ces facteurs.

Gravel ou VTT ; nous nous sommes posé la question mutuellement. Quand je la pose à Jérôme, voici sa réponse (après celle du gravout') : “Je me rends compte que ma pratique gravel, finalement, c’est souvent quand la météo est bien mauvaise, que rouler sur la route devient un jeu dangereux d’équilibriste, l’hiver. Que mes virées ressemblent plus à des petites boucles dans les forêts bordant Paris (Fausse Repose, Versailles, Saint-Cloud, Saint-Cucufa… pour ceux qui connaissent)."

Jérôme : "l’angle de chasse de la fourche, plus ouvert sur un VTT, rend le pilotage beaucoup plus facile quand ça tabasse"

Il continue : "Mon gravel n’est même pas un vrai gravel, c’est un cyclocross. Finalement, dans ma pratique du vélo en sous-bois, je suis de plus en plus persuadé qu’un VTT roulant, semi-rigide, me conviendrait mieux. Suffisamment roulant pour faire la liaison sur la route, équipé comme il faut pour passer vite et facile dans les sous-bois. On a peu parlé de géométrie dans cet article. Et pourtant, l’angle de chasse de la fourche, plus ouvert sur un VTT, rend le pilotage beaucoup plus facile quand ça tabasse. Avec mon cyclocross, dès que ça devient technique, il faut être hyper concentré pour poser ses roues exactement au bon endroit. Et puis, je n’ai plus 20 ans, un VTT de par sa géométrie, son équipement, pardonnera plus généreusement les erreurs de pilotage”.

Xavier : "ces sensations ne me manquent pas. J’ai trouvé avec mon vélo gravel une machine qui correspond à mes pratiques"

Quand Jérôme me retourne la question, je lui réponds : “Comme je le dis dans la vidéo, j’ai pris beaucoup de plaisir à pédaler sur ce Cannondale Scalpel. Un vélo moderne, roulant, facile, généreux. J’ai retrouvé des sensations. Mais, ces sensations ne me manquent pas. J’ai trouvé avec mon vélo gravel une machine qui correspond à mes pratiques. De l’itinérance, du bikepacking, se tirer la bourre avec la bande (topette le TACC!), m'éclater dans les chemins et filer vite sur le bitume s’il le faut. Un vélo couteau-suisse, excellent nulle part mais bon en tout. Peu importe ma pratique du jour ou mon itinéraire je sais qu’il n’y aura aucun moment où je m’ennuierai sur ce vélo. Aujourd’hui, je reste sur un vélo gravel”.

"Venez essayez, venez tester"

Comme on le dit souvent, le bon nombre de vélos à posséder est le nombre de vélo actuel auquel vous ajoutez un. "En fait, ce que tu es en train de nous dire, c'est qu'il faut un grand garage ?" me lance Jérôme en conclusion de la vidéo. Si seulement la vie n'était pas qu'une question de moyen…

Guillaume Koch, directeur marketing France Cannondale
Guillaume Koch, directeur marketing France Cannondale

Nous pensons aussi qu'il y a un effet de mode sur le vélo gravel. Et c’est mérité. Ces vélos sont formidables. L’objet de ce billet est aussi de vous alerter sur ce point. Ne tombez pas dans le panneau. Peut-être que le gravel n'est pas pour vous. Les VTT ont aussi très bien évolué, et selon nous, ils n’ont pas dit leurs derniers mots.

En réalité, nous croyons surtout à l'importance de l'essai. "Venez essayez, venez tester" comme le rappelle Guillaume Koch dans la vidéo. La marque est très présente sur le terrain. Un travail qui demande beaucoup d'investissement de la part des équipes. La team Cannondale France est sur le pont pratiquement la moitié de l'année sur les différents salons et événements. Leur parc de vélos de test est à votre disposition. Si le Topstone vous fait de l'œil ou si le Scalpel vous fait baver depuis plusieurs mois, le mieux est encore de monter dessus avant de vous décider. Filez sur le site officiel pour en savoir plus sur ces deux modèles. Le mot de la fin pour Guillaume :

"Chaque pratiquant est unique, et il a un besoin unique. Dans notre gamme, on a beaucoup de modèles. On arrivera à trouver celui qui vous correspond le mieux."

Guillaume Koch, Marketing France Cannondale

Note : On remercie la marque POC qui nous a prêté casques et lunettes pour ce petit reportage. POC et Cannondale sont des sponsors de l'équipe EF Education-EasyPost.

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